La Réunion…

et l\’Océan Indien

 

 

Voilà le deuxième point sur la situation comorienne, après l’eau. L’article est moins complet, aussi je vous invite à visiter le site de l’OMS dont le lien est à la fin.

 

Encore une fois, suivez les phrases rouges pour une lecture de repérage !

 

 

 

L’archipel est touché par le paludisme (première cause de mortalité, qui touche surtout les petits enfants et le femmes enceintes), et par plusieurs autres maladies (lèpre, filariose lymphatique par exemple), qui sont en cours d’élimination. On voit aussi, comme dans la plupart des pays, une augmentation des diabètes, cancers, du tabagisme, des maladies cardio-vasculaires, etc.

Le taux de mortalité infantile et maternel est très préoccupant (c-à-d que des femmes et leurs bébés meurent à l’accouchement), à cause du manque de structures pour soigner, à cause des maladies, à cause de leur mauvaise alimentation.

 

L’accès aux soins est inégal car peu habitent près des quelques structures existantes. De plus, les formations dans ce domaine sont peu nombreuses : le personnel est peu qualifié et inégalement réparti sur le territoire.

Rajoutons à tout ceci le manque de moyens (financiers, matériels) et de personnel, une mauvaise gestion des dirigeants et des cadres de la santé, des ruptures de médicaments régulières, et vous obtenez une situation inimaginable, pour nous habitants de pays riche qui avons accès à tout.

 

Il faut sensibiliser la population aux problèmes de santé, à l’hygiène pour qu’ils améliorent leur environnement. Mais là aussi, la communication n’est pas le point fort de ces pays, faute de moyens et de volonté, et peu de gens savent ce qu’ils doivent faire pour leur santé.

Ceci dit, des ONG et quelques pays apportent leur aide, ainsi que l’Union Européenne, la Banque Mondiale, le Fonds Mondial de la Lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme. Mais elles sont encore insuffisantes, et, si la situation politique ne s’améliore pas, il y a peu de chances pour que ces aides augmentent.

 

 

 

Voici l’agenda stratégique de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) jusqu’en 2009 :

 

La stratégie de coopération de l’OMS intègre les Objectifs du Millénaire pour le Développement en général et de la lutte contre la pauvreté en particulier, ceux du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) et du plan cadre pour l’assistance des Nations unies au pays. La mobilisation et la coordination des interventions sont une priorité pour l’OMS.

 

Appui institutionnel au système de santé :

 

Obtention d’un accord sur la politique nationale de santé et les outils de son application

 

– Proposition d’activités adaptées au système de santé et actualisation de la liste des médicaments essentiels

 

– Appui stratégique à l’amélioration de la maintenance des équipements, à la promotion de l’assurance qualité, ainsi qu’au renforcement des compétences du personnel de santé

 

– Promotion de mutuelles de santé et de mécanismes de prise en charge des groupes vulnérables.

 

• Réduction de la mortalité liées aux maladies (transmissibles et non transmissibles) :

 

Adaptation des stratégies de lutte contre les maladies prioritaires

 

– Aide à la mise en place d’un système de surveillance et de réponse aux épidémies, aux conséquences sanitaires des catastrophes naturelles

 

– Promotion de la santé impliquant les autorités politiques et religieuses, en partenariat avec les médias et les ONG.

 

Réduction de la mortalité maternelle et infantile

 

– Mise en oeuvre des stratégies de maternité sans risques (MSR) et de prise en charge des maladies de l’enfant

 

– Appui à l’élaboration de normes et standards, à la formation du personnel, à l’organisation de la supervision, au renforcement de la recherche

 

– Fourniture d’équipements, matériels et kits d’urgence.

 

 

Pour des informations de l’OMS plus complètes, cliquez ici : http://www.who.int/countries/com/fr/ 

 

 

 

Après l’article qui posait l’historique de la situation politique comorienne, en particulier d’Anjouan, nous allons ici nous intéresser à son état de santé. Bilan en plusieurs articles. (pour une lecture ultra-rapide de repérage, lisez les phrases rouges !)

 

Rappelons que l’archipel des Comores est parmi les pays les plus pauvres du monde, que sa situation économique et sanitaire est catastrophique, et que la majorité de ses habitants  (sur 576 000 environ) n’a pas accès aux soins ou à l’eau potable, entre autres. Les femmes n’ont pas encore les mêmes droits que les hommes, la moitié des habitants a moins de 15 ans, beaucoup sont analphabètes, et de plus l’archipel, d’origine volcanique, est vulnérable aux catastrophes naturelles. Tout ceci enraye son développement, et l’archipel a besoin d’aides financières, techniques, voire politiques.

