Plus d’arbres, plus de vie !

27 08 2012

Cet article peut aider à relever le défi EDD pour le cycle 3 intitulé « Comment la forêt rend des services à l’homme ? »

L’office Français de la Fondation pour l’Éducation à l’Environnement en Europe (FEEE) poursuit le projet Plus d’arbres, plus de vie ! né en 2011, année internationale des forêts.

Symboles séculaires et carrefour des fonctions environnementales, économiques et sociétales, l’arbre et la forêt sont au cœur des enjeux du développement durable. La forêt stabilise les sols, régule le régime des eaux, fixe une partie du CO2 émis par nos activités, héberge une riche biodiversité ; elle est de plus une source importante d’emplois, d’innovations multiples, de créativité et le lieu de nombreux loisirs. Sa pérennité est source d’une grande richesse pour nous tous !

Plantez un ou plusieurs des 20.000 plants offerts pour cette campagne 2012-2013, ou organisez des activités et manifestations sur le thème de l’arbre et de la forêt à l’aide des outils que nous vous proposons.

Le programme met à votre disposition différents outils et services :

Un livret ‘Plus d’arbres, plus de vie !’ mis à jour, offert à tous les participants, dans la limite des stocks disponibles ;

Des conseils de professionnels de la forêt associés à l’opération ;

Des fiches activités thématiques sur l’arbre et la forêt, disponibles dès la rentrée 2012 ;

Un site Internet www.plusdarbres-plusdevie.org ;

Une équipe à votre écoute pour toute demande d’information [email protected] ou au 01 45 49 09 48.

Réunissez tous les acteurs de votre territoire (établissements scolaires, associations, collectivités, entreprises, citoyens,…).

L’appel à projet est accessible au lien suivant :

<http://www.plusdarbres-plusdevie.org/?p=773



Réponse au défi EDD sur l’Homme et la forêt

2 07 2012

En réponse au défi http://www.ia94.ac-creteil.fr/EDD/defi_foret_service_homme.htm

Comment la forêt rend des services à l’Homme ?

réponse St-Maur



La forêt que plébiscitent les citadins doit rester sauvage… mais pas trop

15 05 2012

Cet article aide à relever le défi EDD pour le cycle 3 intitulé « Comment la forêt rend des services à l’homme ? »

Publié sur http://www.lemonde.fr/planete/ le 09.05.2012

Quels visiteurs fréquentent la forêt, et qu’en attendent-ils ? Pour l’Office national des forêts (ONF), qui compte profiter de la Fête de la nature, organisée dans toute la France du 9 au 13 mai, pour valoriser son savoir-faire, la question n’a rien d’anecdotique.

Gestionnaire de 120000 km2 de forêts publiques dont 44000 km2 en France métropolitaine, cet organisme a pour mission, outre la production de bois et la protection de la biodiversité, d’assurer l’accueil du public. Autrement dit de répondre à la « demande sociale » de la population française, qui vit à près de 80% en milieu urbain.

Pour mieux comprendre les liens que ces citadins entretiennent avec la forêt, l’ONF a dirigé, de 2003 à 2008, un vaste travail de recherche sur les pratiques et représentations de cet espace naturel. Etablie sur la base d’un questionnaire mené auprès d’un échantillon de 1000 personnes représentatives de la société française, puis complétée par des entretiens individuels et des groupes de discussion thématique, cette enquête nationale permet aujourd’hui de préciser les réactions et les demandes des citoyens vis-à-vis de la forêt. Lesquelles ne sont pas dénuées d’ambiguïtés. Voire de contradictions.

« POUR LE CALME, LA TRANQUILLITÉ, LE SILENCE »

Premier constat : la proximité apparaît comme le facteur le plus déterminant de la fréquentation. « Environ 22% de ceux qui habitent à moins d’un quart d’heure de la forêt et 34% de ceux qui y vont à pied déclarent y être allés au moins une fois par semaine, contre 15% en moyenne dans l’ensemble de la population. A contrario, 55% de ceux qui habitent à plus d’une heure de la forêt n’y sont jamais allés pendant l’année, contre 29% en moyenne », note Anne-Marie Granet, responsable de l’accueil du public à la direction de l’environnement et des risques naturels de l’ONF.

