Fogeron expose!

Dans le cadre de sa programmation artistique, le CDI vous propose une nouvelle découverte, celle de l’oeuvre d’Hervé Fogeron.

Le vernissage aura lieu le 6 décembre prochain, à 16h, au CDI en présence de l’artiste… On n’imagine pas que cette rencontre ne donne pas lieu à un petit billet… Suite début décembre donc!

Tous à la Biennale!

Ce jeudi 21 novembre, les élèves de la section Histoire des Arts du lycée se sont rendus à Lyon pour visiter la Biennale d’Art Contemporain de Lyon. Départ à 10h de la rue Buffon!

Au cours de cette journée lyonnaise, les élèves ont pu découvrir certains des artistes les plus en vue du moment ; quelques belles découvertes… et quelques interrogations!

Jean-Marie Appriou, Roncier, (détail) 2019. Courtesy de l’artiste, de la Biennale de Lyon 2019 et Galerie Jan Kaps, Cologne ; C L E A R I N G, New York/Bruxelles [Brussels]

Le matin, nous avons déambulé dans les immenses hangars des usines Fagor (quartier de Gerland) reconvertis pour l’occasion en halls d’exposition. Au fil du parcours, nous avons été confrontés à des œuvres originales, troublantes, dérangeantes… Des œuvres qui disent beaucoup de notre époque et de notre rapport à l’art et au monde.

Thomas Feuerstein, Prometheus Delivered (détail), 2017-2019. Courtesy de l’artiste, de la Biennale de Lyon 2019 et gallery Elisabeth & Klaus Thoman, Innsbruck/Vienne

Ainsi, nous avons fait la rencontre de l’œuvre improbable de Thomas Feuerstein dont l’installation intitulée Prométhée délivré étonne et séduit ! Une sculpture de marbre se délite sous nos yeux, dévorée qu’elle est par des bactéries mangeuses de pierre alors que, parallèlement, ces mêmes bactéries nourrissent des cellules hépatiques humaines afin de cultiver un foie artificiel ! Une manière originale de se réapproprier le mythe grec du Titan condamné à se faire manger le foie par l’aigle du Caucase, et ce pour avoir offert le feu aux hommes. Avec Thomas Feuerstein, nous voilà dans une quasi-œuvre de science-fiction !

Thomas Feuerstein, Prometheus Delivered (détail), 2017-2019. Courtesy de l’artiste, de la Biennale de Lyon 2019 et gallery Elisabeth & Klaus Thoman, Innsbruck/Vienne

Pannaphan Yodmanee quant à elle nous a séduits avec son œuvre intitulée Quarterly Myth, qui est une installation in situ présentant des buses de béton dans lesquelles on peut entrer et où on découvre, stupéfaits, des décorations délicates inspirées directement de la culture asiatique : certaines peintures évoquent la cosmologie bouddhiste quand d’autres nous parlent de la mort ou de catastrophes naturelles… Ce dialogue fécond entre le béton et la peinture est à bien des égards renversant !

Au Musée d’Art Contemporain de Lyon que nous avons parcouru l’après-midi, c’est avec les artistes Renée Levi ou Daniel Dewar que nous avons pu faire connaissance avec plus ou moins de bonheur si l’on en juge aux commentaires « à chaud » de nos historiens de l’art en herbe !

Cette journée lyonnaise a quoi qu’il en soit complété la visite du Couvent de la Tourette à Eveux où les élèves de terminale et de 1ère cette fois avaient pu apprécier la puissance de l’œuvre de Anselm Kiefer qui, dans le cadre de la Biennale, est l’invité des Frères dominicains, 50 ans après son premier séjour dans le Couvent de Le Corbusier. Pour le coup, on a tous…kiffé Kiefer !

Palmsonntag, (détail) 2007, huile, émulsion, gomme-laque, argile, plantes séchées, méta, tissu et plâtre sur contreplaqué sous verre dans des cadres en acier avec palmier en résine et terre, détail d’un ensemble de 33 vitrines, chacune 190 x 140 cm

 

On va kiffer Kiefer!!

Billet de blog rédigé par Yasmine K, élève de Terminale HIDA spé à l’issue de la visite de l’exposition consacrée à Anselm Kiefer au Couvent de la Tourette.

Dans le cadre du programme d’Histoire des Arts de terminale L spé, nous sommes allés au couvent de la Tourette à Eveux près de Lyon afin de voir l’exposition d’Anselm Kiefer. Dans ce lieu marqué par la sacralité, l’oeuvre de Kiefer résonne tout particulièrement.