 

 

 

Tour d’horizon des  ressources

 

Les sols

Ils sont ferralitiques, bruns, andosols (pour les termes techniques). Ils sont fragiles à cause de la forte érosion (due aux pluies, à la déforestation et à une mauvaise utilisation des terrains en pente). C’est un énorme problème pour l’avenir de l’agriculture, car ces terrains qui sont en train d’être perdus ne seront sûrement jamais réhabilités. Et les îles n’ont pas beaucoup de terrains.

 

Les pluies 

Abondantes à la saison chaude (comme à la Réunion : de novembre à avril), elles sont inégales entre les îles, selon l’altitude ou la couverture forestière par exemple, ce qui donne de nombreux microclimats. Ceux-ci ont un rôle important dans la répartition des animaux et sur les zones d’érosion.

 

L’eau 

Seule l’île de Mohéli dispose de cours d’eau permanents. Sur les autres, ils sont temporaires. La ressource en eau est donc difficilement calculable. Si l’eau est assez abondante sur Mohéli et Anjouan, sa quantité diminue au fil des ans à cause de l’augmentation du ruissellement de l’eau, que la végétation stoppe de moins en moins.

 

Heureusement, l’eau est consacrée pour moitié à la consommation, et moins à l’irrigation ou à l’abreuvage des bêtes, ce qui demanderait une quantité d’eau beaucoup plus importante. De toute manière, l’augmentation de l’irrigation sur certaines îles est quasiment impossible car il n’y a pas assez d’eau ! Comment produire plus dans les champs alors que la population augmente, sans pouvoir arroser ? C’est un problème important des Comores.

 

A Grande Comore par exemple, comme le sol est poreux (càd que l’eau le traverse facilement), même avec de grosses pluies, l’eau sera vite absorbée et stockée dans des nappes souterraines, et les lits des rivières se retrouveront à sec. Heureusement les habitants ont des puits et peuvent se servir de cette eau souterraine, plus ou moins salée selon les marées.

 

Aux endroits où l’eau s’écoule doucement ou stagne, on trouve des mangroves, écosystème très important pour la sauvegarde de la végétation et des nombreuses espèces qui y vivent (elles font par exemple un très bon refuge pour les jeunes tortues).

 

A Anjouan, le défrichage et l’érosion des sols (dus à l’augmentation de la population) sont la cause de la diminution des cours d’eau de surface ( de 49 en 1950, il n’en reste aujourd’hui qu’une dizaine !).

L’eau potable est prise par pompage dans les nappes, ou bien en stockant les eaux de pluie dans des citernes. Ces dernières sont très utiles pour s’approvisionner en eau pendant la période sèche. Mais quand les citernes sont vides, il faut acheminer l’eau de plus loin, en camion-citerne, et l’eau coûte donc plus cher. C’est la Mamwe qui est chargée de sa distribution (ainsi que celle de l’électricité). Les villageois s’occupent des citernes, elles sont à tout le monde, mais elles sont mal entretenues et l’eau est mal gérée.

Comme les puits et le réseau de pompage sont mal entretenus et les eaux usées non traitées, cela entraîne une pollution de l’eau, qui devrait pourtant être très pure en étant filtrée par les roches volcaniques. L’eau polluée est la cause de maladies (diarrhées par exemple) qui entraînent la mort des jeunes enfants. Le paludisme peut aussi mieux se développer. C’est pourquoi il est vital d’améliorer l’accès et la qualité de l’eau !

 citerne aux Comores

 

Actions de l’Etat

la PAE (Plan d’Action Environnemental) : cela signifie que le problème de l’eau est pris en compte par la politique du pays, il vise à améliorer l’approvisionnement en eau et à trouver des technologies durables et peu chères de traitement de l’eau ou d’accès facilité.

Aussi, grâce au Sommet mondial de l’alimentation de 1996, l’objectif pour 2010 aux Comores consiste en l’aménagement de la totalité des terres irrigables, pour une meilleure agriculture.

Il Il était temps !

 

Le Parc National des Hauts, créé en 2007 afin de préserver et valoriser le patrimoine naturel de certains sites de l’île, a proposé la candidature de la Réunion au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Pour pouvoir appartenir à celui-ci, il faut que les sites naturels offrent un « caractère exceptionnel et universel ». A la Réunion, nous sommes gâtés en sites exceptionnels : les trois cirques, leurs pitons, la Plaine des Sables, et le volcan sont uniques. Il est inimaginable qu’ils soient abîmés, négligés.

 

Les cirques de Mafate (Nord Ouest), Cilaos (Sud) et Salazie (Nord-Est) sont uniques, ils sont le résultat de l’activité volcanique de l’île, de son effondrement qui donnera cette forme de trèfle avec au milieu le Piton des Neiges, volcan éteint. De son sommet, toute l’île s’offre à nous jusqu’aux côtes.

