No plastic challenge

6 06 2018

Le ! Affûtez vos sacs en toiles, vos gourdes, mugs… et préparez vous à abandonner un maximum de plastique dans votre vie quotidienne.



Dossier INRA abeilles

23 05 2018

Les chercheurs volent au secours des abeilles

Sommaire

http://presse.inra.fr/Dossiers-de-presse/Les-chercheurs-volent-au-secours-des-abeilles



Comprendre et protéger la planète

4 04 2018

Le 22 avril 2018, Journée internationale de la Terre nourricière, sera l’occasion de rappeler la fragilité de notre planète et l’interdépendance de tous les êtres vivants avec les écosystèmes.
Atmosphère et pollution sont au programme de ces deux vidéos des Fondamentaux

L’atmosphère terrestre
et la couche d’ozone

La pollution
de l’atmosphère

Voir toutes les vidéos

Pour chaque vidéo, une fiche pédagogique vous est proposée pour vous aider à l’intégration de ces supports dans vos pratiques de classe.

POUR ALLER PLUS LOIN

Le Soleil, moteur de la vie

L’énergie solaire

Les fondamentaux. Pour qui ? Pourquoi ?

À destination des enseignants, des parents d’élèves mais aussi des animateurs, des éducateurs et des élèves, les fondamentaux proposent de courts films d’animation pour apprendre, de façon ludique, les notions fondamentales en mathématiques, français et sciences.



C’est pas sorcier : fiches d’exploitation

4 04 2018

 » L’émission C’est Pas Sorcier, sur France 3, est de loin le meilleur programme scientifique actuellement diffusé à la télévision. Plus de 380 émissions traitent des sujets les plus variés avec un indéniable talent pour la vulgarisation, tant à destination des enfants que des adultes, ce qui tient quelque part de la gageure ! », explique B Demaugé sur son site. Il propose une centaine de fiches d’exploitation de plusieurs épisodes, pour des enfants de niveau cycle 3.

 

Sur son site



La biodiversité c’est ma nature

29 03 2018

En ligne : Livret découverte. La biodiversité c’est ma nature

Fondation pour la Nature et l’Homme

Télécharger sur SCIE : livret_découverte_biodiversité



Déchets plastiques et cours d’eau

16 02 2018

Marne, Saint-Maur-des-Fossés, février 2018

Télécharger la proposition pédagogique détaillée

Conclusions visées

Les déchets plastiques que nous ne jetons pas à la poubelle se retrouvent au sol, emportés par le vent ou l’eau de pluie vers les cours d’eau, qui les charrient jusqu’aux mers et aux océans : c’est une forme de pollution. Ces matières mettent plusieurs dizaines d’années avant de se dégrader et disparaître dans la nature. Elles peuvent notamment être prises pour des aliments par de nombreux animaux aquatiques, qui peuvent mourir en les avalant (tortues, oiseaux, poissons, mammifères marins…).

Pour diminuer ces effets, il est donc important de bien déposer nos déchets plastiques dans les poubelles prévues à cet effet : les emballages dans celle du recyclage (bien lire la notice fournie par le gestionnaire des déchets), les autres dans la poubelle « tout-venant ». Ils seront soit incinérés (pour produire de la chaleur pour le chauffage urbain par exemple), soit deviendrons d’autres objets en matière plastique recyclée. Quand c’est possible, le mieux est de ne pas utiliser ces emballages, mais plutôt des sacs réutilisables pour faire les courses. On peut aussi parfois acheter des produits au détail ou dans des emballages biodégradables (papier, nouvelles matières plastiques), que l’on pourra éventuellement déposer dans un composteur.



EDD au cycle 2 : Explorer les organisations du monde

13 07 2017

http://eduscol.education.fr/cid100805/questionner-l-espace-et-le-temps.html#lien2

Progressivement, au cycle 2, les élèves développent des savoir-faire et des connaissances leur permettant de comprendre qu’ils font partie d’une société organisée qui évolue dans un temps et un espace donnés. Les ressources ci-dessous proposent des séquences de classe accompagnées de vidéos permettant de comparer des modes de vie des hommes et des femmes et des représentations du monde, de comprendre qu’un espace est organisé.

