Tous les billets de février 2009

Enquête inquiétante sur le mode de vie des ados chez eux

jeudi 26 février 2009

Il semblerait que les habitudes des collégiens chez eux ne soient pas excellentes, sur plusieurs points : utilisation excessive d’internet, manque de sommeil…

Une enquête de l’Assurance maladie fait le point ; cela incite à se poser des questions – même pour les jeunes un peu plus âgés : je rappelle qu’un jeune, au moins jusqu’au bac, a vraiment besoin d’au moins 8 h de sommeil par jour… et une heure au moins de vrai travail scolaire, au calme et sans portable ni ordinateur…  Parents et ados doivent en parler ensemble :

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/02/19/01016-20090219ARTFIG00011-les-adolescents-prennent-le-pouvoir-a-la-maison-.php

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Les cadres de Renault pourraient payer pour le chômage partiel des ouvriers

jeudi 26 février 2009

Renault vient d’inventer une nouvelle forme de flexibilité : le « chômage partiel solidaire ». A l’avenir, l’entreprise organise des négociations sur les salaires, et l’idée suivante a été avancée : non seulement les cadres pourraient désormais être mis eux aussi en chômage partiel (ce qui n’est pas possible actuellement), mais ils devraient contribuer à un fonds de solidarité en faveur des ouvriers en chômage partiel – qui perdent actuellement plusieurs jours de salaire par mois, malgré eux. Ainsi, l’entreprise – qui va recevoir, rappelons-le, d’importantes aides de l’Etat à cause de la crise – gagnerait sur tous les tableaux… A confirmer.

http://www.lexpress.fr/actualite/economie/pour-les-cadres-de-renault-c-est-zero-sur-toute-la-ligne_743060.html

 

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Faut-il nationaliser les banques ?

mercredi 25 février 2009

La question se pose aux Etats-Unis, bien sûr, où d’importantes mesures ont d’ores et déjà été prises par l’Etat, mais également en Europe, où le système financier a été moins bouleversé qu’aux Etats-Unis, mais n’est pas encore tiré d’affaire…

Naturellement, les économistes plutôt keynésiens, comme le dernier « prix Nobel d’économie » Paul Krugman, y ont favorables, alors que les économistes libéraux, tels Greg Mankiw, la critiquent. Examinez vous-mêmes les arguments des uns et des autres dans un bref article du Monde.

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Le goût des autres

mardi 24 février 2009

On a tendance à penser que le mauvais goût est d’abord chez les autres; et on parle de vulgarité, d’ignorance, de grossièreté lorsque certaines personnes ne s’intéressent pas à ce que nous nous trouvons beau…

Ce n’est pas le début d’un texte à commenter en philo, je vous rassure… Je voudrais simplement attirer votre attention sur la relativité des pratiques et des goûts culturels, en relation avec le thème que nous traitons actuellement en terminale : la persistance des inégalités dans une société en apparence démocratique et « moyennisée ». Et surtout, j’aimerais avoir vos réactions !  😉

Premier cas : Le violoniste dans le métro. Un virtuose américain, Joshua Bell, a fait le pari de jouer durant trois quarts d’heure dans le métro de Washington… Qu’arriva-t-il ? Cette histoire a fait un buzz sur le net et dans les médias : qu’en pensez-vous ?

Lire l’article du Washington Post :  « Pearls Before Breakfast »  – Oui, c’est en anglais, mais ça vous exercera, et ce n’est pas difficile à lire ; en plus, il y a une vidéo  😉

Second exemple pour alimenter votre réflexion sur le « capital culturel » : l’actuelle vente de la collection d’art Saint Laurent-Pierre Bergé (estimée à 300 millions d’euros…)
 
Un beau diaporama de L’Express montre cette collection telle qu’elle vivait, pourrait-on dire, dans l’hôtel particulier d’Yves Saint Laurent et Pierre Bergé rue de Babylone à Paris : on y voit, parfaitement illustrés, certains codes du goût « légitime », dans sa version la plus haute, la plus « classe » – et je le dis sans ironie aucune – Pierre Bergé était aussi un « cumulard » des formes de capital dans différents champs : capital économique (c’est un riche homme d’affaires), social (connaissant beaucoup de monde, très impliqué dans la lutte contre le Sida, et un proche ami de François Mitterrand) et culturel (son amour de l’art donc, et d’un grand artiste comme Yves Saint Laurent).