Dans les hauteurs des cirques, la végétation endémique a pu être protégée. On trouve ainsi des bois très originaux dans les forêts de bois de couleur, comme le « Poivrier Mal aux dents », le « Bois d’éponge », le « Bois de sable »… Ainsi, le Conservatoire botanique des Mascarins a retrouvé dans Mafate un « Nesogenes orerensis », plante disparue depuis une centaine d’années !

un bout de Mafate

Le Piton de la Fournaise, volcan hyperactif, mérite lui aussi de faire partie du Patrimoine Mondial. Sa plaine des Sables est exceptionnelle, lunatique. Elle vous transporte sur une autre planète, composée de scories, de soufre…

la plaine des sables

La Plaine des Sables

 

Malheureusement, la Région Réunion souhaite y installer une station géothermique, qui alimenterait un pourcentage dérisoire de la population réunionnaise, dans les 2 %. Ce monstre de ferraille entacherait la beauté et l’unicité du lieu. De la civilisation industrielle dans un paysage désertique. Quel gâchis ! Ce projet semble adopté, mais nous ne savons pas quand les travaux débuteront.

La conséquence de cette lubie de construction a amené le Parc des Hauts à enlever la Plaine des Sables des sites candidats au Patrimoine Mondial. Alors que, autant que la forêt primaire, cette plaine est introuvable ailleurs sur le globe terrestre.

 

Nous l’avons vu dans les articles précédents, la Réunion connaît tous les ans des problèmes préoccupants de sécheresse, de distribution et de répartition d’eau sur l’île, car bien que les pluies soient diluviennes (plus d’1 mètre en 24h) pendant la période cyclonique, elles sont mal réparties. L’Ouest et le Sud ont beaucoup moins de réserves que l’Est humide et pluvieux, car le Piton des Neiges fait barrage à la circulation des nuages.

 

Par exemple, à l’été 2006, le sud de l’île a connu de gros problèmes : la sécheresse avait asséché les nappes phréatiques, et un gros éboulis sur le trajet de l’eau rendait le captage impossible à cause de la présence de passages boueux. Ce sont là des choses qui arrivent tous les ans, il est temps d’y remédier durablement…

 1 – Priorité aux ressources souterraines 

Le SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux) a choisi des dossiers prioritaires :

  • les forages de Pierrefonds (Sud) : il y existe une nappe phréatique encore inexploitée qui représente une énorme quantité d’eau ! Cela pourrait résoudre durablement tous les problèmes d’eau à Saint-Pierre. Cependant, pomper une trop grande quantité de cette eau lui donnerait une trop forte salinité à cause de la proximité avec l’océan. L’eau s’y mélange parfois.

 

  • Etablir une interconnexion des réseaux. La CLE ( Commission Locale de l’Eau) souhaite rallier des réservoirs à des captages.

 

  • 3 autres chantiers sur la gestion de l’eau dans le Sud sont en cours par les services de l’Etat.

  2 – Les investissements 

Ces chantiers sont estimés à 660 000 € : qui paye ?

150.000 euros sont donnés dans le cadre du contrat de plan Etat-Région et le Conseil Général participe aussi, ce qui ne suffit pas à combler le trou. Les contribuables en seront donc pour leurs frais ! A la Réunion, l’eau coûte 2 fois moins cher qu’en France et un habitant de l’île en consomme 2 fois plus…le tarif de l’eau augmentera donc, mais seulement quand la situation et le service seront améliorés : les coupures sont fréquentes aujourd’hui, les pollutions aussi, et un grand nombre de foyers ne sont pas encore rattachés au tout à l’égout. Patience.

  3 – Le plus grand chantier de tous les temps : le basculement des eaux d’Est en Ouest 

Coût : 700 millions d’euros ! Il consiste à forer 4 captages dans les cirques (2 à Mafate, 2 à Salazie, le cirque le plus pluvieux) et à amener l’eau dans l’Ouest par le forage d’une galerie de 30 km, pour un usage domestique mais aussi agricole (7000 hectares).

Commencé en 1983, le chantier devrait être fini en 2010 (il a déjà 5 ans de retard). Ce chantier faramineux a été décidé après constatation scientifique que les nappes de l’Ouest commencent à atteindre leur limite et qu’avec l’accroissement de la population, ça ne pourra qu’empirer. Ce chantier est donc quasi-vital pour la population de l’île, apportant 60 millions de m3 d’eau en plus, dont 45 réservés seulement à l’irrigation !

 Opérateurs financiers : L’Union Européenne (FEDER-FEOGA) à 55%, le Département de la Réunion à 35%  et l’Etat (FIDOM-Contrat de plan) à 10%.

