Ciation commentée Platon Hippias

 

« Les belles choses sont difficiles » ( page 50). Les derniers mots du dialogue  Hippias majeur sont célèbres, alors qu’ils semblent n’énoncer qu’une piètre  banalité. Etait-il nécessaire d’écrire  ce dialogue aussi subtil qu’inabouti pour en arriver là, c’est-à-dire nulle part, finalement? En vérité,  l’enseignement de ces derniers mots est double. Tout d’abord la philosophie peut être féconde alors même qu’elle fait état de ses échecs. On reconnaît ici le premier enseignement de Socrate : il faut savoir reconnaître son ignorance,  car la philosophie est la recherche de la vérité et non sa possession. D’autre part,  le beau est définitivement quelque chose de très « difficile ». Ce  qu’il faut avant tout combattre c’est l’illusion que Hippias fait sienne, et qui consiste à confondre le beau et ses incarnations (une belle jeune fille, une belle jument, une belle …marmite). Socrate nous suggère au contraire que le beau est une réalité mystérieuse et contradictoire qui   s’enracine assurément dans le sensible mais qui ne saurait s’y réduire. Eprouver le beau et l’admirer est facile. Le définir est quasiment impossible. LHL

L’Hippias majeur