Savez-vous bien lire ? (épisode 4)

15 11 2006

Et si l'on passait à la vitesse supérieure ? Maintenant que vous savez lire de façon approfondie et en survolant un document, venons-en à une lecture qui s'apparente à un trajet en Formule 1 ou en TGV : tout va vite mais cela n'empêche pas, au contraire, de grappiller des informations au passage !

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La lecture rapide permet de prendre connaissance d'un document dans son ensemble, sans toutefois éluder les développements ni exiger la lecture linéaire et intégrale du texte. Réussir à pratiquer la lecture rapide nécessite un entraînement régulier et les premiers pas sont souvent difficiles. L’apprenti lecteur éprouve fréquemment la crainte de rater des informations, de sabrer les paragraphes, de mal comprendre le sujet traité dans le document. Pourtant, cette méthode a fait ses preuves et se révèle fiable, à condition d’être bien appliquée.

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La lecture rapide met en œuvre la majorité des techniques de lecture survol : lecture des titres et intertitres, repérage des phrases clés, prise de connaissance de l’introduction et de la conclusion… Un élément supplémentaire vient s’ajouter : le mouvement du regard. Tout l’art de la lecture rapide réside dans le balayage du document. L’œil ne saute plus d’un mot à l’autre linéairement mais d’une ligne à l’autre. Il photographie une suite de mots en une seule fois.

j0283551.gif Exercice

Exercez-vous d’abord avec un journal dont les colonnes sont étroites. Suivez la démarche suivante :

  1. Tracez (réellement si le journal vous appartient, virtuellement dans le cas contraire) une ligne verticale au milieu d’une colonne.
  2. Puis lisez en suivant cette ligne, sans faire de mouvements oculaires latéraux.  

L’œil enregistre la totalité de la ligne alors que votre regard ne s’arrête ni au début ni à la fin de celle-ci ! Résultat : la vitesse de lecture est considérablement accrue sans pour autant entraîner une perte de contenu.

Si le document est structuré non pas en colonnes étroites mais en paragraphes larges, alors il convient de procéder de la même façon mais en posant deux fois les yeux sur la même ligne de texte, comme si deux traits verticaux traversaient le paragraphe. Par ailleurs, si certains développements se révèlent redondants ou superflus, ils peuvent être sautés ; la compréhension globale du texte n’en sera pas altérée.

La lecture rapide requiert une grande concentration car les idées sont très vite portées à la connaissance du lecteur. Dans un objectif de rétention d’information, il est donc conseillé de noter les idées à retenir sur une fiche au fur et à mesure de la lecture.

 

Voilà ! Vous connaissez désormais les trois types de lecture ! A vous de les pratiquer en fonction des circonstances et de vos besoins. Plus vous vous exercerez, plus vous deviendrez un lecteur efficace. Au bout d'un moment, vous ne penserez même plus à la méthode que vous appliquez : tout deviendra automatique. Pour les dernières précisions, rendez-vous au dernier épisode de cette saga consacrée à la lecture… Suspense : quels seront les ultimes conseils ?…

 

MHP



Savez-vous bien lire ? (épisode 3)

11 11 2006

Après avoir fait escale auprès de la lecture approfondie, arrêtons-nous désormais sur les rives de la lecture survol. La lecture survol est comme unej0336911.gif sorte de "contraire" de la lecture approfondie, non seulement en ce qui concerne ses objectifs mais aussi en ce qui concerne sa technique. Si la lecture intégrale a pour but de retenir un maximum d'informations, la lecture survol a quant à elle pour objectif le simple repérage des thèmes clés et de la structure d'un document. Les détails deviennent secondaires et ne sont donc pas lus.

Le survol d'un document peut répondre à différents besoins :

tartalacreme[1].gif La recherche d'une information précise dans un document. Il s'agit de la lecture "écrémage". On ne prend rien d'autre que la "crème", autrement dit que les informations qui sont les plus précieuses pour soi.
Exemple : le prix des appartements dans une page de petites annonces.

tartalacreme[1].gif Le repérage de la structure et des sujets traités dans un document avant de faire une lecture approfondie : le survol sert alors à faciliter la lecture intégrale, à la préparer, à rendre plus aisés la compréhension, voire l'apprentissage.
Exemple : la relecture d'un cours en ne lisant que les titres, sous-titres et conclusions.

tartalacreme[1].gif Le repérage de la structure et des sujets traités dans un document en vue de le classer, de l'insérer dans une synthèse…
Exemple : un bibliothécaire pratique une lecture survol lorsqu'il prend connaissance d'un nouvel ouvrage à ranger dans la bibliothèque ; pour cela, il lit le sommaire, le résumé, parcourt rapidement l'introduction, la conclusion, le glossaire. Cette lecture donne une vue d'ensemble du document et permet de le classer.