Peu présentes également dans ces espaces boisés, les personnes âgées ou à faible revenu. Bien souvent, ce sont les mêmes qui ne possèdent pas de voiture, les inégalités d’accès à la forêt recoupant ainsi les autres inégalités sociales. Ce qui n’empêche pas cette activité de loisir, précise Mme Granet, « de rester populaire et répandue pour les deux tiers des Français qui sont à moins d’une demi-heure d’une forêt accessible ».

« Silence, air pur, nature… » L’immense majorité (96%) d’entre eux affirment s’y adonner « pour le calme, la tranquillité, le silence », « pour respirer l’air pur, s’oxygéner » et « pour le contact avec la nature », 91% ajoutant vouloir y « partager un moment agréable avec la famille ou les amis ».

L’occupation plébiscitée reste la promenade : en couple, avec les enfants ou le chien, mais plus rarement seul. A l’issue de cette enquête, deux types de représentations se détachent nettement : la forêt comme espace d’évasion hors la ville, et comme espace de sociabilité et de partage.

Mais de quelle forêt au juste s’agit-il ? Sauvage ou aménagée ? « Les gens qui viennent en forêt recherchent la nature, mais plus encore une « naturalité perçue ». Ils veulent se sentir loin de la ville sans en être vraiment éloignés. Ils espèrent ne voir aucune trace d’artificialisation humaine sans pour autant avoir le sentiment d’un espace abandonné… Pas facile, dans ce contexte, de toujours les satisfaire ! », détaille Mme Granet.

Soigneusement conservé par les forestiers pour promouvoir la biodiversité, un arbre mort donnera au public l’impression d’une forêt mal entretenue. Les ordures traînant par terre sont pour lui la première cause d’insatisfaction, mais il ne veut pas pour autant entendre parler de poubelles.

LE VISITEUR EN ATTENTE D’UNE FORÊT SAUVAGE

Bref, le visiteur urbain est en attente d’une forêt d’aspect sauvage, susceptible de lui procurer un sentiment de liberté, mais sans les inconvénients d’un véritable milieu naturel, non investi par l’homme. Ce qui implique, selon les termes de Benoît Boutefeu, « les conditions d’une mise en scène réussie ».

Cet ingénieur forestier-géographe, auteur de La Forêt mise en scène, Attente des publics et scénarios de gestion (L’Harmattan 2009), a en effet choisi d’approcher la question par la métaphore du théâtre. Une idée originale et fructueuse qui lui permet d’appréhender la forêt comme scène et décor, les visiteurs comme spectateurs, l’Etat et les collectivités comme directeurs… Et les exploitants forestiers comme metteurs en scène. Celui-ci, précise M. Boutefeu, a pour devoir « de composer avec les différents acteurs », mais aussi de « ravir les spectateurs ».

Une mission qui ne coule pas toujours de source pour l’agent forestier, souvent plus enclin, « en tant que garant de l’intégrité du patrimoine boisé, à considérer la fréquentation du public comme un phénomène subi, une menace potentielle pour les écosystèmes, plutôt que comme une chance ou une valeur ajoutée pour la forêt ».



Les bûcherons modifient la gestion des forêts pour préserver les oiseaux

15 05 2012

Publié sur http://www.lemonde.fr/planete/ le 11.05.2012

Cet article aide à relever le défi EDD pour le cycle 3 intitulé « Comment la forêt rend des services à l’homme ? »

L’Office national des forêts va adapter ses pratiques sylvicoles pour ne pas perturber les mœurs des oiseaux nicheurs.

Tout de vert vêtu, Bruno Fauvel gratte doucement le tronc du hêtre, et tous nos regards convergent vers le trou bien rond qu’il présente à une quinzaine de mètres de hauteur : une loge de pic noir. « S’il était à l’intérieur, il aurait déjà passé la tête pour voir si ce n’était pas une martre ou un chat forestier qui tentait de monter », explique l’homme à l’uniforme vert, typique des agents de l’Office national des forêts (ONF). Après avoir marqué pendant vingt-cinq ans les arbres pour la coupe dans la forêt d’Orient (Aube), au cœur de Champagne-Ardenne, cet ornithologue dans l’âme est désormais chargé d’étudier les mœurs des espèces aviaires dans le cadre du programme national « Oiseaux des bois ».

