La Réunion…

et l\’Océan Indien

Nous l’avons vu dans les articles précédents, la Réunion connaît tous les ans des problèmes préoccupants de sécheresse, de distribution et de répartition d’eau sur l’île, car bien que les pluies soient diluviennes (plus d’1 mètre en 24h) pendant la période cyclonique, elles sont mal réparties. L’Ouest et le Sud ont beaucoup moins de réserves que l’Est humide et pluvieux, car le Piton des Neiges fait barrage à la circulation des nuages.

 

Par exemple, à l’été 2006, le sud de l’île a connu de gros problèmes : la sécheresse avait asséché les nappes phréatiques, et un gros éboulis sur le trajet de l’eau rendait le captage impossible à cause de la présence de passages boueux. Ce sont là des choses qui arrivent tous les ans, il est temps d’y remédier durablement…

 1 – Priorité aux ressources souterraines 

Le SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux) a choisi des dossiers prioritaires :

  • les forages de Pierrefonds (Sud) : il y existe une nappe phréatique encore inexploitée qui représente une énorme quantité d’eau ! Cela pourrait résoudre durablement tous les problèmes d’eau à Saint-Pierre. Cependant, pomper une trop grande quantité de cette eau lui donnerait une trop forte salinité à cause de la proximité avec l’océan. L’eau s’y mélange parfois.

 

  • Etablir une interconnexion des réseaux. La CLE ( Commission Locale de l’Eau) souhaite rallier des réservoirs à des captages.

 

  • 3 autres chantiers sur la gestion de l’eau dans le Sud sont en cours par les services de l’Etat.

  2 – Les investissements 

Ces chantiers sont estimés à 660 000 € : qui paye ?

150.000 euros sont donnés dans le cadre du contrat de plan Etat-Région et le Conseil Général participe aussi, ce qui ne suffit pas à combler le trou. Les contribuables en seront donc pour leurs frais ! A la Réunion, l’eau coûte 2 fois moins cher qu’en France et un habitant de l’île en consomme 2 fois plus…le tarif de l’eau augmentera donc, mais seulement quand la situation et le service seront améliorés : les coupures sont fréquentes aujourd’hui, les pollutions aussi, et un grand nombre de foyers ne sont pas encore rattachés au tout à l’égout. Patience.

  3 – Le plus grand chantier de tous les temps : le basculement des eaux d’Est en Ouest 

Coût : 700 millions d’euros ! Il consiste à forer 4 captages dans les cirques (2 à Mafate, 2 à Salazie, le cirque le plus pluvieux) et à amener l’eau dans l’Ouest par le forage d’une galerie de 30 km, pour un usage domestique mais aussi agricole (7000 hectares).

Commencé en 1983, le chantier devrait être fini en 2010 (il a déjà 5 ans de retard). Ce chantier faramineux a été décidé après constatation scientifique que les nappes de l’Ouest commencent à atteindre leur limite et qu’avec l’accroissement de la population, ça ne pourra qu’empirer. Ce chantier est donc quasi-vital pour la population de l’île, apportant 60 millions de m3 d’eau en plus, dont 45 réservés seulement à l’irrigation !

 Opérateurs financiers : L’Union Européenne (FEDER-FEOGA) à 55%, le Département de la Réunion à 35%  et l’Etat (FIDOM-Contrat de plan) à 10%.