La technique de la lecture survol consiste en un repérage des éléments de la structure du document, à savoir :

bd15171_.gif L'introduction

Lire attentivement l'introduction permet de situer le contexte, le sujet et la problématique qui sont traités dans le document. De plus, elle annonce le plan (par conséquent, la démarche de l'auteur et les principales thématiques abordées).

bd15171_.gif La conclusion

Elle consiste généralement en une synthèse de ce qui a été énoncé, démontré et résolu dans le corps du document. Condensé du texte, elle est souvent structurée autour des mots clés.

bd15171_.gif Le sommaire

S'il existe, il constitue une sorte de résumé car le plan qu'il présente, plus détaillé que dans l'introduction, est l'armature du document : il est le squelette autour duquel les développements vont venir se greffer dans le corps de l'ouvrage. Il existe plusieurs types de plans facilement repérables :

le plan classique :   introduction qui pose le problème
                           + développement qui donne des informationsj0336577.gif
                           + conclusion qui donne des solutions
le plan linéaire : énumérations, descriptions, chronologies…
le plan par opposition : en deux parties : 
                                    avantages / inconvénients
                                    faits / lois que l'on déduit
                                    avant / après
                                    diagnostic / remèdes
le plan dialectique : thèse
                            + antithèse
                            + synthèse

bd15171_.gif Les titres

Les titres, présentés dans le sommaire, sont comme le squelette de l'homme : ils permettent à l'oeuvre de tenir debout, de garder une cohérence et de grossir harmonieusement. Ainsi, un titre est généralement informatif, représentatif des développements qu'il précède et mis en valeur (gros caractères, soulignement, décalage du texte…). Il est par conséquent essentiel de bien repérer et lire tous les titres et sous-titres.

bd15171_.gif Les paragraphes

Il est également important de repérer la structure d'un document, c'est-à-dire les différents paragraphes, parfois surmontés d'un intertitre. Ces derniers contiennent souvent les mots clés qui permettent de repérer une information précise. Un paragraphe est un ensemble de phrases qui développent une seule idée (d'où l'adage souvent répété dans les salles de classe : "un paragraphe, une idée"). Elle est fréquemment énoncée en début ou en fin de paragraphe par une ou deux phrases claires et identifiables.  

bd15171_.gif Les mots de liaison

Ces termes aident le lecteur à se repérer dans le texte et à saisir la logique du raisonnement de l'auteur.

Pour développer une idée :
aussi
d'autre part
de même
de plus
également
encore       
en outre
ensuite
par ailleurs
puis
quant à

Pour préciser ou illustrer les conséquences :
ainsi
c'est-à-dire                         
notamment
par exemple

Pour indiquer les conséquences :
ainsi
aussi
c'est pourquoi
dès lors                                              
donc
d'où
en conséquence
 

Pour indiquer les causes ou apporter des preuves :
car                                       
parce que                            
puisque

Pour changer d'idée (opposition) :
cependant
mais
néanmoins
en revanche
pourtant
toutefois

Pour introduire la conclusion :
ainsi
donc
bref
en bref
en définitive
en résumé
finalement
pour conclure

Peeezzr1006.gifTout ceci permet de mettre en oeuvre une méthode simple de lecture : 

1) Lire le titre, l'introduction et la conclusion du document.
2) Repérer les titres, sous-titres et intertitres.
3) Repérer la phrase clé de chaque paragraphe et, s'il manque des précisions, repérer quelques mots importants en s'aidant de la typographie (les termes essentiels sont généralement mis en relief grâce aux caractères gras, italiques, soulignés…).

 

pe03327a.gif Exercice

Objectifs :
Savoir repérer les mots clés d'un texte.
Savoir classer l'information.
Savoir survoler un texte sans le lire intégralement.

Imaginez que vous êtes journaliste. Des informations de toutes sortes (1, 2, 3, etc.) arrivent dans la salle de rédaction. Sous quelle rubrique du journal (A, B, C, etc.) les classez-vous ? Essayez d'être très rapide et de ne pas lire entièrement les phrases. Notez les mots qui vous ont permis de savoir dans quelle rubrique classer les informations.