L’objectif ? Protéger les oiseaux vivant dans cette forêt de plaine, sans affecter sa rentabilité économique. Pour cela, les agents de l’ONF doivent être en mesure de préserver les milieux favorables à la nidification, conserver les arbres portant les nids, réduire les dérangements qu’entraînent les travaux d’exploitation. Une équation plus difficile à résoudre qu’il n’y paraît, pour laquelle l’ONF et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) ont uni pendant cinq ans leurs compétences autour de trois grandes forêts domaniales : la forêt de Moulière (Vienne), la forêt d’Orléans (Loiret) et la forêt d’Orient (Aube).

Dans ces laboratoires d’observation représentatifs de la forêt de feuillus occidentale, la collecte des données vient tout juste de s’achever. Elle devrait donner lieu, « d’ici à l’été », affirme l’ONF, à des prescriptions d’exploitation jugées compatibles avec la conservation de l’avifaune patrimoniale.

INVENTAIRE DES CHANTS

Le projet « Oiseaux des bois » s’est intéressé à onze espèces protégées et appartenant à trois groupes : les oiseaux de clairières, les rapaces et les pics. Dans la forêt d’Orient, massif de près de 10 000 hectares composé principalement de chênes, de charmes, d’aulnes et de frênes, les recherches se sont concentrées sur deux espèces de rapaces (milan noir et buse variable) et trois espèces de pics (pic épeiche, pic noir et pic cendré).

La première étape de ce long inventaire a consisté à écouter les chants et les cris spécifiques à chaque espèce. « Les pics se repèrent assez facilement dès le mois de mars par leurs tambourinages et leurs cris. Pendant un mois, les oiseaux marquent leur territoire », précise M. Fauvel.

Avec un peu d’entraînement, une oreille avertie comme la sienne distingue les espèces sans trop de difficulté. Vient ensuite la recherche des nids. Puis, si possible, le suivi de quelques oiseaux par radiopistage. Équipés de petits radio-émetteurs, des pics mars ont été suivis pendant plusieurs mois, ce qui a permis d’affiner la connaissance du petit volatile.

La sylviculture impose de prévoir que la forêt se régénère. Dominée par le chêne et gérée en futaie régulière, la forêt d’Orient est divisée en parcelles de 10 à 20 hectares, chacune correspondant à une classe d’âge. Soit, pour les chênes, une succession de stades allant du semis (temps zéro) au stade de la vieille futaie (150 à 200 ans).

Or les oiseaux ont leurs préférences : l’engoulevent, qui niche au sol, optera pour les semis, les pics pour les futaies respectables. De même le pic noir choisira-t-il un hêtre au tronc droit sans branches basses pour se prémunir des prédateurs, quand les rapaces préféreront des chênes noueux et tortueux.

PÉRIODE DE REPRODUCTION

Ces détails à première vue anecdotiques sont essentiels pour préserver cette faune aux moeurs particulières. D’autant que les travaux forestiers peuvent apporter des nuisances non négligeables, notamment durant la période de reproduction. « Il n’y a pas si longtemps, l’exploitation se concentrait sur l’automne et l’hiver. Aujourd’hui, elle s’étale sur l’année », précise Jean Dissard, de l’ONF.

« Les pics sont surtout perturbés par la disparition de leurs habitats de prédilection – vieux arbres et arbres morts -, tandis que les rapaces sont avant tout sensibles aux dérangements liés à l’exploitation forestière », résume Thierry Tournebize, directeur adjoint du parc naturel régional de la forêt d’Orient, associé au projet.

« Le milan noir privilégie, pour faire son nid, les lisières de forêt. La buse est plus forestière, et recherche des arbres à gros tronc un peu partout dans le massif, détaille Christophe Hervé, chargé de mission à la LPO. En période de coupe, il faut donc laisser, pour le milan, des arbres sur les bordures, et, pour la buse, de vieux boisements, en veillant à ne pas rajeunir trop brutalement les massifs. » Autant de préceptes que l’ONF va maintenant s’efforcer d’intégrer à ses protocoles de gestion.



