L’âme est une partie du corps (texte de Lucrèce)

 Lucrèce présente ici une théorie purement matérialiste de l’âme :

 

«Je dis que l’âme (souvent nous disons l’intelligence), dans laquelle résident le principe et la règle de nos actions, n’est pas moins une partie de notre corps que les mains, les pieds et les yeux. [… ] Voici une raison de conclure que l’esprit et l’âme sont corporels : Car, s’ils font mouvoir nos membres, s’ils nous arrachent des bras du sommeil, s’ils altèrent la couleur du visage et gouvernent à leur gré l’homme entier, comme ces opérations supposent un contact, et le contact une substance corporelle, ne faut-il pas avouer que l’esprit et l’âme sont corporels ? […]

L’âme est formée de molécules imperceptibles, beaucoup plus déliées que les éléments de l’eau, des nuages et de la fumée puisqu’elle se meut avec plus de vitesse et de facilité ».

Lucrèce, De la nature (je siècle av. J.-C), III.

 

Fiche matière et esprit

Matière ( etym : latin materia « matière » de « mater », « la mère »,  « la source ») 1) Sens courant : substance ou réalité constituant le fondement de l’ensemble du monde sensible.    2) Logique : par opposition à la forme (d’un raisonnement) signification ou contenu des propositions et des termes de l’énoncé 3) Sciences  physiques et cognitives : ensemble des éléments constitutifs de toute réalité observable ( atomes, molécules, neurones, circuits électriques etc…) 4) Philosophie :  a) pour la philosophie matérialiste dont les premiers représentants furent  (Démocrite 360-480 av JC) et Epicure (341-270)        réalité constituée d’atomes insécables, homogènes, en mouvement dans le vide, et qui forment par agrégation les corps d’une nature éternelle et infinie  b) Chez Aristote, la matière toujours moulée dans une forme dont elle n’est séparable que par abstraction, est l’un des principes constitutifs de toute substance singulière sensible.   Elle est  une sorte de virtualité, une puissance qui ne s’actualise qu’en empruntant un aspect  déterminé c) A partir de Galilée et Descartes : la matière est homogène et mathématisable.  Pour Descartes elle est une substance dont l’essence est l’étendue géométrique. Le monde matériel doit s’exprimer en termes de configurations spatiales et de mouvements pouvant trouver leur traduction algébrique d) Physique contemporaine :  la réalité matérielle perd son caractère concret car ses constituants  (particules élémentaires, ondes électriques, champs électro-magnétiques  etc..) sont de moins en moins palpables   hors de tout dispositif expérimental e) Sciences cognitives : ensemble des phénomènes ou  des processus accessibles à l’observation ou inférés à partir de l’observation. La science, par définition, nomme matière ce qui est observable et dont la réalité peut être établie de façon objective et certaine.  La question de la nature métaphysique ou ontologique  d’une telle  réalité, en revanche,  n’est pas de son ressort. (voir matière et forme, p 00, chapitre Réflexion sur les fondements  de la morale)

Esprit :  (Etym : latin spiritus , « souffle » , « vent » « esprit »)  1) Sens ordinaire :  principe de la vie psychique  propre aux êtres humains; synonyme de âme,  et fondement de la pensée  2) Théologie : force spirituelle  et vivifiante, éventuellement d’origine divine,  qui s’oppose à la chair et qui témoigne de la vocation surnaturelle, ou transcendante,  de l’homme 3) Philosophie :  a) Sens large : réalité opposée à la matière qui permet de rendre compte de phénomènes inexplicables par celle-ci b) Chez l’homme : principe de la pensée et de la raison par opposition aux sentiments, aux émotions et  aux affects qui sont enracinés dans l’organique    c) Dans la philosophie de  Hegel : principe impersonnel qui gouverne l’histoire (voir p 00)    d) Pour la philosophie matérialiste en général : entité imaginaire que  l’approche scientifique peut laisser de côté. L’esprit n’est qu’un mot  désignant  un ensemble de fonctions et d’aptitudes dérivées de systèmes matériels particulièrement  complexes  e) Philosophie analytique et positivisme logique : entité ou réalité problématique dont il est préférable, dans la mesure du possible, de faire l’économie ;  les « états mentaux » ne renvoient pas nécessairement  à  l’existence d’un « esprit » conçu comme une réalité indépendante se suffisant à elle-même (une « substance »).   Cette approche matérialiste, behavioriste (qui se fonde sur la seule observation des comportements) et « positiviste »   constitue le contre-pied  de  la position dualiste cartésienne.