RUBRIQUES

A. Faits divers
B. Politique étrangère
C. Vie culturelle
D. Vie sociale
E. Vie économique
F. Politique intérieure
G. Nouvelles sportives
H. Météorologie
I. Télévision

INFORMATIONS

1. Le respect du temps de parole télévisé des différents candidats à l'élection présidentielle est mis en question par le CSA.
2. La régie Renault décide, pour des raisons économiques, de renoncer à sponsoriser le cyclisme professionnel.
3. Le ministre des finances annonce la nécessité de réformer les services de l'Etat pour diminuer la dette publique.
4. Le ministère de la culture a nommé les responsables de huit centres dramatiques nationaux qui prendront leur poste, pour la plupart, le 1er janvier prochain.
5. De violentes manifestations ont secoué le Moyen Orient.
6. Une perturbation à caractère pluvio-orageux traversera la France et sera précédée d'un temps chaud et lourd.
7. Le lauréat du prix Goncourt vient d'être révélé.
8. Les résultats financiers de la Sécurité Sociale font apparaître un déficit considérable auquel les responsables politiques tenteront de remédier par une série de réformes. Le débat s'annonce animé à l'Assemblée Nationale.
9. Pour faire face à l'immigration clandestine, les Etats-Unis annoncent la construction d'un mur de protection le long de la frontière avec le Mexique.
10. La CGT d'Air France appelle à la grève le 29 juillet.
11. L'Italie s'est qualifiée pour la finale de la coupe du monde de football.
12. D'après le bilan dressé par l'agence France Presse, sept mille emplois vont être supprimés en juillet.
13. Un immeuble a été évacué en raison d'émanations toxiques provoquées par une fuite de gaz.
14. L'euro est toujours en hausse face au dollar.
15. Le film de Brian de Palma rencontre un franc succès sur les écrans.

 

Autocorrection

1. I (télévisé)
2. G (cyclisme)
3. E (ministre des finances)
4. C (culture)
5. B (Moyen Orient)
6. H (pluvio-orageux)
7. C (Goncourt)
8. E (résultats financiers)
9. B (Etats-Unis)
10. D (CGT, grève)
11. G (coupe du monde, football)
12. D (emplois)
13. A
14. E (euro, dollar)
15. C (film)

Rendez-vous au prochain épisode pour découvrir le dernier type de lecture…

MHP



Savez-vous bien lire ? (épisode 2)

4 11 2006

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A l'occasion du deuxième volet de cette saga consacrée à la lecture, penchons-nous sur la lecture approfondie.

La lecture approfondie est probablement celle qui vous est la plus familière. Elle consiste à lire intégralement un document. Pour retenir un maximum d'informations, il est nécessaire de les relever, les analyser, les classer. Toute lecture "gratuite", c'est-à-dire non accompagnée de traces écrites, risque d'être perdue. Il vaut mieux prendre le temps de noter et de s'approprier ce que l'on lit plutôt que se hâter de parcourir un document en espérant s'en souvenir.

La lecture approfondie nécessite une série d'opérations :

  1. Recenser les informations contenues dans le texte :
    Isoler les divers renseignements que contient le texte
    Annoter, si cela est possible, le texte dans la marge
    Utiliser, si cela est possible, un surligneur
  2. Sélectionner les informations :
    Eliminer tout ce qui développe un détail, une idée
    Eliminer ce qui répète l'idée sous une autre forme
    Eliminer les exemples qui illustrent l'idée
    Eliminer les moyens mis en oeuvre pour rendre vivant le texte et qui ne nourrissent pas la documentation
  3. Repérer les caractéristiques communes à plusieurs informations
  4. Ordonner l'ensemble des informations :
    En ensembles et
    En sous-ensembles cohérents
  5. Inscrire éventuellement cette organisation dans un tableau ou une fiche adaptés aux besoins de la recherche
  6. Choisir des critères de classement : à cette fin, utiliser les questions suivantes :
    Qui ?
    Quand ?
    Où ?
    Comment ?
    Que s'est-il passé ?
    Quels faits ?
    Quelles causes ?
    Quelles conséquences ?
    Dans quel but ?

j0283551.gifExercice

Objectifs :
bd15171_.gif Savoir repérer les informations importantes dans un document en pratiquant une lecture approfondie.
bd15171_.gif Savoir repérer la structure d'un document.

En pratiquant une lecture intégrale de ce texte, deux lecteurs en ont tiré des informations différentes. Quel lecteur vous semble le plus fidèle au texte ? Pourquoi ?
Le contenu de ce texte peut paraître assez ardu ; l'intérêt est de vous montrer que, même en ne saisissant pas forcément tous les éléments, vous pouvez repérer les points les plus importants, la structure du texte. Ne vous laissez donc pas décourager par le vocabulaire !  

2. La communication : de la transmission de l'information aux processus communicationnels

2.1. Le modèle fondateur de Shannon et Weaver (1945)

La communication a fait l'objet de nombreuses études depuis la célèbre théorie de l'information de Claude Shannon et Warren Weaver et son modèle "émetteur – récepteur" (1945). Centré sur le contenu et la transmission de l'information, ce modèle est vite apparu inadapté à la communication en raison de sa linéarité.

