Tous aux musées! La section fait sa rentrée aux musées!

En ce début d’automne, les élèves de la section ont (re)pris la route des musées et des institutions culturelles!

Les 2ndes HIDA ont découvert, le 24 septembre, l’exposition que le MAMC+ de Saint-Etienne consacre à Lionel Sabatté ; ils ont suivi notre médiatrice avec intérêt et curiosité… Un petit goût de revenvez-y!

Voici d’ailleurs ce qu’en dit Elsa T, élève de 2nde HIDA :

« Nous nous sommes rendus au Musée d’Art Moderne et Contemporain le 24 septembre dernier et nous avons pu y voir l’exposition de Lionel Sabatté intitulée « Eclosion ». L’artiste est né à Toulouse en 1975. Il est diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2003. Il a également reçu plusieurs prix depuis 2011. Lionel Sabatté s’intéresse à la transformation de la matière et à sa résurrection perpétuelle. On le remarque notamment avec un ancien châtaignier provenant du château de la Perrotière installé dans le hall du musée et qui connait, comme par enchantement, une nouvelle floraison. La démarche est la même avec l’hommage que l’artiste rend à Pierrette Bloch de qui il a récupéré une plante. Lionel Sabatté a décidé de revitaliser cette dernière en lui ajoutant de nouvelles fleurs. Et ces dernières sont fabriquées en peau de pied récupérées chez des podologues ! Ici, l’artiste veut créer un effet de surprise puis de dégoût pour nous faire réfléchir. En effet, quand un cheveu est sur notre tête, on en prend soin mais dès qu’il « tombe », il nous donne une sensation de dégoût. Cet effet est également constaté avec les ongles. Pour rester dans la même réflexion, Lionel Sabatté récupère les poussières venant de la station de métro Châtelet à Paris. Par la suite, il sépare les moutons de poussières et les positionne jusqu’à former un visage. Ici, il nous dit que la matière impose la forme. Cette exposition était aussi intéressante que surprenante ! En effet, je ne m’attendais pas à voir des œuvres faites de poussières et de peaux de pieds… Cela m’a également fait réfléchir. En effet, je me suis demandée où nous pouvions situer la « limite » de l’art… Je ne pensais vraiment pas qu’une œuvre faite de peaux de pieds pouvait être exposée dans un musée ! Mais ce fut quand même très enrichissant et très intéressant ! »

Les terminales spé sur les toits du Corbu!

Les Terminales HIDA spé ont quant à eux suivi une belle médiation à Firminy-Vert! Dans le cadre du programme qui nous invite à parler de Perriand, nous avons cherché à comprendre l’architecture de Le Corbusier avec lequel la « grande dame » aux « yeux en éventail » a tant oeuvré. L’occasion aussi de découvrir le travail de Manuelle Gautrand avec une sélection de 5 projets présentés au sous-sol de l’église Saint-Pierre.

Unité d’Habitation de Firminy Vert construire par Le Corbusier

Les 1ère spé ont crapahuté dans Sainté sur les traces de l’Art Nouveau. De la place Jean-Moulin au Square Massenet, une redécouverte du patrimoine architectural stéphanois! Et Vive Joanny Morin, père de l’Hôtel Michoudet aussi bien que du mobilier urbain de la ville!

Hôtel Michoudet, Square Massenet à Saint Etienne

Enfin, les 1ère-term option ont eu la joie de suivre Marie-Eve dans les salles du Musée des Beaux Arts de Lyon pour mettre en perspectives les liens entre art et émancipation… Une belle promenade à travers les siècles! De la statuaire grecque marquée du sceau du Doryphore à Simon Hantaï ou comment l’art s’apparente à un puissant ferment d’émancipation!

Si vous nous suivez régulièrement, vous aurez sans tarder le plaisir de lire les impressions que ces visites ont laissé aux élèves!

 

 

Black Lives Matter – le Street Art engagé de Banksy

Alors que l’Amérique de Trump connaît une vague de protestations qui fait écho à la Lutte pour les droits civiques, le street artiste Banksy a réalisé une nouvelle oeuvre en hommage à George Floyd.

Banksy, Sans titre, 2020

« Au début, je pensais que je devais me taire et écouter les Noirs à propos de ce problème. Mais pourquoi ferais-je cela ? Ce n’est pas leur problème, c’est le mien, explique Banksy, cité dans Connaissance des ArtsLe système a échoué avec les gens de couleur. Le système des Blancs. Comme une canalisation percée qui inonde l’appartement du dessous. Ce problème leur rend la vie malheureuse, mais ce n’est pas à eux de s’en occuper. Et ils ne peuvent pas, personne ne les laisse rentrer dans l’appartement du dessus. C’est un problème de Blanc. Et si les Blancs ne le règlent pas, quelqu’un devra monter et enfoncer la porte. »

De la scénographie d’exposition

Billet de blog rédigé par Alexia G, élève de terminale HIDA fac, à l’issue de la rencontre avec Pierre-Viencent Fortunier, scénographe, le 9 décembre dernier.

