La meilleure des polices (Nietzsche)

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Pour Nietzsche, la valorisation de travail sert les interêts des   représentants  de l’Etat:

« Dans la glorification du « travail », dans les infatigables discours sur la « bénédiction du travail », je vois la même arrière-pensée que dans les louanges adressées aux actes impersonnels et utiles à tous : à savoir la peur de tout ce qui est individuel. Au fond, on sent aujourd’hui, à la vue du travail – on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir -, qu’un tel travail constitue la meilleure des polices, qu’il tient chacun en bride et s’entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l’indépendance. Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l’amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société où l’on travaille dur en permanence aura davantage de
sécurité: et l’on adore aujourd’hui la sécurité comme la divinité suprême. Et puis! épouvante ! Le « travailleur », justement, est devenu dangereux! Le monde fourmille d’« individus dangereux»! Et derrière eux, le danger des dangers – l’individuum!
Friedrich Nietzsche, Aurore (1880), livre III, trad. J. Hervier, Éd. Gallimard, coll. Idées, 1974, pp. 181-182.

6 réflexions au sujet de « La meilleure des polices (Nietzsche) »

  1. Le , Léa a dit :

    Ainsi, Nietzsche dans la lignée aristocratique pense que le travail est aliénant pour l’homme. Ce texte développe l’idée que le travail asagit l’homme et le maintien dans un état servile où celui-ci ne peut rien. Est-ce bien cela? Je vourais également savoir d’où vient ‘Individuum’ et comment comprendre les dernières phrases du textes « Et puis! épouvante ! Le « travailleur », justement, est devenu dangereux! Le monde fourmille d’« individus dangereux»! Et derrière eux, le danger des dangers – l’individuum! »

  2. Oui , c’est bien cela..
    L’individu inquiétant, c’est sans doute le syndicaliste ou le prolétaire marxiste qui n’a plus rien de docile et qui ne se soumet plus du tout volontiers à l’odre bourgeois.
    Ce qui invalide tout de même un peu la thèse de Nietzche (le travail ça ne fait pas tenir les gens si tranquilles…)

  3. Le , Léa a dit :

    Ainsi, Nietzsche se contredit en affirmant que le travail est la meilleure des polices. Puisqu’au faon même si dans un premier temps le travail asservit l’humain, il le fait prendre conscience, dans un deuxième temps, de son propre pouvoir. Le travail transforme l’esclave docile en dangeureux ‘individuum’ décrit ici. N’est-ce pas ce que pensait quelque peu Hegel, dans la dialectique du maître et de l’esclave en affirmant que le travailleur devenait bien plus libre que son maître en mesurant l’effet de son travail sur la nature?

  4. Non Léa, il ne se « contredit » pas!
    Le travail est la meilleure des polices.
    Mais, parfois, marginalement, il y a des déviations, des incongruités. Alors le travailleur, cesse d’être docile.
    Mais la règle générale est que le travailleur n’a pas la force de penser par lui-même ni de se dresser contre l’Etat.

  5. Le , elise a dit :

    selon nietzche les discours traduiraient une certaine peur de l’individu et de son libre développement. Les personnes craindraient une instabilité sociale qui découlerait du libre développement des individus. Le travail comblerait cette peur.

  6. Le , Infamdany a dit :

    Ces dernières phrases sont la continuité du discours, à la forme orale.
    Nous sommes saisis par cet incident dans le temps: d’abord docile, qui y aurai cru, aujourd’hui, le travailleur s’émancipe.

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