La Réunion…

et l\’Océan Indien

Celle que l’on appelle la Grande Île a toujours eu peu de forêt, mais aujourd’hui les ¾ de cette bande forestière allant du Nord Est au Sud Est n’existe déjà plus…alors que dans cette forêt primaire vivent plus de 8000 plantes médicinales qui sont sur le point de disparaître avec elle. Une catastrophe non seulement pour la biodiversité malgache mais aussi pour la mise au point de futurs médicaments essentiels. C’est vous dire la gravité de la situation au niveau planétaire : « Au même titre que l’Amazonie est le poumon de la planète, Madagascar en est le réservoir de molécules ». Mondher El-Jaziri, biologiste.

Pourquoi s’acharne t-on à couper ces arbres ? La raison est simlpe : les paysans malgaches eux-mêmes, n’ayant aucune notion de l’environnement exceptionnel et vital qui les entoure, abattent à une cadence infernale les arbres. Sur les bords de routes d’abord, car c’est plus facile à transporter ensuite, puis dans tout endroit susceptible de devenir rizière. La misère est telle qu’elle leur enlève toute idée de conservation de la forêt, qui leur permet pourtant de vivre…ils pratiquent aussi le brûlis, dévastateur, car quand le feu échappe au contrôle des tavy (les personnes qui pratiquent le brûlis), ce sont des hectares précieux de forêt qui s’envolent en fumée.

 

coupe des eucalyptus sur le bord des routes

Pourtant, la forêt malgache a un rôle essentiel : nulle part ailleurs autant de plantes sont abritées, que chercheurs et botanistes se pressent de répertorier, tester, et se cassent la tête pour trouver un moyen de les sauvegarder.

L’IMRA (Institut Malgache de Recherches Appliquées) est le premier centre de Madagascar, constitué de chercheurs, scientifiques, et même médecins que la population peut consulter gratuitement. L’idée de cryogéniser ces plantes au bord de l’extinction vient d’eux, mais elle est irréalisable : la production d’électricité est trop aléatoire pour pouvoir garder des congélateurs en permanence froids…

Certaines plantes pourtant lutteraient contre la leucémie, les cancers, l’insuffisance cardiaque, les brûlures d’estomac…comme elles ne peuvent pas pousser ailleurs, elles disparaîtront avec la forêt.

Un exemple : l’Aloe vahombe est une plante qui pourrait servir conter le sida et l’hépatite. Elle pousse uniquement dans le Sud Ouest, et dans 5 ans, elle aura disparu.

Cependant, une partie de la forêt a été reboisée, d’eucalyptus et de pins (2 espèces que l’on voit fréquemment aujourd’hui sur l’Ile, alors qu’elles n’en sont pas originaires), importés de Nouvelle Zélande. Pourquoi ? Parce que ces deux arbres mettent 5 fois moins de temps à atteindre la taille adulte que le bois de palissandre par exemple (bois local). Et il faut aller vite. Quitte à créer une forêt ne ressemblant en rien à l’originale.

L’énorme problème de cette reforestation express, et que combat certaines associations et ONG, est que ces deux arbres acidifient les sols, c’est bien connu, même dans nos pays occidentaux ; jonchent le sol d’épines et empêchent les plantes de repousser plusieurs mètres autour. Voici un énorme paradoxe : pour sauver la forêt malgache et ses plantes rares, nous sommes obligés de planter en urgence des arbres qui ne permettront pas à ces plantes d’exister. Mais, quand on voit ces collines nues, découvertes, aux herbes brûlées par le soleil, on se dit qu’on n’a pas le choix.

les collines, dénudées d’arbres, en plein soleil

Ainsi, certaines ONG environnementales travaillent à reboiser Madagascar, mais avec des arbres locaux. C’est beaucoup plus long, mais c’est préférable pour la survie de la forêt, à long terme. L’ONG franco-malgache « L’Homme et l’environnement » réussit même à faire travailler la population en oeuvrant au reboisement et à la collecte des plantes afin de les étudier, d’en faire de l’huile essentielle et découvrir leurs propriétés.

Le Ministère de l’Environnement a lancé une opération il y a 3 ans, « Zéro Tavy », afin de convaincre la population d’arrêter la pratique du brûlis : sans succès. En effet, il permet aux paysans d’avoir plus de terres « cultivables », et de mieux surveiller leurs troupeaux.

En revanche, la forêt de Vohimana a été confiée pour 25 ans à l’association l’Homme et l’environnement. Ils doivent, en ce peu de temps, la remettre en état, avec des espèces locales. Ils ont eux, déjà réussi à éliminer les tavy. Ainsi, les plantes médicinales pourront se multiplier à nouveau, permettant aux chercheurs d’en prélever et de trouver les médicaments de demain.

Ce qu’il faut retenir c’est que si rien n’est fait, dans 15 ans, il n’y aura plus de forêt…

D’après un article de l’Actualité, Montréal

ps : 2 liens dans cet article vous permettent d’en savoir plus sur les actions menées, et sur les associations.

2 Comments

  1. Edmond
    11:30 on février 6th, 2010

    Sans être menacée d’extinction en France métropolitaine aussi, la forêt mérite que l’on se préoccupe de son devenir
    voir notamment cette page :

    http://montagne-protection.org/monts-pyrenees_000066.html

  2. Dans les situations où on ne peut protèger un espace sauvage la première chose à faire pour sauver une espèce est de pouvoir la nommer.
    Où que vous soyez je vous invite à identifier les arbres de votre entourage (rares ou invasifs) et à les cartographier sur http://pericopsis.org/
    Une carte des espèces permettra de coordonner des actions individuelles.

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