La Réunion…

et l\’Océan Indien

Crustacés = arthropodes = « animaux aux pattes articulées » = insectes marins

On continue, en évoluant petit à petit dans la complexité des animaux. Tout le monde connaît les crustacés. Ils ont un squelette, une carapace de chitine (matière créée par l’animal). Cette carapace ne grandissant pas, le crustacé est obligé de s’en fabriquer une plus grande, molle, de se sortir difficilement de l’ancienne devenue trop petite et d’attendre, vulnérable, que sa nouvelle carapace durcisse… tout en mangeant le plus possible pour faire des réserves en vue d’une prochaine mue…pas facile la vie de crustacé !

Exception : le cloporte, qui est le seul crustacé terrestre.

Composition :

une tête avec 4 antennes et 6 mâchoires

  • un thorax

  • une queue

  • un cerveau bien défini

  • un vrai estomac

Le crustacé est donc bien plus complet au niveau de ses organes que d’autres animaux marins qui ne possèdent ni queue, ni cerveau, ni thorax…


?Les crustacés inférieurs (appelés ainsi non pas parce qu’ils sont plus faibles, mais plus petits que les autres)

schéma d'une balanus balanoïde

Ils mesurent quelques millimètres : ce sont les puces de mer, les puces de poisson (si, ça existe !), appelées balanes ou glands de mer. Elles ne se fixent pas seulement sur les poissons, mais aussi sur les rochers, les coques de bateaux…

 

 

 

 

D’autres ressemblent à de petites moules blanches avec un pied noir (anatifes, ou pousse-pieds). Tout ce petit monde compose 80% du plancton, mangé par les anémones, coraux, vers, poissons.

anatife, ou pousse-pieds

 

?Les crustacés supérieurs (ceux-là sont plus gros)


On trouve plusieurs groupes de ces « supérieurs » :

  • Les péracaridés : les crevettes marsupiales (avec une poche, comme les kangourous), qui font aussi partie du plancton.

  • Les eucaridés : les petites crevettes que sont le krill, seule nourriture des baleines !

  • Les décapodes : les crustacés à 10 pattes, dont font commerce les hommes. Ces bêtes nagent et marchent (plus ou moins de travers…).

  • Les nageurs (natantia) : Ce sont toutes les crevettes que l’on consomme, nous, humains. Elles se pêchent à faible profondeur, bien que certaines se trouvent à 200 m voire 1000m de profondeur !

décapode : kiwa hirsuta

La couleur des crevettes varie : soit elles se fondent dans le décor comme les caméléons, soit au contraire leurs couleurs sont vives et voyantes, et vivent avec les anémones, concombres de mer et méduses, en sécurité sous leur protection.


ETONNANT : la crevette nettoyeuse

En échange de la protection de l’animal qui les abrite, la crevette le nettoie, tout en se nourrissant. Cette particularité va très loin : les crevettes nettoyeuses ne sont pas toutes attachées à un seul animal. Certaines se postent toujours à un même endroit, et attendent que les poissons viennent se faire nettoyer tous seuls. Ces derniers les voient grâce aux couleurs très vives qu’elles arborent. Les poissons viennent exprès et présentent à la crevette leur tête, leurs ouïes, ou une blessure s’ils en ont une. La crevette nettoie alors tous les débris, parasites. C’est sa nourriture. Elle va même jusqu’à entrer dans la bouche des poissons (qu’ils gardent grande ouverte pour elle) pour nettoyer leurs dents ! Si le poisson veut bouger à ce moment, il la prévient pour qu’elle sorte, mais jamais ne la mange, bien qu’elle pourrait constituer son repas. C’est un équilibre : si un poisson n’est jamais déparasité, il finit par tomber malade. C’est pourquoi le poisson ne mange pas la crevette qui le nettoie, il en a besoin.

crevettes nettoyeuses aux couleurs vives
les crevettes à l’oeuvre sur des murènes dociles…

