Citation commentée J.S. Mill

« Mieux vaut un homme mécontent qu’un porc satisfait » John-Stuart Mill (1806-1873) 

 Cette citation peut être exploitée dans un devoir sur le bonheur, sur la conscience, sur la condition humaine, sur le désir.  Il y a ici une comparaison entre un animal et un homme, avec  implicitement l’idée que la conscience humaine  induit  la souffrance et l’insatisfaction. Ce qui nous sépare des autres bêtes est donc  la source de notre dignité, mais aussi  la raison de notre incapacité à jouir innocemment  de tous les plaisirs de l’existence.

 

 Pour une liste de citations voyez ici :

Quiz : https://lewebpedagogique.com/quizz/2009/04/21/bac-quiz-de-philosophie-5-special-citations/

 Le quiz vous dira la bonne réponse.

Désir et tourment (texte de Schopenhauer)

 

 

 

 Le désir est insatiable…Il est difficile  de connaître une  satisfaction durable et  nous sommes condamnés à vivre éternellement dans les souffrances de la privation.

 

« Tout vouloir procède d’un besoin, c’est-à-dire d’une privation, c’est-à-dire d’une souffrance. La satisfaction y met fin ; mais pour un désir qui est satisfait, dix au moins sont contrariés ; de plus le désir est long et ses exigences tendent à l’infini ; la satisfaction est courte et elle est parcimonieusement mesurée. Mais ce contentement suprême n’est lui-même qu’apparent ; le désir satisfait fait place aussitôt à un nouveau désir ; le premier est une déception reconnue, le second est une déception non encore reconnue. La satisfaction d’aucun souhait ne peut procurer de contentement durable et inaltérable. C’est comme l’aumône qu’on jette à un mendiant : elle lui sauve aujourd’hui la vie pour prolonger sa misère jusqu’à demain. – Tant que notre conscience est remplie par notre volonté, tant que nous sommes asservis à la pulsion du désir, aux espérances et aux craintes continuelles qu’il fait naître, tant que nous sommes sujets du vouloir, il n’y a pour nous ni bonheur durable, ni repos. Pouruivre ou fuir, craindre le malheur ou chercher la jouissance, c’est en réalité tout un ; l’inquiétude d’une volonté toujours exigeante, sous quelque forme qu’elle se manifeste, emplit et trouble sans cesse la conscience ; or sans repos le véritable bonheur est impossible. Ainsi le sujet du vouloir ressemble à Ixion attaché sur une roue qui ne cesse de tourner, aux Danaïdes qui puisent toujours pour emplir leur tonneau, à Tantale éternellement altéré ».

A.Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation(1818), trad.A.Burdeau, éd. PUF,1966, pp.252-253.