Activités humaines et qualité de l’eau
7 06 2011Cet article et la vidéo qui l’illustre peuvent être utiles pour mener à bien la proposition d’utilisation pédagogique de l’affiche n°11 sur le développement durable de Yann-Arthus Bertrand : La pollution des cours d’eau et des nappes en ligne sur http://www.ia94.ac-creteil.fr/sciences/edd/edd_piste07.htm
Foix toujours privée d’eau potable
On ne l’utilise que pour le nettoyage à sec dans les pressings ou pour dégraisser les pièces métalliques en métallurgie… pourtant lors d’une analyse du suivi qualité des eaux, on a trouvé la semaine dernière du perchloréthylène dans l’eau du robinet à Foix, et une concentration suffisamment importante de ce solvant pour alerter les autorités sanitaires.
Le principe de précaution aidant, depuis jeudi dernier, des mesures de restriction de consommation de l’eau du robinet en tant que boisson ont été imposées par la mairie (on peut cependant l’utiliser pour la vaisselle, la toilette, la cuisine).
Une distribution de bouteilles d’eau minérale a été organisée pour les établissements scolaires de la cité comtale et les particuliers sont priés d’aller s’approvisionner dans les supermarchés, ils bénéficieront d’un dégrèvement sur leur facture d’eau potable du mois de décembre en compensation de l’obligation d’acheter cette eau en bouteille (les modalités seront précisées ultérieurement par courrier aux abonnés).
Depuis jeudi 26 mai, tous les deux jours, des analyses sont réalisées et si l’on enregistre aujourd’hui une certaine stabilité dans les résultats (en tout cas pas de progression), l’ARS qui réalise ces analyses n’arrive pas à expliquer les raisons de cette mystérieuse pollution dans l’eau de l’Ayroule.
Publié le 01/06/2011 sur http://www.ariegenews.com/
Jean-Noël Fondère, maire de la ville, a porté plainte contre X pour pollution auprès du procureur de la République et une enquête vient d’être ordonnée.
Lundi après-midi une réunion technique a eu lieu à la Mairie avec les services de l’Etat (préfecture, Drire, Dreal, ARS, DDT), le SMDEA, les services municipaux et Jean-François Mangin, hydrogéologue au CNRS.
Selon lui, il n’y a jamais eu de telles pollutions dans l’hexagone, les seules connues sont dans la région de Los Angeles en Californie.
Le scientifique a donc pris attache avec ses homologues américains pour échanger sur les préconisations envisageables.
Lors de cette réunion, deux groupes de travail ont été constitués avec la délicate mission de trouver sous quinze jours des réponses à cette crise sanitaire.
Un premier groupe va travailler sur l’origine de la pollution, rechercher son intensité et étudier des solutions de dépollution du puits de l’Ayroule.
Un second groupe de travail va rechercher les différentes solutions techniques pour pouvoir réapprovisionner le réseau en eau potable.
Parmi les pistes envisagées, seront étudiées le traitement de l’eau du puits, le pompage et le traitement de l’eau de l’Ariège, le raccordement à d’autres réseaux voisins.
Selon Jean-Noël Fondère, la solution qui sera choisie sera «la plus rapide à mettre en place, la plus fiable et la moins onéreuse»
Les groupes de travail se réunissent dès le début de la semaine prochaine.
Du côté des écoles primaires comme au Courbet, on s’organise: «la mairie a organisé la distribution des bouteilles d’eau, explique Claire Pelizzon, directrice de la structure.
Nous veillons à faire boire les enfants régulièrement et nous leur avons aussi demandé de porter une petite bouteille d’eau avec le goûter […] on évite le gaspillage»
Pourtant, la directrice de l’école ne cache pas ses inquiétudes: «pourquoi ne pas avoir été prévenu avant?
Dans quelle mesure peut-on utiliser cette eau pour laver ses mains ou ses légumes en étant sûr qu’elle n’est pas nocive?
Au moment où l’on parle de bactérie tueuse et de concombres suspects on peut se poser des questions sur la qualité de l’eau»
Nous avons voulu comprendre le fonctionnement du réseau et c’est avec Patrick Gauthier, directeur de la Régie Municipale de l’Eau, que nous nous sommes rendus sur site.
La ville compte plus de 4600 abonnés (soit près de 8000 personnes) desservis à 80% par le puits de l’Ayroule (les 20% restant le sont par les sources de montagne du Prat d’Albis) alimenté par la nappe phréatique.
C’est un puits de 30 mètres de profondeur fournissant 2000m3 d’eau par jour (jusqu’à 3000m3 en période estivale) et ravitaillant le centre ville ainsi qu’un grand réservoir dont l’eau est acheminée par un système de pompes au Nord (vers Labarre) et au Sud (quartier du Vignoble):
«Ce puits est réalimenté par des drains à mesure qu’il se vide, explique le directeur de la régie, des drains qui puisent dans la nappe phréatique.
Le perchloréthylène est plus lourd que l’eau donc nécessairement s’il vient de la nappe, il descend au fond du puits»
Un puits auquel on ne peut accéder qu’avec une clé spéciale qui le rend hermétique, après avoir franchi un portail lui aussi fermé par une clé.
«Le maire nous a donné 15 jours pour lui présenter une solution, toutes les pistes seront étudiées dans les groupes de travail, nous cherchons en même temps à comprendre cette pollution.
Les traitements qui ont été évoqués consistent à passer l’eau sur des charbons actifs et à utiliser l’ozone (ce sont les plus connus).
Nous avons interrogé le SMDEA sur la possibilité d’être desservis par l’eau des communes environnantes, nous envisageons aussi de dépolluer la nappe ou de réactiver d’anciennes sources comme celle de Pradières […] rien n’est exclu. Le but c’est de trouver la solution la plus rapide et la plus fiable»
Rappelons que des analyses ont été faites en aval du réseau jusqu’à Saverdun et qu’elles se sont révélées négatives.
Les mesures prises par les autorités répondent à de très larges principes de précautions car si ce solvant est cancérigène il n’y a actuellement aucun risque médical d’après les services de l’Etat (mis à part d’absorber 3 litres d’eau contaminée par jour sur toute une vie).
Par ailleurs outre l’interdiction de consommer de l’eau du robinet, il est conseillé aux particuliers d’éviter de boire de l’eau provenant de leurs fontaines ou de leurs puits.
Publié le 01/06/2011 sur http://www.ariegenews.com/
