To be or not to be… fan de l’opéra ?!

Les élèves de la section Histoire des Arts sont invités à souscrire un abonnement « trois spectacles » à l’Opéra de Saint Etienne. Ils ont ainsi pu voir Macbeth Hotel en novembre, Hamlet en janvier et découvriront Pas si Classique le 8 février. Louise, Elea et Anna partagent leurs points de vue sur Hamlet. Angèle évoque le concert du 8 février. Lou-Anne et Angèle rendent compte, quant à elles, de la visite des coulisses en janvier dernier. Merci à elles!

« Le 28 janvier dernier, dans le cadre de l’enseignement d’Histoire des Arts, nous avons eu la chance d’assister à la représentation d’Hamlet à l’Opéra de Saint-Étienne.

Vue de l’Opéra de Saint-Etienne

L’opéra est tiré d’une célèbre pièce de William Shakespeare racontant l’histoire d’Hamlet, fils du roi du Danemark mort peu de temps avant le moment où l’action est censée se dérouler. Lorsque, une nuit, le spectre de son père lui apparaît, Hamlet comprend qu’il a été assassiné par Claudius ; dès lors il estime qu’il a le devoir de le venger, quitte à détruire sa relation avec Ophélie dont il est éperdument amoureux.

L’opéra se décompose en cinq actes avec un entracte de 30 minutes. Jacques Lacombe a assuré la direction musicale de ce spectacle, Nicola Berloffa s’est occupé de la mise en scène et des costumes et enfin Aurelio Colombo s’est chargé de la scénographie.

Nous allons maintenant donner nos avis sur cette représentation.

Louise : Je n’appréhendai pas particulièrement le spectacle malgré sa longue durée (3 heures) et je n’ai pas du tout été déçue. La mise en scène, les costumes, les décors, les musiciens, tout a répondu à mes attentes. Je suis toujours bouleversée par l’orchestre car j’aime énormément écouter les musiciens jouer ensemble ; nous voyons qu’ils aiment faire de la musique ensemble ! C’était aussi super lorsque le rideau s’est levé et que le spectacle a commencé. Nous avons découvert tous les costumes : les robes de bal, les hommes en tenues formelles. J’ai adoré ! J’admire le talent de chacun ! Aller voir et écouter de l’opéra est une vraie expérience ! Il faut la vivre !

gravure représentant la confrontation entre Hamlet et le Spectre de son père

Elea : J’ai beaucoup apprécié le spectacle : les costumes et les décors étaient incroyables. J’ai aussi bien aimé l’interprétation des acteurs et leurs chants, surtout ceux de Ophélie. Je ne connaissais pas l’histoire avant de voir la pièce et j’avais peur de ne pas l’aimer ou de m’ennuyer mais j’ai été agréablement surprise. J’ai tout de suite été plongée dans l’histoire et n’ai pas vu le temps passer.

Anna : J’ai beaucoup aimé l’opéra malgré le fait qu’il soit assez long (3 heures !) et se soit terminé tard un vendredi soir. Je me suis rendue compte que je connaissais déjà une réplique célèbre de l’opéra, « Être ou ne pas être …» / « To be or not to be, that is the question ! ». Nous avions la chance d’être très bien placés (2ème rang du parterre) et d’avoir une vue d’ensemble sur l’orchestre et la scène. J’ai beaucoup aimé les voix des hommes, notamment celle de Jérôme Bputillier qui interprète Hamlet, ou celle de Thomas Dear qui interprète Le spectre : elles résonnaient dans la salle. »

Angèle évoque quant à elle « Pas si classique », un concert symphonique…

« Le mardi 8 février 2022 à 20h, nous avons, avec la classe d’histoire des arts, assisté à un spectacle musical avec l’orchestre symphonique de Saint-Etienne-Loire. Le concert s’intitulait « Pas si Classique »  et était donné au Grand Théâtre Massenet de Saint-Étienne. Nous avons pu entendre des œuvres de Bizet, Rodrigo, …. Nous avons eu la chance pour la plupart d’entre nous d’être placés au niveau du parterre. L’orchestre était constitué de différents instruments comme des violons,des contre-basses, des flûtes traversières, et d’autres flûtes, des clarinettes, des hautbois,…. Puis avant l’entracte nous avons eu l’intervention d’un musicien et sa guitare acoustique. Personnellement, j ai beaucoup aimé les moments où tous les musiciens jouaient ensemble. J ai moins apprécié la prestation du guitariste car son intervention l’emportait sur les autres musiciens pendant les morceaux commun. »

Avant cela, les élèves avaient eu l’opportunité de visiter l’opéra… L’opéra « côté coulisses » avant l’opéra « côté scène » ! Lou-Anne et Angèle partagent leur expérience !

