Impacts et interactions de l’agriculture avec mon quotidien

12 04 2013

L’agriculture occupe une place centrale dans nos vies. Par l’alimentation qu’elle procure, certes, mais pas seulement ! Les impacts et les interactions de l’agriculture se jouent bien au-delà : sur l’eau, les sols, la biodiversité, la santé, mais aussi sur nos paysages, notre terroir, notre culture, l’emploi, le dynamisme de nos régions.
Découvrez les dossiers en ligne accessibles à :  http://www.ifieldgood.org/#impact



La diminution des insectes pollinisateurs menace les cultures mondiales

1 03 2013

En lien avec le défi EDD http://www.ia94.ac-creteil.fr/EDD/edd_piste03.htm

Publié le 28-02-2013 sur http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/

WASHINGTON (AFP) – La diminution de la population d’insectes pollinisateurs sauvages due à la perte de leur habitat et au réchauffement climatique menace la production agricole mondiale, met en garde jeudi une étude internationale publiée aux États-Unis.

Les 50 chercheurs qui ont participé à ces travaux ont analysé des données provenant de 600 champs de cultures de fruits, de café ou de différentes sortes de noix, dans 20 pays.

Ils ont constaté que les abeilles domestiques ne sont pas des pollinisateurs aussi efficaces que les autres insectes dans la nature, dont surtout les abeilles sauvages.

La baisse continue du nombre de ces insectes fait craindre des conséquences néfastes pour les récoltes et rend nécessaire de maintenir et de gérer la diversité de ces pollinisateurs pour accroître la production agricole à long terme, insistent les auteurs dont l’étude paraît dans la revue américaine Science datée du 28 février.

« Notre étude démontre que la production d’un grand nombre de fruits et de graines qui permettent la variété de l’alimentation est limitée parce que leurs fleurs ne sont pas suffisamment pollinisées », souligne Lawrence Harder, professeur de biologie à l’Université de Calgary au Canada, un des co-auteurs. Lire la suite »



Les espèces exotiques envahissantes coûtent 12 milliards d’euros par an à l’Europe

28 02 2013

Publié le 22 février 2013 sur www.actu-environnement.com

Selon deux rapports rendus publics le 21 février par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), les espèces exotiques envahissantes « présentent des risques sur la biodiversité, la santé humaine et les économies plus importants que ceux estimés jusqu’alors en Europe ».

Sur les 10.000 espèces exotiques recensées en Europe, 15% sont envahissantes et ont un impact négatif écologique et économique. Or, la fréquence d’introduction de ces espèces « s’est accélérée et continue d’augmenter », prévient l’AEE.

Ces espèces animales ou végétales ont été introduites volontairement (liées aux pratiques d’horticulture, d’agriculture, de la chasse et de pêche) ou accidentellement par l’homme comme « les moules zébrées transportées dans les eaux de ballast des navires », et se sont ainsi développées très rapidement dans un milieu. La hausse du commerce mondial et du tourisme ces dernières décennies, ainsi que le changement climatique ont également joué un rôle dans leur propagation.

L’impact économique des espèces envahissantes est estimé à environ 12 milliards d’euros par an en Europe, chiffre l’AEE. Des espèces comme la limace espagnole, désormais implantée dans la plupart des pays européens, peuvent dévaster les récoltes. D’autres espèces comme la moule zébrée omniprésente peut également entraîner des coûts élevés en bloquant les usines de traitement des eaux, cite l’Agence.

Ces espèces envahissantes ont également un impact sur les écosystèmes, les habitats des espèces indigènes et menacent la biodiversité. Ainsi sur les 395 espèces européennes en danger critique de disparition inscrites sur la Liste rouge de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN), 110 le sont en raison de ces espèces invasives.

Parmi elles, le frelon asiatique « qui dévaste les ruches en France ». Les espèces envahissantes ont également un impact sanitaire, comme le moustique-tigre,  » vecteur de plus de 20 maladies, dont la fièvre jaune et le chikungunya », rappelle l’AEE. « Il est venu en Europe principalement par le commerce intercontinental des pneus usagés, et est maintenant répandu dans plusieurs pays d’Europe méridionale, en particulier l’Italie ».

Lecture et EDD : suite à la lecture de cet article et à des recherches complémentaires, nous vous mettons au défi de répondre aux questions suivantes.

Quelles activités économiques sont évoquées dans ce document ? Sont-elles utiles ? Indispensables ?

Comment modifient-elles l’environnement ?

Quelles sortes de frais (12 milliards par an) cela occasionne-t-il ?

Pensez-vous que l’on pourrait améliorer les choses ? Comment ?



Des pesticides mortels pour les grenouilles d’Europe

28 01 2013

Cet article peut être un prolongement aux défis EDD http://www.ia94.ac-creteil.fr/EDD/defi_homme_biodiversite.htm ou http://www.ia94.ac-creteil.fr/EDD/edd_piste03.htm

Publié le 26.01.2013 sur http://www.lemonde.fr/planete/

Les amphibiens digèrent très mal certains des pesticides utilisés dans les champs européens, selon une étude publiée jeudi 24 janvier, dont les auteurs plaident pour une meilleure évaluation du rôle éventuel de ces produits dans le rapide déclin des grenouilles, crapauds ou tritons.

Selon cette étude, parue dans la revue Scientific Reports, des fongicides, herbicides et insecticides testés sur des grenouilles ont entraîné une mortalité de 40% à 100% des animaux en sept jours d’utilisation aux doses recommandées. Des résultats toutefois à prendre avec prudence, ont relevé d’autres scientifiques, estimant qu’il était délicat de généraliser à ce stade ces résultats obtenus en laboratoire.

