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le bonheur sera donc l’accord avec le monde et mes désirs, cela laisse penser qu’il soit une part de chance pour être heureux, soit même des condtions objectives dans le monde pour être heureux.
C’est la thèse de ceux qui prétendent mesurer le bien-être des hommes avec PIB, puis IDH ( ajoutant l’espérance de vie et le niveau de formation) et enfin l’IBM de Pierre Le Roy en 2000.
- Réflexion sur les critères de l’IBM : L’indice du bonheur mondial part de la question suivante : qu’est-ce qu’un monde heureux ? Les 4 volets développés plus loin répondent à la question : un monde heureux est un monde en paix ; c’est un monde où les droits de l’homme sont respectés ; c’est un monde où la qualité de la vie est élevée ; c’est un monde où chacun peut se former, s’informer et communiquer avec les autres.
– La paix et la sécurité L’indice prend en compte dix facteurs : charges nucléaires, dépenses militaires, commerce des armes, victimes de conflits armés majeurs, corruption, morts violentes, réfugiés, victimes de catastrophes naturelles, sécurité économique et financière, espérance de vie à la naissance.
– La démocratie et les droits de l’homme L’indice prend en compte dix facteurs : nombre d’habitants “libres”, niveau moyen de liberté, liberté de la presse, peine de mort, droit des femmes, proportion de femmes parlementaires, taux de scolarisation des femmes, droits des enfants, droits des jeunes, travail des enfants.
– La qualité de la vie L’indice prend en compte dix facteurs : PIB mondial par individu, disparité du PIB mondial par individu, espérance de vie à la naissance, indicateur de pauvreté humaine, inégalités internes aux pays, suicides, teneur en CO2 dans l’atmosphère, l’accès à des points d’eau aménagés, état des forêts, pollution de l’air.
– La recherche, la formation, l’information et la communication L’indice prend en compte dix facteurs : développement de la recherche, niveau d’instruction, disparités du niveau d’instruction, nombre d’exemplaires de journaux quotidiens, postes de radio et de télévision, autres moyens de communication, fracture digitale, nombre de livres, nombre de films, voyages touristiques internationaux.
Remarques: dans ces critères n’apparaissent pas la famille, l’amour, les relations humaines et sociales; ces critères dépendent de certaines valeurs et normes culturelles; penser que ces facteurs suffisent pour être heureux, c’est faire croire que s’ ils sont réunis on peut et doit en un sens être heureux ( d’où redoublement du malheur comme échec personnel, d’autant plus qu’on a le droit désormais d’être heureux ici bas sur terre) et c’est faore croire que l’obstacle au bonheur est extérieur, alors qu’on peut penser qu’il est plutôt intérieur.
I. les obstacles intérieurs au bonheur
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notre constitution selon Freud
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notre conscience malheureuse d’où divertissement selon Pascal
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le désir
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distinction entre besoin, pulsion, envie et désir comme recherche de l’absolu
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analyse des raions de notre insatisfaction alors que le désir est un appetit conscient portant sur un objet bien déterminé et choisi car non vital.
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présentation du mythe de l’androgyne d’Aristophane dans le Banquet de Platon : l’insatisfaction vient de la nature du manque à combler, un manque infini que rien de fini ne peut combler d’où le fait que l’on va de désir en désir sans trouver de satiété: le tonneau des Danaïdes
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ce même manque fait que le désir est recherche de l’absoulu, d’où une tendance à absolutiser l’objet du désir, ce que Stendhal appelle concernant l’amour « la cristallisation » et l’écart entre l’idéal et le réel
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il y a aussi écart entre l’objet apparent du désir et son objet réel qui n’est autre que le désir lui même
- soit le fait de désirer
- soit le fait d’être désiré
II. les solutions
A. renoncer au désir: l’ascétisme de Schopenhauer, « euthanasier le Vouloir-vivre »
B. réduire ses désirs: les sagesses antiques: stoïciens et épicuriens
– une technique commune pour parvenir à l’ataraxie: distinguer ce qui dépend de nous ( représentation etdésir) et ce qui ne dépend pas de nous
– étude de la Lettre à Ménécée, d’Epicure et du Tétrapharmakon
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Un peu de lecture:
« L’argument décisif utilisé par le bon sens contre la liberté consiste à nous rappeler notre impuissance. Loin que nous puissions modifier notre situation à notre gré, il semble que nous ne puissions pas nous changer nous mêmes. Je ne suis « libre » ni d’échapper au sort de ma classe, de ma nation, de ma famille, ni même d’édifier ma puissance ou ma fortune, ni de vaincre mes appétits les plus insignifiants ou mes habitudes. Je nais ouvrier, Français, hérédosyphilitique ou tuberculeux. L’histoire d’une vie, quelle qu’elle soit, est l’histoire d’un échec. Le coefficient d’adversité des choses est tel qu’il faut des années de patience pour obtenir le plus infime résultat. Encore faut il «obéir à la nature pour la commander », c’est à dire insérer mon action dans les mailles du déterminisme. Bien plus qu’il ne parait « se faire », l’homme semble « être fait » par le climat et la terre, la race et la classe, la langue. L’histoire de la collectivité dont il fait partie, l’hérédité, les circonstances individuelles de son enfance, les habitudes acquises, les grands et les petits événements de sa vie.
