Que faire des banques zombies ?

« Banques zombies », « culte du vaudou »… c’est en ces termes que le grand économiste Paul Krugman, lauréat en 2008 du prix de la Banque de Suède en l’honneur de Nobel (appelé Prix Nobel de sciences économiques, un peu abusivement mais bon, ne chipotons pas trop…), analyse les plans de relance lancé par les gouvernements (avec l’argent du contribuable, nous tous donc) en faveur des banques.

Il faut savoir que le passif des banques américaines (en gros : leurs dettes) dépasse sans doute les 1500 milliards de dollars (selon la plupart des spécialistes, davantage même pour les plus pessimistes comme Roubini), alors que leurs actifs (leur capitalisation agrégé, soit la somme de leurs actions, la valeur de ce qu’elles ont) ne sont que de 1400 milliards : vous avez compris, le système bancaire américain ne vaut virtuellement plus rien, il est en banqueroute, mort-vivant, et ne bouge encore que grâce aux aides (très coûteuses) des pouvoirs publics.

Certains d’entre vous connaissent le classique de l’horreur par George Romero, « La Nuit des morts-vivants » : un homme noir se retrouve cerné dans une maison, avec d’autres gens (blancs), et se bat contre les morts-vivants qui affluent de toute part… B. Obama est-il cet homme-là ?… J’espère que l’histoire se terminera mieux pour lui que dans le film… (voilà, vous êtes obligés de le voir maintenant, mais vous ne le regretterez pas).

Krugman publie depuis longtemps des chroniques régulières dans le New York Times, grand quotidien américain progressiste (l’équivalent du Monde) ; lisez cet article sur les banques, très pédagogique (où il imagine une banque fictive, Gotham… :))

La véritable réponse, qui n’effraie pas Krugman, pourrait être tout simplement : la nationalisation du système financier – c’est-à-dire que l’Etat, plutôt que de verser sans contrepartie des centaines de milliards d’euros, rachète les grandes banques, et en fassent un service public, comme l’Ecole, l’Hôpital, la Poste… Mais vous avez compris que le principal obstacle à une telle décision n’est pas technique mais idéologique.

Pourtant, il n’y a pas que des militants d’extrême-gauche qui aient proposé cette solution : plusieurs grands économistes l’ont envisagé le plus sérieusement du monde – comme Jean-Paul Fitoussi, économiste à l’OFCE (laboratoire d’économie de Sciences Po Paris) il y a déjà plusieurs mois (cf. article du blog le 30 septembre). Après tout, en cas de guerre ou de catastrophe majeure, le contrôle par l’Etat de toutes les ressources du pays est bien une forme de nationalisation ; le cataclysme qui a touché les économies occidentales l’an dernier n’est-il pas comparable à une situation d’urgence ?  

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