Passons aux plus gros crustacés : dans l’Océan Indien on trouve beaucoup de langoustes, écrevisses, homards, cigales de mer. Ce sont les macroures (signifie « grosse queue »), mais malheureusement elles sont de plus en plus rares du fait de la pêche intensive. A Mayotte, on trouve la langouste verte et la langouste rouge.

magnifique langouste

Les cigales de mer n’ont pas de pinces et leurs antennes sont en forme de pelles. Elles se fondent dans le décor.

cigale de mer

– Les brachyoures (« queue courte ») que sont les crabes et araignées de mer. Il y en a beaucoup dans l’Océan Indien. A Mayotte on trouve le crabe mangrove (scylla serrata), comestible.

un crabe mangrove, du même nom que la plante

Tous les crabes tentent de se camoufler (contrairement aux crevettes). Ainsi, ceux qui vivent dans le sable sont plutôt beige transparent.

Ils développent de grosses pinces pour se défendre et manger. On y trouve aussi l’Uca, de 3 cm. On le surnomme crabe-violoniste car le mâle a une pince beaucoup plus grosse que l’autre, de la même taille que son corps, rouge. Il l’agite pour attirer les femelles, d’où un 2ème surnom : le « crabe-appelant ».

crabe-violoniste

Autre comportement : certains anomoures, appelés crabes des cocotiers, vivent dans ces arbres et ne vont à la mer que pour se reproduire. Leur carapace est plus épaisse, pour ne pas se casser en tombant des cocotiers !



? Mais laissons de côté ces gros crustacés que vous connaissez et intéressons-nous au

Bernard l’Ermite :

Bernard l’Ermite de la Réunion


Ce pagure (autre nom du Bernard l’ermite) est un anomoure (à l’abdomen mou). Il vit dans des coquilles vides, et en change quand il grossit (c’est plus facile que la mue du crustacé). Entre parenthèses, il est utilisé comme appât par les mahorais pour la pêche aux maquereaux.

Certains pagures ont sur leur coquille une anémone de mer (bien particulière) qui profite des déplacements de l’animal pour trouver plus facilement ses proies, plutôt que d’attendre que le courant les apporte.

En contrepartie, le pagure est protégé. L’anémone repousse les prédateurs qui auraient vite fait de casser la coquille, avec ses tentacules venimeux. Elle profite aussi des repas du pagure.

Le plus étonnant arrive : quelquefois, l’anémone suit le bernard l’ermite qui change de coquille. Elle se détache et se fixe sur la nouvelle carapace…il arrive que le bernard lui-même la détache et la fixe sur sa nouvelle maison ! Pourquoi changer une équipe qui gagne ?

 Je continue ma saga sous-marine, car bien que ces animaux ne soient pas spécifiques à l’océan Indien, ils y sont tous présents, on les rencontre souvent dans les lagons. Je me permets donc de continuer d’en parler. 

Le mollusque est, par définition, mou, dans une coquille qui tend à disparaître chez certaines espèces. Dans cette famille, on trouve des animaux très différents : calmars géants, limaces, coquillages…

 

Leur point commun :

         un système nerveux et sanguin complexe         un pied, une tête, voire une coquille

         un radula : langue râpeuse avec des dents (capable de percer une coquille)

 

Encore une fois, ils sont classés en différents groupes : 

 

Les Gastéropodes : « l’estomac dans le pied », littéralement, car ces 2 parties sont très proches.

 

Ce sont les escargots et limaces (de terre ou de mer, ces derniers étant les plus nombreux), herbivores. On les classe selon l’endroit de leur corps où ils respirent :

 

? A l’avant, avec des branchies (prosobranches) : coquillages, en spirale généralement, les porcelaines brillantes,  les patelles, les chapeaux chinois…certains, en forme de cône, sont très dangereux. A Mayotte, on trouve le « cône géographe » et le « cône textile », fatals à l’homme à cause du venin de leur dard. Le « casque rouge » est protégé à Mayotte car il en reste peu : ce sont eux les prédateurs de l’étoile de mer  Acanthaster Planci, dévoreuse de corail. Ils sont indispensables.  voir Histoire de l’Acanthaster Planci, ce fléau,

porcelaine, membre des mollusques

 

 

 Acanthaster PLanci

 

? A l’arrière, avec des branchies (opisthobranches) : comme les chenilles, les couleurs vives des opisthobranches montrent aux prédateurs qu’elles ne sont pas comestibles. Ce sont les limaces de mer, sans coquilles. A la place, pour se protéger, elles arborent des spicules calcaires (comme les éponges). De plus, en mangeant les coraux, ces limaces se gardent leurs cnidoblastes (flèches venimeuses) pour ensuite se défendre. Elles peuvent également expulser un liquide répulsif quand un ennemi approche.