Cet argument n’a jamais profondément troublé les partisans de la liberté humaine : Descartes, le premier, reconnaissait à la fois que la volonté est infinie et qu’il faut « tâcher à nous vaincre plutôt que la fortune ». C’est qu’il convient ici de faire des distinctions ; beaucoup des faits énoncés par les déterministes ne sauraient être pris en considération. Le coefficient d’adversité des choses en particulier, ne saurait être un argument contre notre liberté, car c’est par nous, c’est à dire par la position préalable d’une fin que surgit ce coefficient d’adversité. Tel rocher qui manifeste une résistance profonde si je veux le déplacer, sera, au contraire, une aide précieuse si je veux l’escalader pour contempler le paysage. En lui-même s’il est même possible d’envisager ce qu’il peut être en lui-même il est neutre, c’est à dire qu’il attend d’être éclairé par une fin pour se manifester comme adversaire ou comme auxiliaire. Encore ne peut il se manifester de l’une ou l’autre manière qu’à l’intérieur d’un complexe ustensile déjà établi. Sans les pics et les piolets, les sentiers déjà tracés, la technique de l’ascension, le rocher ne serait ni facile ni malaisé à gravir ; la question ne se poserait pas, il ne soutiendrait aucun rapport d’aucune sorte avec la technique de l’alpinisme. Ainsi, bien que les choses brutes […] puis¬sent dès l’origine limiter notre liberté d’action, c’est notre liberté elle même qui doit préalablement constituer le cadre, la technique et les fins par rapport auxquels elles se manifesteront comme des limites. Si le rocher, même, se révèle comme «trop difficile à gravir », et si nous devons renoncer à l’ascension, notons qu’il ne s’est révélé tel que pour avoir été originellement saisi comme « gravissable »; c’est donc notre liberté qui constitue les limites qu’elle rencontrera par la suite.
[…] Le sens commun conviendra avec nous, en effet, que l’être dit libre est celui qui peut réaliser ses projets. Mais pour que l’acte puisse comporter une réalisation, il convient que la simple projection d’une fin possible se distingue a priori de la réalisation de cette fin. S’il suffit de concevoir pour réaliser, me voilà plongé dans un monde semblable à celui du rêve, où le possible ne se distingue plus aucunement du réel. Je suis condamné dès lors à voir le monde se modifier au gré des changements de ma conscience, je ne puis pas pratiquer, par rapport à ma conception, la « mise entre parenthèses » et la suspension de jugement qui distinguera une simple fiction d’un choix réel. L’objet apparaissant dès qu’il est simplement conçu, ne sera plus ni choisi ni seulement souhaité. La distinction entre le simple souhait, la représentation que je pourrais choisir et le choix étant abolie, la liberté disparaît avec elle.
[…] Il faut. en outre, préciser contre le sens commun que la formule « être libre » ne signifie pas « obtenir ce qu’on a voulu », mais « se déterminer à vouloir [au sens large de choisir] par soi même ». Autrement dit, le succès n’importe aucunement à la liberté. La discussion qui oppose le sens commun aux philosophes vient ici d’un malentendu : le concept empirique et populaire de « liberté » produit de circonstances historiques, politiques et morales équivaut à la « faculté d’obtenir les fins choisies ». Le concept technique et philosophique de liberté, le seul que nous considérions ici, signifie seulement : autonomie du choix. Il faut cependant noter que le choix étant identique au faire suppose, pour se distinguer du rêve et du souhait, un commencement de réalisation. Ainsi ne dirons nous pas qu’un captif est toujours libre de sortir de prison,.ce qui serait absurde, ni non plus qu’il est toujours libre de souhaiter l’élargissement, ce qui serait une lapalissade sans portée, mais qu’il est toujours libre de chercher à s’évader [ou à se faire libérer] c’est à dire que quelle que soit sa condition, il peut pro jeter son évasion et s’apprendre à lui même la valeur de son projet par un début d’action. Notre description de la liberté ne distinguant pas entre le choisir et le faire, nous oblige à renoncer du coup à la distinction entre l’intention et l’acte. On ne saurait pas plus séparer l’intention de l’acte que la pensée du langage qui l’exprime et, comme il arrive que notre parole nous apprend notre pensée, ainsi nos actes nous apprennent nos intentions, c’est à dire nous permettent de les dégager, de les schématiser, et d’en faire des objets au lieu de nous borner à les vivre, c’est-¬à dire à en prendre une conscience non thétique. Cette distinction essentielle entre la liberté du choix et la liberté d’obtenir a certainement été vue par Descartes, après le stoïcisme. Elle met un terme à toutes les discussions sur «vouloir» et «pouvoir» qui opposent aujourd’hui encore les partisans et les adversaires de la liberté.