Au cours des années 1950 est ainsi née une deuxième théorie, celle de la "diffusion en deux étapes", issue d'études américaines sur les médias (radio, télévision). Développée dans un contexte de guerre puis de campagnes électorales télévisées et radiodiffusées, cette théorie modélise l'influence que les médias exercent sur le public en distinguant deux étapes de réception. En effet, le média de masse n'agit pas directement sur le public cible mais passe par des "leaders d'opinion", relais auprès des individus de leurs groupes d'appartenance. Ce schéma est couramment utilisé dans le domaine publicitaire dans la mesure où il permet d'accroître l'influence des mass media et des supports de communication sur les opinions individuelles et collectives.

A la même époque, la "théorie marketing", comme la nomme Alex Mucchielli, présente quant à elle une forme très standardisée et normalisée de procédure d'action. La communication se définit dès lors comme une opération à piloter, la résolution d'un problème étant la préoccupation majeure de la communication. En définitive, ces trois modélisations s'avèrent positivistes puisqu'elles s'inscrivent dans une linéarité cause – effet.

2.2. Le glissement des théories de la communication vers une approche sociologique et relationnelle

Cependant, la systémique envahit progressivement le champ des sciences de l'information et de la communication. Ainsi, dès 1954, le modèle sociométrique de Jacob Moreno met en évidence les relations socio-affectives au sein du groupe, introduisant pour la première fois une structure régie par les relations et les places occupées par les éléments qui la composent. La communication devient alors une relation d'affinités (par exemple, sympathie et antipathie) et un canal privilégié du transport de l'information.

Puis les années 1970 voient apparaître l'analyse transactionnelle qui marque une rupture épistémologique : le contenu du message n'est plus le coeur de la réflexion, désormais détrôné par la forme générale du message. Eric Berne montre ainsi les jeux de relations et les types de communication implicite sui s'établissent dans les rapports interpersonnels.  

LECTEUR A

La communication : de la transmission de l'information aux processus communicationnels
               
Le modèle fondateur de Shannon et Weaver (1945)
– Modèle émetteur – récepteur mis au point par Shannon et Weaver
– Mais trop linéaire donc théorie de la diffusion en deux étapes et théorie marketing développées dans les années 1950
>> Trois modélisations positivistes car linéarité cause – effet  
                Le glissement des théories de la communication vers une approche sociologique
et relationnelle
– Modèle sociométrique de Jacob Moreno (1954)
– Analyse transactionnelle d'Eric Berne (années 1970)
>> Jeu des relations et de l'affectivité dans la communication

LECTEUR B

2. La communication : de la transmission de l'information aux processus communicationnels
2.1. Le modèle fondateur de Shannon et Weaver (1945)
De nombreuses études de la communication depuis 1945.
Influence des médias sur le public. 
Linéarité cause – effet.
2.2. Le glissement des théories de la communication vers une approche sociologique et  relationnelle
La systémique envahit les sciences de l'information et de la communication.
La communication comme relation d'affinités et canal du transport de l'information.
L'analyse transactionnelle est une rupture épistémologique.

 

j0283551.gifAutocorrection

Points communs aux deux réponses :
– Utilisation de titres et sous-titres en un classement.
– Elimination de certaines informations.
– Recensement des informations.

Différences :
Le choix des informations fait difficulté puisque le lecteur A a conservé les points clés de sa recherche : il a éliminé développement, exemples, explications. Le lecteur B a glané au hasard des mots et des phrases qui, hors de leur contexte, perdent de leur sens.

Qu'en conclure ?
Il est impossible de donner des méthodes ou des recettes miraculeuses pour tout ! Il arrive quelque fois que seule votre concentration et la mobilisation de votre bon sens vous conduisent au bon résultat. Néanmoins, il apparaît, au terme de cet exercice, que la lecture requiert attention et effort : ce n'est pas en notant des formules qui vous semblent savantes ou jolies que vous parviendrez à sélectionner les informations qui vous intéressent vraiment… et que vous serez capables de comprendre lorsque vous n'aurez plus le document original sous les yeux !

 

Vous savez désormais en quoi consiste la lecture approfondie. Alors, qu'est-ce que la lecture survol ? Est-elle simplement un balayage superficiel d'un document ? Savez-vous déjà pratiquer ce type de lecture ?… Quel suspens… La suite au prochain épisode…

 

MHP

 



Savez-vous bien lire ? (épisode 1)

25 10 2006

Savez-vous qu'il existe plusieurs lectures ? Vous avez sûrement remarqué que vous ne lisiez pas de la même façon un roman et un magazine : pour l'un, vous parcourez toutes les pages et toutes les lignes complètement ; pour l'autre, vous choisissez ce que vous lisez, vous sautez certains passages, bref vous sélectionnez. 