Le lundi 9 décembre 2019, nous avons eu la chance de rencontrer Monsieur Pierre-Vincent Fortunier. Ce muséographe/scénographe nous a été présenté dans le cadre de notre enseignement d’Histoire des Arts (HIDA pour les intimes!) dont l’une des missions est de nous faire découvrir les métiers des arts et de la culture.

Monsieur Fortunier s’est donc exprimé sur les enjeux de son métier de scénographe de manière tout à fait ouverte, s’aidant d’un support numérique afin de nous montrer des extraits filmés présentant l’exposition KATA qu’il a conçue pour le Musée de la Mine de Saint Etienne. Naturellement, il s’est aussi prêté au jeu des questions/réponses.

Affiche de l’exposition temporaire « KATA » au Musée de la Mine de Saint Etienne

Nous retenons ainsi que le métier de scénographe consiste en la conception et la réalisation d’expositions. Notre intervenant pratique la « muséographie interprétative » et la scénographie qui s’intègrent à des projets de « médiation culturelle ». Selon Monsieur Fortunier, l’objectif est « d’inventer une histoire », « d’en écrire les grandes lignes », et de réfléchir au meilleur moyen de la transmettre. L’objectif principal du scénographe est donc, pour résumer, de suivre le fil conducteur d’une thématique et de retranscrire celle-ci à travers une exposition construite avec cohérence en recourant à des dispositifs visuels et sonores.

Le travail du scénographe consiste donc, en amont, à s’emparer du sujet, à y réfléchir et à travailler sur la problématisation (eh! oui!) pour finalement arriver à une exposition qui interpellera le public, le questionnera et, si possible, le séduira. Pour ce faire, Monsieur Fortunier nous a confié qu’il aimait pratiquer la scénographie « immersive », c’est-à-dire une scénographie qui plonge le spectateur au cœur du sujet à travers une mise en scène et une approche directe des objets présentés dans l’exposition. C’est alors une « proposition spatiale totale ».

Vue de l’exposition KATA scénographiée par Pierre-Vinçent Fortunier

On peut souligner que la panoplie des thèmes d’expositions est TRES large ; elle comprend aussi bien des sujets artistiques que des sujets plus techniques, des sujets historiques que des sujets scientifiques… Bref, tout (ou presque!) peut faire l’objet d’une exposition! Le scénographe a ainsi le loisir et la chance de pouvoir faire de nombreuses découvertes car, avant de scénographier, il faut se documenter! Ce métier créatif est donc un métier intellectuellement stimulant qui nécessite un certain dynamisme.

Le scénographe doit cependant se plier à des règlementations : elles concernent aussi bien la sécurité (le public comme les oeuvres exposées ne doivent pas être mis en danger), que l’accessibilité (le public doit pouvoir circuler aisément). Afin de répondre aux exigences (au cahier des charges en somme), le scénographe doit faire appel à d’autres corps de métier, à savoir des graphistes, des spécialistes de l’audiovisuel, mais aussi des menuisiers, des électriciens et bien d’autres « hommes de l’art » encore.

Ceci explique que les projets sont parfois longs à réaliser, ils peuvent durer des mois.

Vue de l’exposition Kata scénographiée par Pierre-Vinçent Fortunier

Afin de donner corps à son propos, Monsieur Fortunier nous a fait découvrir son projet actuel, finalisé, qui se trouve au Musée de la Mine à Saint-Etienne : l’exposition KATA. Celle-ci se propose de traiter des catastrophes minières en présentant les effets mais aussi les causes multiples des explosions qui ont pu atteindre les mineurs sous diverses formes au cours de l’histoire : au fameux coup de grisou, il faut ajouter le coup de poussier, le feu de mine ou encore les inondations. Le scénographe a ici eu recours des dispositifs « classiques » : il a ainsi installé des panneaux et des vitrines qui permettent de saisir la réalité de ces catastrophes grâce à des frises chronologiques, des définitions, des explications techniques, des témoignages. Mais il a également eu recours à des supports vidéo qui facilitent l’immersion, notamment en permettant de vivre une catastrophe minière grâce à une reconstitution en 3D.  Cette exposition présente aussi l’écho de ces catastrophes minières dans les différents domaines artistiques : la littérature, la photographie, la vidéo, la peinture, etc. sont mobilisées pour évoquer ce sujet.Très clairement, Monsieur Fortunier a donc eu le souci de faire des choix pertinents afin de toucher son public.

Pour conclure, je peux dire qu’il était intéressant de découvrir ce métier en rencontrant directement un professionnel et en découvrant, par son intermédiaire, les enjeux de la scénographie. Il était également très pertinent d’évoquer l’exposition KATA qui permet d’aborder un cas concret, actuel et accessible (c’est à Saint-Etienne et c’est jusqu’au 25 mai!).

Vue de l’exposition KATA scénographiée par Pierre-Vinçent Fortunier