La Réunion…

et l\’Océan Indien

Quel nom bizarre…cette famille des coelentérés regroupe tout simplement les coraux et les méduses…oui, ils sont de la même famille car ils fonctionnent de la même manière. Cet article est long, certes, mais étonnant.

Information de passage : si vous allez un jour sur une des îles de l’Océan Indien, ne ramenez surtout pas de corail dans vos souvenirs, c’est interdit, et ce corail est indispensable au renouvellement des plages.

Points communs du corail et de la méduse

? Ils sont tous deux de la forme d’un sac.

? Ils ont trois cloisons (interne, externe, et une gélatineuse entre les deux) qui abritent la cavité digestive : « l’estomac » (bien qu’on ne puisse pas réellement lui donner ce nom).

? Ils ont un seul orifice, l’oscule, qui leur sert de bouche et d’anus. Des tentacules (= cnidoblastes) disposées tout autour de cette bouche capturent les proies grâce au venin qu’elles produisent : dans chaque cnidoblaste se trouve une minuscule aiguille enroulée, pleine de ce produit, urticant pour certains, mais mortel pour d’autres, pour les animaux marins comme pour l’homme. L’aiguille jaillit vers la proie (du plancton, car les coelentérés sont carnivores) au moindre contact de celle-ci. Elle est soit paralysée, soit tuée. Les tentacules ramènent alors la victime vers la bouche. Les humains sont seulement blessés par le corail, mais la piqûre de certaines méduses peut être mortelle.

? Les cnidoblastes servent aussi à repousser l’ennemi.

? Les coelentérés sont hermaphrodites : éjectés des corps, les gamètes mâles et femelles se rejoignent dans l’eau et fusionnent, donnant des larves.

polypes se rétractant

Malgré ces points communs, nous pouvons tout de même les séparer en deux groupes distincts :

1- Les Méduzoaires

Comme son nom l’indique, ce groupe rassemble les méduses, et les hydraires.

Caractéristiques d’une méduse :

Forme d’ombrelle, bouche et tentacules vers le bas. Certaines espèces de méduses peuvent mesurer jusqu’à 2 mètres de diamètre (scyphozoaires) ; elles vivent en bancs, très dangereux. D’autres sont de forme cubique (cubozoaires), venimeuses, leur piqûre est mortelle en 3 minutes…ce sont les méduses-boîtes (par exemple, la « Guêpe des mers », en Australie).

Les autres sont beaucoup plus inoffensives et aussi beaucoup plus petites. Il en existe des minuscules !

méduse commune cliquez sur la photo pour un lien avec un site sur le sujet !

Caractéristique d’un hydraire :

Vit en colonie (c’est-à-dire qu’ils fusionnent pour former des arborescences : les hydraires ressemblent à des fougères. Ils « bourgeonnent ». De chaque « bourgeon » naît une méduse qui vit, elle, libre. C’est étonnant. C’est exactement comme si les bourgeons d’un pommier devenaient des oiseaux qui s’envolent… (cliquez également sur la photo pour un lien sur un site pertinent)

hydraire, tubularia indivisa

2- Les Anthozoaires

Ce sont des « fleurs-animal », rassemblant les coraux.

Caractéristiques du corail :

Formes très variées, mais toujours la bouche et les tentacules vers le haut. On les trouve surtout dans les eaux chaudes car il faut une certaine température et un certain degré de salinité, plus élevé vers l’équateur.

L’animal fabrique un squelette externe qui lui sert de maison. On ne voit donc jamais la bête elle-même mais sa carapace. Les coraux sont rarement seuls : ils vivent en colonie. Leurs squelettes fusionnent et donnent diverses formes : en arbre, champignons, feuille, boule, table…sur la Terre on estime que les coraux occupent 600 000 km². C’est l’animal qui bâtit les édifices les plus énormes, devant la fourmi et le termite. Quand un polype (corail) meurt, un autre construit son squelette sur les bases du premier.

Les coraux sont tellement variés qu’il faut les classer encore une fois en groupes :

Les Cerianthipathaires

Prenons par exemple pour illustrer ce groupe le Corail Noir, très présent à Mayotte, et espèce protégée, comme tous les coraux d’ailleurs. Le squelette noir de ce corail est tout de même utilisé en bijouterie, grâce (ou à cause) à une autorisation de prélèvements sur quelques espèces…

corail noir

Ces colonies d’animaux peuvent vivre plus de 100 ans en poussant seulement d’un centimètre par an ! A Mayotte, on dit que porter un bracelet de corail noir au poignet gauche guérirait les rhumatismes. Porté à droite, il améliorerait la virilité.

A ce groupe appartiennent aussi les animaux vivant dans un tube, leur squelette, et qui possèdent 100 petits tentacules autour de la bouche, puis 100 plus longs autour…on pourrait les dire peureux car ils se rentrent dans leur tube au moindre signe de danger.

Les Octocoralliaires

xcleronephtya

 

Ce groupe est appelé ainsi car il regroupe les animaux ayant 8 tentacules autour de la bouche, qui ressemblent à des plumes. Ce sont des coraux mous car ils ne tiennent debout que grâce à la pression de l’eau qui les gonfle. Certains ont tout de même des spicules calcaires (comme les éponges, voir article).

Une espèce en particulier, appelée « orgue de corail », mesure 2 millimètres de diamètre. Imaginez la forme du squelette, c’est facile. On les trouve dans les mers tropicales. Un autre, le « corail bleu », doit son nom aux sels de fer présents dans l’eau (Indo Pacifique) qui lui donnent cette couleur…

Les gorgones poussent, elles, perpendiculaires aux courants. Pourquoi ? Pour que chaque animal de la colonie puisse capter le plancton, leur nourriture, de manière équitable. Elles peuvent mesurer 2,50m de haut. Une espèce de gorgone particulièrement jolie : le corail rouge de Méditerranée. (Remarque : en bijouterie, plus le corail est clair, plus il a de valeur).  

gorgone Mopsella

Enfin, on trouve aussi dans ce groupe les « plumes de mer »…les plumularides :

plumularide

Les Hexacoralliaires

Ce groupe rassemble les anémones de mer ! Elles possèdent 6 tentacules (racine « hexa ») ou un multiple de 6 (la nature est bien faite !), en corolle autour de la bouche, encore une fois. Fixées au fond par un pied ventouse qu’elles peuvent déplacer, les anémones ont un « œil » au bout de chaque tentacule, qui sert à capter la lumière, mais pas les formes. Elles n’ont pas de squelette et sont comme un gros estomac (cavité digestive).

Particularité : en cas de danger, les tentacules se rétractent et rentrent dans cette cavité. C’est le seul animal qui peut faire cela. Elles sont hermaphrodites, comme les autres coelentérés.

différentes anémones de mer…

Questions :    

poisson clown protégé par son anémone

? On a l’habitude de voir un certain poisson en compagnie des anémones. Que seraient les anémones de mer sans les poissons clowns ?

L’anémone de mer comme le poisson clown (amphiprion) tirent chacun des avantages de l’autre.

L’anémone protège le poisson car il est petit, 8 cm environ adulte. En échange, il lui ramène de la nourriture, repousse les poissons papillons qui adorent grignoter ses tentacules.

? Les tentacules d’une anémone sont venimeux. Comment le poisson fait-il pour survivre ?

Il s’enduit du mucus que secrète l’anémone à sa base et qui est immunisant. L’anémone elle-même échappe ainsi à ses propres piqûres !

One Comment

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