Tous les billets de octobre 2008

Le palmarès des morts qui rapportent le plus

vendredi 31 octobre 2008

Même la Toussaint peut être l’occasion de donner une information économique (avec un peu d’humour noir, je vous l’accorde…). Allez voir, sur le site de la revue américaine Forbes, le palmarès des 13 morts les mieux payés (!) sur les douze derniers mois.  🙂

 A elles seules, ces 13 stars d’outre-tombe ont tout de même fait gagner cette année à leurs ayant-droit près de 200 millions de dollars…

 

Tags :

« La crise est finie ! »

jeudi 30 octobre 2008

Mais oui, vous ne le saviez pas ?  « La crise est finie ! »  Je vous laisse découvrir de quoi il s’agit !  🙂

 

Sinon, les derniers chiffres de la Bourse de Paris (indice CAC40) : 

Le cours du CAC 40 depuis le 1er septembre | Le Monde.fr

… et environ – 50 % depuis un an et demi (mai 2007).

Tags : ,

La fin du laxisme économique américain ?

jeudi 30 octobre 2008

A quoi reconnaît-on un grand économiste ? A sa capacité de prévision des grandes tendances de l’économie, avant la plupart des « experts » (les prévisions a posteriori, c’est déjà plus facile…)

Voici un article court mais lumineux de Jo Stiglitz (Prix Nobel de sciences économiques), publié… le 7 janvier 2008 dans Les Echos, qui permet de prendre du recul dans la crise actuelle, et ses conséquences pas uniquement négatives pour l’avenir :

FATAL FREINAGE AUX ETATS-UNIS

L’économie mondiale a connu de bonnes années. La croissance a été forte, le fossé entre pays développés et pays en développement s’est rétréci, avec une forte croissance en Inde et en Chine. Même l’Afrique ne s’en est pas si mal sortie, avec une croissance de plus de 5 % en 2006 et 2007. Mais cette période faste touche peut-être à sa fin. On s’inquiète depuis des années du déséquilibre causé par les énormes emprunts américains. L’instant de vérité est arrivé, avec la multiplication par quatre des prix du pétrole depuis 2003 – à laquelle l’Amérique a contribué avec sa guerre en Irak.

Jusqu’à présent, trois facteurs ont limité les effets d’un pétrole plus cher. D’abord la Chine, avec l’énorme augmentation de sa productivité, a exporté sa déflation. Ensuite, les Etats-Unis ont bénéficié de cette situation en abaissant leurs taux d’intérêt à des niveaux sans précédent, provoquant une bulle immobilière avec des prêts accessibles à tout le monde ou presque. Enfin, les travailleurs partout dans le monde ont amorti les conséquences du renchérissement, avec des salaires réels en baisse et une part plus faible du PIB.

Cette partie est terminée. La Chine est maintenant confrontée à l’inflation. Et si les Etats-Unis parviennent à convaincre la Chine de laisser sa monnaie s’apprécier, le coût de la vie augmentera en Amérique et ailleurs. Avec l’essor des biocarburants, les marchés de l’agriculture et de l’énergie sont devenus intégrés. Si l’on y ajoute l’augmentation de la demande et une baisse de l’offre pour des raisons climatiques, on peut s’attendre à une hausse du prix dans l’alimentation – une menace mortelle pour les pays en développement.

Cela pourrait mettre un coup d’arrêt à la surconsommation aux Etats-Unis. Même si la Réserve fédérale continue à baisser les taux d’intérêt, personne ne va se précipiter pour financer des prêts dans l’immobilier. Avec la baisse des prix dans ce secteur, la frénésie de dépenses va fatalement se calmer. Le gouvernement Bush espère retarder une vague de saisies de logements, et va laisser au prochain président la tâche de résoudre les problèmes économiques, comme il le fait avec le bourbier irakien.

L’Amérique exporte ses difficultés non seulement via ses mauvaises pratiques financières, mais aussi par un dollar plus faible. Il va être de plus en plus difficile à l’Europe d’exporter. L’instabilité des marchés financiers, liée à l’affaiblissement du dollar, sera coûteuse pour tous. Les salariés vont-ils accepter encore longtemps la baisse de leur niveau de vie au nom d’une mondialisation inéquitable dont les promesses apparaissent de plus en plus illusoires ? En Amérique, le mécontentement monte.

