citation commentée Spinoza

Traité théologico-politique Chapitre XX

« Où il est montré que dans une libre république, il est permis à chacun de penser ce qu’il veut et de dire ce qu’il pense »
 Le Traité théologico-politique de Spinoza fut en son temps un texte d’une audace inouïe. Le philosophe s’y prononçait en faveur de la politique républicaine et libérale menée depuis 1648 par Johan de Witt en Hollande. Il y critiquait violemment l’usage que les autorités monarchiques ou princières faisaient en général de la religion, utilisée pour « réduire les hommes raisonnbles à l’état de bêtes ». Le T.T.P.  Présente comme un manifestr en faveur de l’Etat le plus juste possible. Pour Spinoza, la religion et la morale relèvent d’une démarche strictement personnelle, l’Etat n’a pas à s’en mêler. En réclamant la totale dissociation du politique et du religieux, Spinoza jette les bases d’une démocratie laïque. Cette concetion deveindra plus tard la nôtre, en Europe, à la suite d’un long processus dont les étapes les plus notoires furent 1789,  en France, et 1905 (séparation de l’Eglise et de l’Etat). La liberté est, pour Spinoza, la condition de possibilité du bonheur en communauté. Mais ce régime de liberté ne peut être établi que dans une société dont les lois protègent les hommes non seulement des tyrans, mais aussi d’eux-mêmes. Car la multitude, naturellement superstitieuse et irrascible, ne suit pas spontanément la raison, comme en témoignera le massacre des frères de Witt en 1672. Préfigurant le Contrat social (Rousseau) et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, le TTP de Spinoza proclame que la démocratie es tle régime « le plus naturel » parce qu’elle établit la liberté tout en l’encadrant fermement par le biais des institutions d’un république libérale et laïque.

 

 

Citation commentée République (Platon)

Citation commentée : République, Livre VI, 486c

 

Socrate : « Une âme manquant de culture et d’élégance est, dirons-nous, naturellement portée vers la démesure » […]

Socrate : «  Donc, nous devons chercher un esprit qui joigne à ses autres qualités naturelles la mesure et l’élégance, et que ses dispositions innées guident spontanément vers l’idée de quelque chose » (486c)

 

 Le livre VI de la République comporte une interrogation sur le tempérament philosophique. Comment reconnaître un philosophe véritable ? Comment distinguer un authentique philosophe d’un philosophe seulement simulé – un sophiste ? Rappelons que le philosophe est pour Platon une personne qui ne s’en tient pas à l’opinion mais qui, tout au contraire, parvient par ses seules forces, à se hisser au niveau des idées. Il doit, pour cela, posséder un certain nombre d’aptitudes innées. Sa première qualité relève d’une relation affective à la vérité (« le philosophe est toujours épris de science »). La seconde est la sincérité ; haïssant le mensonge, il oriente en toutes circonstances son désir vers la vérité. La troisième qualité est la tempérance, et c’est ce dont il s’agit ici. La tempérance est la capacité qu’ont les esprits élevés de relativiser les réalités prosaïques (argent , pouvoir, plaisirs des sens…) . Le philosophe sait apprécier et hiérarchiser convenablement les biens véritables. Parce qu’il accès  à l’éternité, il tient pour dérisoire tout ce qui est fini. La cupidité, la bassesse, la vanité et la lâcheté lui sont étrangères. Son âme est juste et douce, et ceci dès les premières années de l’enfance, car l’élégance est une qualité innée. Puis  la culture développe en lui la tempérance qui est l’apanage des esprits éduqués, c’est-à-dire amoureux de la justice et débarrassés de leur sauvagerie originelle.

La loi est la condition de la liberté (Montesquieu et Rousseau)

montesquieu
 Les hommes confondent en général la liberté et  l’absence de contraintes.  Pourtant,  comme l’ffirme ici Montesquieu, la liberté n’est en aucun cas le  pouvoir, pour chacun, de faire tout ce qu’il veut.

