Quand le festival arrive en ville…

Pour sa 25e édition, le festival du cinéma du collège de l’Isle, à destination des classes de 3e de l’établissement, a proposé le thème de LA VILLE. Quatre films, deux jours de projections au cinéma Les Amphis de Vienne pour onze groupes… Trente-trois débats ainsi qu’une rencontre avec un écrivain invité pour la séance de clôture suivis d’un quiz et d’un goûter final… Au-delà des nombres et des images, un défi pédagogique et organisationnel, et aussi une aventure humaine intergénérationnelle…

Les jeudi 6 et vendredi 7 décembre, le festival du cinéma du collège de l’Isle a permis à quelques 130 élèves d’assister au visionnage de quatre films en version originale :

  1. Médianéras : ou murs mitoyens… Un film argentin de Gustavo Taretto sorti en 2011, sur le sentiment de solitude et les névroses au sein d’une mégalopole qui tourne le dos au fleuve et grandit sans aucune harmonie architecturale. Une œuvre très photographique…
  2. La haine : un film dramatique français en noir et blanc écrit et réalisé par Mathieu Kassovitz, sorti en 1995. Une œuvre « coup de poing » montrant la césure entre le centre ville de Paris et la vie en banlieue. Deux visions de la ville qui s’affrontent, une capitale policée et une cité « policière »… Un film violent, devenu culte.
  3. Le fabuleux destin d’Amélie Poulain : un film français de Jean-Pierre Jeunet, sorti en 2001, où la ville de Paris et certains de ses quartiers et monuments emblématiques servent à nourrir l’imagination d’une jeune femme particulière… La ville Lumière est plongée dans une ambiance onirique. Un film inclassable.
  4. Le gone du Chaâba : un film franco-algérien sorti en 1998, inspiré du roman autobiographique éponyme d’Azouz Begag. On y voit le jeune Omar (Azouz en réalité) évoluer dans un bidonville de Villeurbanne (Rhône) dans lequel il habite depuis sa naissance à Lyon en 1957. Ce « village en marge » sans aucun confort, accueille, outre ses parents et frères et sœurs, plusieurs autres familles… toutes originaires de la région de Sétif en Algérie. Un film sur l’arrivée en France des émigrés maghrébins de la première génération, venus construire les barres d’immeubles dans lesquels ils vont habiter à partir du milieu des années 1960…

Azouz Begag devant les classes de 3e.

C’est bien évidemment pour ce quatrième film qu’Azouz Begag a été invité. À l’ issue de la projection, il a ainsi pu échanger avec les élèves en leur confirmant que le film était à 90 % fidèle à ce qu’il avait vécu. Il a rendu hommage à son père, décédé il y a une dizaine d’années,  modeste ouvrier analphabète mais convaincu que seul le travail scolaire et la lecture pourraient permettre à ses enfants de s’intégrer valablement. La suite lui aura donné raison : le petit Azouz et sa fratrie ont tous poursuivi des études et réussi à s’insérer dans la vie professionnelle à des postes importants. Azouz Begag, outre son statut de chercheur en économie et sociologie urbaine au CNRS, a même été ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances sous le gouvernement de Villepin de 2005 à 2007. Un véritable ascenseur social s’il en est !

La presse locale (Le Dauphiné Libéré) s’est faite l’écho de cette rencontre et de la 25e édition du Festival du cinéma, dans son édition de Vienne / Roussillon, du samedi 8 décembre 2018. Merci à Alexandre Mazel pour son article que vous pouvez découvrir ici.

Une demi-heure de questions/réponses passée trop vite malheureusement mais qui aura permis de mieux saisir la portée du témoignage du « gone du Chaâba » devenu personnalité médiatique et orateur plein d’humour ! Le jeune public comme les enseignants  -actuels et retraités- présents ont apprécié ce temps d’échange et de transmission… qui s’est déroulé dans un climat fort urbain… Une conclusion de circonstance pour un festival consacré à la ville !

Une réflexion au sujet de « Quand le festival arrive en ville… »

  1. Merci pour ce bel article ! Bravo c’est un bel alliage de photographies, d’informations et de jeux de mots. Je serai curieuse de savoir ce que vous appelez « climat fort urbain !

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