Pour ceux qui pensent qu’une mondialisation bien gérée peut bénéficier à tous et qui croient en la justice sociale et à l’importance de la démocratie, tout cela fait l’effet d’une douche froide. Les ajustements de cette ampleur sont toujours douloureux. Le revers de la médaille d’un « monde qui croule sous les liquidités » est un monde confronté à une demande globale fléchissante. Ces dernières années, les dépenses débridées de l’Amérique ont comblé le fossé. Mais, maintenant, les dépenses du gouvernement et celles des ménages américains sont appelées à diminuer, les candidats à la présidence des deux partis promettant un retour à une politique budgétaire responsable. Après sept ans durant lesquels l’Amérique a vu sa dette publique passer de 5.600 à 9.000 milliards de dollars, cela devrait être une bonne nouvelle, mais cela intervient au plus mauvais moment.

Il y a une lueur d’espoir dans ce sombre tableau : la croissance mondiale a des origines plus diverses qu’il y a dix ans. Depuis quelques années, les pays en développement sont les véritables moteurs de la croissance. Néanmoins, une croissance ralentie – ou une récession – de la première économie mondiale aura des conséquences planétaires. Si les autorités monétaires augmentent les taux d’intérêt pour atteindre leurs objectifs en matière de lutte anti-inflationniste, nous devons nous préparer au pire : un nouvel épisode de stagflation. Le prix à payer en termes de pertes d’emploi et de revenus sera énorme.

Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d’économie 2001, est professeur à l’université Columbia (New York

Tags : ,

Un industriel dénonce les banques d’affaires

jeudi 30 octobre 2008

« Le mal essentiel du système provient de la soif de spéculation engendrée par cet hypercapitalisme qui a surfé sur le virtuel et affaibli le réel. »

Ce n’est pas un syndicaliste, ni un militant anti-capitaliste qui écrit ces mots, mais Alain Godard, ancien PDG d’Aventis Cropscience (chimie agricole). Il dénonce dans un article du Monde « Le rôle pervers des banques d’affaires », (qui selon lui ont imposé au monde de l’industrie les objectifs et les pratiques du monde de la finance, qui n’a aucun rapport) et prône la suppression des stocks-options pour les grands patrons (c’est lorsque les patrons reçoivent, en plus de leur salaire, des actions de l’entreprise qu’ils ne paieront que lorqu’ils les « réaliseront » (les vendront), et au prix initial, donc en empochant les plus-values (bénéfice), qui peuvent représenter plusieurs dizaines de millions d’euros…)

Tags : ,

La transmission du krach à l’économie réelle

mercredi 29 octobre 2008

L’indice de confiance des consommateurs américains s’est effondré en octobre à 38,0 points, contre 61,4 points en septembre, un niveau jamais vu depuis la création en 1985 de cet indice. Or, comme vous le savez, la consommation des ménages est le principal moteur de la demande, donc de la croissance.

Un article du Monde décortique de manière simple, claire et assez complète les mécanismes de transmission des pertes de l’économie « virtuelle » – quelques 25 000 milliards de dollars, soient 20 000 milliards d’euros, rappelons-le ! – à l’investissement et à la consommation :

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/28/des-entreprises-jusqu-aux-menages-comment-le-krach-boursier-contamine-l-economie-reelle_1111948_1101386.html#ens_id=1089411

De son côté, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE, centre de recherche en économie de Sciences-Po Paris, spécialisé dans la macroéconomie) publie une étude, intitulée « Entrée dans le tunnel »… qui prévoit au mieux un fort ralentissement de l’économie en 2009, au pire une récession.

Tags : , ,

Piketty « se paie » les dépenses anti-crise

mercredi 29 octobre 2008

L’économiste Thomas Piketty, spécialiste en particulier de la fiscalité et des inégalités, critique la manière dont sont présentées aux Français les mesures de « sauvetage » des banques et du système financier, chiffrées en dizaines voire en centaines de milliards d’euros. Or, selon lui, on mélange des grandeurs qui n’ont aucun rapport.

http://www.liberation.fr/economie/0101165281-mille-milliards-de-dollars

En somme, un plaidoyer pour que tous les lycéens, futurs citoyens, bénéficient d’un enseignement économique et social ?  😉

Tags : ,

Un milliard d’êtres humains ont faim

mardi 28 octobre 2008

La crise économique et financière actuelle ne devrait pas nous faire oublier que près d’un milliard d’individus (920 millions) souffraient de la faim en 2007, selon le dernier rapport de la FAO (l’organisation des Nations-Unis pour l’alimentation et l’agriculture). Information encore plus insupportable : « la faim gagne du terrain », selon les auteurs du rapport, alors que depuis le début des années 2000, le monde s’est enrichi et le nombre global de pauvres a diminué. Selon les Objectifs du Millénaire, le nombre d’affamés est censé être réduit à 500 millions en 2015…