 Chapitre II Diverses significations données au mot de liberté
  Il n’y a point de mot qui ait reçu plus de différentes significations,  et qui ait frappé les esprits de tant de manières, que celui de liberté. Les uns l’ont pris pour la facilité de déposer celui à qui ils avaient donné un pouvoir tyrannique ; les autres, pour la faculté d’élire celui à qui ils devaient obéir ; d’autres, pour le droit d’être armés, et de pouvoir exercer la violence ; ceux-ci pour le privilège de n’être gouvernés que par un homme de leur nation, ou par leurs propres lois. Certain peuple a longtemps pris la liberté pour l’usage de porter une longue barbe. Ceux-ci ont attaché ce nom à une forme de gouvernement, et en ont exclu les autres. Ceux qui avaient goûté du gouvernement républicain l’ont mise dans ce gouvernement ; ceux qui avaient joui du gouvernement monarchique l’ont placée dans la monarchie. Enfin chacun a appelé liberté le gouvernement qui était conforme à ses coutumes ou à ses inclinations ; et comme dans une république on n’a pas toujours devant les yeux, et d’une manière si présente, les instruments des maux dont on se plaint ; et que même les lois paraissent y parler plus, et les exécuteurs de la loi y parler moins ; on la place ordinairement dans les républiques, et on l’a exclue des monarchies. Enfin, comme dans les démocraties le peuple paraît à peu près faire ce qu’il veut, on a mis la liberté dans ces sortes de gouvernements ; et on a confondu le pouvoir du peuple avec la liberté du peuple.

 Chapitre III Ce que c’est que la liberté
Il est vrai que dans les démocraties le peuple paraît faire ce qu’il veut ; mais la liberté politique ne consiste point à faire ce que l’on veut. Dans un Etat, c’est-à-dire dans une société où il y a des lois, la liberté ne peut consister qu’à vouloir faire ce que l’on doit vouloir, et à n’être pas contraint de faire ce que l’on ne doit pas vouloir.
Il faut se mettre dans l’esprit ce que c’est que l’indépendance, et ce que c’est que la liberté. La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent ; et si un citoyen pouvait faire ce qu’elles défendent, il n’aurait plus de liberté, parce que les autres auraient tout de même ce pouvoir. »
Montesquieu
L’Esprit des Lois (1748) Livre X1, chapitres  2 et 3 
Pp 394-395Bibliothèque de la Pléiade 1970
(Ou  Tome 1, pp 291-292 en GF )
Je réserve le choix de la référence en fonction des autres textes à venir, que choisiront les collaborateurs.

ROUSSEAU

Dans l’état de nature, selon Rousseau, les hommes étaient libres. Ils ne dépendaient de personne,  mais ils étaient soumis à la loi de la nature .  On aurait  donc tort d’en conclure pour autant  que la liberté  peut se passer de règles.

« On a beau vouloir confondre l’indépendance et la liberté, ces deux choses sont si différentes que même elles s’excluent mutuellement…Quand chacun fait ce qu’il lui plaît, on fait souvent ce qui déplaît à d’autres, et cela ne s’appelle pas un état libre. La liberté consiste moins à faire sa volonté qu’à n’être pas soumis à celle d’autrui ; elle consiste encore à ne pas soumettre la volonté d’autrui à la nôtre. Quiconque est maître ne peut être libre, et régner, c’est obéir[…]
 Il n’y a donc point de liberté sans Lois, ni où quelqu’un est au dessus des Lois : dans l’état même de nature, l’homme n’est libre qu’à la faveur de la loi naturelle qui commande à tous.
   Un peuple libre obéit, mais il ne sert pas ; il a des chefs et non pas des maîtres ; il obéit aux Lois, mais il n’obéit qu’aux Lois, et c’est pas la force des lois qu’il n’obéit pas aux hommes. Toutes les barrières qu’on donne dans les Républiques au pouvoir des Magistrats ne sont établies que pour garantir de leurs atteintes l’enceinte sacrée des Lois : ils en sont les Ministres, non les arbitres ; ils doivent les garder, non les enfreindre. Un peuple est libre, quelque forme qu’ait son Gouvernement, quand dans celui qui le gouverne il ne voit point l’homme, mais l’organe de la Loi. En un mot, la liberté suit toujours le sort des Lois, elle règne ou périt avec elles ; je ne sache rien de plus certain.»
Rousseau
Lettres écrites sur la montagne (1764) Huitième Lettre, in Œuvres complètes, vol III, Bibliothèque de la Pléiade. Gallimard 1964
 

