Pour sauver Willy !

Aimer les animaux, c’est une chose mais compassion, émotion, passion ne sont pas raison!

Ce n’est pas parce que les animaux peuvent avoir pour nous une valeur affective, esthétique ou même écologique ( ils ont leur place dans le grand cycle de la vie ! ) que l’on peut pour autant leur accorder une valeur absolue, semblable à celle que nous attribuons aux hommes et qui fait qu’on se doit de les respecter par delà la diversité des cultures!

Que l’on accorde ou pas la capacité de parler aux animaux ( voir dans la catégorie films et vidéo, l’histoire de Kanzi!), ils font couler beaucoup d’encre!

Voici une sélection de 2 ouvrages dignes d’intérêt et sérieux sur l’animalité et sa frontière (?) avec l’humanité.

1. Après Le silence des bêtes, (oeuvre fondamentale), Elisabeth de Fontenay prend ici encore fait et cause pour les animaux

2. vient de paraître, en 2008!

 

Les animaux ont-ils des droits ? Avons-nous des devoirs envers eux ? Dans quelle mesure peut-on les tuer pour se nourrir, se divertir, faire de la recherche, enseigner, faire la guerre ? En quoi l’ élevage industriel est-il problématique ? Pourquoi le foie gras est-il interdit dans certains États ? Quels sont les enjeux éthiques des animaux transgéniques ? Faut-il abolir la corrida, la chasse aux phoques, l’utilisation d’animaux sauvages dans les cirques ? Voici quelques-unes des questions soulevées par l’ évolution des rapports entre l’homme et l’animal et ce livre de Vilmer. 

L’auteur de la préface est, lui, une des figures d’une écologie extensive, sur les pas de l’anglais Bentham  au XIXème siècle, qui ne se contente pas d’une écologique inclusive anthropocentrée qui en appelle au respect des générations futures humaines , comme Hans Jonas avec son principe de responsabilité. Même si on y insiste sur le développement durable et se pose comme défenseurs de la nature, on ne la préserve que comme moyen, seul l’home vaut en lui-même et se doit d’être respecté comme « sujet », comme « fin en soi » , selon l’expression de Kant !

 

Peter Albert David Singer est un philosophe australien né le 6 juillet 1946.

Son livre La Libération animale  (1975, 2d édition en 1990 ; traduction française, Grasset, 1993) a influencé les mouvements modernes de protection des animaux. Dans son ouvrage, il argumente contre le spécisme : la discrimination entre les êtres sur la seule base de leur appartenance d’espèce, presque toujours en pratique en faveur des membres de l’espèce humaine et en défaveur des animaux non humains. L’idée est que tous les êtres capables de souffrir ou d’éprouver du plaisir (êtres sensibles) doivent être considérés comme moralement égaux, en ce sens que leurs intérêts doivent être pris en compte de manière égale. Il conclut en particulier que le fait d’utiliser des animaux pour se nourrir est injustifié car cela entraîne une souffrance disproportionnée par rapport aux bienfaits que les humains tirent de cette consommation ; et qu’il est donc moralement obligatoire de s’abstenir de manger la chair des animaux (végétarisme), voire tous les produits de leur exploitation (végétalisme).

Kanzi, les singes et la parole humaine?

Kanzi (trésor enfoui en swahili)

est un bonobo mâle se révélant très doué pour le langage et qui a fait l’objet de recherches à la Georgia State University par le Dr. Sue Savage-Rumbaugh.

Né le 28 octobre 1980 au zoo de San Diego, bébé d’une femelle bonobo nommée Lorel, Kanzi fut rapidement adopté par une autre femelle dominante nommée Matata qui allait être l’objet de recherches au Georgia State University. Encore bébé, Kanzi suivait Matata lors des différents exercices qu’elle devait faire. Ces exercices consistaient notamment à utiliser des symboles sur un clavier pour communiquer. Elle n’avait la capacité de mémoriser que six symboles. Se révélant un élément parasite à la concentration de Matata, le bébé bonobo devait être constamment distrait par l’essentiel de l’équipe.

Après le sevrage de Kanzi, Matata fut transférée pour être accouplée et Kanzi se retrouva seul avec l’équipe. Il s’avéra qu’il avait appris sans aucune difficulté une dizaine de symboles du clavier et les utilisait pour annoncer ses intentions. Par exemple, après avoir appuyé sur la touche « pomme », il allait chercher ce même aliment.

