La Réunion…

et l\’Océan Indien

 

Nous en étions aux débuts de la Réunion en tant que société de plantation esclavagiste, à partir de 1715. Son activité principale était à ce moment-là l’exportation de denrées (café, sucre) vers la métropole, la France. Pour être sûrs de vendre beaucoup, chaque habitant était obligé de cultiver au moins 10 caféiers par esclave. S’ils avaient 10 esclaves, ils devaient donc en cultiver 100. Puis ce quota augmenta : chaque noir cultivateur devait avoir 200 plants…si on détruisait les caféiers, c’était la peine de mort pour le coupable…

Puis dans les années 80, 90, les français ont diversifié leurs exportations en vendant aussi de la girofle (épice) et du coton. A partir de 1815, le sucre prendra le dessus sur le café.

caféier en fleurs

Mais à qui doit-on ce développement des plantations ? Aux esclaves, abondante main d’œuvre ne recevant aucun salaire. Et cultiver toujours plus de café revient à importer toujours plus d’esclaves, pour augmenter les surfaces de culture de canne à sucre et faire fonctionner les usines sucrières. On estimait que pour qu’une plantation soit rentable, il fallait au minimum 12 esclaves…l’abolition de l’esclavage en France (1817) n’arrêtera pas la traite des noirs à la Réunion. (Ce n’est que 11 ans plus tard que le comportement des colons deviendra plus légal, en embauchant les esclaves comme « main d’œuvre engagée », donc un peu payée.)

canne à sucre en fleurs

L’esclavage est d’ailleurs le seul point d’entente entre les différents habitants de l’île (créoles, français, étrangers…). Les colons vont même jusqu’en Inde pour la traite des noirs. Les colons diversifient les lieux de traite pour une seule raison : éviter la constitution d’un noyau ethnique important, qui serait dangereux pour la sécurité des blancs minoritaires. Les gens libres ne représentaient en 1735 que 21% de la population ! Les derniers maillons du métissage de la Réunion sont les chinois, que la colonie a « introduit » sur l’île au nombre de 1000, un chiffre atteint en 18 ans.

En ce qui concerne la vie religieuse des esclaves, le roi voulait que TOUS ses sujets soient catholiques, y compris les esclaves (considérés comme des objets mais à qui on demande tout de même d’avoir les mêmes « valeurs » que les français !). Le clergé s’employa alors à les convertir, seulement à la Réunion, tout était fait pour les rebuter : la foule se moquait d’eux lorsqu’ils allaient à l’Eglise (par obligation rappelons-le), sur les arbres près des églises étaient clouées les mains des esclaves marrons capturés et tués, pour leur rappeler que toute rebellion était punie, et il était de toute manière très difficile pour eux de se déplacer jusqu’à l’église, car ils étaient sans transport et surtout surchargés de travail…

Finalement, ce mélange de nationalités des colons et de la diversité de provenance des esclaves a une conséquence, à l’origine de la Réunion d’aujourd’hui : une langue, le créole ! Le créole permettait aux maîtres de communiquer avec la totalité de leurs esclaves, et aux esclaves de se comprendre entre eux, puisqu’ils n’avaient pas la même langue maternelle.

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