Le Pédibus, ça use les souliers
5 11 2010Heigh ho ! Heigh ho ! On rentre du boulot… C’est une des nombreuses chansons que chansons que peuvent entonner les enfants quand ils « empruntent » le Pédibus ! Le quoi ? Le Pédibus est un mode de déplacement en commun, à pied, avec des horaires de passage fixes sur un trajet déterminé et encadré par des adultes. A Rennes et son agglomération en Ille-et-Vilaine, près de 1 000 petits écoliers font ainsi chaque jour leur trajet maison-école puis école-maison. Les parents sont, souvent, accompagnateurs, mais de nombreuses communes ont mis à contribution les personnes âgées inoccupées afin de favoriser en plus le lien intergénérationnel.
Une farandole de solutions !
On a peu de peine à comprendre ici, l’avantage des Pédibus. Côté protection de l’environnement, la voiture ne fait pas le poids face à l’énergie de jeunes enfants ! Mais la démarche à plus d’un tour dans son sac. Elle permet également de favoriser l’effort physique de ces chers bambins et donc prévenir l’obésité, qui menace de plus en plus les habitants des pays riches… C’est tout ? Bien sûr que non ! Le Pédibus préserve la qualité de notre air, donc de notre vie. Ouf ! Moins de pots d’échappement… Sans compter l’impact qu’il a sur la sécurité routière en limitant le nombre de voitures autour des écoles. Et pour finir, il tisse des liens sociaux forts entre enfants, entre parents et surtout entre enfants et grands-parents…
Enjeux et objectifs
En ville, les trajets en voiture se révèlent parfois ridiculement courts. Un sur deux fait moins de 3 km ! 1 sur 4 fait moins de 1 km 1 ! Or, faire 500 m à pied prend 8 minutes environ. Sachant qu’un moteur froid consomme 10 à 15 fois plus qu’un moteur chaud, les économies d’émissions de CO? peuvent être importantes dans ce secteur.
Longtemps à l’état artisanal, le Pédibus est en passe de s’institutionnaliser. Les collectivités locales et territoriales l’envisagent de plus en plus dans une démarche globale. ?C’est pourquoi Rennes métropole offre un accompagnement à toutes ses communes intéressées par le concept, afin de réduire drastiquement l’utilisation de la voiture pour les trajets domicile-école.
Actions et modalités
Une fois n’est pas coutume, c’est la petite ville d’Acigné qui lance la mode du Pédibus en 2004. Deux lignes sont alors mises en place. De son côté, Rennes Métropole réfléchit aux moyens de favoriser les modes doux dans le cadre de son Plan de déplacement urbain (PDU). Le Pédibus semble indiqué pour remplir cette fonction. Il s’agit, en réalité, d’un groupe d’enfants encadré par des adultes, qui suit un itinéraire précis pour se rendre en toute sécurité et à l’heure à l’école. Ceux qui souhaitent y participer rejoignent le bus pédestre à des points de regroupement déterminés.
Séduite par le concept, la commune de Gévezé, au nord-ouest de Rennes, se sert également du Pédibus et en profite pour renforcer les liens intergénérationnels. Ce sont les membres de l’association de personnes âgées qui sont les accompagnateurs…
Pour faciliter la mise en place de bus pédestres, Rennes Métropole se présente comme force de proposition auprès des communes, des parents d’élèves et des écoles. Le but est de les accompagner dans leur projet. Elle met, pour cela, à leur disposition des guides méthodologiques, une vidéo, des modèles de formulaires d’enquête, des plans, une exposition à présenter aux fêtes d’école et dans le meilleur des cas, des subventions. En 2007, Rennes Métropole crée, également, un « Forum Pédibus », dans le but d’installer un réseau entre établissements qui se sont engagés dans la démarche et ceux qui sont intéressés.
Résultats
Chaque jour, durant l’année 2007-2008, 979 écoliers ont donc foulé une des 91 lignes de Pédibus (contre 700 en 2006 et 387 en 2005). Sur les 37 communes de l’agglomération, 24 ce sont engagées dans la démarche, évitant ainsi la venue quotidienne de 500 voitures aux abords des écoles (chiffres fournis par le Conseil local à l’énergie (Clé), dans le cadre de sa mission « Observatoire des Pédibus »). Selon le ratio de l’Ademe (100 voitures évitées = 25 kg de CO? en moins), l’économie se monte ici à près de 18 tonnes de dioxyde de carbone pour l’année 2008.
¹ Ademe
Jeanne Beutter
Agence d’informations Reporters d’espoirs
Publié sur www.fondation-nicolas-hulot.org/
