Le travail (bibliographie)

Bibliographie Le travail

 

 

Platon   République Livre 2

Aristote Ethique à Nicomaque Livre 10

J. Locke Traité du gouvernement civil Chap 5 GF

Hegel Phénoménologie de l’esprit Tome 2 L’esprit Ed. Aubier-Montaigne

Adam Smith Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations Livre 1 chapitre 5

Kant Idée d’une histoire universelle d’un point de vue cosmopolitique  Bordas

K Marx Manuscrit de 1844

K. Marx Salaires, prix profit    Ed Sociales

Durkheim De la division du travail social

Simone Weil La condition ouvrière Gallimard

Arendt Condition de l’homme moderne  Calmann-Lévy

 Max Weber   L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme

Marcuse Eros et civilisation

 Nietzsche Aurore Livre 3

Paul Valery La France Travaille  Œuvres II Pléiade

 

 

 

 

Travail et ennui (Texte de Nietzsche)

©Rembrandt philosopheTravail et ennui. –

 » Dans les pays de la civilisation presque tous les hommes se ressemblent maintenant en ceci qu’ils cherchent du travail à cause du salaire; – pour eux tous, le travail est un moyen et non le but lui-même; c’est pourquoi ils mettent peu de finesse au choix du travail, pourvu qu’il procure un gain abondant. Or il y a des hommes rares qui préfèrent périr plutôt que de travailler sans que le travail leur procure de la joie : ils sont minutieux et difficiles à satisfaire, ils ne se contentent pas d’un gain abondant, lorsque le travail n’est pas lui-même le gain de tous les gains. De cette espèce d’hommes rares font partie les artistes et les contemplatifs de toute espèce, mais aussi ces désoeuvrés qui passent leur vie à la chasse ou bien aux intrigues d’amour et aux aventures. Tous ceux-là cherchent le travail et la peine lorsqu’ils sont mêlés de plaisir, et le travail le plus difficile et le plus dur, si cela est nécessaire. Mais autrement ils sont d’une paresse décidée, quand même cette paresse devrait entraîner l’appauvrissement, le déshonneur, des dangers pour la santé et pour la vie. Ils ne craignent pas autant l’ennui que le travail sans plaisir il leur faut même beaucoup d’ennui pour que leur propre travail puisse leur réussir. Pour le penseur et pour l’esprit inventif l’ennui est ce « calme plat » de l’âme qui précède la course heureuse et les vents joyeux; il leur faut le supporter, en attendre l’effet à part eux : – c’est cela précisément que les natures moindres n’arrivent absolument pas à obtenir d’elles-mêmes! Chasser l’ennui de n’importe quelle façon est aussi vulgaire que travailler sans plaisir. Les Asiatiques se distinguent peut-être en cela des Européens qu’ils sont capables d’un repos plus long et plus profond que ceux-ci; leurs narcotiques même agissent plus lentement et exigent de la patience, à l’encontre de l’insupportable soudaineté de ce poison européen, l’alcool. »
Le Gai savoir Nietzsche