L’Opéra de Saint-Etienne au début du XXème siècle, place des Ursules

« Le 4 janvier 2022, les élèves de 1e spécialité HIDA ont passé la matinée à l’opéra. Nous avons été accompagnés par une équipe formidable, très pédagogue et accueillante. Les deux médiatrices nous ont guidés dans les coulisses et nous ont fait découvrir les secrets des décors, des costumes et de l’organisation des spectacles.

Elles ont commencé par nous faire un rapide état des lieux du bâtiment. Composé de 6 étages de 6000 m2 chacun, l’opéra est un véritable labyrinthe fait de nombreux couloirs, d’escaliers en tous sens et de nombreux bureaux.

Le cœur de la « maison » est évidemment la grande salle avec sa scène imposante. L’opéra de Saint Etienne est doté de technologies relativement récentes puisque la salle a été reconstruite en totalité à la suite d’un incendie en 1998. Ainsi, depuis cette rénovation, il est possible de reproduire une piscine sur scène, de faire apparaître/disparaître des personnages grâce à des trappes nombreuses dissimulées sur le plateau. La hauteur des cintres qui permettent de soutenir les décors a par ailleurs été augmentée afin de permettre des mises en scène plus grandioses encore. Les premiers rangs de sièges peuvent, en outre, disparaître pour accueillir la fosse d’orchestre. Enfin, l’acoustique de toute la salle a été refaite et des régies sons et lumières ont été modernisées.

Mais, le Grand Théâtre Massenet n’est que la partie émergée de l’iceberg !

Dans la serrurerie

En effet, à l’arrière de la scène, dispersés au milieu du dédale d’escaliers et de couloirs évoqués plus haut, on trouve des ateliers de fabrication de décors et de costumes où travaillent des hommes et des femmes tous plus talentueux les uns que les autres qui œuvrent dans l’ombre pour offrir aux spectateurs un moment parfait.

Nous avons commencé par nous rendre à la serrurerie, l’atelier de fabrication de l’ossature métallique des décors. Les artisans qui travaillent ici utilisent uniquement des métaux très légers car il faut pouvoir déplacer facilement les décors et les faire entrer dans le monte-charge permettant de circuler entre les étages. Pour les mêmes raisons, les décors ne sont pas construits en un seul bloc, ils sont faits de plusieurs panneaux assemblés sur scène. Une fois l’ossature construite, des artisans menuisiers la couvrent de panneaux de bois. Ils n’utilisent que du pin, du sapin et du contre-plaqué afin de garantir la légèreté du décor.

Vue des ateliers de serrurerie de l’Opéra de Saint Etienne

Pour les décors les plus simples, ces deux étapes suffisent mais pour d’autres spectacles à la scénographie plus complexe, une équipe de décoration rentre en jeu. Grâce à différents procédés et de nombreux effets spéciaux, ils rendent les décors aussi réalistes que possible. Ils utilisent de nombreuses techniques. La plus simple reste la peinture mais celle-ci ne permet pas le relief, d’où le recours au moulage qui consiste à recouvrir l’objet originel d’élastomère. Une fois refroidi, il constitue un moule dans lequel ils pourront couler n’importe quelle matière afin de recréer l’objet voulu, l’inconvénient de cette technique réside principalement dans le fait qu’elle ne permet pas de réaliser de grands éléments tels que des murs ou des tables. Enfin, la dernière technique est utilisée principalement pour les éléments de grande taille, ils utilisent du polystyrène recouvert de toile de verre et de colle afin d’éviter l’effritement du polystyrène.

Vue des ateliers de menuiserie de l’Opéra de Saint Etienne

Pour tous les spectacles, le temps de construction des décors est limité à trois mois, les artisans sont donc tenus de finir les décors dans ces temps peu importe leur ampleur. La construction du décor débute près d’un mois avant la première, les éléments montés au fur à mesure sont cachés soit sous la scène soit au-dessus grâce à un système de poutres coulissantes dans le plafond.