 

limaces au bal déguisé

 

Ce sont des nudibranches, c’est-à-dire qu’il faut qu’elles protègent leurs branchies, à nu à l’arrière du corps. Dans ce groupe, on trouve « les lièvres des mers », drôle de nom, car elles peuvent atteindre 40 cm et peser 2 kilos.

 

 

Les Bivalves  = coquilles à 2 valves, attachées ensemble.

 

Leurs branchies ressemblent à des lames de champignon ; voici les huîtres, les moules… On pourrait penser qu’il n’y en a pas dans l’Océan Indien. Pourtant si. Ces bêtes filtrent l’eau, se nourrissent de plancton. Elles ne bougent pas. Certaines huîtres, les spondyles, ont des dizaines d’yeux le long de leur ouverture. Les espèces sont quelquefois étonnantes :

         l’huître zigzag (lopha cristagalli) est écarlate,

         l’huître méléagrine produit une perle noire.

 

 huître zigzag, lopha cristagalli

Le plus gros bivalve est le bénitier. A Mayotte, il peut mesurer 30 cm de long ! Toutefois ce n’est rien, comparé au bénitier vivant dans l’Indo-Pacifique, qui lui, peut atteindre 1 mètre, et 250 kilos ! Un monstre. On l’utilisait comme bénitier d’église au 18ème siècle.

 

bénitiers

 

Les Céphalopodes : d’après ce nom grec, ils n’auraient qu’une tête et des pieds.

 

Ils sont tellement différents des huîtres qu’on ne penserait pas les classer dans le même famille, et pourtant…les poulpes, pieuvres, calmars, et seiches sont de ce groupe. Mais surtout pas les méduses, ne les confondons pas… (la méduse est un coelentéré, voir article précédent).

 

Les céphalopodes ont comme les mollusques le pied, mais fusionné avec la tête, et divisé en tentacules. Ils ont quelque chose que les autres n’ont pas : des yeux, se rapprochant de ceux des vertébrés, mais sans paupières. Leur bouche ressemble à un bec de perroquet.

 

Cet animal est un vrai caméléon : il possède des cellules colorées (chromatophores) qui selon qu’elles se contractent ou non font passer l’animal par différentes couleurs. Il peut devenir blanc, puis noir, bleu, violet, rouge ou jaune, et se confondre avec l’environnement. Sous la tête, un siphon propulse l’eau et le fait avancer.

Autre organe insolite : une poche d’encre qui se vide afin de donner le temps à la bête de s’éclipser dans ce nuage noir.

grand calmar

Lesquels ont 10 tentacules ? Les calmars, les seiches (vie en banc)

Lesquels ont 8 tentacules ? Les pieuvres et les poulpes (vie solitaire) :

poulpe en déplacement

 

 

Fait rare : des nautiles sont parfois rejetés sur les plages de Mayotte. Ils vivent à de grandes profondeurs, et remontent très rarement. Leur coquille, très belle, est compartimentée. Ils vivent dans la dernière, au fond.

 

nautile

Mesures exceptionnelles :

Le poulpe d’Amérique du Nord (Paroptopus apollyon) mesure 9,5 mètres, les tentacules tendus…mais ce n’est rien comparé au calmar (Architheutis princeps) de 17 mètres !

 

Encore pire : Certaines marques de ventouses de calmars laissées sur les cachalots (qui s’en nourrissent) prouvent que certaines de ces bestioles atteignent 30 mètres de long !

