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les médiations suite…
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nos oeuvres ou le cogito pratique de Hegel, TEXTE 2 p120
L’homme se définit comme l’animal qui refuse l’animal en lui et nie la nature hors de lui, d’où éducation et travail & art. Transformer la nature, produire et créer nous permet de nous affirmer comme homme, de mettre dans la matière devant nous la preuve de notre existence ( être au dehors) et de nous contempler à distance dans ce qui porte notre « cachet personnel »; si la création est une oeuvre d’art et non pas un objet de consommation et d’usage, cette inscription dans la matière de nous-même est durable, voir éternelle ( l’oeuvre d’art n’étant ni consommée, ni usée, mais simplement contempler)
- la naissance de l’hypothèse à partir des travaux du Dr Breuer sur le cas Anna O.: l’hystérique souffre de réminsicence ( texte 1 p. 36), ses troubles sont un moyen d’exprimer par conversion ce qui a été refoulé dans son inconscient et « l’affect coincé » lié à ce refoulé. Vertu cathartique de la parole , « talking cure « selon Anna.O
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a) les topiques
1ère Topique en 1900 dans L’interprétation des rêves
2ème Topique ( entre 1915.1920)
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b) la démarche psychanalytique: principe de l’association d’idées ( texte 3 p 37) basé sur l’idée d’un déterminisme psychique ( texte 2 p. 36), transfert parce que « là où est le ça le moi doit advenir » pour que l’individu retrouve liberté, mémoire et équilibre psychique
c) les critiques de cette hypothèse
Freud les attendait car il savait que la sexualité est un sujet tabou et que, comme il l’écrit en 1916, « sa théorie scientifique » imposait à l’homme sa 3ème blessure narcissique ( « à sa mégalomanie ») après Copernic ( théorie héliocentriste est évoqué dès 1514 dans un court traité d’astronomie, mais c’est en 1530 dans un texte publié après sa mort qu’il sera condamné en 1616 à titre posthume par l’Eglise défendant la théorie géocentriste aristotélicienne; Galilée sera lui condamné à abjurer par l’Inquisition en 1633 à propos de la publication de Les deux grands systèmes du monde, où il exposait de manière partiale, semble-t-il, le géocentrisme aristotélicien et la révolution copernicienne, ), et Darwin ( et sa théorie de l’évolution par sélection naturelle exposée en 1859 dans L’origine des espèces , à laquelle s’opposent encore aujord’hui les tenants du créationnisme). L’homme n’est pas le centre de l’univers, n’est qu’un animal évolué et n’est même pas le centre de lui-même: « le moi n’est pas seulement maître dans sa propre maison » contraint qu’il est d’obéir à 3 maîtres : le ça, le surmoi et le principe de réalité.
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critique épistémologique de Popper ( texte p. 39): la psychanalyse n’est pas une science, ne pouvant satisfaire au critère de falsifiabilité
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critique morale d’Alain ( texte. P 38): cette hypothèse est une erreur ( on remplace le corps et ses mouvements, instincts par un « autre moi » qui aurait une activité de représentation, donc consciente qui échapperait à ma conscience, c’est incohérent.) qui entraîne une faute donnant à l’homme un droit à l’irresponsabilité en se cachant derrière le déterminisme de l’inconscient.
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Elaboration de sujet sur: peut-on ne pas être conscient de ce que l’on fait? La conscience de soi suppose-t-elle autrui? Faut-il s’abstenir de penser pour être heureux?
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B. Du moi au monde: la conscience du monde est-elle connaissance?
Si la conscience est « dévoilante », si en tant qu’êtres conscients nous sommes , selon Sartre, « les détecteurs de l’être », sortant ce qui est de sa « léthargie » , de sa confuse épaisseur en donnant sens et unité aux choses, à leur co-existence (ex. du paysage : Texte p.26), en créant de la présence sur fond d’absence par notre attention et nos intérêts , donc si par d’objet sans sujet ( si aussi pas de sujet sans objet, toute conscience est conscience de…,intentionalité vue en I), toute conscience n’est aussi qu’ un point de vue dépendant de :
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de nos sens, leur structure et leur sensibilité. Ce serait une erreur de croire que ce qu’ils ne perçoivent pas n’est pas ou que ce qu’ils perçoivent est en soi; les qualités sensibles ne sont pas en soi, mais pour so
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de la nature qui a voilé la réalité pour nous permettre de survivre , en trouvant au plus vite une réponse appropriée, d’où une vision utilitaire et simplificatrice de la réalité, où on groassit les acractéristiques communes et on gomme les particularités individuelles, représentation de la réalité que le découpage de la langue va reprendre à son compte. Et nous pensons avec les mots, nous nous représentons le monde à travers eux !
