Tous les billets de janvier 2009

Le « modèle français » a du bon

samedi 31 janvier 2009

Souvent critiqué par les libéraux, grands pourfendeurs de l’intervention de l’Etat… avant la crise, le « modèle français » semble retrouver des couleurs actuellement : forte protection sociale qui permet d’amortir les chocs et limiter les inégalités, équilibre entre les secteurs d’activité, services publics, prudence (relative) du système bancaire… Les Français aiment bien dire du mal d’eux-mêmes – et répéter ce que leur disent les experts de la pensée unique, sur les médias ou en politique : il faudrait plus de flexibilité, moins d’impôts, moins d’Etat… -, et pourtant, le « modèle français » n’a pas que des inconvénients.

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Comment les consommateurs s’adaptent-ils à la crise ?

vendredi 30 janvier 2009

Une étude de CETELEM analyse l’adaptation des consommations européens à la crise actuelle : les dépenses qu’ils acceptent de sacrifier, s’ils sont prêts à travailler plus…

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/01/28/une-premiere-depuis-trente-ans-les-francais-achetent-moins-en-grande-surface_1147607_1101386.html

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Bac ES : les SES répondent au Président

jeudi 29 janvier 2009

Nicolas Sarkozy, lors de sa visite à Saint-Lô.

Vous avez sans doute entendu parler des propos à l’emporte-pièce de M. Sarkozy sur le bac S et le bac ES… La réaction des professeurs de SES ne s’est pas faite attendre :

http://www.alternatives-economiques.fr/nicolas-sarkozy-et-la-serie-e-s—-des-confusions-prejudiciables_fr_art_633_41767.html

et un communiqué de l’Association des Professeurs de SES (APSES) :

 

Communiqué de presse de l’APSES du 28 janvier 2009

 Non, Monsieur le Président, la série Economique et Sociale n’est pas une « blague ».

 Lors d’un déplacement à Châteauroux (Indre), le Président de la République a déclaré : « Il y a une filière économique pour vos enfants. C’est une blague ». Ces propos insultent directement les élèves (dont Monsieur Sarkozy, qui a obtenu ce bac en 1973) et les enseignants qui ont contribué au succès de cette série depuis 40 ans.

 

La suite des déclarations du Président démontre une grave méconnaissance des débouchés de ce baccalauréat : « Parce que la filière économique ES, mettez vos enfants dedans, et ils ne peuvent pas se permettre de se présenter dans les meilleures écoles économiques. Qu’est-ce que cela veut dire ? On dit à ton gosse, fais la filière économique, tu pourras faire de l’économie et à l’arrivée ils ne peuvent pas se présenter [aux concours]. Ce n’est pas admissible » [Source : Le Monde du 28 janvier 2009].

Rappelons que, selon les statistiques du Ministère de l’Education Nationale, près de la moitié des bacheliers ES poursuivent leurs études dans des filières de l’enseignement supérieur où l’économie est une des disciplines principales (filières universitaires en Economie-Gestion, Administrations Economiques et Sociales, IUT et STS tertiaires, Classes préparatoires, Ecoles de commerce et de management, Instituts d’Etudes Politiques). Par exemple, les bacheliers ES forment le premier groupe d’étudiants en faculté d’Economie-Gestion, loin devant les autres bacheliers généraux et technologiques. Les taux de réussite des bacheliers ES dans ces différentes filières sont sensiblement égaux à ceux des bacheliers S, alors que le recrutement de la série ES est beaucoup plus mixte socialement (28% d’enfants de parents diplômés du supérieur dans la série ES contre 43% dans la série S).

Alors que la lettre de mission pour la réforme du lycée remise à Richard Descoings le 14 janvier dernier pointe les défauts d’un lycée « discriminant socialement », il est incompréhensible que les performances de la série ES soient à ce point ignorées et décriées. Ainsi, contrairement à ce qu’affirme le Président, ces performances sont excellentes dans les filières les plus sélectives des cursus économiques. En 2006-2007, les bacheliers ES représentaient 43% des élèves des classes préparatoires Economiques et Commerciales et 37% des élèves intégrant 24 grandes écoles de la Banque Commune d’Epreuves, alors qu’ils ne représentent que 31% des bacheliers généraux et que les places qui leur sont offertes en classes préparatoires sont bien moindre que pour les bacheliers S. Par ailleurs, 60% des étudiants admis dans les écoles de commerce après le bac sont issus de la série ES, ainsi que près de la moitié des étudiants des Instituts d’Etudes Politiques.