 Suite à mon article sur les baleines, voici ce que l’Omar (Observatoire Marin de la Réunion) m’a précisé :

« Nous étudions également les cétacés (dont les baleines à bosse font partie) à La Réunion entres autres, (…) les premières baleines à bosse sont arrivées cette année d’après nos propres observations le 29 mai 2007 au niveau de la Grande Chaloupe, proche du bord. L’Observatoire Marin de La Réunion organise tout au cours de l’année de nombreuses sorties en navire pour l’observation des tortues, dauphins, baleines, requins, oiseaux marins mais aussi un suivi des poissons attrapés en pêche au gros localement. Plus d’une centaine de dauphins ont déjà été identifiés ainsi qu’une cinquantaine de baleines à bosse, 5 orques épaulard, des globicéphales, mais aussi des dauphins d’électre et des cachalots notamment. »

Michaël Rard, président de l’Observatoire Marin de La Réunion

Pour de plus amples détails, allez surfer sur leur site : www.omar.fr

? La saison de reproduction des baleines à bosse a commencé dimanche 3 juin, avec les premières apparitions près des côtes. Plusieurs dizaines de ses congénères doivent en ce moment même arriver dans les eaux de notre île, et y rester jusqu’en octobre.

 tête d'une baleine à bosse

? Tous les ans à la même période (à un jour près par rapport à l’année dernière), les baleines à bosse remontent de l’Antarctique, où les eaux se refroidissent, pour un long voyage à destination du Canal du Mozambique et ses alentours. Plusieurs semaines de voyage sont nécessaires afin de mettre au monde leurs baleineaux dans des eaux plus chaudes. Après d’autres semaines, les baleineaux seront assez forts pour rejoindre les eaux froides de l’Antarctiques…brrrr

Ainsi se pose la question de l’impact du réchauffement climatique sur la migration des baleines : il devrait les affecter, or ce n’est pas le cas. Elles continuent à arriver toujours à la même période. Et c’est plutôt une bonne nouvelle. Espérons que ça dure.


D’autres baleines ont été vues vers Madagascar et l’île Ste Marie. La majorité des baleines à bosse montent plus haut que la Réunion, vers Mayotte, les Seychelles. Cependant, quelques unes s’arrêtent à notre hauteur, pour le plus grand bonheur de nos mirettes.


C’est l’association du Globice qui est chargé de l’observation des cétacés, leur arrivée, leur nombre, leur identification (car les mêmes reviennent !), et partagent leurs travaux avec d’autres associations de l’océan Indien.


Que savoir sur la baleine à bosse ? (Megaptera naovaeangliae pour les scientifiques)


La baleine est une espèce protégée, on le sait. Elle peut mesurer 16 mètres de long, et peser…40 tonnes.


A quelle bosse doit-elle son nom ? A celle de sa nageoire dorsale et non aux bosses qu’elle a sur la tête. Elle possède 2 grandes nageoires pectorales d’environ 5 mètres chacune, ce qui lui vaut le nom de mégaptère (signifiant « grandes ailes »). Quant à sa queue, elle mesure jusqu’à 4,50 mètres de large, et permet d’identifier la baleine grâce aux taches blanches propres à chacune, sous la queue.


La baleine à bosse est un mammifère (j’espère que tout le monde le sait !), et respire donc avec des poumons : les évents sont ses narines. Elle doit remonter respirer à la surface tous les quarts d’heure.


Nourriture : le krill (petites crevettes, en Antarctique) et des poissons comme le capelans, vivant en bancs. Elles les chassent en criant, ce qui assourdit leur proie. Mais quand elles entament leur migration vers l’Océan Indien, elles jeûnent pendant plusieurs semaines !

Ça ne les empêche pas de vivre jusqu’à 40 ans.



Le baleineau 


Il sort directement formé du corps de sa mère, l’animal est donc vivipare. Il mesure dès la naissance 4,50 mètres de long et pèse 2 tonnes. Beau bébé ! Il a besoin les premiers jours que sa mère l’aide à respirer en le maintenant à la surface.

Il tête à de gros mamelons que la baleine sort quand il tape dessus avec sa tête…un bébé baleine tête environ 200 litres de lait par jour pendant un an, pas étonnant qu’il double de taille durant cette période !


baleine à bosse et son baleineau


Parenthèse

Kelonia, l’observatoire réunionnais des tortues marines, a le plaisir de vous faire part de la ponte d’une centaine d’œufs de tortue sur les plages réunionnaises. Enfin, les tortues reviennent sur nos plages pour pondre, grâce aux efforts de Kelonia et des acteurs de l’environnement. En 3 ans, 8 pontes ont été observées, ce qui reste peu. Il est très important de préserver les habitats côtiers, sa végétation et son calme, obligatoires pour qu’une tortue décide d’y pondre en toute sécurité. Le site de la ponte a été gardé secret afin que les œufs se développent normalement, les traces de la tortue ont été effacées. Il n’y a plus qu’à attendre…en attendant voici un Conte mahorais sur la tortue !