Sa façon spontanée d’apprendre les symboles différait des autres bonobos (notamment Matata), pour lesquels le travail de mémorisation des symboles s’appuyait sur la constante répétition des exercices. De plus, il avait compris quelques mots anglais prononcés par l’équipe, tel que light (lumière), au son duquel il pouvait actionner l’interrupteur. Il avait appris l’équivalent anglais de la plupart des symboles. Il avait aussi la capacité d’agencer deux symboles tels que « ouvrir orange ».

À force d’enseignement, le nombre de symboles connus par Kanzi en novembre 2006 est de 348 et il comprend plus de 3 000 mots parlés.

Ce sont en effet des symboles que comprend Kanzi, semblables à ceux que sont nos mots.

 

Un mot, selon le linguiste, Ferdinand de Saussure, c’est ceci:une « entité psychique à double face » où sont reliés par une convention: – un signifiant ( image acoustique: empreinte laissée par les sons constituant le mot dans l’esprit)– un signifié ( ou concept, le sens associé à ce son pour ce même esprit)Le tout ( le signe ou symbole) renvoie dans la réalité à un référent, c’est-à-dire une chose ou un fait.Le lien entre le référent et le signe est lui aussi arbitraire, c’est-à-dire immotivé et conventionnel.[Ce n’est pas parce les « tables » avaient une tête à s’appeler « tables » qu’elles ont été associées à ce mot, ni parce que le « fouet » fend l’air en faisant « fouiiiit » qu’on l’appelle « fouet », le « fouet » aurait trés bien pu s’appeler « table » !]

Aussi pour comprendre un signe, il faut des facultés qu’on a souvent réservées à l’homme à savoir: la faculté conceptuelle ( capacité d’extraire par abstraction le général dans le particulier pour former une idée générale ou concept) et une faculté symbolique ( être capable de ramener un son à un sens, une idée qui n’est pas qu’une image – une image est toujours particulière).

 

 

Kanzi vient-il remettre en question ce privilège humain avec sa maîtrise de son lexigramme?
Faites vous une idée en regardant ceci :

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Platon et ses dialogues

  Platon, c’est sans doute le premier philosophe dont on va vous parler! Et de fait, c’est le premier, si on voit en Socrate, le père de la philosophie occidentale.

Vous connaissez Socrate, son procès et sa mort.

En 399, Anytos, Lychon et Mélétos accusent Socrate de corruption de la jeunesse et surtout d’impiété.

D’impiété, c’est-à-dire de non-respect de la religion officielle et des Dieux de l’Olympe alors vénérés. Et cela  à cause de son « daïmon ». Le « daïmon », c’est en réalité la conscience morale de Socrate, une sorte de voix de la conscience qui lui dit de ne pas faire certaines choses, de ne pas dépasser certaines limites. Mais certains ont voulu y voir une sorte d’oracle privé, une sorte de Dieu personnel. Socrate adorerait donc un autre Dieu que ceux de la Cité.

Socrate est alors assigné pour un procès publique, c’est la Cité d’Athènes contre Socrate.

Socrate n’a jamais rien écrit, mais son disciple Platon a retranscrit dans des dialogues ( réels ou fictifs) les paroles et/ou  la philosophie de son maître.

5 de ces dialogues concernent ce procès:

  1. le Théetète  sur le savoir qui se clôt sur le départ de Socrate pour le Portique Royal. ( Le portique royal était un lieu de greffe, c’est là où on allait déposer plainte, mais c’est là aussi que l’accusé pouvait démontrer à l’Archonte roi que ce procès n’a pas lieu d’être, que l’ouvrir ne serait que calomnie)

  2. l’ Euthyphron sur la piété qui se déroule devant le fameux portique où Socrate croise Euthyphron, un devin venu porter plainte contre son père pour un meurtre involontaire: il a laissé mourir de faim et de soif dans sa cave un journalier qui, ivre, avait tué un de ses domestiques de la maison. Il avait enfermé ce journalier à la cave pour aller consulter l’exégète, pour avoir de lui la marche à ce genre de situation sans commettre d’impiété. C’est en voulant bien faire intentionnellement qu’il fait malgré lui le mal !

  3. L’apologie de Socrate qui est la défense de Socrate faite par lui-même lors de son procès. Déclaré coupable, Socrate proposera comme punition d’être nourri au prytanée ( c’est-à-dire être nourri et blanchi par la Cité, comme l’étaient les vainqueurs aux jeux olympiques!). Peu convaincus par cette proposition, les juges le condamneront à boire la cigüe, un poison mortel.