 

Dualisme : doctrine philosophique  et thèse  métaphysique, dont Descartes est le représentant le plus notoire, selon laquelle tout ce qui existe se répartit suivant  deux catégories : la matière et   l’esprit. La matière est une substance dont l’attribut principal est l’étendue, l’esprit est une substance dont l’attribut principal est la conscience. L’homme réunit les deux substances (le corps et         l’ âme) tandis que les animaux ne sont constitués que d’éléments matériels car ils sont dépourvus d’intelligence (ou d’âme).

Cosmologie finaliste : cosmologie (du grec cosmos, monde, univers et logos, discours, raison) : discours global et rationnel concernant l’origine et la structure de l’univers. Une cosmologie finaliste comme celle d’Aristote est une doctrine qui pose que l’univers est un gigantesque organisme vivant dont l’organisation générale est commandée par la fin (le bon fonctionnement, stable et harmonieux) du tout. Tout ce qui existe dans l’univers a une place et une fonction définie, subordonnée à l’intérêt (fin, finalité) de l’ensemble.

 

 

L’esprit, matière subtile (texte de Lucrèce)

 

L’esprit, matière très subtile

 

            Doit-on admettre que le corps et l’esprit sont de nature différente ? Les épicuriens affirment un matérialisme intégral . Selon Lucrèce affirme ici que  l’esprit est composé des mêmes éléments que n’importe quel corps matériel.

 

            Au reste, l’esprit souffre avec le corps et en partage les  sensations, tu le sais. La pointe d’un trait pénètre-t-elle en nous sans détruire tout à fait la vie, mais en déchirant les os et les nerfs ? Une défaillance se produit, nous nous affaissons doucement à terre ; là un trouble s’empare de l’esprit

; nous avons par instants une vague velléité de nous relever. Donc, que de substance corporelle soit formé notre esprit, il le faut, puisque les atteintes corporelles d’un trait le font souffrir.

            Mais cet esprit, quels en sont les éléments ? comment est-il constitué ? C’est ce que je vais maintenant t’exposer. Je dis tout d’abord qu’il est d’une extrême subtilité et composé de corps très déliés. Si tu veux t’en convaincre, réfléchis à ceci : que rien évidemment ne s’accomplit aussi rapidement qu’un dessein

 de l’esprit et un début d’action. L’esprit est donc plus prompt à se mouvoir qu’aucun des corps placés sous nos yeux et accessibles à nos sens. Or, une si grande mobilité nécessite des atomes à la fois très ronds et très menus, qui puissent rendre les corps sensibles à l’impulsion du moindre choc. Car l’eau ne s’agite et s’écoule sous le plus léger choc que parce que ses atomes sont petits et roulent facilement. Le miel au contraire est de nature plus épaisse, c’est une liqueur plus paresseuse, d’écoulement plus lent, du fait que la cohésion est plus grande dans la masse d’une matière formée d’atomes moins lisses, moins déliés et moins ronds. La graine du pavot, un souffle léger qui passe suffit pour la dissiper et la répandre en quantité : au lieu que sur un tas de pierres ou un faisceau d’épis, il ne peut rien. C’est donc que les corps les plus petits et les plus lisses sont ceux aussi qui sont doués de la plus grande mobilité. Au contraire, les plus lourds, les plus rugueux, demeurent les plus stables.

            Ainsi donc, puisque l’esprit se révèle d’une singulière mobilité, il faut qu’il se compose d’atomes tout petits, lisses et ronds : vérité dont tu trouveras en bien des cas[…] le possession utile et opportune.