 

J’écris cet article en raison de la très forte houle australe qui s’est abattue sur les côtes réunionnaises ces 12,13 et 14 mai 2007.

 

houle moyenne

Qu’est-ce que la houle ? Un phénomène de l’océan, dû à une dépression avec beaucoup de vent. Cette zone est appelée « fetch » (ou mer des vents) : ce vent donne de l’énergie à l’eau, formant une onde pouvant se répercuter sur des milliers (voire des dizaines de milliers !) de kilomètres, à la surface de l’eau. La force de l’onde dépend de la superficie du fetch et de la puissance du vent : plus ils sont grands, plus l’onde sera forte et portera loin.

Ce n’est pas l’eau qui se déplace, c’est l’onde, cette énergie qui une fois créée ne peut plus être arrêtée, même si la tempête à l’origine du phénomène prend fin. Comparons avec un drap : si vous le secouez par le haut, vous verrez le drap en entier onduler jusqu’en bas, en forme de vagues : l’énergie que dégage votre mouvement est répercuté jusqu’en bas, mais la matière du drap ne se déplace pas pour autant. Vous avez compris ? L’océan fonctionne comme cela. Cette onde n’est pas dangereuse pour les bateaux au large car bien qu’elle crée une différence de hauteur, il n’y a pas de vagues. Cette onde devient dangereuse lorsqu’elle arrive sur les côtes, car les fonds marins sont de moins en moins profonds, il peut y avoir une barrière de corail ou simplement un changement de profondeur rapide, et les vagues se forment.

Selon la vitesse de l’onde et de l’importance des vents de départ, les vagues sont plus ou moins hautes. En moyenne : 4 à 5 mètres. Ensuite les vagues déferlent là où il y a peu de fond, sur les côtes donc, et si elles sont très grandes, elles s’abattent sur les plages, et déferlent aussi au-delà, poussées par la force de l’onde. Ainsi, les ports, les maisons, les hôtels de bord de plage sont touchés. Les dégâts matériels peuvent être énormes, car l’eau est très puissante et casse tout sur son passage : bateaux, pontons, arbres, clôtures, parkings et terrasses…et peut emporter pêcheurs et marins surpris par les vagues soudaines, ce qui s’est malheureusement passé ici…deux pêcheurs sont portés disparus.

 

 

Vocabulaire utilisé pour mesurer ce phénomène :– Le fetch : zone de vents (tempête) qui donnent leur force aux ondes et donc à la houle. Cette zone peut être très éloignée du lieu où la houle déferlera. Tout dépend des courants marins.Un train : c’est une succession de vagues.Un houlographe : appareil qui mesure la hauteur des vagues. 

On mesure plusieurs choses :          la hauteur entre le creux de la vague et sa crête, qui donne la grandeur de la vague.         La longueur d’onde : la distance qui sépare deux crêtes de vagues qui se suivent.          La période : le temps qui sépare le passage de 2 crêtes.         La « célérité » ou « vitesse de phase » : la vitesse d’un train de vagues. 

Ce sont les trains de vagues qui ont une grande longueur d’onde qui forment la houle car ce sont ceux qui vont le plus vite et le plus loin.? Météo France a relevé la hauteur des vagues pour
la Réunion : 5 mètres en moyenne, mais elle ont atteint 11 mètres ; une longueur d’onde de 180 mètres ; une période de 18 secondes et une célérité de 11 mètres par seconde, soit 66 km/h.

 

 

houle sur les côtes

La houle australe qui déferle à
la Réunion depuis 2 jours a pour origine une tempête située à 2000 km au Sud de l’île, avec des vents de 100 km/h. Rien d’exceptionnel pour la saison. Cela arrive tous les ans en hiver. (Dans la mer du Nord, on a déjà relevé des vagues de 30 mètres !)

 

Seulement, d’habitude, elle ne crée pas autant de dégâts. Certains réunionnais la qualifient de pire que Gamède (le cyclone qui a touché notre île en mars 2007). Des dizaines de bateaux ont été coulés, chavirés, cassés. Des bateaux gisent sur le bord des routes. Un club nautique a même perdu 90% de sa flotte et les hôtels et restaurants du bord de plage voient leurs travaux de reconstruction post-Gamède réduits à néant. Le port de St Gilles est complètement ensablé. Les circuits de renouvellement d’eau de l’Aquarium sont bloqués, heureusement, les poissons peuvent rester plusieurs jours dans la même eau.

L’économie s’en ressent une nouvelle fois, et surtout la filière touristique. Paraît-il qu’il y a eu encore plus grand et fort, il y a 30 ans. Mais la majorité des créoles crient : «  On a jamais vu ça ! » (C’est, soi dit en passant, la phrase préférée de la population après chaque phénomène inhabituel.) Les seules à avoir profité de la houle sont 3 tortues de Kelonia, la ferme des tortues, qui ont profité que l’océan s’invite jusque dans leurs bacs en cassant la clôture pour rejoindre l’océan une bonne fois pour toutes.