  4. Le Criton sur le devoir qui se déroule en prison. Ses amis le poussent à s’évader. Socrate refuse. C’est par son obéissance ( et non sa désobéissance comme Antigone!) qu’il montrera l’injustice des lois qui pourtant devraient incarner le juste et par là imposent un respect inconditionnel.

  5. Le Phédon sur l’âme qui décrit l’état d’esprit de Socrate au moment de sa mort, moment où son âme va être libéré de la « prison » qu’est le corps! D’où les derniers mots de Socrate:  » ce que vous ensevelissez, ce ne sera que mon corps. Criton, nous devons un coq à Esculape » Esculape n’est autre que le dieu de la médecine.

Tous ces dialogues sont trés intéressants mais Euthyphron est savoureux car :

– Socrate a vraiment face à lui un de ces plus piètres adversaires aussi maladroit et ignorant que prétentieux

– on y voit clairement à l’oeuvre la célèbre « maïeutique » de Socrate, l’art d’accoucher les esprits de leur ignorance ignorée , puis du désir de savoir et parfois d’un savoir non su ( théorie de la réminiscence)…

– il y a une claire définition de ce qu’est une claire définition, passage trés utile pour définir ensuite les mots d’un sujet de dissert par exemple

Un dialogue accessible pour découvrir Platon et définir la vraie piété, qui n’est pas nécessairement d’être au premier rang à l’église, à la mosquée ou au temple !!!

Totalitarisme : No futur!

Vous connaissez sans aucun doute ce film inspiré du roman d’anticipation de G. Orwell, écrit en 1948.

En cours de philo, on y a parfois recours pour illustrer le totalitarisme mais aussi pour montrer que on pense dans la langue que l’on parle. Or dans ce régime du Big Brother, il y a un service du dictionnaire qui travaille à mettre en place une nouvelle langue la Novlangue. Le but est de pouvoir supprimer la mémoire d’un passé libre ( comment se rappeler clairement ce qu’on ne peut nommer et se dire!) et d’empêcher la pensée libre et dissidente!

Mais il y a aussi un autre film culte sur ce sujet, c’est

 

Un film de 1971 de  George Lucas dont le thème est:

Au 25e siècle, il est interdit de ressentir. Sous l’œil de robots policiers, les humains, drogués, travaillent à la chaîne, construisant leurs propres gardiens. Sous l’impulsion de sa compagne LUH 3417, THX 1138 cesse de prendre ses pilules et découvre un monde de sensations.

http://www.dailymotion.com/video/x2kk21

A propos de ce film G.Lucas disait:  » je voulais montrer que le pouvoir est devenu si fort, si vaste, si bureaucratique qu’on ne peut le localiser. Personne ne sait qui gouverne le système »

Cette dernière image du film de THX libre face au soleil rappelle aussi l’allégorie de la caverne de Platon où le prisonnier s’est libéré en passant peu à peu  des ombres dans la caverne aux statuettes dans le réel, puis aux modèles représentés, puis d’une connaissance par les sens à une connaissance par la pensée, du monde sensible au monde intelligible pour arriver enfin face à la source de tout, au Soleil, à l’Idée. Idée qu’il va contempler et au travers de laquelle il va goûter à l’éternité et se libérer du temps, de l’illusion, de la nécessité! 

Et en plus…

Un film réalisé en 2003 par Kurt Kimmer pourrait compléter selon mes élèves ( qui y ont pensé alors que j’exposais la  solution de Schopenhauer pour ne plus souffrir et parvenir à la sérénité : tuer le désir à la racine, en « euthanasiant » le Vouloir-vivre, cette force originelle et insatiable qui meut tout ce qui vit et nous dévore!) cet article, c’est

EQUILIBRIUM.

