Une espèce d’oiseaux nicheurs sur quatre menacée de disparition en France
16 12 2008
Une espèce d’oiseaux nicheurs sur quatre pourrait disparaître de France métropolitaine, selon une « liste rouge » des espèces menacées publiée mercredi par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Agriculture intensive, régression des prairies naturelles, tirs au fusil, empoisonnements, raréfaction des proies, électrocution sur les lignes à haute tension, pollution, réchauffement du climat: les oiseaux sont confrontés à toutes sortes de menaces.
L’UICN, en partenariat avec le Muséum national d’histoire naturelle, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), la Société d’études ornithologiques de France et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, a passé au crible 277 espèces d’oiseaux nicheurs de France métropolitaine. Résultat, 73 espèces sont menacées.
Ainsi, le Râle des genêts est classé « en danger » et la Pie-grièche à poitrine rose, « en danger critique ». Cette dernière, en situation extrêmement précaire, ne compte plus aujourd’hui que 30 à 40 couples en France.
Le Milan royal, pourtant espèce protégée, est classé « vulnérable », victime de tirs au fusil et d’appâts toxiques. L’Aigle de Bonelli, également protégé, est classé « en danger », menacé par la raréfaction du lapin de garenne, sa proie favorite, et par les lignes à haute tension.
Parmi les espèces marines, le Pingouin torda et le Macareux moine, qui subissent à la fois la pollution due aux hydrocarbures et les effets du réchauffement climatique, sont considérés comme « en danger critique ».
La conjugaison de l’ensemble de ces menaces se traduit par un déclin marqué de nombreuses populations d’oiseaux comme le Pic cendré ou le Bouvreuil pivoine dont la population a plongé de 60% en moins de 20 ans.
Au total, la part des espèces menacées est plus importante en métropole (26%) que dans l’ensemble du monde (12%), note l’UICN.
Pourtant, les efforts de conservation peuvent porter leurs fruits. Ainsi, les actions de protection des zones humides engagées depuis plus de deux décennies ont permis d’améliorer la situation de plusieurs espèces comme le Butor blongios, un petit héron, et la Guifette moustac. Et après avoir disparu de France pendant près d’un siècle, le Vautour moine niche à nouveau dans les Grands Causses, en Aveyron, Midi Pyrénées, grâce à un programme de réintroduction réussi.
Publié par l’AFP, le 03/12/2008
Voir également le diaporama :
http://www.liberation.fr/terre/1101226-les-oiseaux-nicheurs-en-peril-en-France