La Réunion…

et l\’Océan Indien

 Souvenez-vous, les Français avaient envoyé deux groupes de mutins sur l’île de la Réunion, en punition de leur rébellion à Fort Dauphin, Madagascar. Ils furent les premiers occupants involontaires qui y survécurent, sous l’administration de la Compagnie française des Indes. Mais deux Français, Louis Payen et Pierre Pau, sont les premiers colons. Ils s’installent sur l’île (volontairement ) en 1663 avec 7 esclaves malgaches et 3 femmes noires, afin de coloniser l’île. C’est à partir de là que l’on considère que la Réunion a eu ses premiers « vrais » habitants français. Ils s’étaient installés à St Paul, dans l’Ouest, dans ce qu’on appelle aujourd’hui la « Grotte des Premiers Français », grotte naturelle creusée dans la falaise. Pourquoi dans l’Ouest de l’île ? Parce que la baie de St Paul est la plus pratique pour accoster les navires, et une des plus grandes baies existantes.

Grotte des Premiers Français

La «Grotte des premiers Français» est en fait un cimetière d’esclaves. Avant le 20e siècle, elle était appelée « Caverne ». Elle était le cimetière des esclaves noirs : à Saint-Paul, jusqu’en 1848, environ 50.000 esclaves ont été enterrés. Ça fait peu de temps que l’on a découvert où…

Mais les esclaves malgaches essayèrent d’assassiner leurs maîtres français. N’y étant pas arrivés, ils s’enfuirent aussitôt dans les montagnes (dans le cirque de Mafate, difficile d’accès) avec les femmes noires, laissant les deux blancs français seuls, à travailler à leur survie et leur installation. On a appelé ces fugitifs les « noirs-marrons ».

MARRON, en espagnol « cimarrón « , signifie «s’échapper ». On l’employait au départ pour les animaux apprivoisés qui devenaient sauvages. Puis en français, le mot s’appliqua aux blancs qui fuyaient leurs mauvaises conditions de travail. Par la suite, il désigna aussi les esclaves fugitifs.

Le marronnage existait aussi dans les Antilles et en Guyane, et même dans toutes les colonies esclavagistes. C’est un « problème » des colons qui a toujours existé. Les esclaves fugitifs vivaient parfois plusieurs années dans les montagnes sans être inquiétés par les colons. En 1725 pourtant, les français donnaient 30 livres d’argent pour chaque capture de marron, mort ou vif : Certains devinrent des « chasseurs de marrons » professionnels. Quand l’esclavage fut aboli (1848), beaucoup de noirs marrons descendirent des montagnes pour travailler sur la côte.

Les deux premiers Français vivent des années difficiles sur l’île : le défrichement n’est pas évident pour deux personnes, tout doit être créé et aménagé. Les cyclones détruisent régulièrement ce qui s’est construit. Les côtes regorgent de requins, la baignade n’est pas possible partout. Parfois pendant plusieurs années, aucun bateau n’accoste l’île pour les approvisionner, ils doivent revenir à une vie primitive. Toutes ces difficultés font des premiers habitants des prisonniers de leur paradis de départ. Aussi, au bout de quelques années, découragés, ils profitèrent de l’arrivée d’un navire sur l’île pour repartir avec !

Finalement, le premier « échantillon » du peuple réunionnais s’est constitué à l’arrivée d’Etienne Regnault (en 1665), premier commandant de Bourbon pour la Compagnie française des Indes, venu s’installer, cette fois pour de bon, avec une vingtaine de colons et leurs esclaves. Le métissage qui fait l’identité de la Réunion est déjà là, car français, indiens, malgaches, cohabitent, même si c’est en esclaves…

One Comment

  1. Nice design, good graphical content. I think I’ll come back later again;)

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