Trés inspiré (trop, diront certains!) par Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley, ce film montre la ville de Libria en 2070, après une 3ème guerre mondiale nucléaire, et pour en éviter une 4ème, les survivants, atterrés par leur propre déchéance, ont cherché à trouver un remède à l’inhumanité de l’Homme envers l’Homme. D’aucun pensèrent alors que ce qui conduit l’Homme à ces extrémités est sa faculté émotionnelle, sa capacité à ressentir, à désirer, à haïr.Ils proposèrent alors un remède simple mais efficace contre ce mal : le Prozium. Le Prozium est une substance puissante qui a pour effet de neutraliser les sentiments, de ne plus permettre à la haine, à la violence et à la colère d’exister … tout comme les nobles sentiments qui ne peuvent plus s’exprimer. Ainsi, amour, passion, joie, tristesse et toutes les autres formes de sentiments existants ont été « sacrifiés » pour permettre à la société de vivre en harmonie, en paix. C’est aussi le cas de l’émotion esthétique, ce qui fait qu’on brûle les oeuvres d’art comme la Joconde. Ce Prozium, que tous prennent désormais sans réfléchir, dans un automatisme extrême, a permis à une société pseudo-religieuse de s’installer. Ainsi, il existe une vraie société hiérachisée autour de l’ordre des Tetra-Grammatons dont la tête est le Père et dont la main exécutive, les soldats de l’ordre, sont les Recteurs Grammatons ou Ecclésiastes. Ces Ecclésiastes sont formés à la détection et l’éradication des déviants émotionnels, des rebelles qui refusent de prendre leur Prozium ou qui osent avoir des sentiments et protègent des oeuvres d’art – tableaux, des livres proscrits par les Tetra-Grammatons. Ils ont, pour les aider dans leur tâche, développé un art martial d’une terrible efficacité : le « Gun-Kata » (Kata des armes) qui leur permet d’être bien plus efficaces et meurtriers que tout autre belligérant tout en restant statistiquement en dehors des trajectoires les plus fréquentes de ripostes. Cela leur permet de juguler la montée des rebelles, et même de les affaiblir, voire de les faire disparaître à courte échéance.

 

Voilà le début du film

http://www.dailymotion.com/video/x6a7xv

Allégorie de la caverne quand tu nous tiens!

extrait de Matrix:

http://www.dailymotion.com/video/x5wto8

Dès le début de votre année de philo, vous devriez découvrir ce fameux texte de Platon extrait du livre 7 de La république .

On utilise ce texte pour montrer qu’on peut ne pas penser par soi-même et n’être que prisonnier de l’opinion, mais aussi pour amener chacun à s’interroger sur ce qu’il appelle la réalité!

Un philosophe moderne qui s’appelle Hilary Putnam jette dans Raison, Vérité et Histoire (1981) avec ce texte encore et toujours le même doute:

« Supposons qu’un être humain (vous pouvez supposer qu’il s’agit de vous-même) a été soumis à une opération par un savant fou. Le cerveau de la personne en question (votre cerveau) a été séparé de son corps et placé dans une cuve contenant une solution nutritive qui le maintient en vie. Les terminaisons nerveuses ont été reliées à un super-ordinateur scientifique qui procure à la personne cerveau l’illusion que tout est normal. Il semble y avoir des gens, des objets, un ciel, etc. Mais en fait tout ce que la personne (vous-même) perçoit est le résultat d’impulsions électroniques que l’ordinateur envoie aux terminaisons nerveuses. L’ordinateur est si intelligent que si la personne essaye de lever la main, l’ordinateur lui fait « voir » et « sentir » qu’elle lève la main. En plus, en modifiant le programme, le savant fou peut faire « percevoir » (halluciner) par la victime toutes les situations qu’il désire. Il peut aussi effacer le souvenir de l’opération, de sorte que la victime aura l’impression de se trouver dans sa situation normale. La victime pourrait justement avoir l’impression d’être assise en train de lire ce paragraphe qui raconte l’histoire amusante mais plutôt absurde d’un savant fou qui sépare les cerveaux des corps et qui les place dans une cuve contenant des éléments nutritifs qui les gardent en vie. »        

C’est cette même interrogation qui est mise en scène dans la trilogie de Matrix 

Néo dit au début du film à Choi : « Mon ordinateur, il… T’as déjà eu cette impression que tu ne sais pas si tu es réveillé ou si tu rêves encore »           

premier volet ( le meilleur! ) en 1999, de Andy et Larry Wachowsky
  Un film qui a beaucoup inspiré les philosophes, vous pouvez par exemple lire Matrix, une machine philosophique , édité chez Ellipses.

 

Mais aussi dans le célèbre Truman Show !
 

 

  en 1998 de Andrew Niccol.

 

le désir (suite)

 Si cet extrait du Banquet de Platon ( dialogue trés arrosé sur Eros, le désir amoureux, fils de Pénia, la mendiante et de Poros, Dieu de la richesse) permet donc de comprendre  

– pourquoi on peut associer le désir à un manque ontologique qui est donc  un manque à être ou d’être

et

pourquoi on dit que ce que l’on recherche dans l’amour, c’est  ce qui pourrait nous compléter: notre moitié !

