Des loutres, des baleines, des orques et … des oursins, des laminaires et du plancton !

5 03 2010


loutre de mer photo CNRS [320x200]

Hier, la loutre de mer était chassée (avec excès) pour sa fourrure. Aujourd’hui, c’est une espèce protégée. Mais depuis quelques années, sur les côtes ouest de l’Alaska, leur nombre s’effondre brutalement. Pourquoi ? Cet effondrement serait lié aux orques qui, selon certains chercheurs, se sont mis à chasser les loutres de mer alors qu’ils ont longtemps cohabité pacifiquement dans les mêmes eaux.

orque photo CNRS

La raison de ce changement d’attitude ? La modification du régime alimentaire de l’orque suite à l’effondrement des stocks de ses proies habituelles. En effet l’orque, qui se nourrit de jeunes baleines, a vu le nombre de ses proies diminuer fortement suite à la baisse considérable du nombre de baleines. Il se serait alors reporté sur les phoques, qui eux aussi ont vu leurs effectifs fortement chuter, en raison de la sur-pêche qui a entraîné une forte baisse des stocks de poissons. Cette raréfaction de la nourriture habituelle des orques pourrait expliquer pourquoi ces derniers se sont finalement mis à chasser la loutre de mer sur les côtes ouest de l’Alaska.

Disparition des loutres… quelles conséquences ? La loutre de mer joue également un rôle important dans la chaîne alimentaire. Elle se nourrit principalement d’oursins, qui eux-mêmes broutent les algues (surtout les laminaires) situées au fond des océans.

Comme la loutre disparaît, les oursins se mettent à pulluler. Ils broutent de plus en plus le tapis végétal au fond des océans ce qui disloque l’écosystème formé par le kelp, forêt d’algues marines. Ceci se traduit par la disparition en cascade de nombreux poissons et crustacés qui ne peuvent plus s’abriter dans les laminaires et qui deviennent de plus en plus victimes des prédateurs.

Dans cette région, cette cascade d’événements modifie tout un environnement et va avoir de nombreuses conséquences, en partie désavantageuses pour la pêche des poissons et crustacés.

kelp photo CNRS [320x200]

La leçon de cet exemple

Certaines espèces pâtissent de la disparition d’autres espèces (la loutre), d’autres en profitent (l’oursin). Cependant, du point de vue humain et du fonctionnement des écosystèmes, on ne connaît pas les conséquences du déséquilibre d’écosystèmes océaniques aussi complexes.

Les effets d’une telle désorganisation sont imprévisibles, d’autant que l’espèce humaine utilise elle aussi les ressources des océans.

Article trouvé sur le très riche et accessible site du CNRS www.cnrs.fr/


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