Les services rendus par la forêt

20 04 2012

Cet article aide à relever le défi EDD pour le cycle 3 intitulé « Comment la forêt rend des services à l’homme ? »

LES FORÊTS, RÉSERVE DE VIE

Les forêts sont biologiquement plus diverses que tout autre écosystème terrestre. Elles couvrent environ 31% de la surface de la Terre, soit près de 4 milliards d’hectares, et contiennent plus du deux tiers des espèces vivantes terrestres. Les forêts tropicales qui ne constituent que 6% des terres émergées, possèdent plus de la moitié de la biodiversité terrestre. Étant la plus vaste forêt tropicale humide au monde, la forêt amazonienne détient une importante biodiversité. Le bassin amazonien à lui seul abrite un quart des espèces terrestres.

La vie humaine est intrinsèquement liée à la biodiversité. Si nous pouvons modifier notre relation à la nature, nous ne pourrons en modifier notre dépendance. L’homme se sert des services que nous rend la nature et nous leur devons tout en termes d’existence.

Selon la FAO, plus de 1,6 milliards d’individus dépendent des forêts comme source de revenus. La biodiversité forestière est la base de plus de 5000 produits commerciaux : lin, coton, huiles aromatiques, huiles essentielles, miel, résines, champignons, caoutchouc, produits pharmaceutiques… Nous connaissons bien ces produits générés par les forêts. Ces services d’approvisionnement représentent à nos yeux une valeur marchande. Par contre, de nombreux services fournis par les forêts ne sont pas reconnus ou sous-estimés dans notre économie de marché, alors qu’ils sont indispensables, c’est par exemple le cas des services de régulation ou culturel (voir ci-après).

Or, chaque année, 13 millions d’hectares de forêts disparaissent (principalement dans la zone tropicale) notamment parce que le marché actuel ne parvient pas à reconnaitre les services rendus par les forêts. Afin de mettre fin à leur destruction, il faut connaître et comprendre l’intégralité des services qu’elles nous rendent.

LES SERVICES DE RÉGULATION DE LA FORÊT

Les services de régulation fournis par les forêts sont les bénéfices obtenus par les processus écosystémiques. Lire la suite »



La biodiversité forestière – Le trésor vivant de la planète

1 03 2012


Pour l’information (la formation) des maîtres.

En rapport avec les propositions de travail

« Comment la forêt rend des services à l’homme »

« Trouver et décrire 5 êtres vivants de la forêt francilienne, et leurs relations »

Livret de 50 pages réalisé pour la journée internationale de la diversité biologique du 22 mai 2011

www.cbd.int/idb/doc/2011/idb-2011-booklet-fr.pdf



Quand les loups font repousser les arbres

11 01 2012

Pour aider à répondre au défi scientifique sur la forêt http://www.ia94.ac-creteil.fr/sciences/aides/defis/defi_vivant_foret_C3.htm

ENVIRONNEMENT – Dans le parc Yellowstone, aux Etats-Unis, la réintroduction des loups a été bénéfique pour les arbres…

Dans le parc naturel américain de Yellowstone, les loups sont plutôt bien vus: selon les scientifiques, le retour du loup gris a permis de limiter la population d’élans qui grignotait les jeunes pousses de peupliers, de saules et de trembles.

Un des auteurs de l’étude, publiée dans la revue scientifique Biological conservation, a constaté que la végétation s’était considérablement étendue dans le Yellowstone depuis la réintroduction des loups en 1995. Parallèlement, la population d’élans a fortement diminué. Grâce à la centaine de loups qui peuple le parc, les oiseaux et les castors ont aussi retrouvé des abris dans les arbres et de quoi se nourrir.

Publié le 04/01/2012 sur http://www.20minutes.fr/article/852750/quand-loups-font-repousser-arbres



Vidéo : la biodiversité d’une forêt au cœur de l’Auvergne

21 12 2011


En lien avec le défi EDD sur la forêt : http://www.ia94.ac-creteil.fr/EDD/defi_foret_service_homme.htm

et le défi scientifique sur la forêthttp://www.ia94.ac-creteil.fr/sciences/aides/defis/defi_vivant_foret_C3.htm

La forêt enchantée

Pour la première fois, une équipe internationale de scientifiques de différentes disciplines va explorer la biodiversité d’une forêt… au cœur de l’Auvergne.

