Vers la disparition des grenouilles aux États-Unis ?

12 06 2013

Publié le 31 mai 2013 sur www.bulletins-electroniques.com/

D’ici 20 ans, plusieurs espèces d’amphibiens pourraient avoir disparu de la moitié des habitats qu’elles occupent actuellement aux États-Unis. C’est la conclusion d’une étude de l’Institut d’études géologiques des États-Unis publiée le 22 mai . Les espèces d’amphibiens, dont certaines étaient considérées comme ayant un habitat stable et largement répandu, déclineraient en réalité à un rythme alarmant.

Les déclins de populations d’amphibiens sont particulièrement inquiétants

Les menaces de disparition des amphibiens à travers le monde sont assez bien connues mais on parle généralement de risques d’extinction sans nécessairement mesurer le rythme auquel cette extinction a lieu en ce moment-même. Les équipes de l’USGS ont mesuré, entre 2002 et 2011, sur 34 sites répartis sur le territoire américain, le niveau de changement de la présence de 48 espèces d’amphibiens dans leurs habitats potentiels (étangs, lacs, marécages…). Cette estimation de la vitesse d’extinction des grenouilles, des crapauds et des salamandres se révèle assez alarmante. En moyenne, la population de l’ensemble des amphibiens étudiés décline à un taux de 3,7% par an. Plus alarmant encore, les espèces listées sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN) déclinent à un rythme de 11,6% par an. Aucune zone ne semble épargnée : des déclins ont été observés de la Louisiane à la Floride ainsi que dans les montagnes de la Sierra Nevada et les montagnes Rocheuses…

Par ailleurs, au-delà de l’attachement des promeneurs sur les sentiers pluvieux au coassement des grenouilles, les amphibiens sont une espèce importante dans les réseaux trophiques et dans les écosystèmes aquatiques, notamment pour la régulation des parasites.

Des changements trop importants ou trop rapides pour que les amphibiens s’adaptent ?

D’après les scientifiques de l’USGS, les amphibiens sont pourtant des espèces résistantes aux changements. Ils semblent avoir été présents sans interruption dans les milieux aquatiques depuis 350 millions d’années, surmontant les changements qui ont causé l’extinction de nombreuses autres espèces. Cette nouvelle étude laisse donc penser que les changements actuels, par leur importance ou leur vitesse, ne permettent plus aux amphibiens de s’adapter mais elle n’explique pas les causes de ce rapide déclin. Les auteurs évoquent plusieurs pistes régulièrement évoquées, outre la destruction d’habitat, notamment, les maladies, les espèces invasives, la pollution ou les sécheresses.


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