La perception et l’existence (texte de Berkeley)

 

                                                  L’arbre que je perçois existe-t-il pour autant? Existe-t-il en dehors de moi qui le perçois?

Pour le philosophe irlandais être c’est être perçu, de sorte que les choses n’ont de réalité que pour une conscience percevante  :

 

« Il semble évident que les diverses impressions ou idées imprimées sur les sens, (…) ne peuvent exister autrement que dans un esprit qui les perçoit. Je pense qu’une connaissance intuitive de cela peut s’obtenir par quiconque fera attention à ce que veut dire le terme « exister » lorsqu’il est appliqué aux choses sensibles. Je dis que la table sur laquelle j’écris existe, c’est-à-dire que je la vois et la touche ; et, si je n’étais pas dans mon bureau, je pourrais la percevoir ; ou bien, que quelqu’autre esprit la perçoit actuellement. « Il y eut une odeur », c’est-à-dire qu’elle fut sentie ; « il y eut un son », c’est-à-dire il fut entendu ; « il y eut une couleur ou une figure » ; elle fut perçue par la vue ou le toucher. C’est tout ce que je puis entendre par des expressions telles que celles-là. Car, quant à ce que l’on dit de l’existence absolue de choses non pensantes, sans aucun rapport avec le fait qu’elle soient perçues, cela semble parfaitement inintelligible. L’esse de ces choses-là, c’est leur percipi ; et il n’est pas possible qu’elles aient une existence quelconque en dehors des esprits ou des choses pensantes qui les perçoivent.

George Berkeley, Principes de la connaissance humaine (1710), §3, trad. Phillips, in Œuvre, tome I, PUF, P.320.

 

 Photo: Boubat

 

Une réflexion au sujet de « La perception et l’existence (texte de Berkeley) »

  1. Le , Pauline Terminal ES a dit :

    Qd je lis ce texte, dois je comprendre que Berkeley oense que tout ce que l’etre humain perçoit est une création de l’esprit de cet être?

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