            Autre preuve encore, qui fait voir de quel tissu léger est cette substance : le peu d’espace qu’elle occuperait si l’on pouvait la condenser ; quand le sommeil de la mort s’est emparé de l’homme et lui a apporté le repos, quand l’esprit et l’âme se sont retirés de lui, aucune perte ne se constate dans tout son corps, ni dans sa forme extérieure ni dans son poids : la mort laisse tout en place, sauf la sensibilité et la chaleur vitale. Cela prouve que des éléments minuscules composent l’âme entière, partout répandue en nous, étroitement liée à nos veines, à notre chair, à nos nerfs ; sinon l’on ne verrait point, après que l’âme a fait sa retraite complète, le corps garder les contours de ses membres et ne pas perdre un grain de son poids. C’est ainsi que se comportent un

vin dont le bouquet s’est évaporé, un parfum dont la douce haleine s’est dissipée dans les airs, un mets dont la saveur s’est perdue ; à nos yeux, l’objet n’est privé de rien dans sa forme, de rien dans son poids, et précisément parce que saveur et odeur naissent d’un grand nombre de germes minuscules épars dans toute la substance du corps. C’est pourquoi, je le répète, l’esprit et l’âme ne peuvent être composés que d’atomes aussi petits que possible, puisque leur fuite n’enlève rien au poids du corps humain.

 

            Lucrèce, De la Nature ( publié après la mort de Lucrèce en 55 av. J.-C.), Livre III, trad. H. Clouard, G.F., 1964, pp.91-92.

 

L »union de l’âme et du corps (texte de Descartes)

Si l’on affirme que l’âme et le corps sont étrangers l’un à l’autre au même titre que la pensée et la matière, comment concevoir leur union dans l’homme ? Descartes aborde cette union en deux temps:

 

Art. 30. Que l’âme est unie à toutes les parties du corps conjointement.

 

            Il est besoin de savoir que l’âme est véritablement jointe à tout le corps, et qu’on ne peut pas proprement dire qu’elle soit en quelqu’une de ses parties à l’exclusion des autres, à cause qu’il est un et en quelque façon indivisible, à raison de la disposition de ses organes qui se rapportent tellement tous l’un à l’autre que, lorsque quelqu’un d’eux est ôté, cela rend tout le corp

s défectueux ; et à cause qu’elle est d’une nature qui n’a aucun rapport à l’étendue ni aux dimensions ou autres propriétés de la matière dont le corps est composé, mais seulement à tout l’assemblage de ses organes, comme il paraît de ce qu’on ne saurait aucunement concevoir la moitié ou le tiers d’une âme ni quelle étendue elle occupe, et qu’elle ne devient point plus petite de ce qu’on retranche quelque partie du corps, mais qu’elle s’en sépare entièrement lorsqu’on dissout l’assemblage de ses organes.

 

Art. 31. Qu’il y a une petite glande dans le cerveau en laquelle l’âme exerce ses fonctions plus particulièrement que dans les autres parties.

                       

            Il est besoin aussi de savoir que, bien que l’âme soit jointe à tout le corps, il y a néanmoins en lui quelque partie en laquelle elle exerce ses fonctions plus particulièrement qu’en toutes les autres ; et on croit communément que cette partie est le cerveau, à cause que c’est à lui que se rapportent les organes des sens ; et le coeur, à cause que c’est comme en lui qu’on sent les passions. Mais, en examinant la chose avec soin, il me semble avoir évidemment reconnu que la partie du corps en laquelle l’âme exerce immédiatement ses fonctions n’est nullement le coeur, ni aussi tout le cerveau, mais seulement la plus intérieure de ses parties, qui est une certaine glande fort petite, située dans le milieu de sa substance, et tellement suspendue au-dessus du conduit par lequel les esprits(1) de ses cavités antérieures ont communication avec ceux de la postérieure, que

les moindres mouvements qui sont en elle peuvent beaucoup pour changer le cours de ces esprits, et réciproquement que les moindres changements qui arrivent au cours des esprits peuvent beaucoup pour changer les mouvements de cette glande.

 

L’homme-machine (texte de La Mettrie)

 

 

            La Mettrie prolonge la conception cartésienne des animaux-machines par l’affirmation d’un homme-machine. La pensée ne serait alors qu’un produit, de l’organisation complexe de cette machine .