Remarquez le rapprochement de périodes et de styles différents, ou encore la préservation de l’espace (la collection est extrêmement abondante, et pourtant il y a de la place, on n’a pas l’impression d’être chez un antiquaire, « là tout n’est qu’ordre et beauté, luxe calme et volupté »…)

Cette exemple me touche d’une part parce que j’adore l’art sous toutes ses formes, depuis toujours, et d’autre part en souvenir de J. Maynard Keynes, qui était un grand collectionneur et mécène et pensait que des activités telles que l’art, la fête, ou l’amitié, étaient bien plus importantes que l’économie (l’économiste étant appelé, selon lui, à exercer avec compétence et sérieux un métier respectable mais modeste, « un peu comme celui de dentiste », écrivait-il…)


 J’ajoute une interview de Pierre Bergé (sur France 24)

 

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Bon à savoir sur la filière ES

lundi 23 février 2009

Un article du Monde explique que concernant l’orientation post-bac, et contrairement aux accusations gratuites de certains, « la filière ES n’est pas une voie de garage »   : qu’on se le dise ! 😉

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Avalanche de mauvaises nouvelles à la Bourse

dimanche 22 février 2009

A l’issue de sa dernière séance vendredi, à cause d’une suite de mauvaises nouvelles dans les domaines financiers et industriels, la Bourse de Paris a atteint le plus bas niveau de son indice de référence, le fameux CAC 40, depuis avril 2003. Ainsi, une énorme bulle d’argent (virtuel) a grossi, grossi, durant plus de cinq ans, puis a éclaté…

Pour observer cette évolution, vous pouvez aller voir l’historique de la Bourse sur le site des Echos : tapez « 7 ans »…

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L’Est boit la tasse, l’Ouest a du mal à digérer sa dette

dimanche 22 février 2009

Thermes Széchenyi

Photo : célèbres thermes en plein air Széchenyi à Budapest

 

Une inquiétude occupe les débats parmi les hommes politiques et les économistes : la défaillance des économies des PECO (Pays d’Europe centrale et orientale). Ces pays, anciennement occupés par l’Union soviétique, en plein rattrapage économique depuis la chute du mur de Berlin (en 1989) et l’ouverture du « rideau de fer », ont connu des taux de croissance aussi spectaculaires que leurs réussites industrielles – puisque nombre de nos usines ont été délocalisées là-bas… -, mais ils montrent aujourd’hui la fragilité de leur développement rapide et fondé sur des recettes néo-libérales pas toujours bien adaptées à chaque pays : privatisation à outrance de toutes les activités, flexibilité extrême du marché du travail, explosion des marchés financiers (avec des bulles spéculatives incontrôlées). Ces pays ont voulu apparaître comme de bons élèves de ce « consensus de Washington » (la conception libérale diffusée par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, situés à Washington, auprès des pays en développement), mais avec l’arrivée de la crise, ils souffrent plus que les pays plus développés. 

Les PECO ont contracté auprès des banques de quelques pays européens frontaliers une énorme dette ; ce ne sont pas des « créances pourries » comme avec les subprime aux Etats-Unis, mais le fait est que ces pays émergents ont beaucoup de mal à rembourser aujourd’hui, à cause du ralentissement économique. Or, une défaillance de ces débiteurs pourrait avoir des conséquences dramatiques sur les banques européennes : c’est ce qu’on appelle en économie un « risque systémique ». Par exemple, les banques autrichiennes ont prêté l’équivalent de 70 % du PIB de l’Autriche : si elles ne recouvrent pas ne serait-ce qu’une partie de ces dettes, c’est la faillite…

La monnaie polonaise, le zloty, a perdu 50 % de sa valeur face à l’euro (la Pologne fait partie de l’UE mais pas encore de la zone euro). La Hongrie, qui était dans le peloton de tête de l’Europe de l’Est, même au temps du communisme, est aujourd’hui quasi ruinée, et aidée de près par le Fonds monétaire international. Donc, de grâce, il faut faire cesser les rumeurs à propos de Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI, et une économiste hongroise : il s’agissait de réunions de travail pour trouver des solutions à la crise !  🙂

La défaillance des PECO est peut-être également idéologique et politique, puisque plusieurs nouveaux membres de l’Union européenne sont paradoxalement méfiants à l’égard de l’Europe (on dit « euro-sceptiques »), à commencer par le pays présidant actuellement l’Union européenne, la République tchèque, dirigée par des hommes politiques très libéraux, réticents à l’idée d’un plan de relance coordonné en Europe, sur un modèle keynésien, et qui ont multiplié récemment les déclarations maladroites.

Face à ces difficultés et ces risques majeurs, l’Allemagne – qui a beaucoup investi au centre de l’Europe depuis quinze ans ; la Tchéquie ou la Pologne sont un peu ses régions-ateliers, avec de nombreuses industries à capitaux allemands – semble prête à prendre ses responsabilités, et à soutenir les pays européens en difficulté, ce qui constitue une grande nouveauté – l’Allemagne était plutôt adepte par le passé du chacun-pour-soi, et de la limitation du budget de l’Union européenne, actuellemen ridicule (1 % du PIB de l’Union).

