Comment les espèces invasives débarquent en masse dans les ports de la planète
12 06 2013Publié le jeudi 30 mai 2013 sur http://ecologie.blog.lemonde.fr/
Les porte-conteneurs géants qui parcourent le monde de port en port ne transportent pas seulement des fruits et légumes, vêtements ou voitures. Ils acheminent également des espèces invasives, l’une des principales menaces pour la biodiversité maritime. Pour la première fois, des scientifiques ont établi un modèle mondial permettant d’analyser les routes empruntées par ces organismes et de déterminer les points les plus vulnérables.
Si certains de ces spécimens – des cellules d’algues microscopiques, des œufs de poissons ou encore des crustacés – se déplacent accrochés aux coques des bateaux, la plupart flottent dans les milliers de tonnes d’eau des ballasts, ces réservoirs qui équipent les grands navires pour assurer leur stabilité. Quand les bateaux déversent leurs eaux de ballast dans le port – ce que l’on appelle le déballastage –, les espèces peuvent s’implanter dans des eaux étrangères, souvent avec des conséquences néfastes sur la faune indigène.
Dans la région des Grands Lacs, aux États-Unis, ces organismes, comme la lamproie marine, le gobie à taches noires, la salicaire pourpre et surtout la moule zébrée, ont perturbé les écosystèmes lacustres (en tuant notamment les palourdes), pollué les plages, bouché les tuyaux de captage des eaux ou encore déplacé les plantes natives qui accueillaient la faune et évitaient l’érosion, comme l’explique l’agence de protection de l’environnement américaine. En mars 2012, des chercheurs des universités américaines de Notre-Dame et du Wyoming ont estimé que le coût de ces dégâts environnementaux, accompagnés d’un déclin de la pêche et du tourisme, était d’au moins 138 millions de dollars (106 millions d’euros) chaque année.
Or, depuis plusieurs décennies, ces espèces invasives sont plus nombreuses sous l’effet de l’augmentation du trafic maritime. L’Organisation maritime internationale (OMI) de l’ONU soutient que les eaux de ballast sont responsables du transfert d’environ 7 000 à 10 000 espèces différentes dans le monde tous les jours…