 

Etonnant : Quelques espèces de pieuvres « décorent » leur trou, où elles dorment, avec des coquillages, du verre trouvé dans l’eau…personne n’a trouvé d’autre explication que cette manie de décorer son logis. Malheureusement pour ces pieuvres, leurs trous sont plus faciles à trouver que les autres pour les pêcheurs…

 

« Beurk ! » me direz-vous. Vous avez tort. Les vers marins sont magnifiques. On les croirait parés pour le bal, j’ai des photos à l’appui. Mais avant cela, quelques explications de leur existence :

Le ver planaire (= Plathelminthe)

Ces vers-là semblent bien être le maillon suivant les coelentérés dans la chaîne de l’évolution animale : ils ont plusieurs points en commun avec eux :

  • un seul oscule (voir les points communs des coelentérés)

  • il peut se régénérer en entier à partir d’un seul morceau de son corps. Coupez un ver en deux, cela donnera deux individus !

Ce qui distingue le ver marin du corail et de la méduse, c’est son cerveau. C’est effectivement le premier animal à en posséder un dans l’Evolution, bien que l’on peut se demander où il se situe…


A quoi ressemble t-il ?

?

Sûrement pas aux vers terrestres, lombrics, que l’on connaît bien, et qui sont plutôt répugnants. Notez que le ver planaire est cependant de la même famille que le ténia, parasite des intestins…

Le ver planaire n’est pas grand, ni visqueux. Il mesure à peu près 5 cm, est aplati. Son corps est mou et invertébré, comme tous les vers. Il possède une sorte de voile composé de cils qui ondulent pour lui permettre de se déplacer, de nager. Ses couleurs sont magnifiques. En voici quelques uns :

vers planaires divers !


Par contre, on ne connaît pas bien leur mode de reproduction, ni leur alimentation. Ils seraient carnivores et mangeraient, la nuit, de minuscules invertébrés…



Le ver Némathelminthe


Les représentants de cette famille là sont plutôt ronds et plutôt parasites (pour l’homme, les plantes, les animaux), alors que le ver planaire est complètement inoffensif. Ceux qui nous intéressent, dans l’océan, sont transparents, incolores et très minces. Leur taille varie de 3 mm (minuscule !) à quelques centimètres.

Ceux-là sont présents dans tous les fonds de toutes les mers, du rivage aux abysses. Inutile donc de les compter…

Ils mangent de la matière organique (= qui vient d’organismes morts, plantes et animaux) et sont donc très importants pour le processus de décomposition et de recyclage de cette matière. On peut parfois les trouver en bancs très denses, d’environ 100 millions au mètre carré !



Les Brachiopodes


Ceux-là sont de vrais animaux fossiles qui n’ont pas évolué…malheureusement, il n’en reste que 140 espèces sur les 2000 connues…ils sont mal connus car ils vivent dans les profondeurs. On les classe dans les vers car leur organisme y ressemble ; cependant, ils ont des coquilles comme les mollusques et un pédoncule (qui leur permet de se fixer au fond). Des vers améliorés en quelque sorte…


un brachiopode, sorte de conque




Les Bryozoaires = zooïdes


En forme de tonnelet, ils ont un panache de tentacules. Ce qui est intéressant chez eux est qu’ils peuvent mesurer de un millimètre à un mètre ! Ils vivent en colonies, et on les trouve quelquefois sur les coques de bateaux et piliers de jetée, car la peinture spéciale de ces supports de les dérange pas…

un bryozoaire pectinatella

   

bryozoaire (je n’en connais pas le nom)


Les Annélides


De par leur nom, ces vers ont…des anneaux, répartis également sur leur corps. Cependant, ils ne sont pas tous marins :

un ver annelé, néréis

  • Oligochètes : vers de terre, lombrics, qui ne nous intéressent pas…

  • Hirudinées : sangsues, groupe peu sympathique !

