La Réunion…

et l\’Océan Indien

lagon de la Réunion

Imaginez un lagon : nous avons tous aux yeux l’image d’une piscine naturelle, que borde une plage de sable blanc, observatoire facile de poissons tropicaux…pourtant, au temps où les bateaux accostaient sur ces îles encore inconnues, les récifs coralliens étaient plutôt synonymes de naufrage, de grand danger. Situés sous la surface de l’eau, les récifs ne se remarquent qu’au dernier moment…

De plus, un lagon est loin d’être calme pour ses occupants, poissons, algues, coraux…c’est une loi de la jungle où chacun survit en mangeant l’autre, sous peine d’être mangés à leur tour. Mais ne parlons pas de malheur et intéressons nous de près à ce petit peuple de la mer.

 

On trouve des récifs coralliens dans différents endroits de la planète, cependant, une condition revient à chaque fois : il faut une mer chaude. On les trouve donc dans l’hémisphère Sud : Réunion, Mayotte (le plus grand du monde), Ste Marie (Madagascar), Australie, Philippines…

 

Constitution d’un lagon

Canyon dans un récif corallien

Un lagon est constitué de plusieurs reliefs spécifiques :

 

         la barrière de corail : comme son nom l’indique, c’est un rempart de coraux qui délimite le lagon. A l’intérieur, le lagon, à l’extérieur, le large.

         Les tombants : endroit situé juste derrière la barrière de corail, sorte de falaise allant vers le fond, avec toutes sortes de coraux accrochés à la verticale. C’est la partie la plus riche en espèces animales et végétales, où l’on croise des plongeurs à la bouteille.

         Les canyons : passages étroits en couloirs entre les massifs coralliens, sortes de bouquets de corail. Le fond y est souvent sablonneux.

         La passe : endroit où le lagon est ouvert sur l’océan (coupure dans la barrière), et où l’eau entre et sort, créant des courants de va et vient dans le lagon. (La première réserve sous-marine de Mayotte s’est faite en 1990, dans la passe de Longogori.)

 

Un lagon ne serait rien sans ses coraux :

patate coralienne

Ceux-ci ont besoin d’être près de la surface de l’eau. Ils se construisent donc un squelette calcaire et se développent ainsi près des surfaces, dans peu de fond. (C’est ce squelette qui écorche bien les plongeurs lorsqu’ils s’y frottent de trop près…car il est coupant.) Ce ne sont pas les mêmes espèces qui vivent dans le lagon (pinacles coralliens, appelés « patates » coralliennes) et sur la barrière et le tombant : la profondeur n’est pas la même, les courants sont différents, les fonds sont vaseux ou sablonneux. Là où l’eau des rivières arrive dans le lagon, ils ne poussent pas. Par contre, on trouve à ces endroits mélangés d’eau douce et salée des mangroves et des palétuviers (plantes).

mangrove, en bord de lagon

Les espèces marines des lagons :

 

Il en existe 250 000 ! On distingue les animaux marins en 2 catégories :

         animaux benthiques : qui vivent où se déplacent dans les fonds du lagon (coraux, algues…)

         animaux pélagiques : qui vivent dans la masse d’eau (contraire des premiers), se laissant porter par le courant au petit bonheur la chance (comme le plancton) ou nageant d’eux-mêmes avec ou contre le courant (nectons, poulpes)

 

Mais dans cet article, intéressons-nous aux espèces végétales :

 

Tout d’abord, les algues sont omniprésentes. Elles sont le poumon de l’océan car elles contiennent de la chlorophylle (raison pour laquelle elles sont classées dans les végétaux). Rappelons que ce pigment est vert, qu’il utilise la lumière, les sels minéraux et le gaz carbonique pour fabriquer la matière. Il dégage de l’oxygène.

grande algue verte, sur du corail

? Les grandes algues, dans le fonds marin, ont plusieurs couleurs :

Les algues bleues sont des filaments fixés sur ou sous les rochers

Les algues vertes sont molles et forment des « pelouses » sous-marines.

Les algues brunes sont très présentes en eaux froides, mais on peut en voir à Mayotte par exemple, à la surface. Elles se détachent de leur souche pour aller coloniser d’autres espaces (Turbinaria).

Les algues rouges pullulent dans les eaux chaudes. Elles sont le ciment des récifs et n’ont pas besoin de beaucoup de lumière : elles peuvent donc pousser dans de grandes profondeurs.

 

? Les algues microscopiques forment le plancton. Il est invisible à l’œil nu, sauf quand il prolifère, on voit alors la surface de l’eau se colorer. Sur un lac par exemple, on voit quelquefois une étendue verte. Ils se laissent porter par le courant (souvenez-vous, animaux …pélagiques !). S’il y en a beaucoup, c’est que le milieu aquatique est très riche : les eaux tropicales qui sont limpides ont en fait peu d’éléments nutritifs comme le plancton.  

plancton à foison en suspension dans l'eau, et méduse.

 

? Ensuite, on trouve dans les lagons des plantes marines, toujours espèces végétales, mais différentes des algues : elles ont les mêmes caractéristiques que les plantes terrestres, adaptées à la vie sous-marine. Elles auront donc des racines, des tiges, des feuilles, des fleurs (ce que les algues n’ont pas !). Elles forment des prairies aquatiques que l’on nomme herbiers. Ces plantes nourrissent beaucoup de poissons, et même des mammifères marins (vaches marines par exemple. Si, ça existe !)

 

J’en ai assez dit pour cette fois-ci sur la population des lagons. Dans un prochain article je vous montrerai les innombrables espèces animales, à grand renfort de photos si je le peux, car ces petites bestioles sont magnifiques !

2 Comments

  1. super site bravo

  2. bastide
    10:48 on février 10th, 2012

    Il existe à la Réunion des langoustes de 7 kg, mais de quelle espèce? (elles sont immangeables)
    Serait-ce des fossiles vivants, à l’image du coelacanthe?

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