La Réunion…

et l\’Océan Indien

L’histoire commence avec les Arabes, qui passèrent dans l’archipel des Mascareignes (Madagascar, île Maurice et Réunion) entre le 10ème et 15ème siècle. Seulement, ils ne s’y intéressèrent pas ! Ils donnèrent à la Réunion le nom de Dina Morgabim, signifiant «île de l’Ouest». (Dina Mozare et Dina Arobi étaient les noms de Madagascar et Maurice).

Puis, au 15ème siècle, vinrent les européens qui voulaient faire commerce eux-mêmes des richesses orientales sans passer par les arabes : l’explorateur portugais Vasco de Gama découvrit donc l’Océan Indien en passant par le cap Horn au sud de l’Afrique. Personne ne sait exactement qui a posé le pied le premier sur l’île ni à quelle date : un Portugais, Pereira, lui aurait donné le nom de «Santa Apolonya» car c’était le jour de la sainte Apolline. Mais c’est le capitaine Pedro Mascarenhas qui va donner son nom à l’archipel des Mascareignes, et nommer l’île «Mascarin».

Des Anglais qui passèrent aussi par là l’appelèrent «England’s Forest», et «Pearl Island» (du nom de leur navire), mais ces noms n’eurent aucune importance, et les européens ne s’intéressant pas à l’île, elle resta déserte et méconnue jusqu’au 17ème siècle, même si les navigateurs décrivaient une île où l’eau et les vivres sont en abondance :

«Nous avons envoyé un canot à terre et nous y avons trouvé un nombre considérable de grandes tortues terrestres, aussi grosses qu’un homme peut porter et qui étaient un excellent manger.»
«…une grosse espèce de volaille, de la taille d’un dindon, si grasse et à ailes si courtes qu’elle ne peut voler. Ses plumes sont blanches et elle n’est pas sauvage, comme du reste tous les animaux de cette île, aucun d’eux n’ayant été jusqu’ici chassé.» M. Purchas, 1625(Il parle ici du dodo, espèce disparue, que l’homme s’était mis à chasser en posant le pied sur l’île…).

Malgré ce paradis, les européens ne se servent de l’île que pour faire escale, car ils ne voient aucun intérêt à pour eux de s’y installer : pas de population à évangéliser (christianisme), pas d’épices ni de métaux précieux à exploiter, pas de population et donc de consommateurs pour acheter leurs denrées, aucun port sûr pour accoster (beaucoup de courants marins), des cyclones qui balaient l’île, et de plus, elle est à l’écart des voies maritimes vers l’Orient et oblige à un détour, ce qui fait perdre du temps aux navires partis commercer en Asie.

C’est donc par hasard que les Français arrivent à la Réunion, par dépit : ils n’ont pas réussi à s’installer à Madagascar. Ils en prennent possession en 1638, au nom du roi, mais personne ne veut y vivre (pour les raisons précédentes). Ils la nomment «île Bourbon», du même nom que la famille royale de France.

Un peu plus tard (1646), à Fort Dauphin, les français se débarrassent d’une bande de 12 mutins qui les gênent en les exilant sur l’île, pensant qu’ils n’y survivraient pas. Pourtant, quand ils retournèrent les chercher des années plus tard, cherchant des cadavres ou des personnes mal en point, ils les trouvèrent nourris et en bonne santé ! C’est à partir de là que les français voulurent s’y installer :

«Cette île produit avec tant de facilité et en si grande abondance tout ce qui est nécessaire pour l’entretien et la vie de l’homme, connue aussi d’Aloes, de tabac, de sucre, et plusieurs autres marchandises, qu’on peut douter avec raison si elle a sa pareille ». O.Dapper

Flacourt dessina la première carte de l’île avec ce que les exilés lui racontèrent. Ils ne connaissaient que le tour de l’île, l’intérieur étant très montagneux. Flacourt dessina un grand lac au centre, d’où partaient les 7 rivières de l’île. Ce lac n’existe que dans l’imagination du dessinateur car il ne savait pas ce qu’il y avait au centre ! L’île Bourbon a alors des allures de paradis. La colonisation arrive !

– La suite dans le prochain article, la semaine prochaine –

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