Texte:
« Si la réalité venait frapper directement nos sens et notre conscience, si nous pouvions entrer en communication immédiate avec les choses et avec nous-mêmes, je crois bien que l’art serait inutile, ou plutôt que nous serions tous artistes, car notre âme vibrerait alors continuellement à l’unisson de la nature.[..]Tout cela est autour de nous, tout cela est en nous, et pourtant rien de tout cela n’est perçu par nous distinctement. Entre la nature et nous, que dis-je ? Entre nous et notre propre conscience, un voile s’interpose, voile épais pour le commun des hommes, voile léger, presque transparent, pour l’artiste et le poète. Quelle fée a tissé ce voile ? Fut-ce par malice ou par amitié ? Il fallait vivre, et la vie exige que nous appréhendions les choses dans le rapport qu’elles ont à nos besoins. Vivre consiste à agir. Vivre, c’est n’accepter des objets que l’impression utile pour y répondre par des réactions appropriées : les autres impressions doivent s’obscurcir ou ne nous arriver que confusément. Je regarde et je crois voir, j’écoute et je crois entendre, je m’étudie et je crois lire dans le fond de mon cœur. Mais ce que je vois et ce que j’entends du monde extérieur, c’est simplement ce que mes sens en extraient pour éclairer ma conduite ; ce que je connais de moi-même, c’est ce qui affleure à la surface, ce qui prend part à l’action. Mes sens et ma conscience ne me livrent donc de la réalité qu’une simplification pratique. Dans la vision qu’ils me donnent des choses et de moi-même, les différences inutiles à l’homme sont effacées, les ressemblances utiles à l’homme sont accentuées, des routes me sont tracées à l’avance où mon action s’engagera. Ces routes sont celles où l’humanité entière a passé avant moi. Les choses ont été classées en vue du parti que j’en pourrai tirer. Et c’est cette classification que j’aperçois, beaucoup plus que la couleur et la forme des choses. Sans doute l’homme est déjà très supérieur à l’animal sur ce point. Il est peu probable que l’œil du loup fasse une différence entre le chevreau et l’agneau ; ce sont là, pour le loup, deux proies identiques, étant également faciles à saisir, également bonnes à dévorer. Nous faisons, nous, une différence entre la chèvre et le mouton ; mais distinguons-nous une chèvre d’une chèvre, un mouton d’un mouton ? L’individualité des choses et des êtres nous échappe toutes les fois qu’il ne nous est pas matériellement utile de l’apercevoir. Et là même où nous la remarquons (comme lorsque nous distinguons un homme d’un autre homme), ce n’est pas l’individualité même que notre œil saisit, c’est-à-dire une certaine harmonie tout à fait originale de formes et de couleurs, mais seulement un ou deux traits qui faciliteront la reconnaissance pratique.Enfin, pour tout dire, nous ne voyons pas les choses mêmes ; nous nous bornons, le plus souvent, à lire des étiquettes collées sur elles. Cette tendance, issue du besoin, s’est encore accentuée sous l’influence du langage. » ( Suite p. 98, texte 1) Bergson, Le rire, 1900
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heureusement selon Bergson la nature a laissé à certains d’entre nous un coin du voile levé, ce sont les artistes qui peuvent s’arracher à une representation utilitaire ( et quantitative du monde) pour le contempler et en saisir des qualités ( les couleurs pour le peintre, les formes pour le sculpteur et la vie de l’esprit pour le poéte, celle de la nature pour le musicien) et à travers leurs oeuvres d’art, ils nous oblie à voir autrement le monde, à distance, sans le rapport utilitaire ( on ne mange pas un mouton peint, sculpté…).
