Comme maître et possesseur de la nature ( Descartes)

©newton Grâce à la science dont Descartes annonce ici le triomphe, l’homme pourra bientôt maîtriser la nature :
« Sitôt que j’ai eu acquis quelques notions générales touchant la physique, et que commençant à les éprouver en diverses difficultés particulières, j’ai remarqué jusques où elles peuvent conduire, et combien elles diffèrent des principes dont on s’est servi jusqu’à présent, j’ai cru que je ne pouvais les tenir cachées  sans pécher grandement contre la loi qui nous oblige à procurer, autant qu’il est en nous, le bien général de tous les hommes. Car elles m’ont fait voir qu’il est possible de parvenir à des connaissances qui soient fort utiles à la vie, et qu’au lieu de cette philosophie spéculative, qu’on enseigne dans les écoles, on peut en trouver une pratique, par laquelle connaissant la force et les actions du  feu, de l’eau, de l’air, des astres, des cieux et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. Ce qui n’est pas seulement à désirer pour l’invention d’une infinité  d’artifices, qui feraient qu’on jouirait, sans aucune peine, des fruits de la terre et de toutes les commodités qui s’y trouvent, mais principalement aussi pour la conservation de la santé, laquelle est sans doute le premier bien et le fondement de tous les autres biens de cette vie ».
Descartes, Discours de la méthode (1637), 6e partie, Bibliothèque de la Pléiade, Éd. Gallimard, 1966, p. 168.
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3 réflexions au sujet de « Comme maître et possesseur de la nature ( Descartes) »

  1. Le , N'DRIN a dit :

    Dans sa prétention à s’élever au dessus du monde et de lui-même, l’homme est allé au chose par l’exercice de la raison pratique en s’appuyant sur les sciences expérimentales et il en a tiré une entière satisfaction au point où le philosophe français rené Descartes, thuriféraire de ce mouvement, s’en est extasié en ces termes : « Car elles m’ont fait voir qu’il est possible de parvenir à des connaissances qui soient fort utiles à la vie, […] on peut en trouver une pratique, par laquelle connaissant la force et les actions du feu, de l’eau, de l’air, des astres, des cieux et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature ».
    Descartes, Discours de la méthode (1637), 6e partie, Bibliothèque de la Pléiade, Éd. Gallimard, 1966, p. 168.
    Une chose l’audace ambitieuse du chercheur, certes, mais en plus il y a l’évidence. Et le second vient toujours en signe de position inéluctable pour faire procès au premier. L’évidence convoque à la table de la réalité l’audace du scientifique pour l’interroger au sujet de sa valeur : tu as eu de l’audace c’est vrai, mais à quoi a servi cette audace ? En des termes clairs et perceptibles, aujourd’hui, à la science sont posées plusieurs questions en signe de procès. Entre autres : qu’est devenu l’homme dans cette aventure à laquelle les scientifiques ont conduit le monde entier quand ils se sont efforcés d’évacuer sans vergogne de la sphère existentielle Dieu ?

  2. Le , dame diop a dit :

    quel es le role du philosophe face a la degradation de la nature ?
    si on ses que l’homme en voulant des le debut etre maitre de la nature est ce qu’il est toujours ?

  3. il me semble qu’aujourd’hui les philosophes essayent d’inverser la tendance…

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