 

            » Mais puisque toutes les facultés de l’âme dépendent tellement de la propre organisation du cerveau et de tout le corps qu’elles

 ne sont visiblement que cette organisation même, voilà une machine bien éclairée ! car enfin, quand l’homme seul aurait reçu en partage la Loi naturelle, en serait-il moins une machine ? Des roues, quelques ressorts de plus que dans les animaux les plus parfaits, le cerveau proportionnellement plus proche du cœur, et recevant aussi plus de sang, la même raison donnée ; que sais-je enfin ? des causes inconnues produiraient toujours cette conscience délicate, si facile à blesser, ces remords qui ne sont pas plus étrangers à la matière que la pensée, et en un mot toute la différence qu’on suppose ici. L’organisation suffirait-elle donc à tout ? oui, encore une fois ; puisque la pensée se développe visiblement avec les organes, pourquoi la matière dont ils sont faits ne serait-elle pas aussi susceptible de remords, quand une fois elle a acquis avec le temps la faculté de sentir ?

            L’âme n’est donc qu’un vain terme dont on n’a point d’idée, et dont un bon esprit ne doit se servir que pour nommer la partie qui pense en nous. Posé le moindre principe de mouvement, les corps animés auront tout ce qu’il leur faut pour se mouvoir, sentir, penser, se repentir, et se conduire, en un mot, dans le physique et dans le moral qui en dépend. […]

            En effet, si ce qui pense en mon cerveau n’est pas une partie de ce viscère, et conséquemment de tout le corps, pourquoi lorsque tranquille dans mon lit je forme le plan d’un ouvrage, ou que je poursuis un raisonnement abstrait, pourquoi mon sang s’échauffe-t-il ? pourquoi la fièvre de mon esprit passe-t-elle dans mes veines ? Demandez-le aux hommes d’imagination, aux grands poètes, à ceux qu’un sentiment bien rendu ravit, qu’un goût exquis, que les charmes de la Nature, de la vérité, ou de la vertu transportent ! Par leur enthousiasme, par ce qu’ils vous diront avoir éprouvé, vous jugerez de la cause par les effets : par cette Harmonie que Borelli (1), qu’un seul anatomiste a mieux connue que tous les Leibniziens, vous connaîtrez l’unité matérielle de l’homme ».

 

(1) Giovanni-Alfonso Borelli : médecin et physicien italien (1608-1679), qui a enté d’expliquer les mouvements des membres du corps humain par les lois de la mécanique.

 

                        Julien Offray de La Mettrie, L’Homme machine (1747), Éditions Bossard, 1921, pp. 112-113 et 120.

Le travail est humain (texte de Marx)

©ruche« Le travail est de prime abord un acte qui se passe entre l’homme et la nature. I’homme y joue lui-même vis-à-vis de la nature le rôle d’une puissance naturelle. Les forces dont son corps est doué, bras et jambes, tête et mains, il les met en mouvement, afin de s’assimiler des matières en leur donnant une forme utile à sa vie. En même temps qu’il agit par ce mouvement sur la nature extérieure et la modifie, il modifie sa propre nature, et développe les facultés qui y sommeillent. Nous ne nous arrêterons pas à cet état primordial du travail où il n’a pas encore dépouillé son mode purement instinctif. Notre point de départ c’est le travail sous une forme qui appartient exclusivement à l’homme. Une araignée fait des opérations qui ressemblent à celles du tisserand, et l’abeille confond par la structure de ses cellules de cire l’habileté de plus d’un architecte. Mais ce qui distingue dès l’abord le plus mauvais architecte de l’abeille la plus experte, c’est qu’il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. Le résultat auquel le travail aboutit, préexiste idéalement dans l’imagination du travailleur. Ce n’est pas qu’il opère seulement un changement de forme dans les matières naturelles ; il y réalise du même coup son propre but dont il a conscience, qui détermine comme loi son mode d’action, et auquel il doit subordonner sa volonté ».
Karl Marx, Le Capital (1867), trad. J. Roy, Éd. Sociales, 1950.