  • Polychètes : voici les vers marins : ils possèdent une tête bien distincte, une paire de « pieds » (parapodes) à chaque segment (= espace entre 2 anneaux). Ils sont bien différents de ce qu’on a vu jusqu’à présent : Ils ont un système digestif, et la bouche est distincte de l’anus. Ils ne sont pas hermaphrodites, leur sexualité est bien compliquée par rapport aux précédentes familles ! Ils se fabriquent quelquefois un tube protecteur sur les fonds marins.

des vers polychètes, déployés dans toute leur beauté

Par exemple, les spirorbes :  spirorbe  et les sépules fabriquent des tubes calcaires, alors que les sabelles et les spirographes fabriquent des tubes avec des grains de sable collés entre eux…:

sabelles

spirographe


Voilà, j’en ai fini avec les vers marins, mais pas du tout avec le reste de la faune marine des lagons de la Réunion, de Mayotte et d’ailleurs…

 

Nous allons parler des TAAF car c’est un domaine qui bouge en ce moment… le siège se situe à
la Réunion, à St Pierre exactement…il se charge de la gestion et la protection de ces terres reculées, protégées et interdites au tourisme.

Habitant de la Terre Adélie

 

Que sont les TAAF exactement ?

 

? Il y a 4 districts :

         L’île St Paul et l’île Amsterdam         L’archipel de Kerguelen         L’archipel de Crozet        

La Terre Adélie.
 

Début 2007, un cinquième district les a rejoints : les îles Eparses. Cette appellation regroupe en fait 5 îles : dans le canal du Mozambique on trouve Bassas da India, Europa, Juan de Nova, et
la Grande Glorieuse 
; au nord de
la Réunion, on trouve Tromelin. Elles étaient auparavant sous la responsabilité de l’administrateur des TAAF, mais depuis la loi du 21 février 2007 elles en font vraiment partie. Elles rajoutent 800 000 km² de ZEE (Zone Economique Exclusive) à
la France, qui étend son territoire sur 2,5 millions de km² en tout, et obtient ainsi le titre de 2ème puissance maritime mondiale !

 

Zones de pêche

 

Ces zones de pêche sont très contrôlées, car elles sont des réserves naturelles. Seulement 30 thoniers senneurs (grands bateaux destinés à la pêche) sont autorisés par les TAAF à pêcher dans ces eaux, de mars à juin (saison de la pêche), avec à leur bord plusieurs contrôleurs. Leur rôle est évidemment de contrôler la quantité de poissons pêchés (le tonnage), sans avoir le droit de réprimer si la pêche est trop importante…ce sont seulement des observateurs. Ils signalent aussi tout autre bateau dans le secteur, non autorisé à s’y trouver.

Heureusement leur rôle ne s’arrête pas là : ils ont une mission écologique car ils évitent la surpêche grâce à leurs rapports et détectent toute forme de pollution maritime. On les compare à des anges gardiens des mers…

 

Les îles Eparses

 

En ce qui concerne les îles Eparses, nouvelles arrivées, les TAAF ont formé une nouvelle équipe d’observateurs, dont des mahorais, qui connaissent mieux la zone que quiconque. Cela permet également de donner du travail à une île qui connaît beaucoup de chômage.

 

Depuis 1950, des stations météorologiques se trouvent dans les îles Eparses, à la demande de la station météorologique mondiale. Ces stations permettent de surveiller la formation de cyclones et tempêtes sur le secteur.

De plus, depuis 34 ans, des Forces Armées (FAZSOI) sont présentes sur

la Grande Glorieuse, Juan de Nova et Europa, ainsi qu’un gendarme sur chacune d’elle qui assure l’ordre à lui seul. Il faut dire que la population y est plutôt réduite !

Sur Tromelin, celui qui dirige est le chef de la station météo de l’île…

Tout ce petit monde est ravitaillé par des avions de l’Armée de l’air et des navires de

la Marine Nationale.

Quel nom bizarre…cette famille des coelentérés regroupe tout simplement les coraux et les méduses…oui, ils sont de la même famille car ils fonctionnent de la même manière. Cet article est long, certes, mais étonnant.

Information de passage : si vous allez un jour sur une des îles de l’Océan Indien, ne ramenez surtout pas de corail dans vos souvenirs, c’est interdit, et ce corail est indispensable au renouvellement des plages.