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L’art éduque notre regard, nous ouvre les yeux et nous permet de saisir la beauté de la nature, en elle-même an-esthétique
« Qu’est-ce donc que la Nature? Elle n’est pas la Mère qui nous enfanta. Elle est notre création. C’est dans notre cerveau qu’elle s’éveille à la vie. Les choses sont parce que nous les voyons, et ce que nous voyons, et comment nous le voyons, dépend des arts qui nous ont influencés. Regarder une chose et la voir sont deux actes très différents. On ne voit quelque chose que si l’on en voit la beauté. Alors, et alors seulement, elle vient à l’existence. A présent, les gens voient des brouillards, non parce qu’il y en a, mais parce que des poètes et des peintres leur ont enseigné la mystérieuse beauté de ces effets. Des brouillards ont pu exister pendant des siècles à Londres. J’ose même dire qu’il y en eut. Mais personne ne les a vus et, ainsi, nous ne savons rien d’eux. Ils n’existèrent qu’au jour où l’art les inventa. Maintenant, il faut l’avouer, nous en avons à l’excès. Ils sont devenus le pur maniérisme d’une clique, et le réalisme exagéré de leur méthode d onne la bronchite aux gens stupides. Là où l’homme cultivé saisit un effet, l’homme d’esprit inculte attrape un rhume.
Soyons donc humains et prions l’Art de tourner ailleurs ses admirables yeux. Il l’a déjà fait, du reste. Cette blanche et frissonnante lumière que l’on voit maintenant en France, avec ses étranges granulations mauves et ses mouvantes ombres violettes, est sa dernière fantaisie et la Nature, en somme, la produit d’admirable façon. Là où elle nous donnait des Corot ou des Daubigny, elle nous donne maintenant des Monet exquis et des Pissarro enchanteurs. En vérité, il y a des moments, rares il est vrai,qu’on peut cependant observer de temps à autre, où la Nature devient absolument moderne. Il ne faut pas évidemment s’y fier toujours. Le fait est qu’elle se trouve dans une malheureuse position. L’Art crée un effet incomparable et unique et puis il passe à autre chose. La Nature, elle, oubliant que l’imitation peut devenir la forme la plus sincère de l’inculte,
se met à répéter cet effet jusqu’à ce que nous en devenions absolument las. Il n’est personne, aujourd’hui, de vraiment cultivé, pour parler de la beauté d’un coucher de soleil. Les couchers de soleil sont tout à fait passés de mode. Ils appartiennent au temps où Turner était le dernier mot de
l’art. Les admirer est un signe marquant de provincialisme ».
Oscar Wilde, « Le déclin du mensonge », Intentions (1928),
- Là aussi dans notre rapport au monde les autres sont précieux: « autrui est la pièce maîtresse de mon univers « dira magnifiquement Michel Tournier dans Vendredi ou les limbes du pacifique donnant par sa présence l’échelle,assurant de la permanence du monde et de la réalité de ce qui est perçu en ajoutant à ma perspective la sienne, les siennes…
» La solitude n’est pas une situation immuable ou je me trouverais plongé depuis le naufrage de la Virginie. C’est un milieu corrosif qui agit sur moi lentement, mais sans relâche et dans un sens purement destructif. Le premier jour, je transitais en eux sociétés humaines également imaginaires : l’équipage disparu et les habitants de l’île, car je la croyais peuplée. J’étais encore tout chaud de mes contacts avec mes compagnons de bord. Je poursuivais imaginairement le dialogue interrompu par la catastrophe. Et puis l’île s’est révélée déserte. J’avançai dans un paysage sans âme qui vive. Derrière moi, le groupe de mes malheureux compagnons s’enfonçait dans la nuit. Leurs voix s’étaient tues depuis longtemps, quand la mienne commençait seulement à se fatiguer de son soliloque. Dès lors je suis avec une horrible fascination le processus de déshumanisation dont je sens en moi l’inexorable travail.