Comparer des modes de vie

Comprendre qu’un espace est organisé

Introduction

Séquence au CP : la classe, un espace organisé qui se représente.

Séquence au CE1 à partir de l’album Un lion à Paris, Béatrice Alemagna, édit. Autrement jeunesse.

Séquence au CE2 : l’organisation spatiale du quartier comparée à celle du village.



Défi EDD cycle 3 : « C’est bon les fraises en hiver ! »

9 05 2017

C’est bon les fraises en hiver !

C’est bon les fraises en hiver ?

Nous vous mettons au défi de répondre à cette question en expliquant votre choix.

Une démarche pour vous aider à relever ce défi :

  • Répondez chacun par écrit à cette question.

  • Comparez vos réponses : si vos avis sont différents, trouvez les questions à résoudre.

  • Trouvez différentes façons de répondre aux questions (expériences, observations, documents, associations pour l’environnement, commerçants, producteurs…)

  • Menez vos recherches ; prenez des notes.

  • Mettez-vous d’accord sur ce que vous avez trouvé et ce qu’il faut retenir pour répondre au défi.

  • Complétez le document récapitulatif ci-joint pour décrire votre démarche et donner votre réponse.

____________________________________

Type de réponse finale visée :

Non, ce n’est pas bon les fraises en hiver !

Au niveau du goût, elles ont moins de parfum car elles viennent de pays lointains (au climat plus chauds en hiver), et sont cueillies presque vertes (encore dures) pour pouvoir voyager plus longtemps.

Ce transport long, généralement en camions frigorifiques, encombre les routes, et consomme beaucoup de carburant (diesel). Les gaz d’échappement ont un impact important sur la qualité de l’air pour notre santé (notamment les particules fines) et sur le réchauffement climatique (gaz à effet de serre).

En hiver, nous pouvons consommer d’autres fruits, produits plus localement, notamment les pommes et les poires. Et pourquoi pas de la confiture de fraises ! Il faudra attendre le mois d’avril pour profiter des bonnes fraises bretonnes ou du Sud-Ouest de la France par exemple.

Il existe même des AMAP, qui produisent et fournissent des fruits et légumes « de saison », à proximité des consommateurs.

 

_____________________________________

POINTS DES PROGRAMMES TRAVAILLÉS

Géographie

(extraits de http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Geographie/74/8/RA16_C3_HIGE_GEO_CM1_Th3_Consommer_en_France_616748.pdf)

Thème 3 – Consommer en France

Satisfaire les besoins alimentaires

En s’ancrant dans le quotidien des élèves, à partir de la consommation liée à leur mode de vie, ce thème permet une première approche des besoins individuels et collectifs en produits alimentaires et des problèmes géographiques que leur satisfaction soulève.

L’accès aux ressources, leur exploitation et leur distribution jusqu’au lieu de leur consommation est une des questions centrales du thème. Il s’agit d’amener les élèves à comprendre que la satisfaction des besoins élémentaires met en relation le lieu où l’on habite et des espaces du monde entier. En travaillant sur les besoins individuels et collectifs en produits d’alimentation, on identifie les espaces où se situent les ressources et les modes d’acheminement vers le lieu de leur consommation. Le professeur met en relation les ressources ou produits consommés ici et les lieux d’où ils proviennent, où ils sont exploités et transformés, dans l’espace proche ou ailleurs dans le monde.

Le thème conduit à questionner les modes de consommation de notre société, dans une perspective de développement durable (partage des ressources, impacts sur l’environnement…).

Faire comprendre à l’élève :

  • que la consommation d’aliments est indispensable à la satisfaction des besoins humains quotidiens, et que cette satisfaction résulte de l’exploitation de ressources qu’il faut gérer ;

  • que la satisfaction des besoins là où l’on habite repose sur l’acheminement de produits qui sont issus de différents espaces dans le monde, du plus proche aux espaces les plus lointains. Pour arriver jusqu’à nous, ces produits nécessitent d’être transportés, parfois sur de très longues distances.

