Lumières sur les Lumière!

Le vendredi 5 avril, les élèves de 1ère ont passé la journée à Lyon. Les élèves ont (re)découvert l’Institut Lumière et les collections impressionnistes du Musée des Beaux Arts dans le cadre d’une visite couplée intitulée « Cinéma & Impressionnisme ». Maëlle J. inscrite en option facultative, a rédigé ce billet.

Entrée de l’Institut Lumière

Dans le cadre de l’enseignement d’Histoire des Arts (1ères « spécialité » et « optionnel »), nous nous sommes rendu à l’Institut Lumière, à Lyon, le vendredi 5 avril 2019. Il s’agissait pour nous d’approfondir nos connaissances sur la genèse du cinéma, de voir ses liens avec la Révolution industrielle qui se développe en Europe au cours du XIXème siècle et de considérer les liens que ce nouveau médium a pu nouer avec les grands courants artistiques de l’époque, notamment l’impressionnisme.

La villa Lumière – extrait du carnet de croquis de Zaroug S, élève de 1ère HIDA Fac

Le musée est en fait l’ancienne demeure des parents Lumière : Antoine Lumière et Jeanne Joséphine Costille. Issus à la base d’une modeste famille (la mère est blanchisseuse et le père est charpentier avant qu’il n’ouvre sa petite usine), les frères Lumière ont été à l’origine du développement inouï de la fortune de la famille, et ce grâce à leur inventivité et leur capacité à innover.

La Villa des Lumières à Montplaisir

Les parents n’ont donc pas vécu toute leur vie dans l’habitation que nous avons visitée et dont on peut rappeler qu’elle s’inscrit pleinement dans le style Art Nouveau comme en témoignent le Jardin d’Hiver ou la montée d’escalier. Quoi qu’il en soit, les deux frères, Auguste et Louis, qui habitent à quelques mètres de leurs parents, inventent le cinéma dans ce quartier qu’on appelle Montplaisir.

Les frères Lumière, fils d’un père photographe (« photo » signifiant « lumière » et « graphe » voulant dire « écriture ») inventent le cinéma à Montplaisir ! Comme a dit notre guide, on peut même parler de ‘’prédestination’’ dans ces conditions.

Auguste et Louis Lumière

Mais le cinéma est loin d’être la seule invention des deux frères, et c’est d’ailleurs grâce à l’une des inventions de Louis que toute la famille a pu se donner les moyens de se consacrer entièrement à la création. En effet, le jeune homme inventa à l’âge de dix sept ans des plaques photographiques révolutionnaires : les « étiquettes bleues ». Il mit en effet au point six cent machines pour fabriquer ces nouvelles plaques. Ces inventions se diffusèrent dans le monde entier et permirent à l’entreprise familiale de se hisser au sommet des entreprises européennes. Les deux frères ont, en tout, déposé plus de cent soixante dix brevets d’invention à eux seuls (leur propre couveuse pour bébé, l’ancêtre du haut parleur, un violon électrique…) !

Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, la création que Louis appelait « mon chef d’œuvre » n’était pas le cinéma… mais la photographie en couleur. On nous a montré certaines photographies colorées que les deux frères ont inventées. Bien que datant du XIXème siècle, elles ont conservé leur éclat… et leur lumière ! Une véritable prouesse technique !

Extrait du carnet de croquis de Zaroug S., élève de 1ère HIDA Fac

L’un des piliers de la photographie est le célèbre Leonard de Vinci qui avait mis au point la « Camera obscura » autrement dit, la « chambre noire » qui a donné son nom à la caméra du cinéma.

L’ancêtre du vidéoprojecteur, la « lanterne magique », fut inventé au XVIIème siècle par Kercher. Muybridge, quant à lui, a créé la chronophotographie de Muybridge et Maret, un fusil photographique qui permettait de prendre plusieurs photographies par seconde. Et pour ce qui est des premières esquisses du mouvement représenté, elles apparurent avec les impressionnistes comme Claude Monet. Auguste Lumière vouait d’ailleurs une profonde admiration pour ce mouvement artistique, intérêt qu’il a transmis à ses enfants. Quoi qu’il en soit, les frères Lumière assemblèrent et améliorèrent toutes ces inventions pour donner naissance au cinéma et que l’on appela d’abord photo animée.

Affiche pour le cinématographe Lumière

Au début du cinéma, les frères Lumière filmèrent des évènements du quotidien. Avec leur premier film, La sortie de l’usine Lumière à Lyon, on peut déjà reconnaître des traces de ce qui deviendra le cinéma aujourd’hui. En effet, les ouvriers ne semblent pas surpris en sortant de l’usine. Il y avait donc déjà une notion de mise en scène, une ébauche de jeu d’acteurs. De plus, les réalisateurs ne pouvaient déjà se débrouiller seuls. Dès sa naissance, le cinéma s’affirme donc comme un art collectif et non solitaire. Enfin, de nombreuses affiches publicitaires qui montraient surtout les spectateurs et non le film lui même, recouvrirent peu à peu les rues du monde entier en quelques années.

Extrait du carnet de croquis de Zaroug S, élève de 1ère HIDA Fac

Les frères Lumière envoyèrent de nombreux employés filmer des scènes dans d’autres pays. C’est ainsi que le cinéma permit aussi aux êtres humains qui n’avaient jamais voyagé d’avoir un œil sur le monde extérieur, d’élargir la connaissance, d’assouvir la curiosité pour l’autre.

Enfin, Louis Lumière s’intéressa également au cinéma en relief. Il mit au point des lunettes aux verres bleu et rouge pour donner l’impression d’une sortie de l’écran des personnages. En d’autres termes, les Lumière sont aussi les précurseurs du cinéma en trois dimensions… bien qu’ils aient affirmé que « le cinéma trois dimensions ne marchera pas tant que les spectateurs porteront des lunettes »

La sortie de l’usine Lumière à Lyon – 1895

J’ai franchement adoré le guide qui nous conduits au cœur de l’histoire du cinéma et qui a su se montrer plein d’humour et sympathique. Il était visiblement très passionné par son métier et ses connaissances étaient nombreuses. Il a ouvert le cinéma sur des éléments littéraires, n’enfermant pas cet art dans une case sans aucun lien avec les autres. Le fil conducteur était clair, et j’ai vraiment compris l’origine du cinéma ainsi que la raison pour laquelle il est sous cette forme de nos jours.

Extrait du carnet de croquis de Zaroug S., élève de 1ère HIDA Fac

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