Mais avant d’en arriver là, c’est-à-dire à la phase de construction, il a fallu concevoir le décor en lien avec la mise en scène souhaitée. La conception du décor est donc de la responsabilité du metteur en scène aidé d’un scénographe. En fonction du metteur en scène, le cahier des charges est plus ou moins précis et les artisans ont donc plus ou moins de liberté.

Maintenant parlons chiffons !! Quid des costumes : nous avons pu aller visiter l’atelier de couture de l’opéra où seulement quelques couturières travaillent en permanence ; beaucoup sont en effet engagées en contrats courts en fonction des besoins pour finir les costumes dans les temps.

Il est primordial de faire le bon choix car les costumes donnent une partie de l’identité au spectacle et doivent offrir la meilleure expérience visuelle possible au spectateur afin de l’immerger complètement dans l’univers du spectacle. Ce choix revient au scénographe qui fournit des croquis plus ou moins précis. Ils peuvent être dessinés, peints, découpés, imprimés ou réalisés sur ordinateur.

Une fois les choix opérés, ils sont présentés aux équipes de manière plus ou moins précises selon les scénographes ; certains préciseront ainsi les références exactes des tissus souhaités lorsque d’autres laisseront les choix à la discrétion des couturières. Les couturières, comme toutes les autres « petites mains » de l’opéra, ont alors 3 mois pour terminer tous les costumes quels que soient leur nombre et la complexité du travail à réaliser !

Aussi, souvent, les mensurations des acteurs/chanteurs sont-elles prises en amont afin que les couturières puissent commencer leur travail assez tôt ; elles auront ensuite régulièrement l’occasion de rendre compte de leur travail au metteur en scène et au scénographe qui apprécieront la conformité avec leurs idées initiales.

Et il reviendra in fine aux spectateurs de profiter pleinement de ce travail colossal, pour ne pas dire titanesque ! Merci donc aux « petites mains » de l’opéra qui font vivre cette « grande maison » ! »

Pour aller plus loin

Le site de l’opéra de Saint-Etienne : https://opera.saint-etienne.fr/otse/

Un extrait de l’opéra tel que présenté à l’Opéra Comique de Paris : https://youtu.be/AQNo3TrWMSk

Y’a pas que les sapins qui ont les boules! Rencontre avec Linda Roux

Dans le cadre de l’enseignement optionnel d’Histoire des Arts, les élèves ont rencontré Linda Roux au CDI du lycée. Gabrielle G, élève de 1ère, nous livre son ressenti. Merci à elle.

Linda Roux

« Ce mercredi 19 janvier 2022, le groupe d’option d’Histoire des Arts s’est réuni avec le groupe d’option Arts Plastiques au CDI afin d’assister à l’intervention d’une artiste locale et engagée : Linda Roux.

Au cours de cette séance, cette artiste nous a présenté son métier, son parcours et, plus fondamentalement, son projet artistique, le tout agrémenté de quelques anecdotes, rendant le propos très personnel. Le puissant engagement politique de Linda Roux a fortement teinté son propos et a permis d’appréhender différemment son travail plastique.

Son exposition, WasteLand, présentée cet hiver au lycée, réunit une série d’œuvres peintes narrant la vie de personnages divers dans une ville fictive, sinistrée et peu attrayante ; une ville, à bien des égards, analogue à Saint Etienne ! Le projet artistique vise à mettre en avant (et à dénoncer !) l’apathie collective que provoque la société capitaliste libérale. L’engagement politique de Linda Roux affleure donc d’emblée, dès la mise en forme du projet qui se réfère par ailleurs explicitement à l’atmosphère macabre de The Walking Dead pour illustrer cette zombification fruit de l’exploitation capitaliste.

Linda Roux, Dimanche, 16:45, acrylique sur toile, 150 x 120 cm, 2015

Cette exposition met en scène les vies mornes, et parfois illusoires, de personnages inspirés d’amis de l’artiste ; des anti-héros fondamentalement attachés à leur classe sociale. « Classe sociale » ! L’expression est lâchée ! Cette notion de sociologie (un peu datée, il faut bien l’avouer !) a en effet souvent été convoquée au cours de l’échange que nous avons eu avec Linda Roux, l’artiste la désignant comme un “déterminant tenace” qui nous enracine et nous permet de (contraint à ?) nous rappeler nos origines.