Affiche de l’exposition « Anselm Kiefer à la Tourette », organisée en partenariat avec la Biennale d’Art Contemporain de Lyon du 24 septembre au 22 décembre 2019

Vous avez dit Kiefer ?!

Anselm Kiefer est un peintre, sculpteur contemporain allemand né en 1945 dans le Bade-Wurtemberg.  Il étudie d’abord le droit, les langues et les littératures romanes. En 1963, il il entreprend un voyage en France et séjourne à Paris, Lyon et Arles avant de poser ses valises pour trois semaines, en 1966, au couvent de la Tourette. Il dira par la suite y avoir découvert la « spiritualité du béton », matériau qui aura de l’importance dans son œuvre. C’est au cours de ce séjour/retraite qu’il décide de s’orienter vers l’art et de s’inscrire aux Beaux-Arts, d’abord à Fribourg-en-Brisgau puis à Karlsruhe. Actuellement, il vit et travaille en France ; depuis 1992, son atelier se situe en effet à Barjac, dans le Sud de la France.

Anselm Kiefer, Danae, 2019, plomb, résine, métal, graines de tournesol et feuille d’or, 335 x 240 x 190 cm

Dans le cadre de a Biennale d’Art Contemporain de Lyon, les frères dominicains ont décidé de l’inviter à exposer en leurs murs 52 ans après son séjour au couvent. Il a accepté l’invitation et a sélectionné des oeuvres qui permettent un dialogue fécond avec l’architecture de Le Corbusier, une architecture qui l’a tant marqué.

Sa démarche artistique….

Son art est au service de la mémoire, ses œuvres abordent les désastres de l’histoire et affrontent les démons de l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale. Il utilise beaucoup dans ses productions les matériaux tels que le plomb, le béton, les cendres, la peinture.

Anselm Kiefer, Pourquoi y-a-til quelque chose plutôt que rien ?, (détail) 2010-2016, émulsion, acrylique, huile, gomme-laque, métal, résidu d’électrolyse et livre de plomb sur toile, 190 x 560 x 32 cm.

Quelques œuvres de l’exposition…

Chacune des œuvres exposées est reliée, d’une manière ou d’une autre, à la thématique de la religion, à tout le moins exprime une certaine spiritualité. Les références à la religions chrétienne peuvent être plus ou moins explicites mais ne manquent pas de faire sens dans un lieu comme le Couvent de la Tourette.

Maât-Ani, 2018, Verre, métal, cendre, argile, et plume, 202 x 150 x 120 cm

Cette œuvre évoque de manière très transparente la pesée de l’âme. C’est un épisode important de la vie après la mort dans la mythologie égyptienne. Ainsi, si le cœur est plus léger que la plume, l’accès au paradis est permis. Cela renvoie aussi, naturellement, au thème chrétien du Jugement dernier très présent sur les tympans des églises romanes.

Résurrection, 2019, Béton, sable, résine, plâtre et acrylique, 430 x 730 x 610 cm

Cette œuvre aborde la ruine… et la renaissance! La résurrection, en somme!. Ainsi sur les gravas s’élèvent des tournesols dont il est peu de dire qu’ils revêtent, pour Kiefer, une importance particulière tant son oeuvre y revient régulièrement. Placée dans l’église du couvent, cette oeuvre fait sens et impressionne par ses résonances avec le dogme chrétien.

Heiliges Jerusalem, Jérusalem céleste, 2007-2019Ciment, sable, plomb, plâtre et métal, 205 x 550 x 280 cm

Jérusalem céleste aborde aussi la thématique de la ruine. Les livres en plomb servent à porter les blocs de béton. Ici, il fait référence à l’histoire et au savoir. Il y a un parallèle évident entre le béton des blocs qui composent l’oeuvre et les colonnes de Le Corbusier.

Anselm Kiefer, Pourquoi y-a-t-il quelque chose plutôt que rien ?, (détail) 2010-2016, émulsion, acrylique, huile, gomme-laque, métal, résidu d’électrolyse et livre de plomb sur toile, 190 x 560 x 32 cm.

Anselm Kiefer, Pourquoi y-a-t-il quelque chose plutôt que rien ?, (détail) 2010-2016, émulsion, acrylique, huile, gomme-laque, métal, résidu d’électrolyse et livre de plomb sur toile, 190 x 560 x 32 cm.