Du contrat social de Rousseau (concepts clés)

Rousseau
La République

Selon un usage ancien, le terme de République désignait l’État, quelle que soit la forme du gouvernement. C’est ainsi que Bodin intitule Les six Livres de la République, un exposé de la souveraineté absolue et indivisible du roi, responsable devant Dieu seul et non devant ses sujets. Cette souveraineté est dérivée de la puissance du père de famille, thèse attaquée dans le Contrat social, chapitre II, Livre I (ci-dessus, p. 10). Chez Rousseau est République tout État de droit. « Tout gouvernement légitime est républicain’ », et il rappelle en note qu’il n’oppose pas république à monarchie mais à despotisme. Qu’une monarchie puisse être une République, c’est ce que notre histoire nationale nous rend difficile à comprendre. On peut rappeler, cependant, qu’en 1789 personne ne songeait à abolir la monarchie, pas même Roselière. C’est que les futurs républicains voyaient dans le roi un fonctionnaire, un serviteur de l’État et non un Souverain. Tout cela devient clair si l’on a le vocabulaire de Rousseau bien présent à l’esprit.
La souveraineté

Le concept de souveraineté avait été formulé explicitement par Bodin au XVI’ siècle. La pratique en était bien antérieure et se trouve plus qu’esquissée dans les sociétés antiques. Le terme latin d’imperium, après avoir désigné le pouvoir du général en chef, a pris le sens de souveraineté par la réunion en une seule main des pouvoirs militaire, civil et religieux. Vocabulaire d’où les modernes ont dérivé les mots d’empire et d’empereur. Pour les modernes, le terme de souveraineté évoque facilement une royauté absolue comme celle de Louis XIV. Ce qui ne signifie pas qu’un tel souverain ne rencontre ni obstacles ni contradiction, mais qu’aucun contre-pouvoir n’est reconnu comme légitime.
La souveraineté selon Bodin est perpétuelle et absolue. Perpétuelle, ainsi « en France le roi ne meurt jamais », répète-t-on. Sitôt qu’un roi expire, il est remplacé, à l’instant, par celui que désigne l’ordre de succession, connu d’avance, le successeur fût-il un enfant en bas âge. Derrière cette fiction se dessine une réalité : la continuité du service public, principe que la République a conservé. Absolue, parce qu’elle consiste à faire la loi. Il faut, dit Bodin, « que ceux-là qui sont souverains… puissent donner loi aux sujets ». Mais si le pouvoir souverain est absolu parce que législatif, il n’en est pas moins borné. Ce point est difficile à comprendre, c’est ce qui fait l’importance dans le Contrat social du chapitre IV, Livre Il. Ce chapitre pose « les bornes du pouvoir souverain ». Or le terme de « bornes » est susceptible d’ambiguïté : un pouvoir peut être borné par des obstacles extérieurs. Des institutions peuvent produire un équilibre des pouvoirs. Ainsi, l’existence de deux assemblées législatives (Lords et Communes en Angleterre, Sénat et Chambre des Députés en France) correspond au souci de limiter, l’un par l’autre, des pouvoirs analogues, mais désignés par des voies différentes et représentant des aspects différents de la nation. De tels dispositifs se retrouvent dans beaucoup d’États dans lesquels nous reconnaissons des « démocraties » que Rousseau aurait appelées « républiques ».
Or ce n’est pas de cela qu’il s’agit ici. C’est par sa propre nature que le pouvoir souverain est borné. Absolu dans sa sphère propre, le pouvoir souverain ne peut rien s’il sort de cette sphère. Et cela pour les mêmes raisons qui font que la volonté générale est toujours droite. Rousseau n’entend pas par là une infaillibilité qui transférerait aux peuples le droit divin des rois. La volonté populaire peut se tromper, mais alors ou bien elle est mal informée, ou bien elle subit des pressions et des influences qui lui ôtent la généralité. Que le peuple puisse être mal informé, Rousseau ne l’a jamais nié. Il est ce « Législateur en corps [qui] est impossible à corrompre, mais facile à tromper’ ». Mais si le peuple ne voit pas toujours le bien, il le veut toujours car tout être veut son propre bien. Si le peuple est divisé, c’est que plusieurs peuples sont superposés dans une nation. Les mots de « société sans classes » n’appartiennent pas au vocabulaire de Rousseau, mais sa notion de peuple y fait penser. C’est pourquoi il souhaite de fort petits États où tous aient les mêmes conditions de vie et les mêmes intérêts. L’homogénéité est alors, croit-il, obtenue sans contrainte, par un accord spontané, et s’il refuse les grands États, c’est parce qu’il voit bien qu’une telle unité y est impossible.
Le Souverain et le gouvernement