UNE PEAU PERMÉABLE

Les amphibiens constituent le groupe de vertébrés le plus menacé et déclinant le plus rapidement à la surface de la Terre, soulignent les auteurs de l’étude pilotée par Carsten Brühl, chercheur à l’institut des sciences de l’environnement de l’université de Coblence-Landau (Allemagne). Selon la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), 41% des amphibiens sont menacés d’extinction.

L’exposition aux pesticides est supposée jouer un rôle, en raison de la perméabilité de la peau des amphibiens, mais reste difficile à quantifier, estiment les auteurs de l’étude.

Les chercheurs ont soumis des grenouilles rousses à des projections de sept pesticides différents (quatre fongicides, deux herbicides et un insecticide). La mortalité a atteint de 40% à 100% au bout de sept jours de projection au taux recommandé sur l’étiquette pour les six produits actuellement autorisés. Lire la suite »



On peut nourrir 10 milliards d’humains en bio sans défricher un hectare

5 12 2012

Résoudre la question alimentaire à l’échelle planétaire, en se passant de l’agriculture conventionnelle ? Ça ressemble à une utopie, mais c’est la réalité de demain, selon certains. Parmi eux, Jacques Caplat, agronome et géographe. Entretien.

L’idée que les rendements en bio sont plus faibles qu’en conventionnel est récurrente…

Si l’on considère que l’agriculture bio, c’est faire la même chose qu’en conventionnel moins la chimie, alors oui, c’est certain. Mais ça n’est pas ça du tout !

Que faut-il comparer, alors ?

Le système conventionnel s’est construit sur l’idée qu’on peut augmenter les rendements en sélectionnant les semences. On les isole et on regarde comment on peut les faire produire au maximum dans un contexte artificiel. On obtient alors de très hauts rendements, mais ils n’ont plus aucune relation avec la réalité biologique. Et dans le réel, ces variétés doivent être soutenues en permanence par des pesticides et engrais chimiques. Elles deviennent très fragiles. Les parasites se précipitent dessus. Il faut multiplier les intrants. C’est un cercle vicieux. L’agriculture bio est un autre concept. C’est la mise en relation des trois grandes composantes de l’agriculture : un écosystème (le sol, les points d’eau, des haies), un agrosystème (plusieurs espèces végétales, des animaux) et des humains autonomes, en situation de prendre des décisions et non de se les voir imposer par des semenciers ou des politiques.

Ce concept fonctionne de façon optimale avec un mélange de cultures sur une même parcelle. Des légumineuses, parce qu’elles sont capables de capter l’azote de l’air. Des arbres, parce qu’ils vont chercher le potassium en profondeur et le restituent en surface. Il n’y a plus de concurrence entre les plantes, mais une complémentarité. Cela permet de bien meilleurs rendements. En Europe, un hectare de blé conventionnel produit 10 tonnes par an. Sur une même surface consacrée au maraîchage diversifié, avec 20 à 30 espèces différentes, on atteint entre 20 et 70 tonnes. Les légumes contenant plus d’eau que le blé, on peut ramener ces chiffres entre 15 et 25 tonnes de matière sèche. Le rendement est deux fois plus grand !

Vous soutenez que l’agriculture bio est le seul système viable dans les pays tropicaux…

Le système conventionnel ne marche qu’en milieu tempéré. Il lui faut une stabilité climatique. Dans les pays tropicaux, les excès de pluie ou de sécheresse peuvent anéantir une année de production en monoculture. L’agriculture associée est plus adaptée. On peut semer des espèces résistantes à la sécheresse, d’autres à des conditions plus humides. Le rendement de chacune n’est pas garanti, mais le rendement global l’est. Et s’il y a des arbres, ils stabilisent les sols et limitent l’érosion. Or, ces conditions aléatoires atteignent les milieux tempérés. Avec le réchauffement, les incidents climatiques sont plus fréquents. Et notre système est d’autant plus fragile que les sols se sont appauvris.

Que disent les études scientifiques sur cette question ?

L’université anglaise de l’Essex a réalisé en 2006 une synthèse sur 57 pays et 37 millions d’hectares. Elle conclut que les rendements sont 79?% plus élevés en agriculture bio dans les zones tropicales. Le Programme des Nations unies pour l’environnement évaluait en 2008 que le passage en bio en Afrique permettrait de doubler les rendements. Olivier de Schutter, rapporteur des Nations unies pour le droit à l’alimentation, écrivait en 2010 : « Pour nourrir le monde, l’agroécologie surpasse l’agriculture industrielle à grande échelle. » Un bémol cependant : en 2006, l’université américaine du Michigan montrait que la conversion intégrale en bio de l’Amérique du Nord et de l’Europe ferait chuter leurs rendements de 5?% à 10?%. Car il s’agirait, dans ce cas, de faire du conventionnel sans chimie, de la monoculture. Mais à long terme, si l’on répand les techniques de cultures associées, on peut penser qu’il y aura une amélioration. Et puis, comme dans les pays tropicaux les rendements augmenteront énormément, à l’échelle planétaire, tout ira bien ! On peut nourrir 10 milliards d’humains sans défricher un hectare de plus. D’un point de vue agronomique, c’est indéniable.

Cette transition est-elle possible ?

Dans les années 1960, on s’est donné un objectif, celui d’une révolution agricole industrielle, et on y est parvenu. Pourquoi pas aujourd’hui ?

(…)

Jacques Caplat, auteur de « L’Agriculture biologique pour nourrir l’humanité » (Actes Sud, 2012)

Article publié le 26/11/12 sur http://www.terraeco.net/