 

Se pose alors la question de la prévention : il n’existe que « l’avis de houle », que consultent les marins avant de prendre la mer. Mais il n’existe pas d’avis de forte ou très forte houle. On ne peut donc pas alerter la population sur l’ampleur du phénomène, car la houle est habituelle en cette saison d’hiver austral. C’est pourquoi un « Plan événement météorologique dangereux » va être mis en place sur l’île, afin d’adapter les systèmes d’alerte au climat tropical. Le Préfet pourra alors interdire l’accès au bord de mer, les sorties en mer et prendre d’autres mesures en cas de fortes pluies, vents violents et forte houle. Etonnant que ce système ne soit pas déjà mis en place depuis longtemps ! Nous savons pourtant bien que les conditions météorologiques ne sont pas les mêmes qu’en métropole, ni de la même ampleur !

 

Ces catastrophes répétées sur le littoral remettent en question l’aménagement fait par le département : ont-ils eu raison de construire si près de l’océan hôtels, restaurants et maisons ? Ont-ils eu raison de centrer le tourisme des villes sur les côtes ? La nature reprend ses droits, et c’est l’occasion pour les mairies de réaménager leurs villes en fonction de cette nature toute puissante, ce qui aurait dû être fait dès le départ. Mais l’attrait économique lié au tourisme a été le plus fort, en voici les conséquences, à force de grignoter du terrain sur la nature plutôt que de s’adapter à elle…

De mémoire d’homme m’a-t-on dit, jamais on avait vu cela à St Paul. Une houle déchaînée a complètement détruit la Baie, le front de mer, emportant avec elle jardins privés, parkings, camion-bar, canons et plateforme d’hélicoptère, et même le mur épais du cimetière marin à côté de la plage.

Si l’état de catastrophe naturelle a été demandé par les autorités, le seul point positif de la colère de la mer est la découverte sur le bord de mer d’ancres anciennes, de chaînes de bateaux et de squelettes, enfouis sous le sable depuis des décennies et que Gamède a trouvé.

Des archéologues les étudient en ce moment et comptent bien les faire parler, mais ce ne sont pas des historiens réunionnais. Pourquoi ?

Voici ce que l’on suppose déjà :

C’est une dizaine d’ancres qui ont été mises à jour par le cyclone, toutes dans la Baie de St Paul car la ville était autrefois le port principal de l’île. Marine marchande et marine nationale oeuvraient dans cette baie. Les vestiges d’un ancien pont ont aussi été découverts, dont les bateaux privés se servaient.

Jusqu’à 1911 (officiellement), le port accueillit des milliers de bateaux venue de tous horizons. Ce fut ensuite la ville du Port qui devint le port d’attache marchand.

Certaines ancres étant en bon état et au même endroit, on peut penser qu’ils s’agissait là d’un endroit où le capitaine du port stockait ses ancres (Les bateaux venant d’Europe avaient ce genre d’ancre). Quand le port a fermé, on y laissa tout ce qui ne pouvait pas être transporté. C’est ainsi que ces ancres se seraient retrouvées sur la plage, puis recouvertes de sable au fil des ans.

ancre ancienne ( pas de photos de celles retrouvées..)

Autre découverte importante : les squelettes découverts HORS de l’enceinte du cimetière marin de St Paul. Jamais ça n’était arrivé avant ce cyclone.

Ces squelettes sont nombreux, alignés en rang dans une sorte de tranchée, qui selon l’historien en charge de la découverte pourrait faire 150 mètres de long … Ils vont être datés au Carbone 14 ; nous saurons ainsi s’ils furent enterrés avant ou après la création même du cimetière en 1788.

? S’ils sont plus anciens que le cimetière, plusieurs hypothèses sont possibles :

  • Ils sont peut-être les victimes d’une épidémie ; celle de la variole en 1729 avait fait de nombreux morts.

  • Ils sont peut-être des pirates ou des assassins (ou les deux…) condamnés à mort.

? S’ils datent d’après 1788, cela voudrait dire qu’ils ont été enterrés hors du cimetière exprès, pour différentes raisons qui restent à découvrir :

  • Soit ils sont des pestiférés (atteints d’épidémie), et donc impossible à mettre dans un cimetière fréquenté des familles.

  • Soit ils sont des condamnés à mort qui ne méritaient pas d’être enterrés dans le cimetière…

  • Soit ce sont les morts de la flotte de Montvergue, qui arriva sur l’île à la fin du 17ème siècle avec à bord 80 malades qui moururent à terre…étant étrangers, ils auraient été enterrés à l’extérieur du cimetière.

