SEPTEMBRE PHILO STAV

15/09

Rapide Présentation des buts de l’année et distribution d’un manuel:

Cours d’introduction : Qu’est-ce que c’est  la philosophie?

A partir du texte A p15, approche de la vision commune du philosophe comme « tête en l’air » qui a le souci du vrai et se pose des questions sur l’être, le devoir être de l’homme. Mais le philosophe, c’est celui qui désire le vari aussi parce qu’il sait ne pas le posséder d’où étymologie : amour de la sagesse, philosophe, ami de la sagesse; aimer=désirer, désirer présuppose conscience d’un manque ( le philosophe est entre le savant et l’ignorant car il sait qu’il ne sait pas) et vécu de ce manque comme un vide à combler 

Texte complémentaire

« Il tient aussi le milieu entre la sagesse et l’ignorance : car aucun dieu ne philosophe ni ne désire devenir sage, puisque la sagesse est le propre de la nature divine ; et, en général, quiconque est sage ne philosophe pas. Il en est de même des ignorants, aucun d’eux ne philosophe ni ne désire devenir sage ; car l’ignorance a précisément le fâcheux effet de persuader à ceux qui ne sont ni beaux, ni bons, ni sages, qu’ils possèdent ces qualités : or nul ne désire les choses dont il ne se croit point dépourvu. – Mais, Diotime, qui sont donc ceux qui philosophent, si ce ne sont ni les sages ni les ignorants ? – Il est évident, même pour un enfant, dit-elle, que ce sont ceux qui tiennent le milieu entre les ignorants et les sages, et l’Amour est de ce nombre. La sagesse est une des plus belles choses du monde ; or l’Amour aime ce qui est beau ; en sorte qu’il faut conclure que l’Amour est amant de la sagesse, c’est-à-dire philosophe, et, comme tel, il tient le milieu entre le sage et l’ignorant. C’est à sa naissance qu’il le doit : car il est le fils d’un père sage et riche et d’une mère qui n’est ni riche ni sage. Telle est, mon cher Socrate, la nature de ce démon. »Le Banquet, Platon ( discours de Diotime rapporté par Socrate).

Raisonnement:

  1. si on ne philosophe pas, c’est soit qu’on sait, soit qu’on ne sait pas qu’on ne sait pas, soit qu’on sait qu’on ne sait pas mais qu’on n’a pas envie de savoir.
  2. si on ne sait pas qu’on ne sait pas, c’est parce qu’on est dans la croyance:

A. allégorie de la caverne

Illustration de la situation dans la croyance, qui est notre situation initiale commune, et analyse de ses causes avec l’allégorie de la caverne au Livre VII de La république de Platon ( P105): analyse des chaînes qui tiennent et maintiennent dans l’opinion ( corps – prison de l’âme, qui dans l’incarnation oublie les idées contemplées dans le monde intelligible-, la connaissance sensible, la vie collective, l’habitude, le conditionnement…)

Croire, c’est adhérer à une idée sans justification objective suffisante, à savoir sans démonstration, ni preuves ( en partant du principe qu’elles sont suffisantes, mais c’est une autre question!). Cette adhésion est cependant subjectivement suffisante , ce qui fait aussi que l’on adhère au monde de nos croyances: on a un sentiment d’évidence, de proximité qui fait que nous ne sous sentons pas étranger à nous-mêmes et au monde. On est installé dans une représentation confortable et suffisante du monde, sans conscience que cette représentation est sans fondement rationnel solide et ne peut être une certitude, qui est certes une croyance mais subjectivement ET objectivement suffisante ( même si on peut intérroger les sources de la connaissance et les fondements de cette certitude).

 C’est cet état d’ignorance et de croyance  que décrit l’allégorie de la caverne de Platon,  qui permet de saisir quelques unes des multiples  causes de la croyance  que sont:

  1. le fait de se fier à ce que nous disent nos sens : la connaissance sensible qui fait selon Platon, de nous, des victimes des apparences  ( même si ce ne sont pas nos sens qui nous trompent en réalité, mais notre esprit, notre entendement qui infère mal, conjecture mal à partir de ce qu’ils ne peuvent que constater au regard de leur point de vue, de leur structure et de leur état) ou qui nous condamnent à une connaissance partielle et superficielle
  2. le fait de s’enfoncer dans l’habitude qui fait qu’on ne regarde même plus, qu’on ne s’étonne plus, ne s’interroge plus
  3. le fait d’être dans l’opinion commune, le confort de la majorité et du conformisme qui permet de satisfaire en partie notre désir de reconnaissance
  4. le fait d’être victime d’un conditionnement, d’une manipulation idéologique ( certains ont peut-être intérêt à ce que l’on croit certaines choses, par exemple que l’on se croient libres, pour pouvoir ensuite être tenus comme responsables et coupables )