Ainsi, de toile en toile, les personnages partagent avec nous, qui les vicissitudes de sa condition prolétaire, qui son quotidien étriqué de petit bourgeois appartenant à la classe moyenne désillusionnée en voie de paupérisation. Chaque « portrait » est titré en anglais et ne manque pas de faire un clin d’œil à la pop culture et aux séries dont ces classes populaires sont souvent friandes.

Nous avons, par exemple, Pierre (personnage de l’une des toiles) qui a préféré fuir la vie urbaine en raison de sa misanthropie et qui a décidé de s’installer dans une simili-campagne semblable à celle que l’on peut trouver à Saint Martin La plaine, la bourgade où Linda Roux a grandi ; le « monde des haies » dit-elle en référence aux lotissements qui marquent l’urbanisme un peu anarchique des couronnes périurbaines des grandes agglomérations françaises.

Linda Roux, Le train à destination de Tokyo va entrer en gare (de Ozu à Takahata),
acrylique sur toile, 170 x 140 cm, 2018

Puis, figure Stéphane, un homme qui s’est « surclassé » en s’arrachant à sa classe sociale d’origine : ce fils de paysan a en effet réussi à devenir professeur d’Arts plastiques. Las, il subit depuis lors une routine morose dont il tente de s’extirper en fumant de temps à autre des cigarettes « spéciales » ( !)… Nous retrouvons ici la charge véhémente de Linda Roux à l’endroit du « métro, boulot, dodo » qui structure la vie de nombreux Français des classes moyennes et populaires.

Enfin, voici Valérie, une femme dont la situation financière s’avère instable et qui jongle avec des petits boulots. La faiblesse des revenus et la précarité de sa situation ne l’empêchent pas, bien au contraire, de garder un peu de temps pour se divertir ; son passe-temps favori est la lecture de mangas qui lui permet de s’évader en voyageant dans des campagnes japonaises fictives. D’ailleurs, cette émancipation par le divertissement ne serait-elle pas fictive, comme les rizières des mangas ? Après tout, l’étymologie du mot « divertissement » (et la philosophie de Blaise Pascal !) devrait nous mettre en garde… « Panem et circenses » (« Du pain et des jeux ») disaient les Romains dans la même veine… avec Paul Veyne !

L’œuvre de Linda Roux prend ainsi les apparences d’une chronique du monde contemporain tel qu’il va… ou ne va pas ! L’approche politique tend à faire de son travail artistique une étude sociologique et psychologique ; une étude subjective, incarnée par des personnages ordinaires dont le quotidien désespérant émeut. Les protagonistes de l’œuvre, ces « anti-héros du quotidien », sont des vaincus qui tentent en vain de s’émanciper. « La mélancolie des vaincus », tel aurait bien pu être le titre de cette exposition si Eric Manigaud ne l’avait pas déjà si brillamment illustré au MAMC+ au printemps dernier (avec une toute autre approche par ailleurs !).

Un autre des maîtres mots de cette exposition est donc « subjectivité » ! Vous l’aurez compris, l’artiste témoigne du pluralisme des points de vues sur la vie. Car en effet notre rapport à la vie est multiple : on peut la subir, l’accepter, l’accueillir ; elle peut être un supplice quotidien, elle peut s’avérer in fine confortable… ou bien seulement acceptable et être le fruit de la résignation…

La vie et la manière dont on l’aborde dans sa subjectivité, c’est aussi la perspective de la mort… Mort physique, mort sociale, mort culturelle… La mort, Linda Roux l’a mise à l’honneur lors de sa présentation. Elle a montré en quoi la dualité vie/mort structurait son travail. Dans la série d’œuvres de Wasteland, on retrouve souvent ces deux élans qui s’opposent tout en étant intimement mêlés. L’artiste a partagé avec nous sa vision de la mort ; elle s’apparente à une porte de sortie, une échappatoire, lorsqu’on ne veut plus subir cette vie. Mais cette alternative est irrémédiable et son caractère définitif nous raccroche donc à la vie en nous incitant à tenir une sorte de comptabilité. Tant que le passif ne l’emporte pas sur l’actif… Comme Linda Roux nous l’a dit “la Vie est renforcée par la Mort”.

L’échange s’est terminé dans une atmosphère plus légère ; Linda Roux est revenue sur son parcours et son métier d’artiste. Le bilan en demi-teinte qu’elle en dresse l’a poussé à nous encourager à explorer, à découvrir, à être curieux de tout. Car de l’épanouissement dans les arts et la culture naît l’émancipation !