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Je vous propose, en plusieurs épisodes, de découvrir l'acte de lecture :

Episode 1 : Pourquoi apprendre à bien lire ? Qu'est-ce que lire ?
Êpisode 2 : Lire de façon approfondie : méthode et exercice
Episode 3 : Lire en survolant : méthode et exercice
Episode 4 : Lire rapidement : méthode et exercice
Episode 5 : Ultimes conseils pour devenir un bon lecteur 

L'idéal est de ne pas se laisser submerger par une masse d'informations et de transformer un maximum d'entre elles en connaissances en un minimum de temps. Autrement dit, bien lire permet de gagner du temps. 

Les méthodes de lecture doivent donc répondre à deux objectifs principaux :

1. Sélectionner les informations les plus utiles en fonction des besoins définis.
2. Classer ces informations afin de les retrouver au moment voulu.

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L'écrit peut prendre différentes formes : poésie, pièce de théâtre, annuaire, rapport, petite annonce… Evidemment, ces diverses variétés d'écrits ne s'abordent pas de façon identique, l'information étant structurée spécifiquement dans chacun de ces documents.

Reprenons les deux exemples de départ :
Si vous lisez un roman, vous le lisez en entier : vous pratiquez une lecture intégrale, approfondie.
Si vous lisez un magazine, vous ne conduisez pas la lecture de la même façon. Vous êtes amené à pratiquer une lecture partielle, sélective : vous parcourez rapidement les lignes et les pages, en éliminant ce qui ne vous intéresse pas.

On peut donc dire qu'il y a différents projets de lecture (lire un roman pour l'histoire, lire un guide pour dénicher des informations pratiques…), auxquels correspondent différents rythmes de lecture :
La lecture approfondie
La lecture survol                     
La lecture rapide
               

Quel lecteur êtes-vous ? tartalacreme[1].gif

Il existe trois grands types de lecteurs :

1) Ceux qui articulent réellement avec la bouche les mots qu'ils lisent. Ce sont des lecteurs très lents (environ 150 mots par minute).
2) Ceux qui articulent mentalement, sans les dire, les mots qu'ils lisent. Leurs performances sont plus élevées (autour de 250 mots par minute).
3) Enfin, ceux qui photographient les mots ou groupes de mots. Ce sont des lecteurs rapides : ils peuvent lire environ 800 mots par minute.

Lire, qu'est-ce que c'est ?  tartalacreme[1].gif

Vous êtes assis dans un train ou dans une voiture et vous regardez par la fenêtre. Le paysage défile devant vous. Si vous laissez vos yeux glisser sur ce paysage déroulant, vous vous rendez vite compte que vos yeux bougent par saccades dans vos globes occulaires. En fait, malgré le caractère ininterrompu du paysage, les yeux s'arrêtent sur des points successifs. La rapidité du déroulement permet de sentir les saccades qui animent les yeux.

La lecture relève du même principe. En lisant, nous avons l'impression que nos yeux suivent un mouvement continu, les lignes correspondant au paysage que nous voyons par la vitre du train ou de la voiture. Pourtant, pendant 90 % du temps, nos yeux sont en arrêt et photographient les mots ou groupes de mots ; puis ils se déplacent vers un autre point de fixation. Le temps de déplacement est très rapide. L'oeil progresse donc par bonds en fixant un groupe de mots, puis un autre, et ainsi de suite.

Un bon lecteur est capable d'adapter le plus souplement possible un certain mode de lecture à chacun des textes rencontrés selon ses besoins. Lire doit devenir aussi naturel que respirer. Or, on ne respire par de la même façon quand on dort, quand on marche et quand on court ! Il faut donc apprendre à lire à différentes vitesses selon le type de document et la densité d'informations à retenir.

Voici le principe clé à retenir : il n'est pas nécessaire de tout lire pour comprendre. Beaucoup d'indices renseignent sur le contenu du document :

Graphiquement : un mot se reconnaît globalement par sa forme.

Exemple : le mot "chat" et le mot "pain" sont différents graphiquement : l'un comporte des lettres à silhouette verticale (le h et le t) tandis que l'autre se caractérise par une silhouette plus horizontale (forme descendante du p et horizontalité du a, du i et du n).

Syntaxiquement : même si l'on ne s'en rend pas compte, on anticipe la phrase que l'on lit avant même d'avoir terminé sa lecture.

Exemple : "Nous march…" Il n'est pas indispensable de lire la fin de la phrase puisqu'il semble évident que le verbe s'accorde avec le sujet ("Nous marchons").  

Sémantiquement : en supprimant un mot sur cinq dans une phrase, il est encore possible de comprendre ce qui est écrit !