             Ce qui est particulièrement étonnant, c’est que l’objet principal de l’intervention de Nicolas Sarkozy soit de s’en prendre à la filière S qui attirerait la plupart des bons élèves, perdant ainsi sa vocation première de baccalauréat scientifique. Or, pour illustrer cette situation, il attaque … le bac ES, qui est celui dont les effectifs ne cessent de progresser. Pense-t-il sérieusement résoudre le problème de la série S en dénigrant la série ES, qui est justement celle qui résiste le mieux à l’hégémonie de la série S ?

             Ces déclarations pour le moins surprenantes voire humiliantes augurent mal de la phase de concertation sur la réforme du lycée ouverte par le Ministre de l’Education début janvier. L’APSES ne peut ignorer ces déclarations et demande au Président de la République de clarifier ces propos qui peuvent légitimement être reçus comme une gifle par les élèves, les parents d’élèves, les enseignants du supérieur qui accueillent ces élèves, et les professeurs de la série ES. L’APSES demande également à être reçue dans le cadre de la mission de concertation pour la réforme du lycée confiée à Richard Descoings.

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Grève du 29/01 : « jeudi noir » et « Père Fouettard »

mercredi 28 janvier 2009

Un petit « télézapping » du Monde montre quelques extraits des médias, présentant curieusement la grève interprofessionnelle et massive semble-t-il de demain comme un « jeudi noir », comme s’il s’agissait d’une sorte de catastrophe, de criminalité (qu’il faudrait donc combattre – avec toujours des « Pères Fouettard » qui menacent les grévistes de sanctions), et non d’un mouvement social organisé, légal et légitime. C’est un peu étrange, et inquiétant, en ce qui concerne le dialogue social et la démocratie.

Les revendications des syndicats ont d’ailleurs été très peu évoquées ; pourtant les salariés de tous ces secteurs n’ont pas décidé de perdre une journée de salaire sans raisons ; et ce qui est « noir » pour eux, ce sont plutôt les conséquences en termes d’emploi et de pouvoir d’achat des stratégies des entreprises et des politiques du gouvernement auxquelles ils s’opposent.

Au fait, que fait le Président de la République jeudi ?

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Un altermondialiste vous parle

mardi 27 janvier 2009

Christophe Aguiton est ce qu’on pourrait appeler un multi-militant : il a participé à de nombreuses luttes, pour le droit au logement, puis dans le mouvement international alter-mondialiste (cad. non pas contre la mondialisation en soi, mais pour une autre mondialisation, plus juste), aux côtés de José Bové, et de centaines de milliers de militants partout dans le monde.

A l’occasion du Forum Social Mondial, grand rendez-vous annuel de l’altermondialisme, qui se tient cette semaine à Belem, au Brésil, près de l’Amazonie, Ch. Aguiton a participé hier à un tchat sur le site du quotidien Le Monde : il analyse de manière claire les mécanismes de la crise actuelle, et propose ses solutions alternatives.

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Le capitalisme peut-il être contrôlé ?

lundi 26 janvier 2009

Venez regarder en vidéo des extraits de la conférence qui a eu lieu à Lyon le 13 octobre dernier, organisée par Marianne : « Peut-on moraliser le capitalisme ? »

Bernard Maris n’est pas un économiste comme les autres : sans avoir une position extrêmement prestigieuse en termes scientifiques, au sein de la communauté des économistes, il accomplit depuis longtemps un important travail de pédagogie de cette austère discipline, dans le grand public, ce qui le rend sympathique à ceux qui font le même travail, en SES par exemple. A la fois rigoureux et non-conformiste, il écrit des chroniques dans Charlie Hebdo, sous le nom d’Oncle Bernard ; il est aussi l’auteur de l’Antimanuel d’économie, et vient de rédiger, avec l’économiste québecois Gilles Dostaler, un livre décapant, comparant les analyses de Keynes et de Freud, intitulé Capitalisme et pulsion de mort Tout un programme : votre professeur de philo vous expliquera ce qu’est la « pulsion de mort » chez Freud… j’en reparlerai peut-être sur ce blog, mais ce qui est certain, c’est que ce n’est pas une approche très optimiste pour le capitalisme…

 http://www.dailymotion.com/video/x72moo_marianne-debat-a-lyon-moraliser-le_news

 

Pierre-Alain Muet, économiste et député PS de Lyon, analyse également la crise actuelle comme une crise profonde, et même morale, du capitalisme : http://www.dailymotion.com/video/x72nsj_marianne-debat-a-lyon-moraliser-le_news

Nicolas Baverez est lui aussi un brillant essayiste, mais cette fois du côté des libéraux ; il est donc intéressant d’entendre son point de vue : http://www.dailymotion.com/video/x72nk7_marianne-dbat-lyon-moraliser-le-cap_news

