Les ressourceries, un outil novateur appelé à se développer

22 01 2010

ressourceries

Dans un contexte de maîtrise de la production de déchets, les ressourceries ont une place à prendre dans les quartiers.

Que faire des appareils électroniques qui fonctionnent encore mais dont nous ne voulons plus ? des meubles dont nous devons nous séparer pour cause de déménagement ? ou des nombreux objets qui pourraient être utiles à d’autres (vaisselle, vêtements…) ? Si plusieurs acteurs sont susceptibles d’être intéressés comme le réseau Emmaüs ou la filière Relais, de nouvelles organisations sont appelées à se multiplier : les ressourceries. Le principe est simple : la ressourcerie collecte les objets pour les réparer ou les détourner et les revendre sans but lucratif.  »Les ressourceries collectent, valorisent, revendent et sensibilisent pour prolonger la durée de vie des produits et inciter au changement de comportement », a expliqué Sandrine Simeon, chargée de développement du Réseau des ressourceries à l’occasion d’une réunion d’information organisée par l’Observatoire Régional des Déchets d’Ile-de-France (ORDIF).

Un fonctionnement au cas par cas

À l’heure actuelle, le réseau français ne compte qu’une cinquantaine de ressourceries mal réparties sur le territoire. Si ces structures ont toutes le même objectif à savoir limiter la quantité de déchets incinérés ou enfouis, elles ont toutes une organisation différente construite en fonction des situations locales.  »Les ressourceries se développent autour de l’existant et en fonction des acteurs présents localement », confirme Sandrine Simeon. Certaines sont portées par des associations de réinsertion (90% des cas), d’autres par des communes en régie ou encore des syndicats de traitement de déchets. Certaines collectent les déchets en porte-à-porte après appel téléphonique, d’autres trient les déchets à l’entrée des déchetteries et/ou s’appuient sur l’apport volontaire.  »La plupart des ressourceries s’intéressent aux déchets des ménages mais certaines ont choisi de collecter également certains déchets industriels non dangereux », précise Sandrine Simeon.

Cette ressourcerie participe à l’animation du territoire et développe la solidarité car tous les niveaux sociaux s’y retrouvent – Jean Pupin

La communauté de communes de Crèvecoeur-le-Grand dans l’Oise (60) par exemple a choisi de créer sa ressourcerie en même temps que sa déchetterie.  »Cette organisation nous a permis de diminuer de 30% les tonnages de déchets ultimes et nos coûts de collecte se sont stabilisés », constate avec enthousiasme Jean Pupin, Maire de Crèvecoeur-le-Grand. Pour lui les avantages sont donc indéniables :  »lorsque la réglementation s’est renforcée pour les déchets d’équipement électriques et électroniques nous étions prêts », explique-t-il. En 2008, la ressourcerie de Crèvecoeur-le-Grand a reçu 15.000 visites pour une communauté de communes qui compte près de 7.500 habitants et a collecté 2.400 tonnes de déchets grâce à 4 emplois temps plein.  »Cette ressourcerie participe à l’animation du territoire et développe la solidarité car tous les niveaux sociaux s’y retrouvent ; aujourd’hui le lien social c’est donc moins le bistrot que la ressourcerie », illustre Jean Pupin. Le Maire constate également que le contact avec la population est beaucoup plus facile. L’analyse est partagée par Philippe Geslan, élu de la communauté d’agglomération de Mantes en Yvelines qui gère depuis 2007 la ressourcerie Apti’prix avec l’aide d’une association de réinsertion :  »la ressourcerie est notre meilleur outil de communication »… Florence Roussel

Paru sur http://www.actu-environnement.com le 12/01/2010.


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