Durée : 53 min

Trophée d’or, Festival du film scientifique, 2010.

http://www.universcience.tv/media/3976/la-foret-enchantee.html



Lecture / film : L’Homme qui plantait des arbres

12 12 2011

En lien avec le défi EDD sur la forêt

http://www.ia94.ac-creteil.fr/EDD/defi_foret_service_homme.htm

L’homme qui plantait des arbres est une nouvelle écrite en 1953 par l’écrivain français Jean Giono pour « faire aimer à planter des arbres », selon ses termes. Il s’agit de l’histoire, présentée comme authentique, du berger Elzéard Bouffier, personnage pourtant de fiction, qui fait revivre sa région, localisée en Haute Provence, entre 1913 et 1947, en plantant des arbres.

Écrite à la suite d’une commande du magazine américain Reader’s Digest, la nouvelle a eu un retentissement mondial. Elle est aujourd’hui considérée comme un manifeste à part entière de la cause écologiste. Beaucoup de personnes ont cru que le personnage d’Elzéard Bouffier avait vraiment existé, croyance sur laquelle Giono n’a pas manqué de jouer.

La nouvelle véhicule de nombreux messages : écologiques, humanistes et même politiques. L’histoire d’Elzéard Bouffier est en effet considérée dans la littérature écologiste comme une parabole de l’action positive de l’homme sur son milieu et de l’harmonie qui peut s’ensuivre.

Le récit de Giono a donné lieu à un film d’animation du même nom, réalisé par l’illustrateur Frédéric Back et lu par Philippe Noiret, et qui a obtenu plus de 40 prix à travers le monde.

L’Homme qui plantait des arbres est aujourd’hui reconnu comme une œuvre majeure de la littérature de jeunesse et elle est, à ce titre, et pour son message écologique de développement durable, étudiée en classe.

Lire la suite sur http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Homme_qui_plantait_des_arbres

Film d’animation partie 2  http://www.dailymotion.com/video/x3e5ki_l-homme-qui-plantait-des-arbres-par_creation#rel-page-1



L’arbre, allié de taille

22 11 2011

Pour aider à répondre au défi EDD : http://www.ia94.ac-creteil.fr/EDD/defi_foret_service_homme.htm

UN ÉPURATEUR D’ATMOSPHÈRE

Nous, humains, avec nos 2 mètres carrés de peau, sous-estimons la surface de l’arbre. Pour la calculer, il faut mesurer chaque feuille recto verso, ajouter la surface du tronc, des branches et rameaux, des racines longues et fines et des poils absorbants, sans oublier les poches dans l’écorce. Un arbre feuillu de 15 mètres occupe au total 200 hectares, l’équivalent de Monaco. Il double de poids quand il est mouillé. Toute cette surface respire, nous fait respirer.

« Grâce à la photosynthèse, l’arbre est notre meilleur allié dans la lutte contre le réchauffement climatique « , estime Francis Hallé. Tout arbre, absorbe quantité de dioxyde de carbone (CO2), responsable de l’effet de serre. 20 % à 50 % de la matière produite par l’arbre – bois, racines, feuillages, fruits… – est constituée de CO2. Ainsi, en respirant, l’arbre épure l’atmosphère. Il séquestre le dioxyde de carbone et les polluants urbains tels que les métaux lourds, le plomb, le manganèse, les suies industrielles, les oxydes d’azote et de soufre, l’ozone… Ceux-ci sont dissous par l’eau intérieure, puis stockés dans le bois. C’est pourquoi il faut couper les vieux arbres le moins possible. Plus ils sont grands, plus ils purifient l’air.

En même temps, l’arbre libère l’oxygène qui nous fait vivre, l’O2. Un humain adulte consomme environ 700 grammes d’O2 par jour, soit 255 kg par an. Pendant ce temps, un arbre moyen en produit 15 à 30 kg. Il faut donc une dizaine d’arbres pour oxygéner un homme. En plus, l’arbre humidifie et rafraîchit l’atmosphère par évaporation et transpiration. Une zone boisée de 50 m2 fait baisser la température de 3,5 °C et augmente le taux d’humidité de 50 %. L’agitation des feuillages, surtout des conifères, libère des ions négatifs qui auraient un effet bénéfique sur la santé et l’humeur. Et l’arbre accueille nombre d’espèces utiles.

