(R)engagez-vous!!

A l’heure des choix de spécialités ou d’enseignements optionnels, voici quelques témoignages d’élèves de terminale qui, à l’heure du grand départ, nous livrent leurs impressions…

Ines R., élève de Terminale S en 2019-2020

« Pour ne pas vous mentir, ma motivation première, [en m’inscrivant en Histoire des Arts] était [d’obtenir des] points de plus pour mon bac. Mais c’était aussi, [parmi les options proposées au lycée, l’enseignement] qui apportait le plus de connaissances ; donc voilà pourquoi [j’ai choisi] cette option.

L’HIDA m’a vraiment beaucoup apporté, elle m’a permis de faire des sorties que je n’aurais pas penser faire à Saint-Etienne et à Lyon [et d’acquérir beaucoup] de connaissances en peu de temps, [ce qui] n’est clairement pas négligeable. J’ai eu une nouvelle (et une meilleure!) vision de l’histoire des arts.

[L’équipe enseignante] a donné des cours dignes de ce nom […]. [Elle a] toujours été très réactive, à notre écoute, et [a] proposé de très bons sujets. Merci à [elle] pour cette année de qualité, qui m’aura permis d’acquérir beaucoup plus de savoirs, et d’apprécier davantage l’art en lui même et tout ce qui le concerne. Merci […] pour cette année ! »

Rim F., élève de Terminale STMG

« Enrichir mes connaissances et rendre mon année scolaire plus intéressante, [voilà ce qui a motivé mon choix en début d’année.] [Et ce d’autant que l’année prochaine, je vais entrer dans une] classe préparatoire aux Grandes Ecoles (CPGE) de commerce option technologie à la Martinière Duchère : […] on y fera de la culture générale et je suis sûre et certaine que les cours d’HIDA me seront utiles.

Etant une élève allophone j’ai eu des difficultés à réaliser les dossiers trimestriels car dans mon pays on réalise les dossiers d’une façon complètement différente mais ça ne m’a pas empêché de m’intéresser à la matière qui s’est révélée intéressante [et d’obtenir de beaux résultats!].

J’ai pris HIDA et Arts Plastiques en terminale [malgré la] charge de travail [que cela a représenté pour moi], mais j’en étais tout à fait consciente. […] Les professeurs ont toujours été disponibles [pour moi] et pour ça je les remercie beaucoup. »

Sherley J., élève de Terminale S

« J’ai choisi cette option car j’ai été intriguée par la présentation [que] l’équipe d’Histoire des Arts [avait faite à ma classe, en fin de 1ère] et je souhaitais en découvrir plus sur l’art. Cette option m’a permis de progresser, d’évoluer intellectuellement et d’enrichir ma culture. [Ce qui est sûr, c’est que je vais] continuer de garder un lien avec les arts et la culture. »

Erin-Tiphaine V., élève de Terminale L

« [Après trois ans d’Histoire des Arts au lycée,] je poursuis un enseignement en Histoire, Histoire des arts et archéologie [car] cette matière est trop intéressante pour la laisser s’échapper si facilement [après le bac]!

[Pour ma part, l’HIDA m’a permis d’envisager] un avenir intéressant et plaisant pour la suite (si tout se déroule à peu près comme prévu) […]. Je remercie l’équipe pour son investissement et [pour] l’envie d’apprendre qu’elle a permis de développer à travers ces trois années [d’enseignement]. [L’HIDA, pour moi, c’est] la seule matière scolaire [ qui m’est apparue comme un puits] sans fond, [comme un enseignement] inépuisable, qui [a toujours su susciter] de l’intérêt ! Bon courage pour les prochaines années et un grand merci pour tout ! »

D.C, élève de TS

« Comme je l’ai souvent dit, j’ai pris cette option, au départ, pour les points qu’elle pourrait m’apporter au Bac. Je l’imaginais ennuyeuse à souhait ; [Je me voyais déjà me contenter] d’observer des tableaux et de les décrire plan par plan. Mais c’est une toute autre réalité que j’ai découvert et cela dès le départ.

