Le « Je » change tout (texte de Kant)

Lorsque l’enfant dit « Je », il devient une personne :

 

« Posséder le Je dans sa représentation :  ce pouvoir place l’homme infiniment au-dessus de tous les autres êtres vivants sur la terre. Par là il est une personne ; et grâce à l’unité de la conscience dans tous les changements qui peuvent lui survenir, il est une seule et même personne, c’est-à-dire un être entièrement différent, par le rang et la dignité de choses comme le sont les animaux sans raison dont on peut disposer à sa guise ; et ceci même lorsqu’il ne sait pas dire Je, car il l’a dans la pensée ; ainsi toutes les langues, lorsqu’elles parlent à la première personne, doivent penser ce Je, même si elles ne l’expriment pas par un mot particulier. Car cette faculté (de penser) est l’entendement.

Il faut remarquer que l’enfant qui sait déjà parler assez correctement ne commence qu’assez tard (peut être un an après) à dire Je ; avant il parle de soi à la troisième personne (Charles veut manger, marcher, etc) ; et il semble que pour lui une lumière vienne de se lever quand il commence à dire Je ; à partir de ce jour il ne revient jamais à l’autre manière de parler. Auparavant il ne faisait que se sentir ; maintenant il se pense ».

 

Kant, Anthropologie pragmatique, Vrin, trad. M. Foucault p.000

 

 

 

 

 

 

2 réflexions au sujet de « Le « Je » change tout (texte de Kant) »

  1. Le , louison a dit :

    Est ce à dire que l’enfant avant d’avoir conscience de lui même n’a pas « d’identité » au sens ou Locke nous propose de penser que l’identité est la consience ?…merci

  2. Dans ce texte de Kant, il ne s’agit pas de l’identité au sens de Locke.
    Il s’agit plutôt du sentiment d’être une personne; ce n’est plus tout-à-fait la même approche (la personne n’est pas une « substance » mais un principe….)

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