Les couleurs de la colère

Depuis la mi-novembre, plusieurs groupes de personnes en colère se sont rassemblés, plus ou moins spontanément via les réseaux sociaux, puis ont envahi l’espace public français (et belge voire portugais…) pour manifester leur colère et leurs revendications. Nous, élèves collégiens, ne sommes pas en mesure de tout comprendre mais nous ne pouvons pas faire comme si rien ne se passait dans notre pays. Récapitulatif en couleurs des contestations en cours…

Tout a commencé avec la dénonciation du prix de l’essence (carburant diesel en forte hausse), puis ont suivi l’expression d’une perte de confiance et d’un besoin de reconnaissance vis-à-vis du Pouvoir (Président de la République, ministres et Parlementaires…) Le mouvement des « Gilets jaunes » était né… avec ses appels à manifester, bloquer, dénoncer et ses occupations de ronds-points et de parkings.

Fin décembre, toujours sur les réseaux sociaux, un collectif de personnels de l’Éducation Nationale (certains de nos profs, mais pas que…) se sont rassemblés sous l’appellation des « Stylos rouges… en colère » devenus dans les médias le mouvement des « Stylos rouges ». Ils dénoncent les dysfonctionnements du système éducatif et réclament plus de moyens et moins de mépris vis-à-vis de leurs missions professionnelles.

Certaines violences ont entraîné des morts (10) et blessés (800 chez les manifestants et 200 chez les forces de l’ordre) entre autres victimes. Des violences ont été commises lors des manifestations des « gilets jaunes ». Côté manifestants, avec des casseurs, et côté police et gendarmerie pour maintenir l’ordre de façon très « musclée »… Sont apparus en réaction les « foulards rouges » qui disent « stop aux violences » et « stop aux blocages » et dans la foulée aussi un mouvement appelé « les gilets bleus ».

Sur le site du Journal du dimanche du 15 décembre 2018, on peut lire la présentation suivante de ces derniers : « Ce collectif s’appelle Civico Europa et regroupe des centaines d’élus, de syndicalistes, d’artistes, de personnalités engagées dans la construction européenne depuis des années. Ils ne bloquent pas les ronds-points comme les Gilets jaunes mais eux aussi sont impatients. On pourrait les appeler, pour résumer, les « gilets bleus« . Parce que, eux aussi, veulent que les choses changent, que les Européens se fassent entendre de l’élite politique et technique en poste à Bruxelles. Et pour cela, ils vont monter d’ici le mois de mars, non pas un référendum d’initiative citoyenne comme celui que réclame les Gilets jaunes, mais une consultation qui pourrait permettre grâce aux réseaux sociaux de faire interagir 250 millions de citoyens. »

Toute cette effervescence a donné l’impression qu’une nouvelle révolution secouait la France. Beaucoup de peurs et d’inquiétudes se sont exprimées. En conséquence un Grand Débat national a été annoncé le 13 décembre dernier. Il a commencé le 15 janvier 2019 et portera sur 4 thèmes retenus pour animer la concertation. Il va donner la parole aux Français sur quatre questions majeures : la transition écologique, la fiscalité, la démocratie et la citoyenneté, l’organisation de l’État et des services publics.

Que ressortira-t-il de ce Grand Débat ? Le pavillon blanc de la paix retrouvée ?

En attendant, même si tous ces mouvements de contestation ont entraîné une grande méfiance vis-à-vis des médias, accusés d’être trop proches des gens de pouvoir et trop éloignés des préoccupations des « gens du peuple », jamais l’actualité n’a suscité autant d’intérêt chez les Français.  Ce jeudi 24 janvier, on peut lire dans le journal quotidien « La Croix » que la confiance des Français dans les médias s’est effondrée en 2018. Ils ont de moins en moins confiance dans les journalistes, ceux de la presse écrite et audiovisuelle  (télévision et radio), même s’ils continuent de s’intéresser fortement à l’actualité, selon la nouvelle édition du baromètre annuel du journal menée en plein mouvement des « Gilets jaunes ».

En tant que Club médias, nous avons donc aussi un petit rôle à jouer pour aider à mieux expliquer les enjeux du monde dans lequel nous grandissons… et qui est déjà multicolore !

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