Ma première sortie a été celle de la Biennale de Lyon et [le] verdict [est] sans appel : c’était excellent ! [Cette] sortie […] m’a marquée [car] j’ai redécouvert l’art [sous un autre] angle [grâce à une] approche plus moderne […]. Je me suis rendue compte [à cette occasion] que l’art, ce n’est pas [nécessairement] beau (d’ailleurs parfois ça ne l’est pas!) ; mais en tout cas il y a un ou des message(s) très pertinent(s) et qui amène(nt) à réfléchir. L’imagination des artistes est époustouflante. Je n’ai pas fait beaucoup de sorties à vos côtés mais celles que j’ai faites m’ont énormément plu, [sauf peut-être celle au] Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Etienne [car] l’art abstrait […] me touche moins [en raison du fait que] les messages transmis par ce type d’art sont pour moi peu clairs et pas assez pertinents. Je retiendrais [néanmoins] la Vanité et le tableau de Friedrich.

J’ai également redécouvert le Musée d’Art et d’Industrie stéphanois que j’ai trouvé super intéressant [car] j’en ai beaucoup appris sur ma ville natale et ses activités d’antan. Le projet qu’on aurait dû faire avec [ce musée ( la participation à la Nuit Européenne des Musées, en mai)] était également pertinent et j’ai bien aimé faire mes recherches sur ma partie qui concernait Etienne Mimard et son collaborateur. […]

Globalement, les sorties ont donc été à mes yeux enrichissantes, intéressantes et m’ont permis de développer un goût et un intérêt pour l’art, choses que je n’avais pas forcément jusque là.

J’ai donc pris la résolution d’aller dorénavant, de mon plein gré, au musée et aux expositions types Biennales, et [cela] plus seulement dans un intérêt scolaire, mais plutôt personnel, pour ma culture. Cette option m’a donc été bénéfique !

Concernant le déroulé des cours, [je peux dire que] les cours d’histoire et de littérature m’ont plu, ce fut des cours « classiques » […], simples et efficaces. […] .Concernant le cours de musique, j’ai vraiment beaucoup apprécié ! Les œuvres abordées m’étaient toute totalement inconnues sauf la dernière, […] Les temps modernes, mais c’est parce que c’est un classique. J’ai beaucoup aimé travaillé sur Nina Simone, artiste que je ne connaissais pas du tout, et sur ses textes très explicites et dénonciateurs. La manière dont la professeur abordait les œuvres m’a beaucoup plu : [elle] commençait toujours par une écoute puis elle nous emmenait ensuite vers une réflexion dans laquelle chacune de nous, élèves, apportions notre façon de voir les choses, notre interprétation. […] Le débat autour du rap/r’nb m’a énormément plu ; nous étions chacune à l’écoute des autres [bien que] les opinions divergeaient. […]. J’ai beaucoup appris dans ce cours et ce que j’ai aimé c’est que l’on se détachait du cours de musique type, style « quel est cet instrument, cette note » etc. On se basait surtout sur les messages des œuvres présentées et sur le pouvoir de la musique, des paroles. J’ai également aimé la façon d’aborder les extraits de film en mettant seulement le son et en nous laissant imaginer le scénario et inversement comme pour les films de Chaplin et celui de Hitchcock. Cela fait vraiment se rendre compte de l’importance de la bande son dans un film.

La disposition des tables en U était également cool pour les réflexions de groupe. Pour les devoirs et les travaux à rendre, j’ai trouvé cela très faisable […] et j’ai aimé les faire.

Les dossiers trimestriels m’ont permis de faire des recherches et de me cultiver sur des sujets et des luttes que je connaissais, mais finalement de manière superficielle. J’ai donc pu approfondir mes connaissances et en acquérir des nouvelles. Je n’ai pas trouvé qu’il y avait une grosse charge de travail. Par contre, il ne faudrait pas, à mon sens, en demander plus!! C’était bien dosé.

Le fait [d’être] en petit comité [(une quiznaine)] était une très bonne chose ; l’ambiance était bonne et les réflexions de toutes étaient pertinentes, l’écoute et les demandes de réflexion et de participation par les professeurs rendaient le groupe dynamique et convivial. Il y avait une bonne participation spontanée également, ainsi que de la bienveillance entre nous.