 

B. autres causes de la croyance

22/09

  • lecture de Spinoza sur la superstition P 109

L’analyse de la superstition ( déviation impie du sentiment religieux) dans la préface du  Traité théologico-politique par Spinoza confirme ce lien entre l’ illusion -qui est  parfois aussi une erreur, dont la cause principale reste l’ignorance du réel et la volonté de s’accorder avec lui- et le désir comme moteur de nos craintes et espoirs quand ils  s’aventurent au-delà de ce qui dépend de nous, de nos forces, de notre pouvoir ( d’où la distinction épicurienne entre les désirs naturels et les désirs vains, d’où l’appel des stoïciens à bien distinguer ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous, d’où la nécessité de penser nos désirs, de les analyser, de les critiquer.)

  • Travail  à partir de  ce texte de Freud et de questionnaire (A et B faits ensemble) sur la différence entre ERREUR et ILLUSION

« Une illusion n’est pas la même chose qu’une erreur, une illusion n’est pas non plus nécessairement une erreur. L’opinion d’Aristote, d’après laquelle la vermine serait engendrée par l’ordure – opinion qui est encore celle du peuple ignorant – était une erreur ;de  même, l’opinion qu’avait une génération antérieure de médecins, et d’après laquelle le tabès aurait été la conséquence d’excès sexuels. Il serait impropre d’appeler ces erreurs des illusions, alors que c’était une illusion de la part de Christophe Colomb, quand il croyait avoir trouvé une nouvelle route maritime des Indes. La part de désir que comportait cette erreur est manifeste. On peut qualifier d’illusion l’assertion de certains nationalistes, assertion d’après laquelle les races indogermaniques seraient les seules races humaines capables de culture , ou bien encore la croyance d’après laquelle l’enfant serait un être dénué de sexualité, croyance détruite pour la première fois par la psychanalyse. Ce qui caractérise l’illusion, c’est d’être dérivée des désirs humains.(…) L’illusion n’est pas nécessairement fausse, c’est à dire irréalisable ou en contradiction avec la réalité. Une jeune fille de condition modeste peut par exemple se créer l’illusion qu’un prince va venir la chercher pour l’épouser. Or, ceci est possible; quelques cas de ce genre se sont réellement présentés.(…) Ainsi, nous appelons illusion une croyance quand, dans la motivation de celle-ci la réalisation d’un désir est prévalente, et nous ne tenons pas compte, ce faisant, des rapports de cette croyance à la réalité, tout comme l’illusion renonce elle-même à être confirmée par le réel. »  

En fin de cours, travail personnel noté sur le C du questionnaire.

 

28/09

Correction du C et  réponses au D, permettant de conclure que s’il est assez aisé de corriger une erreur, il est bien plus difficle de dissiper une illusion. Quelques solutions envisagées: tuer le désit à l’origine de l’illusion par la désillusion, par une analyse du mécanisme de l’illusion, par son remplacement par un autre désir ( celui de la vérité ou de la connaissance); constat que toute sortie de l’illusion est douloureuse ( comme le montre l’allégorie de la caverne, où le prisonnier désenchaîné souffre en étant mis face à la lumière, doit comprendre par lui-même le mécanisme de l’ombre et accède peu à peu à la connaissance) et que l’illusion a tendance à discréditer les raisonnements et la parole de celui qui veut l’en faire sortir, d’où le rejet du philosophe et de la philosophie.

Cours 1 L’homme et la nature  

Définition de la nature: la nature, c’est tout ce qui existe dans l’univers hors l’homme et les effets de son action. Donc la nature s’oppose à la culture. Pourtant l’homme appartient à la nature en tant qu’être vivant ( animal), donc il serait à la fois inclu et exclu de la nature.

I. L’homme dans la nature

Texte de Rousseau p 21.

 POUR le 13/10 DM sur le texte 6 de ROUSSEAU p.81. Répondre aux 2 premières questions; puis faire une réponse argumentée en 2 parties qui ne se contredisent pas, sur un des deux sujets suivants:

– le progrés technique nous éloigne-t-il de la nature?

– Peut-on parler d’un progrès technique?

Auteur/autrice : Caroline Sarroul

Professeur de philosophie au Lycée Alain Borne

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