Je sais maintenant que chaque homme porte en lui – et comme au-dessus de lui – un fragile et complexe échafaudage d’habitudes, réponses, réflexes, mécanismes, préoccupations, rêves et implications qui s’est formé et continue à se transformer par les attouchements perpétuels de ses semblables, Privée de sève, cette délicate efflorescence s’étiole et se désagrège. Autrui, pièce maîtresse de mon univers… Je mesure chaque jour ce que je lui devais en enregistrant de nouvelles fissures dans mon édifice personnel. Je sais ce que je risquerais en perdant l’usage de la parole, et je combats de toute l’ardeur de mon angoisse cette suprême déchéance. Mais mes relations avec les choses se trouvent ellesmêmes dénaturées par ma solitude. Lorsqu’un peintre ou un graveur introduit des personnages dans un paysage ou à proximité d’un monument, ce n’est pas par goût de l’accessoire. Les personnages donnent l’échelle et, ce qui importe davantage encore, ils constituent des points de vue possibles qui ajoutent au point de vue réel de l’observateur d’indispensables virtualités.
A Speranza, il n’y a qu’un point de vue, le mien, dépouillé de toute virtualité. Et ce dépouillement ne s’est pas fait en un jour. Au début, par un automatisme inconscient, je projetais des observateurs possibles – des paramètres au sommet des collines, derrière tel rocher ou dans les branches de tel arbre. L’île se trouvait ainsi quadrillée par un réseau d’interpolations et d’extrapolations qui la différenciait et la douait d’intelligibilité. Ainsi fait tout homme normal dans une situation normale. Je n’ai pris conscience de cette fonction – comme de bien d’autres – qu’à mesure qu’elle se dégradait en moi. Aujourd’hui, c’est chose faite. Ma vision de l’île est réduite à elle-même. Ce que je n’en vois pas est un inconnu absolu. Partout où je ne suis as actuellement règne une nuit insondable. Je constate d’ailleurs en écrivant ces lignes que l’expérience qu’elles tentent de restituer non seulement est sans précédent, mais contrarie dans leur essence même les mots que j’emploie. Le langage relève en effet d’une façon fondamentale de cet univers peupléoù les autres sont comme autant de phares créant autour d’eux un îlot lumineux à l’intérieur duquel tout est – sinon connu – du moins connaissable. Les phares ont disparu de mon champ. Nourrie par ma fantaisie, leur lumière est encore longtemps parvenue jusqu’à moi. Maintenant, c’en est fait, les ténèbres m’environnent.
Et ma solitude n’attaque pas que l’intelligibilité des choses. Elle mine jusqu’au fondement même de leur existence. De plus en plus, je suis assailli de doutes sur la véracité du témoignage de mes sens. Je sais maintenant que la terre sur laquelle mes deux pieds appuient aurait besoin pour ne pas vaciller que d’autres que moi la foulent. Contre l’illusion d’optique, le mirage, l’hallucination, le rêve éveillé, le fantasme, le délire, le trouble de l’audition… le rempart le plus sûr, c’est notre frère, notre voisin, notre ami ou notre ennemi, mais quelqu’un, grands dieux, quelqu’un. »
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- correction DM: suis-je ce que je crois être? et Etre conscient de soi est-ce être maître de soi?
- conclusion cours sur la conscience : Si la conscience de soi n’est pas connaissance de soi mais sa condition, on peut se demander si elle est vraiement un privilège? ( à reprendre à la rentrée!)
– un privilège, c’est d’abord ce qui est réservé aux uns et refusé aux autres. C’est ce qui est au cœur du débat sur la différence entre l’homme et l’animal: cette différence est-elle de degré ou de nature?
On peut penser que l’enjeu de ce débat a été au départ :
- d’affirmer la supériorité de l’homme sur la nature, qu’on trouve dans la religion , où les autres créatures sont à disposition de l’homme. L’homme est donc autorisé à devenir comme le dit Descartes « comme maître et possesseur de la nature » ( « comme » car le Maître reste Dieu et parce que comme le dit Bacon » on ne commande à la nature qtu’en lui obéissant »).
