Dans l’Aube, on forme à déconstruire et recycler les voitures, proprement

5 02 2009

Loin de l’image souvent péjorative des casses automobiles à l’ancienne, les nouveaux apprentis « déconstructeurs » de voitures en fin de vie pensent désormais environnement, dépollution, recyclage et traçabilité.

Depuis 2002, le Centre de formation d’apprentis (CFA) interprofessionnel de Pont-Sainte-Marie (Aube), près de Troyes, délivre un contrat de qualification professionnel (CQP) de « démonteur automobile », une formation unique en France.

Dans l’atelier de 1.700 m2, une semaine par mois, chaque stagiaire se voit confier un véhicule donné par des entreprises de démontage des environs. Ils apprennent à diagnostiquer, à mettre en sécurité les airbags, les réservoirs de gaz des climatiseurs et à dépolluer en collectant tous les fluides.

Vient ensuite l’étape du démontage et de l’étiquetage des pièces destinées à la revente.

Cette formation pilote est placée « sous l’égide de l’Association nationale pour la formation automobile qui nous finance en partie, car les normes imposées par l’Europe en matière de recyclage demandent une technicité qui ne peut être maîtrisée que par une personne qualifiée », explique Patrice Bindler, responsable de la formation.

Actuellement une directive européenne oblige les recycleurs agréés et certifiés à recycler 85% du poids d’un véhicule. En 2015, la norme sera fixée à 95%.

Même si les jeunes se disent sensibles aux problèmes environnementaux, leur motivation est déjà professionnelle.

Jeremy, 18 ans, pense rester dans cette filière: « J’ai une promesse d’embauche de mon patron et cette formation est l’occasion de me perfectionner. Les mécaniciens réparent, moi ce que j’aime, c’est démonter ».

Vincent, 18 ans aussi, employé en alternance dans une entreprise locale de démontage, veut lui se diriger vers la carrosserie: « Cette formation est une corde de plus à mon arc, en apprenant à démonter je comprends mieux la structure de la voiture et comment la réparer ».

Sébastien Jactel, formateur depuis 2002, reste persuadé que c’est un métier d’avenir et insiste sur la partie environnementale: « J’essaie de leur apprendre le respect de la nature. Il faut arriver à enlever le mot +casse+ du langage : quand les jeunes sortent de cette formation, ce sont des recycleurs ».

Depuis 2002, 47 apprentis ont été formés là et 80% ont été embauchés immédiatement après.

Paradoxalement, alors que les contraintes de recyclage sont de plus en plus importantes, seulement trois jeunes bénéficient cette année de cette qualification.

« Nous ressentons fortement la baisse des aides aux entreprises (…) Comme elles doivent prendre en charge le déplacement de l’apprenti, nous avons du mal à recruter hors du département », regrette M. Bindler, qui espère que les aides au secteur automobile – comme la prime à la casse – inverseront la tendance.

Publié en janvier 2009 sur :

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/sciences/20090123.SCI5532/dans_laube_on_forme_a_deconstruire_et_recycler_les_voit.html


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