Bernard Marek, l’historien, serait pour la thèse des condamnées, car il n’y a là que des squelettes de taille adulte, et pas de bijoux, ni rien du tout. De plus, St Paul avait il y a longtemps son propre tribunal et son propre bourreau…

Finalement, la seule chose sûre dans cette histoire, c’est que les ancres et les squelettes n’en sont qu’au début de leurs révélations sur le passé maritime de St Paul…affaire à suivre.

Celle que l’on appelle la Grande Île a toujours eu peu de forêt, mais aujourd’hui les ¾ de cette bande forestière allant du Nord Est au Sud Est n’existe déjà plus…alors que dans cette forêt primaire vivent plus de 8000 plantes médicinales qui sont sur le point de disparaître avec elle. Une catastrophe non seulement pour la biodiversité malgache mais aussi pour la mise au point de futurs médicaments essentiels. C’est vous dire la gravité de la situation au niveau planétaire : « Au même titre que l’Amazonie est le poumon de la planète, Madagascar en est le réservoir de molécules ». Mondher El-Jaziri, biologiste.

Pourquoi s’acharne t-on à couper ces arbres ? La raison est simlpe : les paysans malgaches eux-mêmes, n’ayant aucune notion de l’environnement exceptionnel et vital qui les entoure, abattent à une cadence infernale les arbres. Sur les bords de routes d’abord, car c’est plus facile à transporter ensuite, puis dans tout endroit susceptible de devenir rizière. La misère est telle qu’elle leur enlève toute idée de conservation de la forêt, qui leur permet pourtant de vivre…ils pratiquent aussi le brûlis, dévastateur, car quand le feu échappe au contrôle des tavy (les personnes qui pratiquent le brûlis), ce sont des hectares précieux de forêt qui s’envolent en fumée.

 

coupe des eucalyptus sur le bord des routes

Pourtant, la forêt malgache a un rôle essentiel : nulle part ailleurs autant de plantes sont abritées, que chercheurs et botanistes se pressent de répertorier, tester, et se cassent la tête pour trouver un moyen de les sauvegarder.

L’IMRA (Institut Malgache de Recherches Appliquées) est le premier centre de Madagascar, constitué de chercheurs, scientifiques, et même médecins que la population peut consulter gratuitement. L’idée de cryogéniser ces plantes au bord de l’extinction vient d’eux, mais elle est irréalisable : la production d’électricité est trop aléatoire pour pouvoir garder des congélateurs en permanence froids…

Certaines plantes pourtant lutteraient contre la leucémie, les cancers, l’insuffisance cardiaque, les brûlures d’estomac…comme elles ne peuvent pas pousser ailleurs, elles disparaîtront avec la forêt.

Un exemple : l’Aloe vahombe est une plante qui pourrait servir conter le sida et l’hépatite. Elle pousse uniquement dans le Sud Ouest, et dans 5 ans, elle aura disparu.

Cependant, une partie de la forêt a été reboisée, d’eucalyptus et de pins (2 espèces que l’on voit fréquemment aujourd’hui sur l’Ile, alors qu’elles n’en sont pas originaires), importés de Nouvelle Zélande. Pourquoi ? Parce que ces deux arbres mettent 5 fois moins de temps à atteindre la taille adulte que le bois de palissandre par exemple (bois local). Et il faut aller vite. Quitte à créer une forêt ne ressemblant en rien à l’originale.

L’énorme problème de cette reforestation express, et que combat certaines associations et ONG, est que ces deux arbres acidifient les sols, c’est bien connu, même dans nos pays occidentaux ; jonchent le sol d’épines et empêchent les plantes de repousser plusieurs mètres autour. Voici un énorme paradoxe : pour sauver la forêt malgache et ses plantes rares, nous sommes obligés de planter en urgence des arbres qui ne permettront pas à ces plantes d’exister. Mais, quand on voit ces collines nues, découvertes, aux herbes brûlées par le soleil, on se dit qu’on n’a pas le choix.

les collines, dénudées d’arbres, en plein soleil

Ainsi, certaines ONG environnementales travaillent à reboiser Madagascar, mais avec des arbres locaux. C’est beaucoup plus long, mais c’est préférable pour la survie de la forêt, à long terme. L’ONG franco-malgache « L’Homme et l’environnement » réussit même à faire travailler la population en oeuvrant au reboisement et à la collecte des plantes afin de les étudier, d’en faire de l’huile essentielle et découvrir leurs propriétés.

Le Ministère de l’Environnement a lancé une opération il y a 3 ans, « Zéro Tavy », afin de convaincre la population d’arrêter la pratique du brûlis : sans succès. En effet, il permet aux paysans d’avoir plus de terres « cultivables », et de mieux surveiller leurs troupeaux.