L’important est donc de distinguer le Souverain et le gouvernement et tout ce qui se rattache à l’un ou l’autre de ces termes. La fonction du Souverain est de légiférer, mais comme la loi est l’expression de la volonté générale, le Souverain ne peut pas être un individu, ni un groupe restreint comme le Sénat de Venise, mais le peuple tout entier. Ainsi la Constitution de 1791 pouvait dire : « La souveraineté appartient à la Nation […] aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice […] Le gouvernement est monarchique. »
La volonté générale

Ce concept a pu quelquefois paraître énigmatique : cette volonté est générale mais elle se produit dans les individus, elle est indestructible mais peut être rendue muette, elle est toujours droite mais peut être
trompée. Pour y voir plus clair, il faut d’abord écarter les fausses notions de cette volonté, induites par des associations verbales confuses. La volonté générale n’est pas un mouvement d’opinion populaire, ni un consensus diffus ou un amas de préjugés dominants.
Elle peut se définir par son objet qui est l’intérêt commun et par sa source qui est le peuple, mais surtout par sa formulation qui est la loi. En effet, la matière dont s’occupe la volonté générale est d’ordre commun : il en résulte immédiatement que sa formulation est abstraite (le chapitre VI du Livre II est capital à cet égard).
Tout être veut son propre bien ; c’est en quoi la volonté générale est toujours droite ! « De lui-même le peuple veut toujours le bien, mais de lui-même il ne le voit pas toujours’. »
Ce qui peut altérer gravement la volonté générale, ce n’est pas le fait qu’elle se produise en des particuliers (elle ne peut se produire ailleurs), c’est qu’elle porte sur des objets particuliers. Elle est la volonté qui se produit en l’individu lorsqu’il porte son esprit vers un objet général. Alors chacun statue sur tous (lui compris). Chacun n’impose aux autres que les charges qu’il est prêt à supporter pour lui-même, ce qu’il ne peut vouloir que si ces charges conditionnent quelque bien évident. Mais tout cela doit rester abstrait pour que chacun ignore au moment de se prononcer si en l’occurrence – concrètement – il ressentira plus les inconvénients ou les avantages de la loi. Alors les principes sont énoncés selon la simple raison commune. Cependant, Rousseau distingue deux moments dans l’oeuvre législative. Ce qui a pour conséquence que le terme de législateur a deux acceptions, distinctes chez lui.

Arbitraire et absolu

Ainsi se résout la question posée déjà par les juristes de la royauté le prince est-il au-dessus des lois ? Question irrémédiablement embrouillée pour qui confond prince et souverain, et parfaitement claire dès lors qu’on les distingue. Si l’on appelle prince le chef de l’exécutif, « le premier fonctionnaire public », alors, celui-ci chargé d’appliquer les lois n’est pas au-dessus d’elles, pas plus que n’importe quel agent de l’autorité publique. Mais dans la doctrine de la royauté absolue, le roi est souverain, c’est-à-dire (selon la formule de Bodin) qu’il donne loi. Il est donc au-dessus des lois car il n’est pas seulement leur garant, mais leur auteur. C’est cette notion de la souveraineté que Rousseau transfère au peuple. N’est-ce pas le principe d’un absolutisme républicain ?
C’est ici qu’interviennent ces bornes internes que décrit le chapitre IV du Livre Il. Et d’abord la souveraineté du peuple, si elle est absolue, n’est pas pour autant arbitraire. L’arbitraire s’introduit lorsqu’il faut décider sur des cas et que celui à qui appartient la décision suit un intérêt singulier, une sympathie, une haine, et même la pitié’. Par ce qui pré cède, on comprend facilement que l’arbitraire n’est pas possible si le souverain reste dans son domaine propre. L’arbitraire ne peut venir que de l’exécutif (le prince, le gouvernement), ce qui pose un tout autre problème : comment exercer un contrôle sur le gouvernement, comment permettre un recours contre ses actes sans cependant le paralyser ? Toutes les démocraties modernes ont rencontré ce problème et lui ont à peu près trouvé des solutions. La distinction même entre l’exécutif et le législatif est une garantie contre l’arbitraire : le souverain qui « donne loi » ne peut décider du sort des individus ; le gouvernement qui gère les situations concrètes est tenu par la loi.