C’est une option que je ne regrette absolument pas [d’avoir choisie], bien au contraire! Elle m’a beaucoup apporté en terme de connaissances et d’ouverture d’esprit et m’a permis de voir que l’art [pouvait véhiculer des] messages et des valeurs, [qu’il pouvait être un moyen] de libération […]. C’est vraiment [un enseignement] très enrichissant pour l’esprit et pour la culture personnelle avec toutes les recherches qu’on a dû faire, les cours et les [rencontres]. En plus d’apporter des points supplémentaires pour le Bac, elle apporte plein d’autres bénéfices. Les professeurs fournissent également un travail hors pair et organisent de bonnes sorties, de bons cours et de bons projets. Il n’y a que du plus ! Merci à vous pour tout ! »

Un immense mercis aux élèves qui ont eu la gentillesse de nous permettre de publier leurs témoignages… Le plaisir fut partagé! L’équipe enseignante prend elle aussi un vif plaisir à partager les découvertes et à échanger… 

 

Etienne Martin (1913-1995), La nuit d’Oppède (détail), 1942, bois de châtaignier, MBA de Lyon

Rêvons avec…

Coup de coeur pour le Musée Marmottan-Monet qui propose de courtes présentations d’oeuvres pendant la fermeture du musée… A cette heure, 18 oeuvres sont présentées et commentées parmi lesquelles, des oeuvres de Berthe Morisot, Vicky Colombet et puis… The big Boss de l’impressionnisme : Monet himself! Une belle entrée en matière! Rêvons donc!

Claude Monet (1840-1926), Mer agitée à Etretat, 1883, huile sur toile, 81,4 cm X 100,4 cm, MBA de Lyon

Last but not least, ces capsules sont même téléchargeables!

Emancipez-vous… par la culture… et par les murs!

Le 24 janvier dernier, les élèves de terminale suivant l’enseignement facultatif ont parcouru les salles du CHRD de Lyon où une exposition intitulée « La chute des murs. Street Art & Happening » en lien avec le 30ème anniversaire de la Chute du Mur de Berlin. Cette exposition entrait en résonance avec le thème du programme consacré aux relations entre Art et émancipations.

Emma G.nous livre ses impressions.

La visite a eu lieu au CHRD de Lyon le 24 Janvier 2020. Il faut peut-être de prime abord rappeler que ce bâtiment a été le centre de torture et d’interrogatoire de la Gestapo, ainsi que son siège au cours de la Seconde Guerre mondiale. Jean Moulin a eu son dernier interrogatoire en ce lieu.

L’équipe du CHRD a voulu rappeler l’origine de ce bâtiment tout en fêtant l’anniversaire de la chute du mur de Berlin et quoi de mieux que 6 street-artistes engagés pour cela ? 8-9 artistes locaux ont été appelés pour faire des propositions soumises à jury en vue d’une possible présentation. Au final 5 hommes et 1 femme ont été sélectionnés et chacun a dû présenter sa version du mur (thème choisi pour cette exposition). Lors de la visite nous pouvions voir qu’aucune des œuvres n’avait de cartel pour que l’interprétation soit propre à chacun. De ce fait, les visites guidées ont été fortement plébiscitées par le public afin de mieux entrer dans les oeuvres. L’équipe du CHRD a également eu recours à la réalité virtuelle pour « compléter » les œuvres. Lorsque nous nous mettions face à une œuvre en activant l’application du CHRD sur smartphone, une animation apparaissait. Toutes les œuvres ont été réalisées sur d’anciens panneaux d’autres expositions afin de les recycler.

Ici, voici l’oeuvre de l’artiste Big Ben. Le rat représente la vermine, on ne veut pas de lui. Le rat avec le marqueur peut représenter Banksy, il avait utilisé cette représentation du rat pour parler des paparazzis. Nous voyons en bas à gauche Big Ben, c’est la signature de l’artiste.

Le rat de Big Ben

L’artiste « droit dans le mur » a l’un des meilleurs pseudonymes pour cette exposition temporaire. Il réalise le plus souvent des jambes sortant d’un mur.
L’expression « aller droit dans le mur » veut dire qu’on va se tromper, rater ce que l’on entreprend et tomber.

Droit dans le mur

Ici nous voyons un homme avec un jean et des bottes donc un homme d’une société développée qui est droit dans le mur mais en plus porté par un indigène amazonien. Cela pourrait donc avoir un rapport avec la déforestation.