Travailler plusieurs compétences du programme, plus particulièrement :

  • « se repérer dans l’espace, construire des repères géographiques » ;

  • « raisonner, en posant des questions et des hypothèses » ;

  • « comprendre un document ».

Mettre en œuvre en classe

Problématiques

  • D’où viennent les fraises en hiver ? Plus tard ?

  • Comment les fraises parviennent-elles là où j’habite ?

  • Comment produire, transporter et consommer des fraises de façon durable ?

Il s’agit, à partir de la consommation du produit au quotidien, de repérer les lieux de son exploitation ainsi que son trajet (acheminement et distribution), de manière à articuler le lieu où l’on habite avec d’autres espaces, en mobilisant une autre échelle d’analyse. Cette démarche, qui part du consommateur et du produit consommé, permet d’identifier quelques acteurs (producteurs, transporteurs, distributeurs) et leurs logiques.

Construire des repères spatiaux

Prévoir une carte de France et une carte à une autre échelle, européenne ou mondiale.

  • Une ou deux régions françaises productrices de ressources alimentaires : la vallée du Rhône pour les fruits, la Bretagne pour l’élevage…

  • Un ou deux pays à l’échelle mondiale et/ou européenne.

  • Un ou deux DROM où l’on produit des aliments consommés en France.

Sciences et technologie

  • Les êtres vivants dans leur environnement

    • Identifier des enjeux liés à l’environnement

      • Relier le peuplement d’un milieu et les conditions de vie.

        • Modification du peuplement en fonction des conditions physico-chimiques du milieu et des saisons.

          • Travailler à partir de l’environnement proche (jardin pédagogique) et par des observations lors de sorties (jardins familiaux). Utilisation de documents.

            • Comment faire pousser des fraises à l’école ?

            • En quelle saison planter/semer ?

            • Quand récoltera-t-on ?

            • Comment sont les fraisiers l’hiver ?

            • Comment récolter plus tôt ? Etc.

Enseignement Moral et Civique

  • La notion de bien commun et d’intérêt général.

  • La responsabilité de l’individu et du citoyen dans le domaine de l’environnement.

_____________________________________

Compétences du socle travaillées

Domaine 1 : Les langages pour penser et communiquer

  • S’exprimer à l’oral

  • Lire et comprendre l’écrit

  • Écrire

Domaine 4 : Les systèmes naturels et les systèmes techniques

  • Mener une démarche scientifique, résoudre des problèmes simples

  • Mettre en pratique des comportements simples respectueux des autres, de l’environnement, de sa santé

Domaine 2 : Les méthodes et outils pour apprendre

  • Coopérer et réaliser des projets

  • Rechercher et trier l’information et s’initier aux langages des médias

  • Mobiliser des outils numériques pour apprendre, échanger, communiquer

Domaine 5 : Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Situer et se situer dans le temps et l’espace

  • Analyser et comprendre les organisations humaines et les représentations du monde

  • Raisonner, imaginer, élaborer, produire

Domaine 3 : La formation de la personne et du citoyen

  • Maîtriser l’expression de sa sensibilité et de ses opinions, respecter celles des autres

  • Exercer son esprit critique, faire preuve de réflexion et de discernement

 

__________________________________________

Documents d’aide pour l’enseignant et les élèves

__________________________________________

Document récapitulatif de la démarche adoptée et des connaissances acquises



Moins de gaspillage grâce aux menus sans entrée ou sans dessert

30 01 2017

Article du Parisien 94

Saint-Maur : moins de gaspillage grâce aux menus sans entrée ou sans dessert

Depuis un an, une fois par semaine, l’école maternelle Nicolas-Gatin teste les menus à quatre composantes, contre cinq habituellement. Une façon de limiter les pertes.