Exemple : "Nous marchons … la forêt et nous … des champignons." Malgré les mots manquants, vous avez compris cette phrase, n'est-ce pas ? Lorsqu'un discours ne nous parvient pas de façon très audible, nous procédons de la même façon : le cerveau construit du sens à partir des éléments qui sont enregistrés même si des parties entières de phrases nous échappent.  

Culturellement : le contexte détermine le type d'informations auquel le lecteur s'attend.

Exemple : Un texte sur la santé va forcément tourner autour des maladies, de la prévention, des soins… Un texte relatif à la télévision peut traiter des programmes, de l'audience…

 

Au prochain épisode… nous verrons en quoi consiste la lecture approfondie !

 

Voir ailleurs…

Un petit ouvrage précieux et clair, avec des exercices très utiles :
Chevalier, Brigitte. Lecture et prise de notes. Armand Colin, 2004. 126 p. Collection 128. ISBN 2200340508.

 

MHP



Problématique, la problématique !

21 10 2006

A l'heure des TPE, TIPE, dissertations et autres travaux scolaires, une question reste… problématique : qu'est-ce qu'une problématique ? On peut lire des quantités de recommandations à ce sujet, entendre plusieurs définitions plus ou moins claires, sans pour autant comprendre de quoi il s'agit.

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Or, la problématique est un élément essentiel dans un travail et dans une recherche d'information. C'est elle qui va vous guider et vous aider à orienter votre propos et à intéresser le lecteur ou l'auditeur.

Je ne prétends pas du tout proposer une recette miracle mais seulement vous donner quelques pistes simples qui vous épargneront, je l'espère, les erreurs les plus fréquentes.

 

Ce qu'est
la problématique

Ce que n'est pas
la problématique

Elle est mobilisatrice : elle m'engage et me motive dans ma recherche.

Elle est signifiante : elle a du sens pour moi.

Elle constitue un défi raisonnable : je peux répondre à la problématique dans les conditions fixées pour mon travail (durée, production…).

Elle me permet d'accéder à de nouvelles connaissances, de comprendre la réalité. Ainsi, la question pourra être formulée grâce aux termes: pourquoi, en quoi, comment…

Une question donnant lieu à des réponses toutes faites, qui peuvent être recopiées telles quelles dans un document.

Une question donnant lieu à une énumération, à un exposé de faits juxtaposés sans liens entre eux.

Une question à laquelle on peut répondre par «oui» ou «non».

Quelques exemples pour mieux comprendre :

« Qu'est-ce qu'un tremblement de terre ? » n'est pas une problématique car la réponse ne pose pas problème : il suffit de chercher l'explication du phénomène pour répondre à la question.

« En quoi les populations les plus pauvres sont-elles vulnérables face à un tremblement de terre ? » est une problématique car aucune réponse ne peut être directement donnée : il faudra conjuguer plusieurs informations, argumenter, articuler les trois éléments de la question entre eux (populations les plus pauvres / vulnérabilité / tremblement de terre).

« Comment protéger les populations des conséquences d'un tremblement de terre ? » est une problématique. Cette question pose un problème, une énigme, que la recherche d'information s'efforcera de résoudre.

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Choisir une problématique de recherche :

On ne peut pas chercher dans un document la réponse à une question que l'on ignore. Le voyageur peut-il trouver son chemin s'il ne sait pas où il se rend ? A moins d'être un nomade libéré de toute contrainte, le voyageur risque de se transformer en vagabond découragé sans but ni repère ! Il faut donc soigner la problématique.

L'énumération d'un flot continu de connaissances n'est jamais le travail demandé. Essayer de comprendre les objectifs du travail permet déjà de s'interroger sur le sens de ce qui est demandé, sur l'intérêt de la production à fournir. Peu à peu, la problématique émergera et constituera le fil rouge des recherches.

Si la problématique n'apparaît pas immédiatement, pas de panique ! Il faut alors prendre le temps de feuilleter des ouvrages, de consulter des bibliographies, des sommaires… afin d'acquérir une vision d'ensemble des questions et des thèmes liés au sujet. Attention ! Ne pas approfondir la lecture à ce stade : ce serait une perte de temps puisque l'on ne sait pas encore ce que l'on cherche.

 

Pour approfondir la question épineuse de la problématique, reportez-vous aux différents sites dont les liens sont en permanence sur ce blog, à savoir AERIS, InfoSphere…

 

MHP  



Les podcasts ? l’école

15 10 2006

Difficile de passer à côté de l'une des grandes tendances actuelles : le podcasting. Derrière cet anglicisme, se cache une technologie permettant de diffuser sur Internet des ressources sonores et vidéo, au format MP3.