 (Notice rédigée par F. Khodoss)

L’Etat , le droit, l’Etat de droit (fiche)

Etat : (Etym : etat et Etat viennent tous deux de stare, se tenir, et de status, « attitude, manière d’être », ce qui a donné lieu à état, au sens de statut, ou classe, puis Etat au sens de nation, puis de gouvernement.  Attention : à écrire avec une majuscule!

 Sens usuel : 1) La nation en tant qu’elle est structurée par des institutions 2) Ensemble des structures, organes et institutions, et des hommes, qui assument l’administration et le gouvernement d’une nation. Pour les philosophes républicains, l’Etat est une instance régulatrice issue d’un contrat social. Pour d’autres, (principalement anarchistes ou marxistes) l’Etat est un istrument d’oppression au service de la classe possédante (thèse développée dans le Manifeste du parti communiste de Marx et Engels)
Etat de droit :  Conception moderne et juridique de l’Etat. L’Etat de droit se définit par la capacité de s’autolimiter, afin de prévenir toute dérive tyrannique ou despotique. Un Etat de droit est un Etat républicain (voir ci-dessous) et démocratique, c’est-à-dire dont le peuple est détenteur de la souveraineté. Les fondements de l’Etat de droit ont été élaborés par les théoriciens du Contrat social (Hobbes,  Rousseau) et les libéraux ( Locke, Montesquieu) . Dans un Etat de droit, les droits fondamentaux des hommes  sont établis et garantis par la constitution (la  » loi  » au sens de Rousseau) et tout individu a des droits qu’il peut revenbdiquer contre l’Etat et faire valoir auprès de l’Etat.
République (etym : respublica : la chose publique, l’Etat). Sens courant : tout Etat qui n’est pas monarchique, c’est-à-dire tout Etat caractérisé par le fait que la souveraineté est entre les mains des représentants du peuple élus au suffrage universel. Sens philosophique :  » J’appelle république, écrit Rousseau, tout Etat régi par des lois  » (Du Contrat social II)  Cette définition de Rousseau ne peut être comprise que si l’on donne au mot  » loi  » le sens de loi fondamentale ou organique (la Constitution). La loi, selon Rousseau, est toujours  » juste « , car elle est l’acte de la volonté générale. Dans ce sens précis et restreint, une  » république  » est ce qu’on appelle aujourd’hui également un  » Etat de droit  » c’est-à-dire un Etat essentiellement animé par l’idée de droit, ce qui implique : 1) une Constitution approuvée théoriquement par tous les citoyens, Constitution  surplombant tout le dispositif juridique et politique 2) l’idée d’une volonté générale supposée constituer  la source de toute loi 3) la  possibilité pour tous de participer  aux décisions d’ordre politique 4) l’égalité formelle de tous  et la protection des droit fondamentaux (sécurité,  libre expression, accès à l’éducation etc..) de tous les citoyens par l’Etat.
Volonté générale : chez Rousseau  (Du contrat social I, 6 et 7 et II, 4). Elle n’est pas la volonté majoritaire ni même la volonté de tous, car elle n’est en aucune façon une somme de volontés particulières. Théoriquement, idéalement, elle est, en chaque homme, la volonté raisonnable qui prescrit  les décisions les plus conformes à l’intérêt général. Son mode d’expression privilégié est la loi ; et son objet (ce sur quoi elle porte) ne peut être que d’ordre général (ce qui signifie que la Loi, en ce sens, ne peut établir de différentiations entre les citoyens).