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Les marchés financiers plongent

dimanche 25 janvier 2009

La récession de l’économie réelle s’aggrave partout, et désormais, les spécialistes des marchés financiers ne s’attendent plus à une remontée des Bourses mondiales avant longtemps, la référence historique (sur laquelle ils fondent leurs prévisions) n’étant autre que la Grande Dépression de 1929, où la Bourse de New York avait perdu 89 % de sa valeur en trois ans…

http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/01/24/la-recession-s-aggrave-les-marches-plongent_1146054_3234.html#ens_id=1089411

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Droits de l’homme en France

dimanche 25 janvier 2009

Le président de la Ligue des Droits de l’Homme (association très ancienne et respectable, mais aussi militante, donc pas neutre politiquement, mais qui l’est ?) dresse un bilan des droits de l’homme en France, sous M. Sarkozy. Un article intéressant car il montre une conception large de ces droits de l’homme, concernés également par la politique économique et sociale, par exemple.

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Que faire des banques zombies ?

samedi 24 janvier 2009

« Banques zombies », « culte du vaudou »… c’est en ces termes que le grand économiste Paul Krugman, lauréat en 2008 du prix de la Banque de Suède en l’honneur de Nobel (appelé Prix Nobel de sciences économiques, un peu abusivement mais bon, ne chipotons pas trop…), analyse les plans de relance lancé par les gouvernements (avec l’argent du contribuable, nous tous donc) en faveur des banques.

Il faut savoir que le passif des banques américaines (en gros : leurs dettes) dépasse sans doute les 1500 milliards de dollars (selon la plupart des spécialistes, davantage même pour les plus pessimistes comme Roubini), alors que leurs actifs (leur capitalisation agrégé, soit la somme de leurs actions, la valeur de ce qu’elles ont) ne sont que de 1400 milliards : vous avez compris, le système bancaire américain ne vaut virtuellement plus rien, il est en banqueroute, mort-vivant, et ne bouge encore que grâce aux aides (très coûteuses) des pouvoirs publics.

Certains d’entre vous connaissent le classique de l’horreur par George Romero, « La Nuit des morts-vivants » : un homme noir se retrouve cerné dans une maison, avec d’autres gens (blancs), et se bat contre les morts-vivants qui affluent de toute part… B. Obama est-il cet homme-là ?… J’espère que l’histoire se terminera mieux pour lui que dans le film… (voilà, vous êtes obligés de le voir maintenant, mais vous ne le regretterez pas).

Krugman publie depuis longtemps des chroniques régulières dans le New York Times, grand quotidien américain progressiste (l’équivalent du Monde) ; lisez cet article sur les banques, très pédagogique (où il imagine une banque fictive, Gotham… :))

La véritable réponse, qui n’effraie pas Krugman, pourrait être tout simplement : la nationalisation du système financier – c’est-à-dire que l’Etat, plutôt que de verser sans contrepartie des centaines de milliards d’euros, rachète les grandes banques, et en fassent un service public, comme l’Ecole, l’Hôpital, la Poste… Mais vous avez compris que le principal obstacle à une telle décision n’est pas technique mais idéologique.

Pourtant, il n’y a pas que des militants d’extrême-gauche qui aient proposé cette solution : plusieurs grands économistes l’ont envisagé le plus sérieusement du monde – comme Jean-Paul Fitoussi, économiste à l’OFCE (laboratoire d’économie de Sciences Po Paris) il y a déjà plusieurs mois (cf. article du blog le 30 septembre). Après tout, en cas de guerre ou de catastrophe majeure, le contrôle par l’Etat de toutes les ressources du pays est bien une forme de nationalisation ; le cataclysme qui a touché les économies occidentales l’an dernier n’est-il pas comparable à une situation d’urgence ?  

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Déjeuner d’un lycéen avec Sarkozy

samedi 24 janvier 2009

Sur le blog Education du quotidien Libération, Cyril, un lycéen de St-Lô (Basse-Normandie) fait le récit d’un déjeuner auquel il a été invité, en compagnie de MM. Sarkozy, Darcos, Hirsch (le nouveau Haut-commissaire à la Jeunesse), et Descoing (le nouveau responsable de la réforme des lycées, qui est aussi directeur de l’IEP Paris : on ne voit pas bien le rapport entre cette grande école parisienne, très sélective socialement, et les besoins des lycées, mais passons, nous jugerons l’homme à ses actes…).

C’est comme si Cyril vous racontait personnellement cette expérience, au cours de laquelle il n’a pas manqué de transmettre les revendications de ses camarades.

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