Le saviez-vous ? 
Podcasting est un mot qui vient de la contraction de deux termes : iPod (le baladeur numérique créé par la marque Apple) et broadcasting (qui signifie diffusion, émission).


 

Les podcasts ne cessent de se développer sur le web. La plupart des chaînes de télévision ou de radio proposent désormais les podcasts gratuits de leurs émissions. Utiliser ces ressources en classe paraît particulièrement intéressant et simple à mettre en oeuvre.

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Comment utiliser un podcast en classe ?
Il suffit de se connecter à Internet, de choisir la ressource désirée sur un site et de l'enregistrer sur une clé USB. Ensuite, en classe, la clé est branchée sur l'entrée de l'amplificateur du magnétophone et le miracle peut avoir lieu !
Un podcast peut être utilisé par un enseignant (en langues vivantes, en histoire, en français…) mais aussi par un élève (notamment pour un exposé qu'un document audio peut illustrer de façon pertinente).

Quel est l'intérêt des podcasts pour la classe ?
Un intérêt pédagogique : grâce aux podcasts, c'est une dimension auditive qui est introduite en classe. L'intervention d'une voix différente de celle de l'enseignant ou de l'élève qui présente son exposé permet de varier les supports de travail, donc de favoriser l'apprentissage et la mémorisation. Un document audio permet aussi d'illustrer un sujet, tout comme une image ou un schéma. Il peut ainsi être utilisé pour travailler sur la prononciation (en langues vivantes surtout), sur la reformulation, sur l'expression orale…
Un intérêt culturel : recourir à une émission de radio ou de télévision, c'est faire entrer dans la classe l'actualité, le monde dans lequel les élèves vivent ; c'est aussi faire découvrir des ressources que les élèves n'ont pas forcément le réflexe d'aller chercher. Bref, c'est élargir la culture de l'élève et l'inciter à aller fouiner dans certains sites web, démarche plus volontiers effectuée que celle qui consiste à ouvrir un livre ou à aller au musée (croyez-en mon expérience quotidienne d'enseignante-documentaliste !  ).

Comment débusquer les podcasts sur Internet ?
Moteurs, annuaires et logiciels spécialisés vous permettent de trouver les ressources qui vous intéressent. Une sélection d'outils est proposée par le site Franc-parler.

Si vous trouvez des podcasts qui peuvent être utiles à d'autres enseignants ou d'autres élèves, n'hésitez pas à les partager en postant des commentaires sur ce blog. Nous pourrions ainsi créer une liste de podcasts précieux pour nous tous ! 

  

Voir ailleurs…

Le dossier consacré aux podcasts sur le site de "la communauté mondiale des enseignants de français", Franc-parler. De la définition d'un podcast jusqu'aux outils permettant de les chercher, en passant par la procédure permettant d'écouter un fichier sonore et par les types de podcasts, ce dossier est à la fois simple et très complet.

Sur le site du CRDP (centre régional de documentation pédagogique) de l'académie d'Aix-Marseille, des ressources dédiées à l'utilisation pédagogique des podcasts : outils de recherche, sélection, définition…

Un article de Télérama, paru le 21 juin 2006, sur le phénomène du podcasting.

 

MHP

 



« Je ne sais pas par où commencer… »

8 10 2006

Un exposé à préparer ?

Un dossier à rédiger ?

Un IDD (itinéraire de découverte), un TPE (travail personnel encadré), un PPCP (projet personnel à caractère professionnel) à faire ?

Et l'angoisse qui monte… Par où commencer ? Comment chercher les informations indispensables ? Avant tout, quelles sont exactement les limites du sujet ?  

Pas de panique ! Un peu de méthode et de bon sens et le tour est joué ! Pour ne pas vous perdre dans la jungle de l'information, avec ses lianes dont on n'arrive plus à se dépétrer et ses sentiers sans issue, voici une petite fiche qui peut vous aider à structurer votre travail. Imprimez-la ! Elle vous servira de carte que vous garderez sous le coude tout au long de votre labeur !

Cliquez ici pour accéder à la fiche guide

Bon courage… et bon voyage !

 

MHP

 



S’informer, s’orienter… nouveauté !

6 10 2006

Peeezzr1006.gifUn nouveau site d’information est désormais à votre disposition pour toutes vos questions relatives à la formation, l'orientation et les métiers. Assez différent du site de l’ONISEP (actuellement souvent indisponible !), ce « portail de l’Etat, des régions et des partenaires sociaux » (intitulé officiel que vous trouverez sur la page d’accueil) propose une triple entrée :

  1. Choisir un métier
  2. S’orienter dans la formation
  3. Evoluer : changer de métier

De nouvelles ressources à découvrir… à l’adresse suivante : http://www.orientation-formation.fr/ Bonne navigation !