Points communs du corail et de la méduse

? Ils sont tous deux de la forme d’un sac.

? Ils ont trois cloisons (interne, externe, et une gélatineuse entre les deux) qui abritent la cavité digestive : « l’estomac » (bien qu’on ne puisse pas réellement lui donner ce nom).

? Ils ont un seul orifice, l’oscule, qui leur sert de bouche et d’anus. Des tentacules (= cnidoblastes) disposées tout autour de cette bouche capturent les proies grâce au venin qu’elles produisent : dans chaque cnidoblaste se trouve une minuscule aiguille enroulée, pleine de ce produit, urticant pour certains, mais mortel pour d’autres, pour les animaux marins comme pour l’homme. L’aiguille jaillit vers la proie (du plancton, car les coelentérés sont carnivores) au moindre contact de celle-ci. Elle est soit paralysée, soit tuée. Les tentacules ramènent alors la victime vers la bouche. Les humains sont seulement blessés par le corail, mais la piqûre de certaines méduses peut être mortelle.

? Les cnidoblastes servent aussi à repousser l’ennemi.

? Les coelentérés sont hermaphrodites : éjectés des corps, les gamètes mâles et femelles se rejoignent dans l’eau et fusionnent, donnant des larves.

polypes se rétractant

Malgré ces points communs, nous pouvons tout de même les séparer en deux groupes distincts :

1- Les Méduzoaires

Comme son nom l’indique, ce groupe rassemble les méduses, et les hydraires.

Caractéristiques d’une méduse :

Forme d’ombrelle, bouche et tentacules vers le bas. Certaines espèces de méduses peuvent mesurer jusqu’à 2 mètres de diamètre (scyphozoaires) ; elles vivent en bancs, très dangereux. D’autres sont de forme cubique (cubozoaires), venimeuses, leur piqûre est mortelle en 3 minutes…ce sont les méduses-boîtes (par exemple, la « Guêpe des mers », en Australie).

Les autres sont beaucoup plus inoffensives et aussi beaucoup plus petites. Il en existe des minuscules !

méduse commune cliquez sur la photo pour un lien avec un site sur le sujet !

Caractéristique d’un hydraire :

Vit en colonie (c’est-à-dire qu’ils fusionnent pour former des arborescences : les hydraires ressemblent à des fougères. Ils « bourgeonnent ». De chaque « bourgeon » naît une méduse qui vit, elle, libre. C’est étonnant. C’est exactement comme si les bourgeons d’un pommier devenaient des oiseaux qui s’envolent… (cliquez également sur la photo pour un lien sur un site pertinent)

hydraire, tubularia indivisa

2- Les Anthozoaires

Ce sont des « fleurs-animal », rassemblant les coraux.

Caractéristiques du corail :

Formes très variées, mais toujours la bouche et les tentacules vers le haut. On les trouve surtout dans les eaux chaudes car il faut une certaine température et un certain degré de salinité, plus élevé vers l’équateur.

L’animal fabrique un squelette externe qui lui sert de maison. On ne voit donc jamais la bête elle-même mais sa carapace. Les coraux sont rarement seuls : ils vivent en colonie. Leurs squelettes fusionnent et donnent diverses formes : en arbre, champignons, feuille, boule, table…sur la Terre on estime que les coraux occupent 600 000 km². C’est l’animal qui bâtit les édifices les plus énormes, devant la fourmi et le termite. Quand un polype (corail) meurt, un autre construit son squelette sur les bases du premier.

Les coraux sont tellement variés qu’il faut les classer encore une fois en groupes :

Les Cerianthipathaires

Prenons par exemple pour illustrer ce groupe le Corail Noir, très présent à Mayotte, et espèce protégée, comme tous les coraux d’ailleurs. Le squelette noir de ce corail est tout de même utilisé en bijouterie, grâce (ou à cause) à une autorisation de prélèvements sur quelques espèces…

corail noir

Ces colonies d’animaux peuvent vivre plus de 100 ans en poussant seulement d’un centimètre par an ! A Mayotte, on dit que porter un bracelet de corail noir au poignet gauche guérirait les rhumatismes. Porté à droite, il améliorerait la virilité.

