Le coeur et la raison (texte de Pascal)

Pascal

La raison n’est pas toute-puissante. Comprendre les intentions de  Dieu n’est pas en son pouvoir. Faut-il pour autant s’abstenir de réfléchir, de raisonner ? Pascal montre ici au contraire que c’est la raison elle-même qui nous indique ses propres limites.

183-253 Deux excès : exclure la raison, n’admettre que la raison.

188-267 La dernière démarche de la raison est de reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent ; elle n’est que faible, si elle ne va jusqu’à connaître cela.

Que si les choses naturelles la surpassent, que dira-t-on des surnaturelles ?

423-277 Le cœur a ses raisons, que la raison ne connaît point ; on le sait en mille choses.

Je dis que le cœur aime l’être universel naturellement, et soi-même naturellement selon qu’il s’y adonne 1 ; et il se durcit contre l’un ou l’autre à son choix. Vous avez rejeté l’un et conservé l’autre : est-ce par raison que vous vous aimez ?

424-278 C’est le cœur qui sent Dieu et non la raison. Voilà ce que c’est que la foi : Dieu sensible au cœur, non à la raison.

 

Blaise Pascal, Pensées (1657-1662) « Des moyens de croire », Œuvres complètes, Ed. du Seuil, Coll. L’Intégrale, 1963, p 524 et 552

 

NOTE 1 : Selon qu’il s’y adonne : comme il lui convient.