Ces deux films (moins sérieux) permettent eux de comprendre d’autres éléments sur le désir :

– « la cristallisation » dont parle Stendhal et le désir triangulaire pour Liberté Oléron

la difficulté de s’abandonner au désir et le fait que tout désir est désir d’être reconnu ( comme le montre la fameuse dialectique du maître et de l’esclave de Hegel pour Je me sens pas belle

( Marina Foïs y est excellente comme d’habitude!)

« le barbare, c’est celui qui croit à la barbarie »

Ces deux films historiques vous permettront de comprendre ce que veut dire par là Claude Lévi-strauss et ce qu’il entend par « ethnocentrisme »!

– ce film est la mise en image de cette fameuse contreverse, commandée par le Pape,  dont le sujet est le suivant: les indiens du Nouveau Monde ont-ils une âme?

Cette controverse oppose en 1550 à Valladolid, capitale de l’Espagne, le chanoine philosophe Sepulveda et le dominicain Las Casas, ardent protecteur des indiens.  De la décision prise va dépendre pour des siècles, le sort de dizaines de millions d’hommes…

celui-ci concerne le fait suivant: en 1870, un anthropologue écossais ramène en Europe deux pygmées qui deviendront des bêtes de foire. Il va alors s’acharner à prouver que ces indigènes sont des hommes à part entière et non des animaux destinés à faire sensation dans les zoos.

1870, ce n’est pas si loin de nous… mais 1931, date de la dernière exposition coloniale internationale de Paris, c’est hier!

[Les expositions coloniales furent organisées au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle dans les pays européens ( Première en France: 1906 à Marseille) Elles avaient pour but de montrer aux habitants de la Métropole les différentes facettes des colonies.Les expositions coloniales donnaient lieu à des reconstitutions spectaculaires des environnements naturels et des monuments d’Afrique, d’Asie ou d’Océanie.
La mise en situation d’habitants des colonies, souvent déplacés de force, les fera plus tard qualifier de
zoos humains, en particulier dans l’ouvrage Zoos humains, ouvrage collectif sous la direction de Nicolas Blancel]

 Bande annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18379286&cfilm=45649.html

A voir absolument !!

Des cultures, oui! Mais un homme sans culture, non!

 

Ce film de François Truffaut relate l’histoire vraie de Victor de l’Aveyron!

Victor de l’Aveyron est un enfant sauvage, qui serait né vers 1790 dans l’Aveyron.

Le 8 janvier 1800, un enfant nu, voûté, aux cheveux hirsutes, est débusqué par trois chasseurs. Il s’enfuit, sort des bois et se réfugie dans la maison du teinturier Vidal, à Saint-Sernin-sur-Rance. Il ne parle pas et fait des gestes désordonnés. Il est envoyé trois jours plus tard à Saint-Affrique puis à Rodez.

C’est un certain abbé Bonnaterre qui le récupère et l’emmène à l’École centrale. Le ministre Lucien Bonaparte réclame son transfert à Paris. Il arrive donc dans la capitale le 6 août 1800. Le voilà livré à la curiosité de la foule et des savants. Toutes sortes d’hypothèses, même les plus absurdes, ont été formulées à son sujet. En particulier on ne saura jamais si son retard mental était dû à son isolement ou si un handicap mental préalable avait conduit à son abandon vers l’âge de deux ans.

En 1801, Victor est confié au docteur Jean Itard. Personne ne croit à sa réinsertion sociale, mais Jean Itard s’attelle à la tâche. Il publiera un mémoire la même année et un rapport en 1806 sur ses travaux avec Victor de l’Aveyron. Pendant cinq années, il a travaillé avec cet enfant à sa réinsertion sociale, mais a considéré comme un échec personnel son incapacité – ou son refus ? – à parler.

Victor est confié à une certaine madame Guérin qui le soigne pendant 17 ans, de 1811 à sa mort en 1828, dans une maison de l’impasse Feuillantine.

En 1970, François Truffaut s’inspire de l’histoire pour réaliser un film, L’Enfant sauvage.

Lucien Malson publie les écrits du docteur Itard qui cherchait à humaniser le garçon. Il remarque les difficultés qu’il a eu à faire retrouver à l’enfant une sensibilité, des sentiments, une faculté de raisonnement, mais surtout à lui apprendre à communiquer. Itard se demande finalement s’il n’aurait pas mieux fallu le laisser dans la forêt.

Malson déclarera « L’homme à la naissance n’est qu’une espérance », « une nuée de possibilités »

et

il dira de ces enfants sauvages sans acculturation que ce ne sont ni des hommes ni des animaux,

donc des êtres inclassables

donc des « monstres ».