[…] C’est donc seulement dans et par le libre surgissement d’une liberté que le monde développe et révèle les résistances qui peuvent rendre la fin projetée irréalisable. L’homme ne rencontre d’obstacle que dans le champ de sa liberté. Mieux encore : il est impossible de décréter a priori ce qui revient à l’existant brut et à la liberté dans le caractère d’obstacle de tel existant particulier. Ce qui est obstacle pour moi, en effet, ne le sera pas pour un autre. Il n’y a pas d’obstacle absolu, mais l’obstacle révèle son coefficient d’adversité à travers les techniques librement inventées, librement acquises ; il le révèle aussi en fonction de la valeur de la fin posée par la liberté. Ce rocher ne sera pas un obstacle si je veux, coûte que coûte, parvenir au haut de la montagne ; il me découragera, au contraire, si j’ai librement fixé des limites à mon désir de faire l’ascension projetée. Ainsi le monde, par des coefficients d’adversité, me révèle la façon dont je tiens aux fins que je m’as¬signe ; en sorte que je ne puis jamais savoir s’il me donne un renseignement sur moi ou sur lui. […] A désir égal d’escalade, le rocher sera aisé à gravir pour tel ascensionniste athlétique, difficile pour tel autre, novice, mal entraîné et au corps malingre. Mais le corps ne se révèle à son tour comme bien ou mal entraîné que par rapport à un choix libre. C’est parce que je suis là et que j’ai fait de moi ce que je suis que le rocher développe par rapport à mon corps un coefficient d’adversité. Pour l’avocat demeuré à la ville et qui plaide, le corps dissimulé sous sa robe d’avocat, le rocher n’est ni difficile ni aisé à gravir : il est fondu dans la totalité « monde » sans en émerger aucunement. Et, en un sens, c’est moi qui choisis mon corps comme malingre, en l’affrontant aux difficultés que je fais naître [alpinisme, cyclisme, sport]. Si je n’ai pas choisi de faire du sport, si je demeure dans les villes et si je m’occupe exclusivement de négoce ou de travaux intellectuels, mon corps ne sera aucunement qualifié de ce point de vue. Ainsi commençons nous à entrevoir le paradoxe de la liberté : il n’y a de liberté qu’en situation et il n’y a de situation que par la liberté. La réalité humaine rencontre partout des résistances et des obstacles qu’elle n’a pas créés ; mais ces résistances et ces obstacles n’ont de sens que dans et par le libre choix que la réalité humaine est. »
Sartre, L’Etre et le néant
22/10
Problème du jour: pourquoi alors qu’il n’y a ni blocus, ni manifestation, seulement 2 élèves sur 22!!
devoir maison pour TOUS pour le 5/11, Sur le texte de Tocqueville p. 243, répondre aux questions suivantes:
Questions:
- dégagez la thèse de l’auteur. ( la repérer dans le texte si elle est explicite ET l’expliquer le plus précisément possible avec vos propres mots)
- dégagez les étapes de l’argumentation ( proposer un plan du texte en indiquant les lignes de début et de fin de chacune des parties ET expliquer le contenu de chacune des parties EN expliquant aussi comme elles s’enchaînent, donc la logique du texte)
- Expliquez ce que signifie :
–ce que signifie, ligne 8: « il les touche mais ne les sent point »
– ce qu’est , ligne 12, « la puissance paternelle » à laquelle le pouvoir décrit par Tocqueville pourrait ressembler, mais ne ressemble pas en fait.
4. Faire un essai sur le sujet suivant : Peut-on ne pas vouloir faire le bonheur des autres?
( un essai est une mini- dissertation ( au minimum 2 pages ½) où on doit traiter d’un problème en 2 parties minimum ( 3 parties, c’est mieux) et il faut essayer dans les 2 premières parties de ne pas faire thèse/antithèse ( c’est-à-dire répondre oui et non, ou non et oui, à exactement la même question) ni de faire « oui…mais… » ou « non…mais…). Le III peut être un renforcement-prolongement du II ou un renversement du II ou même du sujet.
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Pour vous aider à répondre aux questions 1,2, 3 , cliquez sur le lien : http://lewebpedagogique.com/terminale-philo/texte-dalain-sur-le-bonheur/
Pour l’essai , regardez les corrigés de dissertation comme être conscient de soi est-ce être maître de soi? ou Peut-on parler d’un progrès technique?