Pour d’informations sur l’artiste, consultez son blog.

Autodidaxie… énigme résolue ?!

Le 2 décembre dernier, les élèves inscrits en terminale HIDA spé se sont rendus chez nos amis du MAMC+ de Saint-Etienne pour visiter l’exposition « L’énigme autodidacte ». Evaëlle DSG nous livre ses impressions. Merci à elle!

« Nous sommes allés, dans le cadre de la spécialité Histoire des arts, visiter l’exposition « L’énigme autodidacte » au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint Etienne ; le commissariat de cette exposition qui se tient jusqu’au 3 avril 2022 a été assuré par Charlotte Laubard. Cette enseignante en école d’art a mené une enquête minutieuse pour résoudre l’une des grandes énigmes de l’Histoire de l’Art : l’autodidaxie ou comment produire des oeuvres d’art sans avoir été initié, formé (formaté?), policé? Cette exposition met donc en lumière des artistes (dont beaucoup de femmes) pratiquant ce qui relève peu ou prou de l’« Art Brut ». Nous pouvons ici rappeler ce que ce concept doit au grand Jean Dubuffet qui considérait que cette pratique artistique se caractérisait par l’indifférence de l’artiste à l’opinion d’autrui et par des références marginales mettant en avant la « mythologie » personnelle de l’artiste « brut ». Certains parlent «d’art des fous » pour évoquer cette pratique parfois proche, en effet de « l’art thérapie ».

Emma Kunz, Sans titre n°015, crayon, 93 x 93 cm, présenté au MAMC+ de Saint Etienne

L’exposition s’étale sur 1000m² et accueille plus de 200 œuvres. Parmi elles, nous retrouvons celles d’artistes des quatre coins du monde, telles qu’Irma Blank, Emma Kunz, Judith Scott, Ceija Stojka, Carole Rama ou encore Wendy Vanity. Autant d’univers artistiques et personnels différents et fascinants!

J’ai tout d’abord été séduite par la variété des types d’arts présentés car en effet, nous retrouvons aussi bien des photographies, que des sculptures, tableaux, écrans de télévisions, objets en tous genres en pâte à modeler… puis impressionnée par la diversité que l’art Brut peut créer à travers les différents artistes. Il laisse libre court à l’imagination et à la sensibilité de chacun ; une liberté qui concerne aussi bien l’artiste que le regardeur/spectateur. Par exemple, nous retrouvons l’artiste Emma Kunz, magnétiseuse et télépathe de profession qui réalisait ses tableaux grâce à un pendule puis reliait ensemble, les points qu’elle obtenait à l’aide d’un crayon de couleur ou d’un crayon gras. Pour elle, ses œuvres étaient des « matérialisations des forces magnétiques ». J’ai trouvé cette manière de traiter l’art très originale et mystérieuse. Que nous soyons adeptes ou non, il faut bien reconnaître que le résultat obtenu est « bufflant »…et curieusement symétrique.

En parcourant les salles de l’exposition ma curiosité, tout comme celle de la plupart de mes camarades, a été piquée par une œuvre en particulier : une salle composée uniquement de murs blancs éclairés par une agressive lumière très claire, presque aveuglante. Cette oeuvre de Tania Mouraud est une oeuvre immersive qui nécessite d’y pénétrer pour l’appréhender et l’apprécier. Nous avons donc eu la possibilité d’entrer seuls dans cette étroite pièce et de la laisser nous procurer des émotions et des sensations. Certains d’entre nous ont ressenti un certain onirisme et y trouver une ambiance invitant à la relaxation et redonnant de l’énergie… quand d’autres y ont plutôt  vu une salle de torture !

Vue des salles du MAMC+ « L’énigme autodidacte »

J’ai trouvé cette œuvre de Tania Mouraud intéressante car elle offre l’opportunité aux visiteurs d’expérimenter de nouvelles sensations et de laisser libre cours à leur imagination et à leur sensibilité. En effet, certains dansaient, fermaient les yeux, marchaient, se couchaient… profitaient tout simplement de ce moment dépourvu de tout regard pour faire ce qu’ils avaient envie. Je vous conseille fortement de visiter cette exposition car il y en a pour tous les goûts (pour peu que l’on accepte de se laisser surprendre par ces oeuvres toutes plus originales et novatrices les unes que les autres!) et elle met en valeur des génies formés à « l’école de la vie »! »