 

Selon l’Observatoire des inégalités : « Cette hausse s’explique en partie par la flambée des prix des denrées alimentaires, mais aussi des engrais et du carburant, qui a sévi entre 2006 et 2008. Entre 2007 et 2008, le prix des denrées alimentaires a augmenté de 52 %. 75 millions de personnes n’ayant plus les revenus suffisants pour acheter leur alimentation de base sont venus gonfler les rangs des personnes sous-alimentées dans le monde. Les plus touchés sont les plus vulnérables : les plus pauvres, les sans-terre et les femmes seules à la tête d’une famille, en majorité vivant dans des pays d’Afrique. »

 

 

 

Tags :

The Cure / Bloc Party : L’electro donne des couleurs au rock anglais

lundi 27 octobre 2008

Je disais il y a quelques jours que je n’avais rien écouté de nouveau ni d’intéressant depuis six mois… mais aujourd’hui est sorti le nouveau, excellent et inespéré album de The Cure, « 4:13 Dream » (un album magnifique, à écouter en boucle, à la fois fidèle au style inimitable du groupe, et novateur : sans commentaires 😉 ) ; et de plus, voici le nouvel album de Bloc Party, « Intimacy ».

Le groupe anglais conserve son beau style « speed new wave » (comme s’ils essayaient de jouer du Cure le plus vite possible), mais en y ajoutant une forte dose d’électro – déjà présente dans leur deuxième album « A Week End in the City » – mais plus énervée, façon The Prodigy (autre fleuron britannique) ou les petits derniers d’Oxford, The Foals. Tout cela possède à la fois la pêche et la classe, l’héritage de Robert Smith est assuré, et même démultiplié : de quoi se mettre de bonne humeur en ces jours pluvieux !

 

A propos de « la pêche », je confirme pour ceux que ça intéresse que nous avons rendez-vous le 13 novembre à 19h devant le Ninkasi Kao (à côté du bar Ninkasi) à Gerland – pour aller manger d’abord, puis voir « La Chanson du dimanche » !  (confirmez-moi ça dans vos com., merci !)

Tags :

A la poursuite d’octobre rouge

lundi 27 octobre 2008

 baisse

Les Bourses européennes enchaînent les journées dans le rouge ; Wall Street (la Bourse de New York, la première du monde), pourtant à l’origine de la crise financière, limite ses pertes, grâce à un redressement du marché immobilier.

http://www.lesechos.fr/info/marches/300304429-nouvelle-seance-de-forte-baisse-pour-les-bourses-europeennes.htm

Les pouvoirs publics n’ont pas hésité à injecter très rapidement – sous formes de fonds empruntés, ou de garanties d’Etat – des milliers de milliards de dollars partout dans le monde, pour sauver le système financier et renflouer les banques – qui se sont pourtant mises dans cette situation toutes seules, à la suite de fautes professionnelles graves (plusieurs traders de la Caisse d’Epargne font même l’objet d’une information (enquête) judiciaire depuis hier, pour avoir perdu 750 millions d’euros en quelques heures…). D’autres grandes réunions politiques sont prévues en novembre.

Mais les mesures de relance de l’économie réelle – lancer des « grands travaux » d’infrastructures, ou protéger les crédits aux PME ou aux ménages, par exemple – n’ont pas suivi. Or – et le paradoxe n’est qu’apparent – c’est l’économie réelle qui inspire en définitive la confiance sur les marchés financiers « virtuels ».

Tags :

25 000 milliards de dollars se sont volatilisés en octobre…

dimanche 26 octobre 2008

… et ce n’est pas terminé.

Un article du Monde fait un bilan de cet « octobre noir », qui compte parmi les plus graves krachs de l’histoire, et rappelle que les mesures prises par les pouvoirs publics ne seront pas forcément suffisantes pour éviter une récession durable.

L’ancien Premier ministre Michel Rocard déclarait il y a quelques jours que s’il était encore vivant, Milton Friedman – un économiste du XXe s. apôtre de l’ultra-libéralisme, du libre fonctionnement des marchés sans intervention de l’Etat -, mériterait d’être traduit devant la Cour pénale internationale pour crime contre l’humanité… C’est une boutade bien sûr, mais il est vrai que certaines théories économiques et idéologies politiques (comme le désengagement de l’Etat de l’économie), qui paraissaient évidentes à la majorité des experts et des politiques il y a quelques mois, se sont révélées totalement erronées et catastrophiques.

Tags :