La Russie s’engage dans la lutte contre le réchauffement climatique

16 04 2015
novethic
COP 21 : en amont de la conférence de Paris, la Russie s’engage dans la lutte contre le réchauffement climatique,
Publié sur novethic.fr, le 01/04/15
Article en lien avec le défi EDD sur le climat http://www.ia94.ac-creteil.fr/EDD/defi_climat-transports.htm
La Russie a publié ce 31 mars au soir sa contribution en vue de la COP21, se positionnant ainsi in extremis comme membre des pays moteurs dans la lutte contre le changement climatique. Un engagement de bon augure pour la signature d’un accord mondial à Paris à la fin de l’année. Le quatrième émetteur de gaz à effet de serre dans le monde prévoit en effet une réduction de 25 à 30% de ses émissions d’ici à 2030.
À Doha en 2012, la Russie bloquait les négociations sur le climat. Elle réclamait une compensation pour les « dommages » subis par la pollution des pays occidentaux. Cette fois, le pays s’affiche parmi les premiers contributeurs à l’accord susceptible d’être signé à Paris en fin d’année. Son objectif : réduire de 20 à 25% les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, par rapport au niveau de 1990.
Avec une réserve, cependant : la prise en compte de la capacité maximale d’absorption de ses immenses forêts. Puits de carbone, la Russie concentre sur son territoire 70% des forêts boréales et 25% des ressources forestières mondiales. « L’utilisation rationnelle, la protection, l’entretien et le reboisement, c’est-à-dire la gestion de la forêt, est l’un des éléments les plus importants de la politique russe de réduction des émissions de gaz à effet de serre », souligne la Russie dans le document publié sur le site des Nations Unies en vue de la COP21.
Impact du réchauffement
Feux de tourbières, fonte du sol gelé des régions arctiques, apparition de cratères en Sibérie avec émanation de méthane, pertes de récoltes colossales dues à la sécheresse… La Russie commence en effet à ressentir l’impact du réchauffement de la planète.
Selon l’École des hautes études en sciences économiques de Moscou, les pertes économiques liées au changement climatique pourraient représenter entre 200 et 700 milliards de dollars par an d’ici quelques années. Fournisseur majeur de combustibles fossiles, la cause principale des émissions de gaz à effet de serre, la Russie en est aussi l’une des premières victimes.

Lois environnementales
C’est sans doute ce qui explique qu’au niveau national, plusieurs programmes ont été lancés ces dernières années pour améliorer l’efficacité énergétique, développer les énergies renouvelables, instaurer des objectifs chiffrés par branche industrielle… Le président russe Vladimir Poutine a même signé un décret en septembre 2013 visant à limiter à 70-75% les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020.
Par ailleurs, deux lois-phares ont été adoptées en 2014 : celle sur les meilleures techniques disponibles (loi fédérale n°219 du 21/07/2014) instaure de nouvelles normes environnementales, encourageant les entreprises à se moderniser. La loi sur les déchets (loi fédérale n°458 du 29/12/2014) prévoit quant à elle la création d’un opérateur régional organisant la collecte et l’élimination des déchets.
Reste, en 2015, à les appliquer, dans un contexte économique difficile. « Les précédents échecs sont à eux seuls suffisants pour envisager les projets actuels avec une certaine dose de scepticisme », commente Konstantin Simonov, directeur général du Fonds national de sécurité énergétique, appelant à un signal clair et durable des autorités.
Pour un accord contraignant
Cette prise de conscience s’incarne aussi dans un changement d’attitude dans les négociations internationales. La Russie travaille ainsi en concertation avec la France, hôte de la COP21. « J’ai le sentiment que la Russie aidera à obtenir un accord, donc les choses évoluent. C’est important, car c’est un grand pays, influent parmi les BRICS, qui tiennent des positions dures », a ainsi affirmé Nicolas Hulot (envoyé spécial du président français pour la protection de la planète), lorsqu’il est venu en visite à Moscou au mois de mars pour tâter le terrain.
Les autorités russes acceptent notamment l’idée d’un accord global juridiquement contraignant, ce qui est un premier point de convergence essentiel. Des craintes s’expriment cependant sur les moyens de garantir leur souveraineté dans ce cadre. « Elles ne veulent pas de procédures strictes, avec pénalités, contrairement à ce que souhaite l’Union européenne, poursuit Nicolas Hulot. Il ne faudrait pas partir sur une relation de défiance a priori. »


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