- de cerner la spécificité de l’homme pour affirmer l’unité du genre humain, masquée par la diversité culturelle associée à cause d’ethnocentrisme à une diversité naturelle ( une seule culture, une seule voie pour l’humanité : la mienne, celle de ma culture!! Dès lors tout ce qui est différent est considéré au mieux comme sous-développé, au pire comme sauvage , barbare ( et même Montaigne dans les cannibales [Essais livre I chap 3, p 80. 83] ou le mythe du XVIII ème du bon sauvage restent en un sens dans cette lignée, si le bon sauvage n’a pas été dénaturé par la culture, c’est parce qu’il est resté à l’état naturel, donc il est renvoyé du côté de la nature!). En ce sens Descartes, soutenant la théorie des animaux-machines texte 1 p.332 , précise « mon opinion n’est pas si cruelle aux animaux qu’elle est favorable aux hommes«
- d’affirmer que le respect du à l’homme n’est pas seulement une convention culturelle ou relative à certains intérêts ( comme on peut prêter aux choses une valeur marchande , affective ou utilitaire qui ne dure que le temps de la demande, l’affection ou l’utilisation) mais fondé en nature. Ce n’est pas que ce respect soit un choix avantageux, c’est qu’il s’impose par la nature même de l’homme comme sujet ( qui posant des valeurs a dès lors une valeur absolue, en soi, qui n’est liée à rien, qui ne dépend de rien ‡ relatif )
Mais on peut penser que
- l’homme se passe désormais d’autorisation pour dominer ( et même écraser la nature) car la nature n’est plus vue que comme matière soumise à des lois dans la perspective technico-scientifique. La vision technique a désenchanté le monde.
- même si cette idée d’une unité du genre humain sous la diversité culturelle qui ne sont que des variations sur un même thème [ – invariants culturels ( mariage solennel, religion, sépulture selon Vico) et nécessité de développer des aptitudes et outils pour compenser l’absence de dotation naturelle – mythe de Prométhée- , développement permis par l’absence d’instinct et une place pour une perfectibilité. Cf texte Edgard Morin, « l’homme est un être culturel par nature parce qu’il est un être naturel par culture » , l’homme comme résultat d’un triple processus de cérébralisation, culturisation et juvénilisation. Texte p. 76] n’est pas encore admise par tous, elle est reconuue par la majorité des hommes.
Donc si ce débat peut encore avoir lieu, c’est plutôt dans une logique de progrés du droit et d’éveil des consciences, pour la cause animale et pour étendre aux animaux le respect du à l’homme, en tant que sujet. ( une extension qui semble légitime : le stade du miroir, la maîtrise de « mots », la définition de valeurs ( utile/nuisible à la survie, douloureux/agréable), les stratégies intelligentes, des signes de culture – développement de savoir-faire-, des comportements « moraux » étants observés chez certains animaux supérieurs)
– un privilège, c’est ensuite un avantage:
- la conscience de soi est un avantage dans le sens où la connaissance est supérieure à l’ignorance pour nous, où la réflexion permet l’évolution et l’action sur soi, où elle permet la liberté ( l’écart crée par la conscience réfléchie permet de rompre avec l’immédiateté, de ne pas simplement subir ou réagir, mais agir et choisir.
- MAIS la connaissance peut être douloureuse, la conscience morale qui découle de la conscience peut être frustrante et trop exigeante, la dignité ( valeur absolue) entraîne des devoirs ( Noblesse oblige! Texte 2 de V. Jankélévitch, p.433) et la liberté est synonyme de responsabilité.
Une responsabilité d’autant plus lourde à porter si on reconnaît avec Sartre que si chez l’objet inconscient « l’essence précède l’existence » , chez le sujet conscient « l’existence précède l’essence » texte 1 p.424. L’objet est déjà défini avant même d’exister dans la tête de son créateur, mais un sujet est par définition indéfini, il est « une nuée de possibilités » et c’est par son existence qu’il va se définir. Même s’il y a des éléments donnés ( corps, passé, héritage…), une situation non choisie que Sartre appelle « la condition humaine » par opposition à la nature humaine ( limites a priori : être mortel; être au milieu des autres ; être au travail),ils ne sont pas déterminants au point de m’ôter choix, liberté et responsabilité. C’est moi qui détermine leur poids, leur sens, leur valeur et je ne peux donc m’en servir comme excuse ou comme guide. Je suis seul face à mes choix, à mes projets et par eux je me définis et je définis l’homme. D’où une liberté angoissante et une responsabilité écrasante qu’on cherche à alléger sans cesse – ce qui est en même temps l’aveu de notre sentiment de responsabilité!!- : « les circonstances ont été contre moi », « l’erreur est humaine », « tout le monde ne fait pas comme moi », « l’obstacle m’a obligé à faire demi-tour », « j’étais aveuglé par la passion », « j’étais déterminé à mon insu par mon inconscient », etc….
DS 2H le 4/11