En revanche, la forêt de Vohimana a été confiée pour 25 ans à l’association l’Homme et l’environnement. Ils doivent, en ce peu de temps, la remettre en état, avec des espèces locales. Ils ont eux, déjà réussi à éliminer les tavy. Ainsi, les plantes médicinales pourront se multiplier à nouveau, permettant aux chercheurs d’en prélever et de trouver les médicaments de demain.

Ce qu’il faut retenir c’est que si rien n’est fait, dans 15 ans, il n’y aura plus de forêt…

D’après un article de l’Actualité, Montréal

ps : 2 liens dans cet article vous permettent d’en savoir plus sur les actions menées, et sur les associations.

Depuis 2 ans, l’Observatoire des pêches se donne pour mission de mesurer l’état de la ressource en poissons à la Réunion, mais de manière expérimentale : en mars 2007, il sera officiellement mais en place. Une très bonne nouvelle pour le devenir à long terme de la pêche.

 

En 20 ans, les prises de poissons ont explosé dans tout l’Océan Indien. Des flottilles asiatiques, européennes, écument les mers et prennent toujours plus de poissons avec des lignes toujours plus longues. Le premier port thonier se situe maintenant aux Seychelles, avec plus de 400 000 tonnes débarquées par an ! Les stocks de poissons recensés sont exploités à leur maximum, et plus : l’espadon est le plus pêché par les réunionnais (1200 tonnes sur les 30 000 pêchées dans tout l’Océan Indien). Son niveau maximal de capture qui permet d’optimiser l’exploitation de l’espèce est fixé à environ 25 000 tonnes par an, les pêcheurs dépassent donc largement ce quota. Il n’y a qu’à comparer avec les 6 000 tonnes seulement pêchées en 1988…

 

thonier palangrier au large

La question de l’Observatoire est : QUE VA-T-IL SE PASSER SI ON CONTINUE A PRELEVER AUTANT DE POISSONS ? Les scientifiques travaillent sur le poids, âge, taille des poissons pêchés, la proportion de mâles restants par rapport aux femelles dans l’Océan. Ils ont donc besoin de connaître précisément la quantité de captures, leur augmentation et leur impact sur la population de poissons. Pas facile.

Ainsi, les palangriers qui travaillent sur des bateaux de pêche ont obligatoirement des fiches à remplir (logbooks). L’Observatoire veut des données de la pêche sur une dizaine d’années…voici cependant les premiers résultats :

  • la quantité et la taille des poissons pris le long des côtes réunionnaises déclinent : même les pêcheurs le disent. En effet, ils utilisent de très longues cordes où sont accrochés plus d’un millier de hameçons, qu’ils déroulent des fois sur 70 kms : ils récupèrent tous les poissons pris, et ne tiennent plus compte du fait qu’il faudrait laisser à l’eau les jeunes poissons qui n’ont pas encore eu le temps de frayer, et ne garder que les adultes…

  • Les pêcheurs prennent maintenant des poissons qu’ils ne pêchaient pas avant : le monchong par exemple, vivant jusqu’à 1000m de profondeur. Conclusion : les pêcheurs vont de plus en plus loin pour trouver assez de poissons.

Allez expliquer aux pêcheurs qu’ils prennent trop de poissons pour leur permettre de continuer à pêcher correctement plus longtemps.

 

Cet instrument mis en place servira aussi à soutenir les intérêts des pêcheurs, et à fixer des quotas de pêche, pour l’espadon par exemple (poisson le plus pêché à la Réunion), comme la pêche au thon règlementée dans l’Atlantique. Avec de nouvelles données, les représentants français et européens de la pêche pourront démontrer que la part des palangriers réunionnais est minime comparée aux prises des Asiatiques (qui en passant viennent de ré autoriser la pêche commerciale à la baleine…)

Les données de l’Observatoire pourront permettre également l’aménagement et la création de zones marines protégées (il en existe déjà une dans la Baie de St Paul), de récifs artificiels qui pourront satisfaire professionnels, pêcheurs amateurs et plaisanciers.
Espérons que cela fonctionnera et permettra aux populations de poissons d’être suffisamment nombreuses pour continuer à se reproduire sans menace d’extinction.

Marlin bleu

ACTU : UN MARLIN BLEU DE 465 KILOS PECHE A LA REUNION

Le record français est battu ! Il a fallu plus d’une heure d’efforts à ces pêcheurs du Port pour hisser cette bête énorme sur leur bateau. La longueur du marlin, de la queue au rostre (l’appendice nasal qui ressemble à celui de l’espadon) est de 4,40 mètres. Certains racontent qu’il y a longtemps, certains marlins dépassaient les 500 kilos. Ils n’avaient pas été enregistrés à l’époque. C’est ainsi qu’un marlin de 700 kilos n’est pas entré dans les records de poids. Mais 465 kilos, c’est déjà bien, non ?