Saint-Maur, jeudi 19 janvier. Pesée des aliments gaspillés à l’école Nicolas-Gatin à l’issue d’un déjeuner à quatre composantes. LP/Laure Parny

Une assiette à moitié pleine de carottes râpées à l’orange dans une main, Carine et Ophélie font glisser la nourriture dans une poubelle spéciale. Un sceau par aliment et une balance complètent leur équipement. Ce jeudi, dans l’école maternelle Nicolas Gatin de Saint-Maur, le service des conseillers déchets de Paris-Est Marne et Bois est venu peser les aliments qui finissent à la poubelle. Un an tout juste après le lancement de l’expérimentation sur le service d’un menu à quatre composantes au lieu de cinq, les résultats sont encourageants.

Désormais, en maternelle comme en primaire, une fois par semaine, les enfants mangent soit directement le plat, sans entrée, soit un laitage fait office à la fois de fromage et de dessert. « Les yaourts aux fruits c’est trop bon de toute façon, constate Kais, qui vient de finir son repas. Je n’ai plus du tout faim, c’est pareil que quand on a le fromage et un fruit. Et promis, j’essaye toujours de finir mon assiette. » Comme tous les enfants, le petit de 5 ans a été largement sensibilisé au gaspillage alimentaire par les animateurs de la pause méridienne.

« Le menu à 4 composantes est l’une de nos mesures pour lutter contre le gaspillage, mais c’est loin d’être la seule, assure Julien Kocher (LR), adjoint au maire chargé de la vie éducative. Les animateurs ont été formés. Nous proposons aussi deux fois par mois le menu star, qui est élaboré par les enfants eux-mêmes, tout en restant équilibré. »

Le « gâchimètre » permet une prise de conscience

Autant de mesures qui limitent les quantités jetées. Les plus récalcitrants des enfants ont au minimum été marqués par le jour où tout le pain non consommé était jeté dans une grande urne transparente : « le gâchimètre ». Depuis de nouvelles mesures ont fait leur apparition. « On leur propose des demi-morceaux de pain en fin de repas pour éviter qu’ils ne mangent pas ce qu’ils prennent », souligne une animatrice.

Ce jeudi à Gatin, après deux services et le déjeuner de 98 enfants, la balance sous la poubelle des restes de carottes râpées affiche 1,6 kg. Plus de 6 kg pour les restes de bœuf et de pommes de terre. Mais à peine quelques grammes de yaourts sont restés au fond des pots. « Globalement les élèves de maternelle gaspillent moins que les grands, soulignent Carine et Ophélie, qui font des pesées de temps en temps depuis un an. Souvent ce sont les légumes de l’entrée qu’ils ont du mal à manger. »

La cuisine centrale et la nutritionniste à l’origine des repas ont pris des mesures radicales suite aux fiches de liaisons remplies chaque jour sur ce qui a été bien ou mal consommé. Le chou-fleur a été banni de la cantine, le brocoli n’est plus servi qu’en duo de légumes ou en gratin, les litchis sont mieux mangés au sirop que frais. Quant au menu à 4 composantes, il est définitivement adopté.

« Pour autant nous le limitons à une seule fois par semaine, il serait trop difficile de garder des menus parfaitement équilibrés s’il revenait trop souvent », précise Julien Kocher. Reste l’étape d’après. Seules quelques écoles disposent d’un composteur, mais cette mesure pourrait elle aussi se généraliser.

Clés

5 camions parcourent la ville chaque matin pour amener les plats (chauds et froids) de la cuisine centrale aux cantines.

5 200 repas sont servis chaque jour dans les cantines de Saint-Maur.

200 agents et 280 animateurs assurent l’encadrement des enfants pendant la pause méridienne.

De 178 g à 102,9 g : c’est la baisse moyenne du gaspillage par enfant quand est proposé un menu à 4 composantes au lieu de 5.

