À la découverte de la biodiversité en territoire lavallois

28 11 2011


Le mardi 27 septembre 2011, Monsieur Pineau, professeur de Français, madame Deschamps, professeur de S.V.T,  Mademoiselle Pavard, A.V.S.;  et Madame Sabin, parent d’élève ont emmené la classe de sixième C et quelques élèves de la classe d’ULIS en sortie. L’objectif était de découvrir la biodiversité en territoire lavallois et de comprendre comment des écosystèmes très différents peuvent cohabiter dans un espace géographique très circonscrit.

Nous sommes partis à pied du collège au coeur du centre ville. Les élèves avaient la consigne d’être très attentifs à ce qui les entourait. Après vingt minutes de marche, nous avons fait une petite pause au bas de Thévalles pour observer les ginkgos dont nous avons retracé l’histoire ancienne. Ces arbres sont jeunes et ont été plantés il y a peu de temps par la mairie de Laval. Le ginkgo est un arbre d’ornement très apprécié pour son beau feuillage en été comme en automne, mais c’est aussi un arbre importé en France depuis le dix-neuvième siècle et peu caractéristique de nos régions. 

Après cette première rencontre, nous nous sommes rendus au lotissement de la Chevalerie dont une partie est très récente et ne figure encore sur Google Earth qu’à l’état de champs. C’est un lotissement moderne construit au sommet d’une colline. De nombreux chemins ont été conservés où l’on peut observer des aubépines, des chênes sessiles, espèces endémiques de la Mayenne, mais aussi des néfliers communs ou des fusains d’Europe parés de leurs jolis bonnets d’évêque roses. Nous avons pu observer les nombreuses haies plantées d’essences diverses comme le buddleia, dit arbre à papillons. Ces  haies peuvent loger toute une faune d’oiseaux et d’insectes. Les mésanges charbonnièress et les mésanges bleues, les rouge gorge, les verdiers, les chardonnerets y sont très présents.

Beaucoup de maisons témoignent des préoccupations écologiques contemporaines. Cela se traduit par la présence de panneaux solaires, de récupérateurs d’eau de pluie, de constructions en bois. Les enrobés y sont pourtant omniprésents et trahissent les limites de la démarche écologique en milieu urbain. Les élèves ont bien remarqué le contraste saisissant entre notre point de départ où les maisons étaient hautes, serrées, les rues bruyantes et salles ; et le lotissement de la Chevalerie où tout est calme, verdoyant et propre. Les maisons sont toutes plantées au milieu d’un jardin. Mais ce lieu d’habitation a été construit sur des terres autrefois cultivables, peuplées d’une faune et d’une flore riches et variées; et devenues stériles. Cette constatation nous permet de réfléchir modestement aux enjeux contradictoires et irréductibles  entre écologie et urbanisme. L’éco-urbanisme actuel revêt-il un véritable souci écologique ou n’est-il qu’un argument de vente visant à offrir un confort supplémentaire à des clients désireux de vivre au calme dans un endroit agréable ? 

Vers onze heures, nous avons emprunté des chemin creux, traversé le ruisseau de la Chevalerie où se cache le poisson Chabot. Nous avons longé un pré à vaches clos de haies caractéristiques du bocage mayennais. Puis nous sommes arrivés à l’ADASA où Géraldine, Mathilde et toute une équipe de jardiniers nous attendaient. L’ADASA (voire liste des partenaires) est une association dont l’objectif est de favoriser la réinsertion par le travail. C’est dans cette optique qu’ont été créés les jardins bio de l’ADASA.

Les élèves ont visité l’exploitation et ont pu observer toute sorte de légumes de saison: cardes, panais, céleris, choux variés, tomates, courges… Ils ont découvert des techniques naturelles de lutte contre les envahisseurs ou les maladies du potager; mais ils ont également compris que l’homme pouvait vivre en harmonie avec son environnement et qu’il était même concevable de partager quelques légumes avec ceux dont nos jardins sont l’habitat. Nos élèves ont mesuré la température et le taux d’humidité dans les serres, ils ont traversé une nursery potagère, ils ont travaillé sur l’organisation des planches de légumes. Et le clou de la matinée : les toilettes sèches !

Le pique-nique du midi fut bien mérité et tout le monde mangea de bon appétit. Le bois Gamats et ses environs abritent de nombreux arbres dont il a fallu trouver les noms grâce aux planches de détermination que Madame Deschamps avait distribuées. Le frêne commun avec ses gros bourgeons noirs, le chêne rouvre, pédonculé ou sessile ; l’aulne au bord de la rivière avec ses chatons et ses strobiles ; mais aussi le catalpa, étrange invité en ces lieux.

La sortie s’est terminée par la visite de l’ancienne tourbière. Nous y avons retrouvé Jean-Luc Boulay, du C.I.N (Centre d’Initiation à la Nature) qui nous a montré comment les araignées volaient, suspendues à leur fils de soie en se laissant dériver dans les airs. Nous avons été présentés à divers agrions. Puis Jean-Luc a pêché pour nous des larves de libellules, de minuscules crevettes noires et un gros têtard que nous avons eu le loisir de contempler dans un bocal de verre avant de les remettre à la mare. Nos chaussures ont testé le sol spongieux d’une prairie humide.

Les élèves sont arrivés épuisés au collège. Gageons qu’ils ont bien dormi et que leurs rêves furent investis cette nuit-là par le réel.

Sous les ginkgos

pause dans le lotissement de la Chevalerie

à l'ADASA avec Géraldine

Hep, Marion? À ton avis, c'est un chou ou une carotte?

Dans les serres avec Mathilde

Dans la série cruautés potagères : La pendaison des tomates

Visite chez les courges

panorama

Tous ces légumes, ça donne faim !

à l'ancienne tourbière avec Jean-Luc