A ce groupe appartiennent aussi les animaux vivant dans un tube, leur squelette, et qui possèdent 100 petits tentacules autour de la bouche, puis 100 plus longs autour…on pourrait les dire peureux car ils se rentrent dans leur tube au moindre signe de danger.

Les Octocoralliaires

xcleronephtya

 

Ce groupe est appelé ainsi car il regroupe les animaux ayant 8 tentacules autour de la bouche, qui ressemblent à des plumes. Ce sont des coraux mous car ils ne tiennent debout que grâce à la pression de l’eau qui les gonfle. Certains ont tout de même des spicules calcaires (comme les éponges, voir article).

Une espèce en particulier, appelée « orgue de corail », mesure 2 millimètres de diamètre. Imaginez la forme du squelette, c’est facile. On les trouve dans les mers tropicales. Un autre, le « corail bleu », doit son nom aux sels de fer présents dans l’eau (Indo Pacifique) qui lui donnent cette couleur…

Les gorgones poussent, elles, perpendiculaires aux courants. Pourquoi ? Pour que chaque animal de la colonie puisse capter le plancton, leur nourriture, de manière équitable. Elles peuvent mesurer 2,50m de haut. Une espèce de gorgone particulièrement jolie : le corail rouge de Méditerranée. (Remarque : en bijouterie, plus le corail est clair, plus il a de valeur).  

gorgone Mopsella

Enfin, on trouve aussi dans ce groupe les « plumes de mer »…les plumularides :

plumularide

Les Hexacoralliaires

Ce groupe rassemble les anémones de mer ! Elles possèdent 6 tentacules (racine « hexa ») ou un multiple de 6 (la nature est bien faite !), en corolle autour de la bouche, encore une fois. Fixées au fond par un pied ventouse qu’elles peuvent déplacer, les anémones ont un « œil » au bout de chaque tentacule, qui sert à capter la lumière, mais pas les formes. Elles n’ont pas de squelette et sont comme un gros estomac (cavité digestive).

Particularité : en cas de danger, les tentacules se rétractent et rentrent dans cette cavité. C’est le seul animal qui peut faire cela. Elles sont hermaphrodites, comme les autres coelentérés.

différentes anémones de mer…

Questions :    

poisson clown protégé par son anémone

? On a l’habitude de voir un certain poisson en compagnie des anémones. Que seraient les anémones de mer sans les poissons clowns ?

L’anémone de mer comme le poisson clown (amphiprion) tirent chacun des avantages de l’autre.

L’anémone protège le poisson car il est petit, 8 cm environ adulte. En échange, il lui ramène de la nourriture, repousse les poissons papillons qui adorent grignoter ses tentacules.

? Les tentacules d’une anémone sont venimeux. Comment le poisson fait-il pour survivre ?

Il s’enduit du mucus que secrète l’anémone à sa base et qui est immunisant. L’anémone elle-même échappe ainsi à ses propres piqûres !

 Suite à mon article sur les baleines, voici ce que l’Omar (Observatoire Marin de la Réunion) m’a précisé :

« Nous étudions également les cétacés (dont les baleines à bosse font partie) à La Réunion entres autres, (…) les premières baleines à bosse sont arrivées cette année d’après nos propres observations le 29 mai 2007 au niveau de la Grande Chaloupe, proche du bord. L’Observatoire Marin de La Réunion organise tout au cours de l’année de nombreuses sorties en navire pour l’observation des tortues, dauphins, baleines, requins, oiseaux marins mais aussi un suivi des poissons attrapés en pêche au gros localement. Plus d’une centaine de dauphins ont déjà été identifiés ainsi qu’une cinquantaine de baleines à bosse, 5 orques épaulard, des globicéphales, mais aussi des dauphins d’électre et des cachalots notamment. »

Michaël Rard, président de l’Observatoire Marin de La Réunion

Pour de plus amples détails, allez surfer sur leur site : www.omar.fr