Laure Parny



Notre survie dépend des vers de terre

20 01 2017

Le 8 janvier 2017 sur http://www.lejdd.fr/

Hubert Reeves : « Notre survie dépend des vers de terre »

INTERVIEW – L’astrophysicien Hubert Reeves, farouche défenseur de notre planète, prend la présidence d’honneur de l’Agence française pour la biodiversité. Il dit l’urgence de modifier nos comportements.

Votée en août, la loi sur la reconquête de la biodiversité a donné naissance, le 1er janvier, à l’Agence française pour la biodiversité (AFB). Fusion de quatre organismes (Office national de l’eau et des milieux aquatiques, Agence des aires marines protégées, Atelier technique des espaces naturels et les Parcs nationaux), cette nouvelle venue a pour mission, sous la tutelle du ministère de l’Environnement, de préserver faune, flore et eau. Alors que 9% des mammifères, 23% des amphibiens, 32% des oiseaux nicheurs ou encore 22% des poissons d’eau douce sont menacés de disparition en France métropolitaine, selon l’UICN, la tâche s’annonce rude. La première réunion de son conseil d’administration, le 19 janvier, devrait décider d’actions concrètes.

En quoi l’Agence française pour la biodiversité vous semble-t-elle pionnière?
Elle doit, par la force démocratique, imposer des lois permettant d’obtenir des résultats sur le plan environnemental. En agrégeant des organismes qui, chacun de leur côté, faisaient des choses analogues, nous gagnerons en efficacité. Je regrette d’ailleurs que l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) n’y soit pas associé, mais une partie des chasseurs n’a pas voulu en faire partie. Dommage.

Avec un budget de 225 millions d’euros pour 2017 déjà affecté par une ponction de 70 millions sur les fonds de l’Onema, l’AFB ne manque-t-elle pas de moyens?
Est-ce que ce budget sera suffisant? J’avoue que je n’en sais rien. Ségolène Royal, dont je salue la contribution à la création de cette agence, dit qu’il le sera. Nous verrons à l’usage.

« Nous faisons partie d’un immense écosystème, avec un monde animal et végétal qui nous est indispensable »

Le nombre d’espèces terrestres et marines menacées d’extinction augmente sans cesse. L’espèce humaine est-elle aussi en danger?
Nous faisons partie d’un immense écosystème, avec un monde animal et végétal qui nous est indispensable. Prenez les vers de terre, qui oxygènent la terre. Sans eux, les sols arables se stérilisent. Or notre nourriture en dépend, tout comme elle dépend de la pollinisation. En saccageant cet écosystème à un rythme effréné, en continuant à vivre avec l’injonction biblique d’une domination de l’homme sur une nature à notre service, nous réduisons considérablement nos chances de conserver une « vie vivable ». C’est la survie même de l’espèce humaine qui est aujourd’hui en jeu, avec le risque qu’elle disparaisse. L’urgence est extrême.

L’homme est à la fois le plus évolué et le plus destructeur…
Sur les plans de la natalité et de la pensée abstraite, nous sommes sans conteste les champions, à la fois l’espèce la plus répandue chez les mammifères et la seule qui ait pu produire la théorie de la relativité d’Einstein. Mais oui, nous sommes aussi l’espèce la plus destructrice qui soit, celle qui pourrait avoir éliminé la moitié des autres d’ici à la fin du siècle. Les tortues, elles, ont traversé 200 millions d’années. Elles ont survécu à des catastrophes climatiques ou géologiques, elles ont su s’intégrer dans un écosystème en prenant et en donnant à la fois, sans saccager. Si nous voulons, comme ces tortues, durer, nous devons impérativement vivre en harmonie avec notre environnement, sobrement. Alors que notre puissance même nous menace, c’est la seule solution. Et nous pouvons y arriver en adoptant une attitude volontariste, déjà à notre niveau. Mon association, Humanité et biodiversité, propose par exemple que chacun fasse de son balcon, de son terrain, une « oasis nature » favorisant la vie avec des plantes, des nichoirs. C’est peu, mais cette décision, psychologiquement, est très importante.