…et n'hésitez pas à me faire part de vos commentaires au sujet de ce portail !

Voir ailleurs…

Incontournable, le site de l'ONISEP.

Très bien conçu et très complet, le site de l'ANPE.

MHP



Le miracle Internet ?

24 09 2006

Internet… voilà le mot magique qui hante le chercheur d'information, avide de navigation virtuelle et convaincu que le web recèle des trésors inestimables. Le voyageur se précipite-t-il systématiquement sur un altimètre ou un sextant, quelle que soit sa destination ? Pour aller de l'autre côté de la rue, est-il bien utile de se  référer à une carte topographique ? Les outils doivent être adaptés à l'objectif du voyage. Internet est un réservoir formidable d'informations… à condition d'être utilisé à bon escient ! Pour ce faire, il faut connaître les avantages et les inconvénients de l'Internet miraculeux…

surfer sur internet

bd15171_.gif  Les avantages d'Internet  

En termes de modalités de recherche :

– Possibilité de recherche thématique et par mots-clés

– Possibilité de rechercher avec plusieurs mots-clés en une seule fois (formulation d'équations de recherche ou de requêtes)

En termes d'information et d'accès :

Actualisation régulière et rapide par l'auteur ou le webmestre (mais cette qualité est très fluctuante selon les sites et pages !)

– Accès à des documents en texte intégral

Accès immédiat à l'information (finies les pérégrinations dans les rayonnages des bibliothèques !)

Délocalisation de l'information qui est accessible de n'importe quel endroit (domicile, école, travail…)

En termes de travail collectif et coopératif :

– Consultation d'un document par plusieurs utilisateurs en même temps

– Utilisation du courrier électronique ou de la messagerie instantanée pour communiquer avec les membres du groupe de travail, les collègues, etc.

 

bd15171_.gif  Mais des inconvénients, voire des dangers !

En termes de modalités de recherche :

– Nécessité de savoir comment chercher sur le web

Recherche difficile pour certains sujets

En termes d'information et d'accès :

Contenu parfois médiocre, peu fiable

– Pages et sites non mis à jour systématiquement

Suppression de pages, modification des adresses…

Absence fréquente de structure de l'information comme dans un livre, même si le « plan du site » aide souvent à se repérer

Errance sans fin dans les liens hypertexte, les textes déroulants, les écrans successifs…

Nuisance de la publicité sur certains sites

– Nécessité de disposer du matériel, d'un fournisseur de service Internet

 

Internet apparaît comme un outil précieux pour de nombreuses recherches d'information mais il faut bien garder à l'esprit les inconvénients qu'il présente. Tout comme le capitaine de navire n'utilise pas seulement un radar, le chercheur ne doit pas recourir exclusivement à Internet, même si cet outil semble souvent plus attirant que les livres traditionnels ! 

 

MHP



Zefab : une porte d’entrée unique sur l’information

17 09 2006

Envie d’avoir sous les yeux un maximum d’outils pour rechercher sur Internet ?

Lassé d’avoir à zapper (en vous égarant peut-être !) d’un moteur à un annuaire, d’un métamoteur à une encyclopédie en ligne, d’un forum à un blog ?

Alors le site Zefab est fait pour vous !

Ordinateur

Sur une seule page, vous disposez d’une quantité assez remarquable d’outils de recherche sur le web : sous forme de schéma circulaire centré sur l’arobase, vous avez à la fois les moteurs, annuaires et métamoteurs mais aussi les possibilités de recherche en langage naturel (= les mots que vous utilisez spontanément, par opposition aux termes prédéfinis contenus dans un index ou un thesaurus), de recherche assistée par ordinateur, de recherche multimédia, de recherche d’articles, de blogs, de témoignages, de forums, en passant par les outils permettant d’accéder au web invisible, les comparateurs de prix et les outils adaptés aux enfants ! Sans oublier une rubrique méthodologique, une aide et des astuces.

Bref, je suis assez enthousiasmée par ce site car il me semble opérer une synthèse intéressante des différents outils de recherche sur le web. Pour ne rien gâcher, sa présentation est agréable et ludique, quoique nécessairement un peu chargée compte tenu de la quantité d’éléments figurant sur une seule page.

Je vous recommande la fréquentation de ce site car elle permet de bien catégoriser les outils de recherche, de mener une recherche à l’aide d’outils très variés (donc de multiplier vos chances de tomber sur des ressources intéressantes pour votre besoin d’information) et de recourir à des contenus méthodologiques essentiels.

N’hésitez pas à me faire part de vos remarques à propos de Zefab : votre déception ou votre enthousiasme sont des avis précieux pour contribuer à poser un regard critique sur ce que la toile nous propose !

 

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