Du son au MAC Lyon!

Billet de blog rédigé par Kim B, élève de Terminale HIDA Fac, à l’issue du vernissage auquel les élèves étaient conviés.

Le 7 mars 2019, nous avons eu l’honneur d’assister au vernissage des nouvelles expositions du Musée d’Art Contemporain de Lyon fermé depuis le 2 janvier 2019. Les quatre nouvelles expositions ont comme fil conducteur le son.

Nous avons été accueillis par Anouk, une étudiante en Master d’histoire de l’art à Lyon qui effectue un stage au MAC depuis un mois. Elle nous guida dans les salles et nous permit de mieux nous repérer au milieu d’une foule immense…dans laquelle nous avons même pu repérer Gérard Collomb, le maire de Lyon, et Sylvie Ramond, la directrice de l’institution. Anouk nous a indiqué avoir fait un bac ES avant de diriger vers des études d’histoire de l’art ; elle désirerait travailler en tant que conservatrice dans un musée.

Revenons aux expositions…

Au premier étage, les visiteurs peuvent découvrir Sounding New qui s’organise autour de Rainforest de David Tudor, œuvre sonore tout récemment acquise par le musée. En outre, ils peuvent (re)découvrir un large choix d’œuvres d’artistes présents dans la collection tels que La Monte Young, Terry Riley…

David Tudor & Composers Inside Electronics, Rainforest V (Variation 2), 2015. Vue de la Biennale d’art contemporain 2017 au macLYON © Museum der Moderne Salzburg

Au deuxième étage, Maxwell Alexandre, l’artiste montant de la jeune scène brésilienne, présente pour sa première exposition monographique hors du Brésil un ensemble de grandes peintures inspirées du rap, tandis qu’une exposition d’un nouveau genre, intitulée Storytelling, invite six jeunes artistes à intervenir dans le musée, successivement et en présence du public, à partir d’un indice sonore. Il s’agit de faire de la résidence de ces artistes le coeur du projet artistique ; c’est le processus créatif qui sera mis en lumière et le spectateur devrait y avoir toute sa place… Un work in progress dont le vernissage ne pourra se faire qu’a posteriori!

Maxwell Alexandre – Série « Pardo é Papel »Só quando tu tá com as folhas geral gosta de salada, 2018 -Collection Frances Reynolds, Courtesy Fortes D’Aloia & Gabriel, et A Gentil Carioca

Enfin, au troisième étage, Tal Isaac Hadad conçoit un projet performatif qui mêle massage et chanteurs lyriques.

Tal Isaac Hadad – Récital pour un masseur, 2018 Avec Rafael Oliveira, Eder Augusto Marcos, Paola Ribeiro et Endo Lincoln.

Et en parallèle se développera un ensemble de performances autour de la danse, du hip hop, de la vidéo, auquel nous avons d’ailleurs pu assister.

Vous avez juquu’au 7 juillet pour pouvoir apprécier ce nouveau programme alléchant! A bon entendeur…

 

 

Dans le Corbu, tout nous plut!

Billet de blog rédigé par Emma G & Edouard C, élèves de 2nde 10 Patrimoines/Histoire des Arts à l’issue de leur déambulation sur le site Le Corbusier de Firminy le 12 mars dernier.

Dans les années 50, la ville de Firminy était marquée par la classe ouvrière. La ville était bien plus peuplée qu’aujourd’hui mais était constituée, dans sa quasi-intégralité, de logements insalubres. C’est pourquoi, le maire de l’époque, Eugène Claudius-Petit fit appel à des urbanistes, dont le Corbusier, pour palier ce désagrément.

Charles-Édouard Jeanneret-Gris (1887-1965), dit Le Corbusier

Charles-Edouard de Jeanneret de son vrai nom, était un urbaniste mais aussi un designer et un architecte comme cela a été montré à l’occasion de la table ronde de Radio Urfé organisée au lycée après notre visite de l’exposition « L’Ornement est un crime ».

Quoi qu’il en soit, c’est dans ce contexte de pauvreté et de croissance démographique et économique que fut créé le quartier de Firminy-Vert, bien plus ouvert et aéré que le reste de la ville, et, surtout, bien plus conforme aux normes d’hygiène et de confort de l’époque. Le Corbusier intervient dans ce quartier au milieu des années 1960, soit après que les principaux immeubles que nous pouvons voir actuellement eurent été réalisés.

La MJC de Firminy constuite par Le Corbusier

Son cahier des charges était assez simple : le quartier devait permettre aux habitants de travailler (c’est pourquoi il est assez proche du centre ville et des usines), de se récréer, avec notamment le stade, la MJC, ou l’église, et enfin de pouvoir circuler, il est donc desservi par de larges axes de circulation et est accessible aux voitures. Nous pouvons noter que l’ensemble architectural de Le Corbusier est en béton car ce matériau est plus facile à produire et, partant, plus économique. Il correspond en tous points aux attentes de l’architecte qui, on le sait, est « maître es béton » en quelque sorte!

L’architecture de l’ensemble est très harmonieuse et équilibrée ; Le Corbusier a en effet usé de son unité de mesure :  le Modulor, une silhouette d’homme de taille moyenne (1,83 m).

Le quartier est composé de la MJC, avec un toit suspendu grâce à de longs câbles qui permettent une structure bien plus légère et souple, avec une façade très penchée, pensée initialement pour supporter les gradins du stade.