Pourquoi l’homme réagit-il si lentement ? Est-ce par inconscience, égoïsme, impuissance, manque d’informations ?
Ce n’est pas que l’on ne sait pas, c’est que l’on ne veut pas savoir. Tous les scientifiques honnêtes affirment par exemple que l’homme est le premier responsable du réchauffement climatique. Pour autant, cela n’empêche pas Donald Trump de clamer que c’est une invention des Chinois. L’humain a cette faculté, quand le danger est très grave, de casser le thermomètre. C’est un refus par crainte d’affronter la réalité. L’ancien vice-président américain Al Gore parlait de « réalité encombrante ».

Celle qui, en France, fait disparaître l’environnement des débats de la campagne présidentielle ?
Je pense que l’électoralisme passe avant le bien public. Le thème de l’écologie n’est pas assez porteur. Autant le chômage peut nous toucher, autant la perte de biodiversité passe quasi inaperçue. La diminution du nombre de vers de terre, que j’évoquais, ne fait pas la une des journaux. Il faudrait pour cela qu’elle génère des catastrophes.

Comme le changement climatique ?
Oui. Ce problème est devenu central dans le débat public car nous constatons la montée des eaux et ressentons l’effet des canicules ou des tempêtes. À cet égard, le sommet climat de Paris, la COP21, a marqué un tournant. Pour la première fois, 195 pays se sont entendus sur un constat, le réchauffement de la planète, et la nécessité de lutter pour le contenir. C’est un moment historique qui doit nous remonter le moral.

Nous devons agir. Parce que si nous partons du principe que c’est foutu, alors oui, c’est foutu !»

En même temps, le travail des scientifiques, celui du Giec par exemple, est dénoncé par des responsables de premier plan.
La « junk science », comme nous l’appelons, s’est amplifiée ces dernières années. Des bons chercheurs, débauchés par de grands groupes, écrivent dans des pseudo-revues scientifiques pour dire que le sucre, la cigarette ou l’amiante ne sont pas dangereux. Et des politiques relaient ces mensonges pour semer le doute. C’est une arme, c’est révoltant, mais c’est humain ; ce « putain de facteur humain », le PFH, pour reprendre une expression d’origine québécoise. Quand vous gagnez de l’argent, quand vous avez des privilèges, vous n’avez pas envie qu’on vous les enlève. Money, money…

Dans ce combat pour la vie, entre ceux qui détruisent et ceux qui tentent de restaurer, qui va gagner?
Comment savoir? Je pense tout de même, au risque d’être dans l’utopie la plus totale, que nous devons agir. Parce que si nous partons du principe que c’est foutu, alors oui, c’est foutu! Il nous faut protéger la biodiversité, sauvegarder la fertilité des sols, stopper la surpêche… Je lisais récemment un livre sur Jacques Cartier qui, lorsqu’il débarque au Canada en 1534, évoque des morues tellement nombreuses qu’elles gênent pour accoster. Aujourd’hui, c’est inimaginable. Le pape François, en plaçant ces problèmes sur un plan moral, a eu raison. Que nous dit-il? Que si nos activités peuvent s’avérer catastrophiques pour des millions de personnes – c’est le cas avec les forages pétroliers ou gaziers qui amplifient l’effet de serre –, nous devons tout simplement les stopper.

A l’échelle de l’Univers, dont vous êtes familier, l’homme n’est-il pas voué à être de passage?
Voué, je n’en suis pas sûr, cela voudrait dire que c’est écrit quelque part… Moi, j’aimerais simplement que mes enfants et petits-enfants aient une vie aussi convenable que la mienne. Et là je ne parle pas à l’échelle du millénaire mais de quelques décennies, pas plus.

Vous au moins ne disparaîtrez pas puisque l’Union astronomique internationale a donné votre nom, Hubertreeves, à un astéroïde…
Ce qui compte à mes yeux, c’est que mon nom a été proposé par des étudiants. Au moins, ils appréciaient mon enseignement.

http://www.hubertreeves.info

http://www.humanite-biodiversite.f