Au collège Anna Marly, nous avons expérimenté il y a 6 ans (année scolaire 2005/2006) une évaluation non chiffrée pour des classes de 6e et 5e. Nous avons malheureusement abandonné au bout de trois années ces travaux pour diverses raisons, voir le billet Bilan de l’évaluation par compétences après trois années . Toutefois, j’ai poursuivi une évaluation basée sur l’acquisition de compétences depuis et ai gardé les trois champs « acquis, en voie d’acquisition et non acquis » que je convertissais en note à l’aide d’un pourcentage d’acquis, ce qui je l’avoue est plutôt long et compliqué à gérer avec un grand nombre d’élèves. Malgré tout, cela fonctionnait avec ses limitations. En effet, reste la difficulté à determiner si un élève est compétent ou pas. Or, avec le recul, on s’aperçoit que pour beaucoup d’élèves (la majorité) les compétences (clès) sont essentiellement en voie d’acquisition. Pour l’élève et sa famille cela pose alors plusieurs problèmes. Pour la famille, comment situer leur enfant par rapport aux compétences à maîtriser ? Comment l’aider si nécessaire ? Quels documents leurs transmettre ? Pour l’élève, quelles motivations y a-t-il à rester toujours en voie d’acquisition, quels repères a-t-il ? Quelle valeur ajoutée par rapport à une note ?

Comment conserver un système d’évaluation non noté qui soit un véritable levier pour les apprentissages ?

Une réponse nous est fournie par Gérard Scallon1 d’une part, Annie Di Martino et Anne-Marie Sanchez2 d’autre part, la composition d’échelle descriptives. La composition d’échelle descriptive permet de définir des degrés de compétences (certains pédagogues les comparent aux ceintures de judo). L’évaluation de la compétence est basée sur des critères de réussite. Chaque critère est décliné en indicateurs qui permettent d’opérationnaliser les critères. Pour être compétent à un degré donné, l’élève doit maîtriser tous les indicateurs des critères du degré en question. Voici un exemple que j’ai construit en laison au Socle et à la compétence 3 (pilier 3) pour lequel les critères sont « comprendre, réaliser, raisonner et communiquer » : echelle-descript-comp3-socle

Chaque couleur représente un degré de compétence. Pour être compétent sur la couleur jaune par exemple, il faut que l’élève  maîtrise les indicateurs qui y correspondent. Même si l’élève est en vert pour raisonner mais qu’il propose une réponse non structurée, son degré de compétence restera sur orange.

Cette façon d’évaluer est très interessante et très performante. Dans ce cas l’évaluation devient un réel levier pour les apprentissages. Tout d’abord, on voit bien se dessiner le concept de compétences, mise en parallèles des plusieurs capacités (les critères), la connaissance est sous-jacente et dépendra de la situation proposée. Un degré de compétence apparaît, l’élève peut se situer et comprend ses résultats. Cela lui permet également de cerner ce qu’il doit améliorer pour changer de degré. Un autre avantage que je vois à ce système est la possibilité de travailler conjointement sur le niveau attendu pour le Socle et le niveau exigible pour les programmes. Fixons, par exemple, comme noire la ceinture associée au programme et verte celle du Socle.

Pour revenir à l’expérimentation d’évaluation sans note au collège Anna Marly, nous projetons de la relancer à la rentrée prochaine en utilsant les échelles descriptives.

1. Gérard Scallon, Evaluation des apprentissages dans une approche par compétences, Paris, De Boek, 2004 (2007, 2e édition).

2. Annie Di Martino et Anne-Marie Sanchez, Socle commun et compétences, esf éditeur, 2011




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