Pascal Cribier, jardinier talentueux, habite au-dessus du jardin du Luxembourg, à Paris. Il désigne la cime rougeoyante des arbres : « Nous ne voyons que la moitié d’un arbre. Nous n’imaginons pas l’activité souterraine, la taille et la force de ses racines, les espèces qui vivent en symbiose avec lui. Nous oublions que, sans les arbres, le sol se dégrade vite, et pour toujours. » Il faut savoir que sous-bois, racines et sous-sols font vivre champignons, lichens, fougères, plantes épiphytes, insectes, vers et mammifères. Sous terre, les racines font circuler des tonnes d’eau pour abreuver les feuilles. Souvent, elles dépassent en longueur les branchages.

« L’homme ne saurait vivre sans l’arbre, et il le menace partout, s’étonne Francis Hallé. Pourtant, la réciproque n’est pas vraie… » Les Nations unies ont déclaré 2011 Année internationale de la forêt. Les arbres abritent 50 % de la biodiversité terrestre et apportent la subsistance à 1,6 milliard d’humains.

Les enquêtes de l’ONU montrent que la moitié des forêts de la planète a été détruite au XXe siècle. Ainsi, 7,3 millions d’hectares de forêts tropicales ont disparu chaque année entre 2000 et 2005, soit 20 000 hectares par jour. Résultat, la déforestation et la dégradation des forêts tropicales contribuent pour 15 % à 20 % aux émissions de CO2 : brûlés, abattus, les arbres libèrent leur carbone. A l’inverse, l’ONU estime que des plantations d’arbres pourraient compenser 15 % des émissions de carbone dans la première moitié du XXIe siècle.

DE L’ASPIRINE AU PAPIER

L’arbre se contente de peu – lumière, eau, oligoéléments – et déjoue ses ennemis sans bruit, en développant un arsenal chimique. Un if produit des molécules qui éloignent souris et insectes et, ce faisant, il fournit le taxol à l’homme, un anticancéreux efficace. Et chacun sait que le tilleul ou le bouleau, le noisetier ou le citronnier donnent des médicaments.

Prenons un citadin qui déguste en terrasse une salade à l’huile d’olive et au citron avec des pignons, puis commande une omelette aux truffes et un verre de chablis. Au dessert, poire belle-Hélène accompagnée d’un café à la cannelle. En digestif, une goutte de vieux gin. Ensuite, après une aspirine, il prend quelques notes avec un stylo jetable sur un carnet. Cet homme vient de mettre quinze arbres à contribution. Un frêne pour sa chaise, un orme pour la table, un olivier, un pin parasol, un citronnier, un chêne pour la truffe, un robinier (faux acacia) pour le fût du vin blanc, un poirier et un cacaoyer, un caféier, un cannelier, un genévrier, un saule pour l’aspirine, du ricin pour le plastique, un pin sylvestre pour le papier. Nous ne saurions vivre sans les arbres.

ARBRES ET FORÊTS DES VILLES

En Europe, Bruxelles protège les 5 000 hectares de la forêt de Soignes, en pleine ville ; Zurich fait de même, Barcelone a classé sa forêt riveraine, Nantes prévoit de planter 1 400 hectares d’arbres à ses portes. Julien Custot, expert à la FAO, explique : « L’arbre urbain est fondamental pour préserver les sols, contenir les inondations, apporter de l’énergie, pourvoir des aliments sains. Il rend les villes plus agréables, plus fraîches. Il nous faut une vraie politique de foresterie urbaine. »

L’économiste indien Pavan Sukhdev a chiffré les services rendus par les écosystèmes à la conférence de Nagoya sur la biodiversité, dont la France vient de signer le protocole. Il calcule la valeur économique de la nature et ses dégradations. Après trois ans d’enquêtes menées par cent experts, « les gros chiffres impressionnent », affirme-t-il. Si nous divisions par deux le rythme de la déforestation d’ici à 2030, les réductions d’émission de CO2 allégeraient de 2 600 milliards d’euros le coût du réchauffement. L’érosion de tous les écosystèmes terrestres – forêts, sols ou encore zones maritimes – nous fait perdre entre 1 350 et 3 100 milliards d’euros chaque année.

En jardinier, Pascal Cribier s’inquiète de ces chiffres : « Un arbre est inestimable, ce qu’il nous apporte n’a pas de prix… »

D’après un article publié sur http://www.lemonde.fr/planete/ le 20.11.11