La Réunion…

et l\’Océan Indien

 

A
la Réunion, la principale plante cultivée est, depuis des dizaines d’années, la canne à sucre. Cette culture à l’origine coloniale a connu une énorme évolution : c’est elle qui a permis à
la Réunion de prendre son essor, grâce à son exportation notamment. Il a donc fallu « épierrer » (enlever les pierres) les champs, mécaniser, et importer plus d’engrais. Elle est cultivée dans l’Est et le Nord de l’île principalement, et fournit à
la Réunion et à de nombreux autres pays sucre et rhum. Mais la canne à sucre est beaucoup plus que ça pour l’île : tout est utilisé dans la canne et sert le développement durable…

 

 

Tout d’abord, les champs de canne ralentissent l’érosion des sols, importante dans l’Océan Indien à cause des pluies abondantes. Ses racines et la superficie des plantations maintiennent la terre. Le sol n’est réellement découvert qu’une fois tous les 7 à 10 ans, lors de la plantation de nouveaux pieds de canne.

On utilise la plantation par marcottage : la canne a des anneaux, comme le bambou : il suffit de l’allonger dans un sillon, de recouvrir de terre, et un nouveau pied de canne poussera à chaque anneau. Un pied de canne en donne donc plusieurs autres !

anneaux de la canne à sucre

 

La canne à sucre résiste très bien aux cyclones par rapport aux autres plantes : le climat réunionnais est idéal, malgré le souci d’irrigation intensive pendant la période sèche.

De plus, la recherche permanente (IRAT : Institut de Recherche et d’Agronomie Tropicale) d’amélioration des variétés de canne à sucre permet à chaque fois un meilleur rendement, et une meilleure résistance aux maladies. Certaines variétés améliorées n’ont ainsi pas besoin de beaucoup de pesticides. Mais il y a une chose dont la canne ne peut se passer : une irrigation importante : il y a quelques années, un chantier énorme de basculement des eaux de l’Est a permis une meilleure irrigation des plantations de l’Ouest, où il ne pleut presque pas, contrairement à l’Est, très humide. 150 m3 d’eau par hectare produisent une tonne de canne.

On utilise même des procédés biologiques, ainsi, le champignon « Beauveria brongniartii » lutte tout seul contre le ver blanc.

 champ de cannes à sucre

Les cultivateurs de canne à sucre intercalent quelques rangées de lianes de vanille dans les rangées de canne, afin d’avoir une ressource de plus ; cependant il est impossible de vivre de la culture de la vanille, car les cyclones peuvent trop facilement détruire les plants, qui ne refont des fleurs que 3 ans plus tard…

Les champs de canne ne sont interrompus que par les barrières naturelles (montagnes, ravines) et les villes et espaces des cultures secondaires (tabac, maïs, vétyver…).

D’ailleurs, avant 1954, la canne était payée aux cultivateurs en fonction de son poids…aujourd’hui, c’est en fonction de sa teneur en sucre : ils sont obligés de produire de la qualité s’ils veulent être bien payés. Paradoxalement, de moins en moins d’usines sucrières survécurent à la multiplication des hectares de canne, à cause notamment de la croissance des gros cultivateurs au détriment des petites exploitations.

 

En plus de produire le sucre, tout est utilisé dans la canne. Plusieurs produits en sont issus :

         le rhum : les mélasses, résidus de la fabrication du sucre, sont distillées. Le rhum agricole est issu de la première cuisson. Les autres rhums, vieillis en fûts de chêne ou gardés de nombreuses années, prendront des appellations différentes.

         la mélasse : elle est destinée aux aliments d’élevage.

         la bagasse : s’utilise comme combustible dans les centrales thermiques. Aujourd’hui, la centrale thermique de Bois Rouge fournit grâce à la bagasse le quart de l’alimentation des réunionnais en électricité, pendant les 6 mois de la campagne sucrière. Les 6 autres mois, elle est alimentée en charbon.

sucrerie de Bois Rouge, au nord de l'île

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