Cette œuvre a été réalisée par l’artiste Oak Oak, le pro de l’illusion. Le Mickey représenté sur cette œuvre est en fait la copie du Mickey sur le côté ouest du mur de Berlin qui illustrait la transition vers un système unifié de Berlin. Sur l’oeuvre de Oak Oak on dirait que Mickey nous invite à venir voir de l’autre coté. Lorsque nous activions la réalité virtuelle sur cette œuvre, des notes de musique sortaient de la porte.

L’oeuvre ci-contre est celle dont Oak Oak s’est inspiré.

Cette œuvre d’Agrume est frappante. Agrume a pour habitude d’incorporer des marguerites et des oiseaux sur ses œuvres. Ici, les tiges des marguerites sont remplacées par du fils barbelé. L’enfant est d’ailleurs lui aussi assis pied nu derrière du barbelé. Un faisceau de lumière l’éblouit et il se cache le visage derrière ses fleurs. On pourrait penser qu’il va se faire juger et que c’est un enfant juif. Les marguerites sont censées représenter l’espoir mais le fait que leurs tiges soient en barbelé pourrait signifier que tout espoir est « piquant », difficile.

Dans cette salle, nous pouvons voir l’oeuvre de Petite Poissone, une artiste qui est surtout maître des citations.
Dans cette salle, elle laisse les visiteurs s’exprimer. Nous pouvions écrire à la machine à écrire. Toutes les citations étaient alors accrochées au mur. Il y avait aussi des origamis en forme de grues qui, au Japon, sont symbole de chance, bonheur, prospérité.

Dans cette œuvre de By Dav, nous pouvons voir une interprétation de la célèbre œuvre « le radeau de la méduse » de Théodore GERICAULT. On pourrait imaginer des migrants se dirigeant vers New-York pour une vie meilleure mais malheureusement pour eux il y a encore un mur avec du barbelé. Les messages sur le mur comme « welcome » marqué en rouge pourrait être marqué avec du sang. La flamme de la statue de la liberté est un carreau blanc mais lorsque que l’on se recule et qu’on va sur la droite de l’oeuvre ce carreau pourrait en fait représenter un écran de téléphone. Cette œuvre pourrait donc dire que « l’herbe n’est pas plus verte ailleurs ».

Cette œuvre de Big Ben représente Hitler mélangé au Joker, incarnation du mal. C’est l’une des œuvres qui m’a le plus marquée.
Cette œuvre a ouvert nombre de débats durant les différentes visites. Un visiteur aurait dit que si le Joker est devenu méchant c’est à cause de l’environnement dans lequel il a grandi, avant d’enchainer sur Hitler et ses actes. Mais ces actes ne sont tout de même ni excusables ni pardonnables.

Ce trompe-l’œil de Oak Oak n’est pas laissé par hasard. A l’époque, les prisonniers avaient l’habitude de cacher des objets précieux pour eux dans les murs.

Le design du coeur pourrait nous faire penser au célèbre jeu video Zelda, où les coeurs servent à donner une autre vie pour mourir moins vite. Ici, on pourrait donc penser qu’il a caché le coeur afin d’avoir une vie meilleure ou simplement ne pas mourir.

Oeuvre réalisée par Droit Dans Le Mur.


Le mannequin rayé avec un gilet de sauvetage pourrait représenter un migrant et les rayures font penser aux tenues des prisonniers, donc un migrant prisonnier de son pays ou de son histoire. L’oeil ouvert au-dessus pourrait vouloir dire que tout le monde le voit mais que personne ne fait rien. La personne qui va droit dans le mur serait donc la société actuelle dans laquelle nous vivons mais l’oeil fermé au-dessus peut laisser penser que nous faisons ceux qui savent mais ne voient rien.

Pour conclure, cette exposition temporaire (du 08/11/2019 au 26/01/2020) était très percutante. Les artistes ont su nous transmettre beaucoup d’émotions à travers leurs œuvres. Certaines des œuvres seront d’ailleurs peut-être vendues. Je pense que c’est une expositions qui aurait pu plaire à tous les âges.

Je vous invite à cliquer sur ce lien pour lire le petit livre du CHRD concernant cette expositions : https://fr.calameo.com/read/0043822210e1c98667f1c?page=1.