Fiche matière et esprit

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      Matière : etym : latin materia « matière » de « mater », « la mère », « la source ») 1) Sens courant : substance ou réalité constituant le fondement de l’ensemble du monde sensible. 2) Logique : par opposition à la forme (d’un raisonnement) signification ou contenu des propositions et des termes de l’énoncé 3) Sciences physiques et cognitives : ensemble des éléments constitutifs de toute réalité observable ( atomes, molécules, neurones, circuits électriques etc…) 4) Philosophie : a) pour la philosophie matérialiste dont les premiers représentants furent (Démocrite 360-480 av JC) et Epicure (341-270) réalité constituée d’atomes insécables, homogènes, en mouvement dans le vide, et qui forment par agrégation les corps d’une nature éternelle et infinie b) Chez Aristote, la matière toujours moulée dans une forme dont elle n’est séparable que par abstraction, est l’un des principes constitutifs de toute substance singulière sensible. Elle est une sorte de virtualité, une puissance qui ne s’actualise qu’en empruntant un aspect déterminé c) A partir de Galilée et Descartes : la matière est homogène et mathématisable. Pour Descartes elle est une substance dont l’essence est l’étendue géométrique. Le monde matériel doit s’exprimer en termes de configurations spatiales et de mouvements pouvant trouver leur traduction algébrique d) Physique contemporaine : la réalité matérielle perd son caractère concret car ses constituants (particules élémentaires, ondes électriques, champs électro-magnétiques etc..) sont de moins en moins palpables hors de tout dispositif expérimental e) Sciences cognitives : ensemble des phénomènes ou des processus accessibles à l’observation ou inférés à partir de l’observation. La science, par définition, nomme matière ce qui est observable et dont la réalité peut être établie de façon objective et certaine. La question de la nature métaphysique ou ontologique d’une telle réalité, en revanche, n’est pas de son ressort. (voir matière et forme, p 00, chapitre Réflexion sur les fondements de la morale)
      Esprit : (Etym : latin spiritus , « souffle » , « vent » « esprit ») 1) Sens ordinaire : principe de la vie psychique propre aux êtres humains; synonyme de âme, et fondement de la pensée 2) Théologie : force spirituelle et vivifiante, éventuellement d’origine divine, qui s’oppose à la chair et qui témoigne de la vocation surnaturelle, ou transcendante, de l’homme 3) Philosophie : a) Sens large : réalité opposée à la matière qui permet de rendre compte de phénomènes inexplicables par celle-ci b) Chez l’homme : principe de la pensée et de la raison par opposition aux sentiments, aux émotions et aux affects qui sont enracinés dans l’organique c) Dans la philosophie de Hegel : principe impersonnel qui gouverne l’histoire d) Pour la philosophie matérialiste en général : entité imaginaire que l’approche scientifique peut laisser de côté. L’esprit n’est qu’un mot désignant un ensemble de fonctions et d’aptitudes dérivées de systèmes matériels particulièrement complexes e) Philosophie analytique et positivisme logique : entité ou réalité problématique dont il est préférable, dans la mesure du possible, de faire l’économie ; les « états mentaux » ne renvoient pas nécessairement à l’existence d’un « esprit » conçu comme une réalité indépendante se suffisant à elle-même (une « substance »). Cette approche matérialiste, behavioriste (qui se fonde sur la seule observation des comportements) et « positiviste » constitue le contre-pied de la position dualiste cartésienne.Dualisme : doctrine philosophique et thèse métaphysique, dont Descartes est le représentant le plus notoire, selon laquelle tout ce qui existe se répartit suivant deux catégories : la matière et l’esprit. La matière est une substance dont l’attribut principal est l’étendue, l’esprit est une substance dont l’attribut principal est la conscience. L’homme réunit les deux substances (le corps et l’ âme) tandis que les animaux ne sont constitués que d’éléments matériels car ils sont dépourvus d’intelligence (ou d’âme).
      Cosmologie finaliste : cosmologie (du grec cosmos, monde, univers et logos, discours, raison) : discours global et rationnel concernant l’origine et la structure de l’univers. Une cosmologie finaliste comme celle d’Aristote est une doctrine qui pose que l’univers est un gigantesque organisme vivant dont l’organisation générale est commandée par la fin (le bon fonctionnement, stable et harmonieux) du tout. Tout ce qui existe dans l’univers a une place et une fonction définie, subordonnée à l’intérêt (fin, finalité) de l’ensemble.