Le stade, quant à lui, est composé de gradins dont une partie est couverte et inspirée par les stades antiques.

Eglise Saint-Pierre de Firminy

Le monument du quartier est bien l’église, avec sa base carrée se transformant en pyramide tronquée. Son intérieur est presque aussi loufoque! Aucune ouverture « classique » mais on y retrouve la constellation d’Orion (en « rondelles » de verre incrustées dans le béton), qui, avec la lumière du soleil, reproduit des sortes de vagues sur les murs.

Mais le clou du spectacle, reste l’Unité d’Habitation. Avec son architecture originale, le bâtiment comporte 7 paliers, nommés « rues » avec 60 appartements par palier, allant du studio au T5. Cet immeuble a une superficie totale de 27 859 m2. S’il est aussi imposant, c’est parce qu’il devait pouvoir contenir un maximum de personnes, en vue des prévisions démographiques de l’époque.

Il devait par ailleurs faire cohabiter une grande population, à la manière d’une ville, c’est pourquoi, il était primordial que les gens se rencontrent. Ainsi, on peut retrouver une école maternelle au sommet, ayant pour but de faire se rencontrer les enfants, ainsi que les parents.

L’Unité d’Habitation

La terrasse au sommet offre une vue imprenable aux personnes qui s’y trouvent, à condition de ne pas avoir le vertige…

Tous ces aménagements ont encore prouvé que Monsieur Jeanneret était un véritable génie, autant en design qu’en urbanisme, bien dommage donc qu’il n’ait pas pu voir son œuvre finie. En effet, on peut rappeler que s’il a posé la pierre de fondation, il mourut avant la fin du chantier…

Le Modulor

Un petit tour en galerie

Le 29 janvier, les élèves de 1ère HIDA spé ont eu le privilège d’être accueillis par la galerie Ceysson & Bénétière de Saint-Étienne. Voici ce qu’ils en ont retenu.

Billet rédigé d’après le travail de Siam R, élève de 1ère L spé

Oeuves de Joe Fyfe et Claude Villat à la Galerie Ceysson Bénétière en 2019

Qu’est-ce donc qu’une galerie ?

Une galerie d’art est un endroit où les artistes exposent leurs œuvres sur une durée déterminée ; c’est un moyen pour eux de se faire connaître et de vendre leurs oeuvres. Par ailleurs, la galerie a parfois les moyens d’acheter certaines des oeuvres et de se constituer ainsi une mini collection, une sorte de réserve, qu’elle peut exposer ou prêter à des musées ou à des partenaires à l’occasion de manifestations culturelles.

La galerie Ceysson & Bénétière est située en plein coeur de Saint-Étienne (rue des Creuses), elle a été fondée par Monsieur Ceysson, une figure stéphanoise reconnue (il a été directeur du Musée d’Art Moderne) ; elle est et aujourd’hui dirigée par son fils et par un ami de son fils. Elle accueille près de 1600 personnes par an.

Quel est le parcours de notre hôte ?

Dans la galerie, nous avons été accueillis par Marie Kaya qui fait partie des médiateurs/médiatrices qui se relaient pour présenter les expositions en cours. Ainsi, la médiatrice qui nous a reçus s’est présentée et nous a expliqué son parcours professionnel. Titulaire d’une licence et d’un master en art, elle prépare actuellement sa thèse pour son doctorat en Arts Plastiques (une thèse sur la photographie). Elle travaille dans la galerie depuis deux ans, et avant cela elle travaillait comme médiatrice dans les musées de Saint-Étienne.

Claude Viallat
1972/007, 1972
Colorant mordant sur tissu, 260 x 515cm

Claude Viallat / Joe Fyfe : un dialogue stéphanois!

Peintre depuis 1966, il aime assembler des tissus et les peindre. Il a une perception très « zen » de son travail ; tout ce qu’il va produire, il va le garder, car d’après lui toutes ses toiles sont des morceaux de lui. Il désacralise ses œuvres ; les tissus sont froissés, tachés…

Il est tous les jours dans son atelier, il est passionné par son métier. En 2016 il a fêté ses 50 ans de carrière.

Claude Viallat
1978/009, 1978
Acrylique sur tissu, 130 x 285cm

On peut rappeler que Claude Viallat a étudié à l’École des Beaux-Arts de Montpellier de 1955 à 1959, puis à l’École des Beaux-Arts de Paris en 1962-63, dans l’atelier de Raymond Legueult. En 1966, il adopte un procédé à base d’empreintes, qui l’inscrit dans une critique radicale de l’abstraction lyrique et géométrique. Cette forme neutre, ni naturelle ni géométrique, est répétée sur une toile libre, sans châssis, déterminant la composition de l’œuvre. En 1969, il est membre fondateur du groupe Support/surfaces.

Des références multiples se trouvent revendiquées par l’artiste: Matisse et Picasso mais aussi Simon Hantaï ou Jackson Pollock… ; ces références lui servent à construire une œuvre multiforme d’une grande richesse.

Joe Fyfe
Child of the mist, 2015
Coton, Banderole, Acrylique, 91.5 x 81.5cm

Le travail de Claude de Villat est ici associé à celui de l’Américain Joe Fyfe dont les oeuvres sont exposées dans le monde entier de puis les années 1980 ; cette exposition l’associe donc au mâitre de supports/surface dans un dialogue avec l’abstraction américaine contemporaine.

Joe Fyfe
Flag, 2015
Assemblage de tissus avec drapeau, 285.5 x 72cm