 

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Comment régler nos comptes avec les banquiers ?

samedi 14 février 2009

L’hebdomadaire L’Express propose cette semaine un dossier intitulé : « Pourquoi les banquiers sont nuls ».

Les travers du monde de la banque et de la finance y sont analysés avec sévérité… Je vous invite à parcourir ces articles, assez courts, mais riches et faciles à lire.

Une fois le bilan établi des abus de la finance ces dernières années, il va bien falloir se réconcilier avec les banquiers pour faire repartir l’économie mondiale.

 

LE BLOG FAIT RELACHE PENDANT UNE SEMAINE.

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Le protectionnisme, une idée neuve en Europe

vendredi 13 février 2009

Saint Just, un des grands révolutionnaires de 1789, avait déclaré à l’époque : « Le bonheur est une idée neuve en Europe » (Saint Just fut par ailleurs l’un des plus intransigeants, surnommé « l’archange de la Terreur », prônant la guillotine à tour de bras, mais peu importe : il était très jeune (22 ans en 1789, guillotiné à 26), il avait le droit de s’amuser… 😉  je plaisante bien sûr…)

Le protectionnisme, c’est-à-dire une fermeture relative des frontières et la protection des entreprises et des emplois à l’intérieur de ces frontières (nationales, ou à l’échelle d’un continent comme l’Europe), est présenté depuis des décennies par la plupart des économistes comme l’abomination de la désolation, l’horreur absolue (en plus, j’en parle un vendredi 13, c’est un comble ! 🙂 ), qui nous ramenerait directement aux années 30 (qui virent en effet une montée du protectionnisme), donc au fascisme… Mais actuellement, le débat sur un protectionnisme en Europe est relancé, avec les ouvrages de certains auteurs comme Emmanuel Todd, qui s’est livré à un duel intéressant hier sur France Inter avec Christian Saint Etienne, économiste membre du très respecté Conseil d’Analyse Economique, qui conseille le Premier Ministre en matière… d’économie bien sûr ! (prenez des notes, je vous interrogerai à la fin)

Le débat sur l’ouverture internationale, le libre-échange et le protectionnisme fait partie du programme de terminale en SES. En attendant ce chapitre (au troisième trimestre), lisez le compte-rendu de ce débat sur le nouveau protectionnisme, sur le site de l’hebdomadaire Marianne. (avec une vidéo jubilatoire, avec un Todd à la fois goguenard et tendu comme un boxeur montant sur le ring, et C. Saint Etienne furieux)

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Total bénéf !

jeudi 12 février 2009

Total a annoncé, jeudi 12 février, un bénéfice record de 14 milliards d'euros en 2008, en hausse de 14 %.

Le groupe pétrolier TOTAL vient d’annoncer le plus gros bénéfice net de l’histoire pour une société française : 13,9 milliards d’euros, soit une hausse de 14 % par rapport à 2007 !  En pleine crise économique, alors que le prix du pétrole a chuté à la fin de l’année dernière, c’est bien joué de leur part.

En fait, vous avez compris que ce résultat n’est pas dû à la création d’emplois ni à l’innovation – conception de nouveaux produits utiles aux consommateurs, ou de nouveaux procédés de fabrication -, mais principalement à une rente, cad. un contrôle du marché par cette entreprise qui lui permet de nous faire payer le pétrole plus qu’on ne devrait – comme l’explique un responsable de l’association de consommateurs UFC-Que choisir. L’entreprise n’hésite pas, par ailleurs, à exploiter des ressources pétrolières dans des pays en développement, dans des circonstances très peu morales (au Gabon, en Angola, en Birmanie…)

Certains pensent qu’il serait juste que le gouvernement instaure une taxe pour récupérer une partie de ce bénéfice, (dont 37 % iront d’ailleurs directement dans la poche des actionnaires) afin de financer par exemple le « Grenelle de l’environnement », c’est-à-dire les mesures destinées à développer les énergies renouvelables, et favoriser le développement durable.

Le même raisonnement pourrait s’appliquer aux bénéfices des entreprises du CAC 40 (donc les 40 plus grandes capitalisations de la Bourse de Paris), dont les actionnaires ont peu souffert de la crise : certes leur capital en actions a été divisé par deux, à cause de la chute de la Bourse, mais ils ne perdent rien tant qu’ils ne vendent pas ; en revanche, leurs dividendes ont été plutôt bien préservés.

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